Communication52025XC01597

Communication de la Commission — Orientations relatives aux plans sociaux pour le climat

CELEX52025XC01597
TypeCommunication
Datemardi 25 mars 2025

Résumé IA

La Commission européenne publie des orientations destinées à encadrer l'élaboration des plans sociaux pour le climat par les États membres. Ces plans doivent identifier les populations et secteurs les plus vulnérables aux effets de la transition climatique, notamment en matière de mobilité et de logement. Ils visent à garantir un accès équitable à des solutions abordables et à faible émission de carbone, tout en définissant les mesures de soutien financier et technique à mettre en œuvre.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/1597

25.3.2025

COMMUNICATION DE LA COMMISSION

Orientations relatives aux plans sociaux pour le climat

(C/2025/1597)

Page

I.

INTRODUCTION 3

II.

EXIGENCES GÉNÉRALES 4

1.

Pertinence dans les domaines d’action 4

2.

Compatibilité avec les objectifs climatiques de l’UE de manière à créer un effet durable et à réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles 5

3.

Atténuation de l’incidence du SEQE 2 sur les groupes vulnérables 5

4.

Respect du principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» 6

5.

Cofinancement par le Fonds et par les États membres 7

6.

Cohérence avec les programmes et documents stratégiques connexes de l’UE 7

a)

Cohérence avec le socle européen des droits sociaux et son plan d’action 7

b)

Cohérence avec les programmes de la politique de cohésion des États membres 8

c)

Cohérence avec les plans pour la reprise et la résilience 9

d)

Cohérence avec les plans de rénovation des bâtiments 9

e)

Cohérence avec les plans nationaux en matière d’énergie et de climat actualisés. 9

f)

Cohérence avec les plans territoriaux pour une transition juste 10

7.

Mesures et investissements spécifiques 10

a)

Mesures 10

b)

Investissements 11

c)

Mesures et investissements locaux et régionaux 12

d)

Transfert des bénéfices aux ménages, aux microentreprises et aux usagers des transports 13

8.

Ensemble cohérent de mesures et d’investissements nationaux existants ou nouveaux 13

9.

Additionnalité des mesures et investissements 14

10.

Date de début au plus tôt des mesures et des investissements 15

11.

Respect des règles de l’UE en matière d’aides d’État 16

12.

Comment tenir compte de l’égalité de genre et de l’égalité des chances pour tous 18

13.

Autorités chargées de la mise en œuvre du plan 18

14.

Transferts de ressources 19

a)

Transfert de ressources du Fonds 19

b)

Transfert de ressources au Fonds 20

III.

ÉLABORATION ET PRÉSENTATION DES PLANS 20

1.

Analyse et incidence générale 20

a)

Incidence prévue du SEQE 2 sur les groupes vulnérables 20

b)

Estimation du nombre et de l’identification des groupes vulnérables 22

c)

Cibler les mesures et les investissements 23

d)

Microentreprises vulnérables 24

e)

Cas particuliers des groupes vulnérables du Fonds social pour le climat compte tenu des incidences du SEQE 2 25

f)

Incidence attendue des mesures et des investissements prévus 25

2.

Composantes 26

a)

Règles générales 26

b)

Structure des composantes 26

3.

Description des mesures et des investissements 27

a)

Rénovation des bâtiments 28

b)

Logements abordables et économes en énergie, y compris les logements sociaux, et soutien à des solutions abordables en matière d’efficacité énergétique 28

c)

Mesures et investissements en faveur de la décarbonation 29

d)

Mesures de sensibilisation 29

e)

Solutions en matière d’efficacité énergétique 30

f)

Véhicules et bicyclettes à émissions nulles ou faibles 32

g)

Transports publics abordables et accessibles 33

4.

Aide directe au revenu 34

5.

Assistance technique 36

6.

Valeurs intermédiaires et valeurs cibles 36

a)

Définition des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles 36

b)

Conception des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles 36

c)

Bonnes pratiques pour la définition des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles 37

7.

Financement et coûts 38

a)

Contribution nationale 38

b)

Estimation des coûts des mesures et des investissements 39

c)

Informations requises sur le financement et les estimations de coûts 40

8.

Coûts opérationnels 40

9.

Prévention ex ante du double financement et protection des intérêts financiers de l’UE 41

10.

Scénario où le SEQE 2 commencerait plus tard que prévu 42

11.

Partenariat et consultation publique adéquats 42

a)

Types de parties prenantes 42

b)

Comment mener les consultations publiques 43

12.

Présentation 43

13.

Communication relative aux plans 44

14.

Modifications des plans sociaux pour le climat 45

a)

Circonstances objectives 45

b)

Ajustements mineurs 46

c)

Évaluation du caractère approprié des plans 47

IV.

ÉVALUATION ET ADOPTION DES PLANS 47

1.

Évaluation des plans par la Commission 47

a)

Sur le processus 47

b)

Sur le fond 47

2.

Adoption des plans 50

3.

Conclusion d’un accord bilatéral et engagement de fonds 51

ANNEXE I:

Dotation financière maximale par État membre après déduction des dépenses d’appui administratif 53

1.

Introduction et cadre juridique 53

2.

Dépenses d’appui administratif dans les dotations financières annuelles 53

3.

Proposition de voie à suivre 54

ANNEXE II:

Modèle pour l’ajustement mineur du plan social pour le climat conformément à l’article 18, paragraphe 6, du règlement (UE) 2023/955 [à remplir par les États membres] 57

I. INTRODUCTION

Le Fonds social pour le climat, institué par le règlement (UE) 2023/955 du Parlement européen et du Conseil (ci-après le «règlement «Fonds social pour le climat») (1), est un instrument de financement conçu pour permettre à l’Union de réaliser une transition socialement équitable vers la neutralité climatique. Dans le cadre de la stratégie générale de l’UE visant à lutter contre le changement climatique, le Fonds entend s’attaquer aux conséquences sociales de l’inclusion des émissions de gaz à effet de serre générées par les secteurs du bâtiment et du transport routier dans le champ d’application de la directive 2003/87/CE (ci-après la «directive SEQE») (2). Le nouveau système d’échange de quotas d’émission établi par le chapitre IV, point a), de la directive SEQE (ci-après «SEQE 2») englobe les secteurs du bâtiment, du transport routier et de la petite industrie, qui n’étaient pas couverts par le système actuel d’échange de quotas d’émission de l’UE. Le Fonds fournit un soutien financier aux États membres afin d’aider les ménages, microentreprises et usagers des transports vulnérables, qui sont touchés de manière disproportionnée par l’augmentation des coûts de l’énergie et des transports durant la transition écologique.

Guidé par l’objectif de ne laisser personne de côté dans le cadre de la transition écologique, le Fonds se concentre sur trois domaines clés:

1.

Efficacité énergétique et décarbonation des bâtiments. Les mesures et investissements doivent viser à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et à réduire l’empreinte carbone des systèmes de chauffage, de refroidissement et de cuisson. Parmi ces mesures figurent la mise en place dans les bâtiments de systèmes de production et le stockage d’énergie renouvelable à destination des ménages et des microentreprises vulnérables, ainsi que des mesures visant à isoler les bâtiments et à remplacer les appareils de chauffage, de refroidissement et de cuisson à faible efficacité par des équipements plus efficaces, à installer des technologies et des systèmes de stockage des énergies renouvelables, à créer des communautés d’énergie renouvelable, à réduire la consommation d’énergie d’origine fossile et à atténuer la précarité énergétique.

2.

Favoriser la mobilité propre. Les mesures doivent être conçues de manière à améliorer l’accès à la mobilité et aux transports à émissions nulles et à faibles émissions, à encourager l’utilisation des transports publics abordables et accessibles et à aider les entités publiques et privées à développer et à fournir une mobilité durable à la demande, des services de mobilité partagée et des options de mobilité active. L’objectif, en rendant les transports plus abordables, plus accessibles et plus disponibles pour les usagers vulnérables des transports et aux microentreprises vulnérables, est de réduire la précarité en matière de transport et d’améliorer l’accès aux services essentiels.

3.

Aide directe temporaire au revenu. Les États membres ont également la possibilité de recourir au Fonds pour fournir une aide directe ciblée au revenu afin de faire face aux conséquences sociales du SEQE 2 sur les ménages et usagers des transports vulnérables. Temporaire, ce soutien est appelé à diminuer progressivement tandis que les mesures structurelles gagnent en force.

Les mesures et investissements financés par le Fonds social pour le climat doivent principalement bénéficier aux ménages vulnérables, aux usagers vulnérables des transports ou aux microentreprises vulnérables. L’aide directe temporaire au revenu ne peut être fournie aux ménages vulnérables et aux usagers vulnérables des transports que dans l’unique but d’atténuer les effets des changements apportés par le SEQE 2. Le ciblage du Fonds social pour le climat est un principe fondamental important qui doit être suivi dans tous les domaines clés.

L’enveloppe totale du Fonds, qui s’élève à un montant maximal de 65 milliards d’EUR, est allouée pour la période allant du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2032. Avec une contribution obligatoire des États membres représentant au moins 25 % des coûts totaux estimés de leurs plans sociaux pour le climat, le Fonds devrait mobiliser au moins 86,7 milliards d’EUR. Si le SEQE 2 est reporté à 2028 au titre de l’article 30 duodecies de la directive SEQE, l’enveloppe totale maximale du Fonds sera de 54,6 milliards d’euros, comme le prévoient l’article 30 quinquies, paragraphe 4, de la directive SEQE et l’article 10, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat». Le Fonds fonctionnera selon un calendrier défini, dans le but d’atteindre ses objectifs d’ici la fin de l’année 2032. Le Fonds devrait démarrer ses activités le 1er janvier 2026, au moins un an avant que le SEQE 2 ne devienne pleinement opérationnel et deux ans avant le début du nouveau cadre financier pluriannuel (ci-après le «nouveau CFP») en 2028. Ce démarrage précoce contribuera à une introduction harmonieuse du SEQE 2.

La dotation financière maximale des États membres au titre de l’article 14 et de l’article 10, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat» figure à l’annexe I des présentes orientations, qui fixe des dotations annuelles indicatives pour les deux scénarios décrits à l’article 10, paragraphe 1.

S’appuyant sur les précieuses leçons et bonnes pratiques de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) et sur l’expérience acquise avec les fonds de la politique de cohésion, le Fonds est conçu comme un instrument fondé sur la performance afin de maximiser l’efficience et l’efficacité dans la réalisation de ses objectifs. Les orientations sont sans préjudice de toute obligation supplémentaire découlant de la législation applicable de l’UE.

II. EXIGENCES GÉNÉRALES

Conformément à l’article 4, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat», chaque État membre soumet à la Commission son plan social pour le climat.

Les présentes orientations ont pour objet d’aider les États membres à élaborer leurs plans conformément au règlement «Fonds social pour le climat», et plus particulièrement à son article 6 et à son annexe V.

Les sections ci-dessous portent sur des aspects spécifiques du règlement «Fonds social pour le climat» et du contenu des plans. Au titre de l’article 3 du règlement «Fonds social pour le climat», l’objectif général du règlement en question est de contribuer à la transition vers la neutralité climatique en s’attaquant aux conséquences sociales du SEQE 2 pour les ménages vulnérables, les usagers vulnérables des transports et les microentreprises vulnérables. Tel est le principe de base qui sous-tend l’ensemble du présent document d’orientations, même lorsque cela n’est pas expressément mentionné.

1. Pertinence dans les domaines d’action

L’article 6 du règlement «Fonds social pour le climat» énumère les aspects que les États membres doivent inclure dans leurs plans sociaux pour le climat. Ces plans doivent inclure une estimation des effets probables de l’augmentation des prix résultant du SEQE 2 sur les ménages, en particulier sur les ménages en situation de précarité énergétique et de précarité en matière de transport, ainsi que sur les microentreprises vulnérables. Ils doivent également recenser les ménages vulnérables, les usagers vulnérables des transports et les microentreprises vulnérables susceptibles de bénéficier d’une aide du Fonds et en estimer le nombre. Les plans doivent en outre préciser des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles, ainsi qu’un calendrier indicatif relatif à la mise en œuvre des mesures et des investissements.

En vertu de l’article 7, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat», qui énonce les principes régissant le Fonds, les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles pour les mesures et les investissements prévus par les plans doivent notamment porter sur les domaines suivants:

a)

l’efficacité énergétique;

b)

la rénovation des bâtiments;

c)

la mobilité et les transports à émissions nulles ou faibles;

d)

la réduction des émissions de gaz à effet de serre; et

e)

la réduction du nombre de ménages vulnérables, en particulier ceux en situation de précarité énergétique, de microentreprises vulnérables et d’usagers vulnérables des transports.

Bien que le règlement «Fonds social pour le climat» n’exige pas des États membres qu’ils abordent tous ces domaines dans leurs plans sociaux pour le climat, la Commission évalue au cas par cas si le plan de chaque État membre apporte une réponse adéquate aux conséquences et aux défis sociaux qu’engendre le SEQE 2 et auxquels sont confrontés les groupes ciblés, en tenant notamment compte des complémentarités avec les autres instruments de financement existants, qui devraient être expliquées dans le plan. La Commission encourage les États membres à donner la priorité aux mesures et investissements qui ont l’incidence la plus significative sur les groupes cibles, tout en trouvant un équilibre entre les domaines d’action couverts par leur plan social pour le climat, à la lumière des effets spécifiques du SEQE 2 dans leur situation propre.

2. Compatibilité avec les objectifs climatiques de l’UE de manière à créer un effet durable et à réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles

Le règlement (UE) 2021/1119 du Parlement européen et du Conseil (ci-après la «loi européenne sur le climat») (3) vise à ce que l’UE parvienne à la neutralité climatique d’ici à 2050 et à des émissions négatives par la suite. Il fixe un objectif contraignant consistant en une réduction nette des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Conformément à l’article 7, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat», les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles des plans doivent être compatibles avec les objectifs climatiques de l’Union et les objectifs énoncés dans la loi européenne sur le climat. Cela signifie que les plans sociaux pour le climat doivent aider les États membres à atteindre ces objectifs. C’est ce que la Commission vérifie lors de son évaluation desdits plans.

Conformément à l’article 8, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat», les mesures et les investissements prévus dans les plans doivent avoir un effet durable. L’article 16, paragraphe 3, point b) i), du règlement «Fonds social pour le climat» impose à la Commission d’évaluer l’efficacité de chaque plan social pour le climat et d’examiner si les mesures et les investissements sont susceptibles d’avoir, dans l’État membre, une incidence durable (telle que définie à la section IV.1.b.ii des présentes orientations), conformément aux objectifs de l’UE en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030 et à l’objectif à long terme de neutralité climatique d’ici à 2050, et en particulier sur les groupes vulnérables et les groupes en situation de précarité énergétique ou de précarité en matière de transport.

En outre, les mesures et les investissements soutenus par le Fonds doivent réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles, comme le prévoit l’article 7, paragraphe 4, du règlement «Fonds social pour le climat». Les plans devraient favoriser la solution à long terme consistant à réduire la dépendance aux combustibles fossiles, et pourraient prévoir d’autres mesures, notamment une aide directe temporaire au revenu pour atténuer à plus court terme les effets négatifs sur les revenus (voir considérant 17 du règlement «Fonds social pour le climat»).

Les États membres doivent préciser l’incidence attendue de leurs mesures et investissements sur les émissions de gaz à effet de serre, la précarité énergétique et la précarité en matière de transport. Ils devraient en estimer l’incidence par rapport aux scénarios de référence, en tenant compte de facteurs tels que l’amélioration de l’efficacité énergétique, la rénovation des bâtiments et les mesures de décarbonation, la promotion d’une mobilité à émissions nulles ou faibles et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout en anticipant leur incidence sur la réduction de la précarité énergétique et de la précarité en matière de transport à l’aide des indicateurs communs pertinents énoncés à l’annexe IV du règlement «Fonds social pour le climat».

3. Atténuation de l’incidence du SEQE 2 sur les groupes vulnérables

En vertu de l’article 4, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat», les plans doivent contenir un ensemble cohérent de mesures et d’investissements visant expressément à répondre aux conséquences sociales du SEQE 2 sur les ménages vulnérables, les usagers vulnérables des transports et les microentreprises vulnérables. L’article 8, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat» dispose que les mesures et les investissements doivent cibler principalement ces groupes vulnérables.

L’article 6, paragraphe 1, point d), du règlement «Fonds social pour le climat» impose à chaque plan d’estimer les effets probables de l’augmentation des prix résultant du SEQE 2 sur les ménages, en particulier sur l’incidence de la précarité énergétique et de la précarité en matière de transport, et sur les microentreprises. Les États membres doivent analyser ces effets au niveau régional ou local approprié (pour chaque État membre), en tenant compte de particularités et d’éléments nationaux tels que l’accès aux transports publics et aux services de base, et en répertoriant les zones les plus touchées.

Deux autres critères sont utilisés pour définir les ménages vulnérables et les usagers vulnérables des transports visés par le Fonds, comme indiqué à l’article 2, points 10) et 12), du règlement «Fonds social pour le climat». Le premier critère porte sur la question de savoir si les groupes sont en situation de précarité énergétique ou de précarité en matière de transport. Le deuxième critère porte sur les effets significatifs estimés du SEQE 2 sur les prix pour les ménages à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour investir. Les microentreprises vulnérables constituent le troisième groupe cible. La définition des microentreprises vulnérables figurant à l’article 2, point 11), ne fait toutefois référence qu’aux incidences significatives sur les prix du SEQE 2 et au manque de moyens d’investir.

Les définitions des ménages vulnérables et des usagers vulnérables des transports utilisées pour le Fonds incluent les ménages en situation de précarité énergétique et les ménages et les individus en situation de précarité en matière de transport, qui ne sont pas nécessairement « sensiblement touchés par le SEQE 2 ». En ce sens, le Fonds peut appuyer des mesures et investissements visant à soutenir les ménages en situation de précarité énergétique ainsi que les ménages et les individus en situation de précarité en matière de transport. Seules les mesures d’aide directe au revenu doivent exclusivement cibler les effets du SEQE 2 [conformément à l’article 8, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat» (voir section III.1.a des présentes orientations)].

Néanmoins, les États membres sont encouragés à examiner attentivement tout soutien qu’ils auraient l’intention d’apporter par l’intermédiaire du Fonds qui bénéficierait aux groupes vulnérables qui ne sont pas directement touchés par le SEQE 2, étant donné que l’objectif du Fonds est de faire face aux conséquences sociales du SEQE 2 sur les groupes vulnérables. Par conséquent, les mesures et les investissements inclus dans le plan social pour le climat devraient fondamentalement cibler les groupes vulnérables qui sont touchés par le SEQE 2, sans pour autant exclure une couverture plus générale des ménages et des individus en situation de précarité énergétique ou de précarité en matière de transport.

Conformément à l’article 6, paragraphe 1, points e) et f), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres doivent inclure les éléments suivants dans leurs plans:

l’estimation du nombre de ménages vulnérables, de microentreprises vulnérables et d’usagers vulnérables des transports ainsi que le recensement de ces ménages, microentreprises et usagers; et

une explication de la manière dont les définitions de la précarité énergétique et de la précarité en matière de transport doivent être appliquées au niveau national.

Lors de l’évaluation des groupes vulnérables, les États membres devraient utiliser la définition des «ménages privés» fournie par le règlement (UE) 2019/1700 (4) au sens large, telle que visée à l’article 2, paragraphe 8, du règlement «Fonds social pour le climat». Des personnes vivant ensemble, qu’elles soient ou non liées entre elles (telles que celles qui partagent un logement et les personnes les plus défavorisées dans des structures de vie autonome) peuvent être considérées comme un ménage, à condition qu’elles relèvent de la définition des ménages vulnérables figurant à l’article 2, paragraphe 10, du règlement «Fonds social pour le climat».

Au titre de l’article 16, paragraphe 3, point a) i), du règlement «Fonds social pour le climat», lorsque la Commission évalue le plan social pour le climat, elle se doit d’examiner si celui-ci constitue une réponse adéquate à l’incidence sociale du SEQE 2 et aux défis auxquels sont confrontés les ménages vulnérables, les microentreprises vulnérables et les usagers vulnérables des transports, en particulier les ménages en situation de précarité énergétique ou de précarité en matière de transport dans l’État membre.

En outre, conformément à l’article 6, paragraphe 1, point p), le cas échéant, les États membres doivent expliquer comment leur plan social pour le climat tient compte de toutes les spécifications géographiques, concernant par exemple les îles, les régions et territoires ultrapériphériques, les zones rurales ou isolées, les zones périphériques moins accessibles, les zones montagneuses ou celles en retard de développement.

4. Respect du principe consistant à «ne pas causer de préjudice important»

Le Fonds ne peut soutenir que des mesures et investissements qui respectent le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» au sens de l’article 17 du règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil (ci-après le «règlement sur la taxinomie») (5), comme précisé à l’article 7, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat». Cette approche est cohérente avec l’article 33, paragraphe 2, point d), du règlement (UE, Euratom) 2024/2509 du Parlement européen et du Conseil (ci-après le «règlement financier») (6).

Néanmoins, les mesures nationales fournissant une aide directe temporaire au revenu aux ménages vulnérables et aux usagers vulnérables des transports conformément à l’article 4, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat» sont considérées comme ayant une incidence prévisible négligeable sur les objectifs environnementaux et, en règle générale, sont réputées conformes au principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» [voir l’article 6, paragraphe 1, point l), et le considérant 23 du règlement «Fonds social pour le climat»].

La Commission a publié des orientations techniques concernant l’application du principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» (7). La compatibilité avec les objectifs climatiques de l’UE au niveau du plan n’est pas suffisante pour démontrer le respect du principe consistant à «ne pas causer de préjudice important», comme l’exige l’article 6, paragraphe 1, point l), du règlement «Fonds social pour le climat».

5. Cofinancement par le Fonds et par les États membres

Les États membres doivent contribuer à hauteur d’au moins 25 % des coûts totaux estimés de leurs plans (il s’agit de leur contribution nationale). Comme indiqué dans le tableau récapitulatif figurant à l’annexe V du règlement «Fonds social pour le climat (voir également la section III.7.a des présentes orientations), les États membres doivent indiquer la part en pourcentage de leur contribution nationale pour chaque domaine.

6. Cohérence avec les programmes et documents stratégiques connexes de l’UE

Le plan social pour le climat doit être cohérent avec les informations fournies et les engagements pris par l’État membre dans les plans et programmes suivants (article 6, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat»):

a.

le plan d’action du socle européen des droits sociaux;

b.

les programmes de l’État membre relevant de la politique de cohésion;

c.

le plan pour la reprise et la résilience de l’État membre au titre du règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil (8) (règlement FRR);

d.

le plan de rénovation des bâtiments de l’État membre au titre de la directive (UE) 2024/1275 du Parlement européen et du Conseil (9) (directive sur la performance énergétique des bâtiments);

e.

le plan national intégré en matière d’énergie et de climat mis à jour de l’État membre conformément au règlement (UE) 2018/1999 (règlement sur la gouvernance) (10); et

f.

les plans territoriaux de l’État membre pour une transition juste au titre du règlement (UE) 2021/1056 du Parlement européen et du Conseil (11).

Les États membres doivent veiller à la cohérence avec les informations fournies et les engagements pris par les États membres au titre des éléments suivants:

a) Cohérence avec le socle européen des droits sociaux et son plan d’action

Le Parlement européen, le Conseil et la Commission ont proclamé le socle européen des droits sociaux en 2017. Ce socle énonce 20 principes clés appelés à guider l’UE vers une Europe sociale forte, équitable, inclusive et pleine d’opportunités.

Plusieurs principes du socle sont directement pertinents pour le règlement «Fonds social pour le climat». Par conséquent, les États membres se doivent de les prendre en considération lors de l’élaboration de leurs plans. D’une manière générale, les plans doivent être conformes aux principes du socle.

Le principe 20 établit le droit d’accéder à des services essentiels de bonne qualité, y compris l’énergie et les transports. Ces services répondent à des besoins humains fondamentaux et sont essentiels au bien-être et à l’inclusion sociale, en particulier pour les groupes défavorisés. Ils permettent également l’accès à d’autres services de soutien qui favorisent une participation active à la société et au marché du travail, tels que l’emploi, l’éducation et l’accueil de la petite enfance, l’éducation et les soins de santé.

Lorsqu’ils s’attaquent aux défis en matière d’énergie et de transport dans le cadre du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres devraient envisager d’intégrer le principe 20 dans leurs plans, en mettant l’accent sur l’accès à des services d’énergie et de transport de qualité.

Les plans des États membres doivent en outre tenir compte du principe 11, qui établit que les enfants ont droit à une protection contre la pauvreté, et du principe 19 relatif à l’accès au logement social ou à une aide au logement de qualité.

Le plan d’action sur le socle européen des droits sociaux transforme les principes en actions directes visant à soutenir les citoyens. Il propose également de grands objectifs que l’UE devrait atteindre d’ici à 2030, notamment la réduction du nombre de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale d’au moins 15 millions.

S’ils ne sont pas anticipés et traités, les effets du SEQE 2 pourraient compromettre les efforts visant à réduire le nombre de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en augmentant les coûts de l’énergie et des transports.

Pour éviter cela, les plans sociaux pour le climat doivent être cohérents avec les informations et les engagements pris par les États membres (ou les régions) dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action sur le socle européen des droits sociaux, ainsi qu’avec les objectifs nationaux visant à réduire le nombre de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (12).

Les mesures et les investissements inclus dans les plans sociaux pour le climat devraient également contribuer à la création d’emplois durables et de qualité dans les domaines couverts par les mesures et les investissements du Fonds, comme précisé à l’article 7, paragraphe 4, du règlement «Fonds social pour le climat».

Les États membres sont également encouragés à tenir compte des orientations fournies dans la recommandation du Conseil visant à assurer une transition équitable vers la neutralité climatique (13), qui traite spécifiquement des incidences sociales et sur l’emploi de la transition. Cette recommandation fixe des orientations spécifiques sur l’accès aux services essentiels et s’attaque également à la précarité énergétique et à la précarité en matière de transport.

b) Cohérence avec les programmes de la politique de cohésion des États membres

Les programmes de la politique de cohésion sont mis en œuvre dans chaque État membre au moyen de quatre fonds distincts: le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social européen plus (FSE+), le Fonds de cohésion (FC) et le Fonds pour une transition juste (FTJ).

Les programmes sont mis en œuvre par les autorités de gestion (certaines responsabilités pouvant être déléguées à des organismes d’exécution). Chaque État membre met en œuvre un ou plusieurs programmes, qui peuvent se situer au niveau national, régional ou les deux (14).

Les programmes relevant de la politique de cohésion soutiennent les investissements dans de nombreux domaines, y compris ceux qui sont pertinents pour le Fonds social pour le climat:

performance énergétique des bâtiments;

décarbonation et utilisation des technologies renouvelables;

transport urbain propre;

accès à des services de qualité, durables, inclusifs et abordables, y compris l’accès au logement et à des soins centrés sur les aspects sociaux;

facilitation de l’intégration sociale des personnes exposées à des risques de pauvreté ou d’exclusion sociale, ainsi que des communautés marginalisées;

accès à un emploi, à une éducation et à une formation de qualité tenant compte des aspects de la transition écologique et numérique.

Les mesures et investissements inclus dans les plans sociaux pour le climat doivent tenir compte des investissements existants et prévus au titre des fonds de la politique de cohésion, garantir l’additionnalité et la complémentarité avec ceux-ci et veiller à ce qu’ils se renforcent mutuellement. Ces plans doivent décrire en détail le mécanisme de coordination, en ce compris les synergies prévues entre d’autres instruments de financement, notamment avec les programmes de la politique de cohésion et la manière dont ils s’en distinguent, afin de garantir que les mesures relevant du Fonds social pour le climat ne donnent pas lieu à un double financement. À cette fin, il est également nécessaire de se concerter étroitement avec les autorités de gestion afin d’éviter le risque de double financement.

c) Cohérence avec les plans pour la reprise et la résilience

La facilité pour la reprise et la résilience a été créée en février 2021 pour aider l’UE à se remettre de la pandémie de COVID-19. Elle est en vigueur jusqu’en 2026. Le règlement FRR prévoit six piliers qui définissent son champ d’application:

(i)

la transition verte;

(ii)

la transformation numérique,

(iii)

la croissance intelligente, durable et inclusive, y compris la cohésion économique, l’emploi, la productivité, la compétitivité, la recherche, le développement et l’innovation, ainsi que le bon fonctionnement du marché intérieur, avec des petites et moyennes entreprises (PME) solides;

(iv)

la cohésion sociale et territoriale;

(v)

la santé, et la résilience économique, sociale et institutionnelle dans le but d’augmenter la préparation aux crises et la capacité de réaction aux crises; et

(vi)

les politiques pour la prochaine génération, les enfants et les jeunes, telles que l’éducation et les compétences.

La FRR est conçue comme un instrument fondé sur la performance, fournissant un soutien financier direct aux États membres lorsqu’ils atteignent des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles qui suivent la mise en œuvre d’une combinaison de réformes et d’investissements. La FRR fournit des incitations financières pour mettre en œuvre les réformes clés recensées dans le cadre du processus du Semestre européen.

Étant donné que les plans sociaux pour le climat doivent être cohérents avec les mesures et les informations figurant dans les plans pour la reprise et la résilience (PRR) des États membres (y compris les chapitres REPowerEU) qui sont fondés sur le cadre du Semestre européen, les mesures elles-mêmes doivent intrinsèquement s’aligner sur les défis pertinents pour le Fonds social pour le climat recensés dans les recommandations par pays ainsi que dans les priorités recensées dans le cadre du Semestre européen et contribuer à y remédier efficacement.

d) Cohérence avec les plans de rénovation des bâtiments

En vertu de la directive sur la performance énergétique des bâtiments, les États membres doivent élaborer et soumettre leur plan national de rénovation des bâtiments afin de transformer le parc immobilier existant en un parc immobilier à émissions nulles d’ici à 2050. Les plans nationaux de rénovation des bâtiments doivent contenir une feuille de route comportant des objectifs et des indicateurs à atteindre aux horizons 2030, 2040 et 2050, un calendrier, des politiques et des mesures pour atteindre ces objectifs, ainsi que les investissements nécessaires à la mise en œuvre de ces politiques et mesures. Ces plans s’appuient sur les stratégies de rénovation à long terme prévues par la directive 2010/31/UE (15). Celle-ci introduit un modèle standard comportant des parties obligatoires et facultatives afin d’améliorer la comparabilité entre les États membres [annexe II de la directive sur la performance énergétique des bâtiments (refonte), complétant l’article 3 de ladite directive].

Les États membres doivent soumettre leurs projets de plan de rénovation à la Commission pour évaluation. À l’issue de l’évaluation, la Commission peut formuler des recommandations afin d’aider davantage les États membres à parvenir à des plans de rénovation définitifs. Les plans de rénovation doivent être présentés dans le cadre du processus des plans nationaux en matière d’énergie et de climat. Compte tenu de l’urgence d’intensifier la rénovation des bâtiments sur la base de plans nationaux solides, le premier projet sera présenté d’ici décembre 2025.

L’article 6, paragraphe 3, point d), du règlement «Fonds social pour le climat» impose aux États membres de veiller à ce que leurs plans soient compatibles avec leurs plans nationaux de rénovation. Par conséquent, le contenu requis pour les plans nationaux de rénovation, en ce compris les politiques, les mesures et les besoins d’investissement, ainsi que les rapports sur la réalisation des objectifs nationaux, sont particulièrement pertinents pour les plans, en particulier pour les mesures et les investissements dans le secteur du bâtiment, et surtout pour les rénovations de bâtiments. Par conséquent, les États membres doivent veiller à ce que les mesures et les investissements prévus dans leurs plans contribuent à leurs plans nationaux de rénovation et soient alignés sur ceux-ci, notamment en ce qui concerne les bâtiments les moins performants et le soutien apporté aux ménages vulnérables.

e) Cohérence avec les plans nationaux en matière d’énergie et de climat actualisés.

Les États membres étaient tenus de présenter leurs plans nationaux en matière d’énergie et de climat (ci-après le «PNEC») mis à jour au plus tard le 30 juin 2024, conformément à l’article 14, paragraphe 1, du règlement sur la gouvernance, en tenant également compte des réformes et des investissements en matière d’énergie et de climat décrits dans leurs PRR nationaux. Les PNEC constituent également des cadres d’action essentiels qui influencent directement la conception et la mise en œuvre des plans sociaux pour le climat. Les États membres sont donc encouragés à concevoir les mesures prévues dans les plans conformément aux réformes et aux engagements présentés dans leurs PNEC, tout en respectant les objectifs du Fonds et en continuant de mettre l’accent sur les groupes vulnérables en situation de précarité énergétique et de précarité en matière de transport.

Lorsque l’évaluation par la Commission des PNEC des États membres révèle un niveau d’ambition insuffisant pour atteindre les objectifs en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030, les États membres sont également encouragés à y inclure des mesures et des investissements complémentaires afin de mettre l’accent sur l’aide aux personnes en situation de précarité énergétique et de précarité en matière de transport, sur les objectifs du Fonds et sur les objectifs climatiques de l’UE. Les plans sociaux pour le climat doivent donc s’aligner étroitement sur les objectifs fixés dans les PNEC, tout en intégrant des politiques et mesures supplémentaires visant à relever le niveau d’ambition des futurs objectifs climatiques. Voir également la section II.7.a ci-dessous.

f) Cohérence avec les plans territoriaux pour une transition juste

Les États membres ont élaboré des plans territoriaux pour une transition juste en concertation avec les collectivités locales et régionales concernées, ces plans devant être financés au titre du Fonds pour une transition juste (FTJ) (16). Ils ont identifié ces territoires comme étant les plus durement touchés par la transition vers la neutralité climatique, à la lumière de l’incidence économique et sociale de la transition. Cela s’applique en particulier aux changements attendus dans la main-d’œuvre et aux pertes d’emplois dans la production et l’utilisation de combustibles fossiles, ainsi qu’à la nécessité de transformer les processus de production des installations industrielles présentant la plus forte intensité d’émission de gaz à effet de serre.

Les plans territoriaux pour une transition juste comprennent une description de la contribution attendue du FTJ à la lutte contre les incidences sociales, démographiques, économiques, sanitaires et environnementales de la transition de l’UE vers une économie neutre pour le climat d’ici à 2050.

Les plans doivent veiller à ce que les investissements et mesures inclus soient cohérents avec les plans territoriaux pour une transition juste et les programmes correspondants de la politique de cohésion qui les mettent en œuvre. Idéalement, les États membres devraient recenser et hiérarchiser les synergies, renforcer mutuellement leurs efforts et préciser comment les mesures se distinguent afin d’éviter le risque de double financement.

7. Mesures et investissements spécifiques

Les plans sociaux pour le climat doivent inclure des mesures et investissements pour faire face aux conséquences sociales découlant de l’inclusion des émissions de gaz à effet de serre générées par les secteurs du bâtiment et du transport routier dans le champ d’application de la directive SEQE. Conformément à l’article 4, paragraphe 4, et à l’article 8 du règlement «Fonds social pour le climat», les plans doivent comprendre des mesures et des investissements nationaux et, le cas échéant, locaux et régionaux, visant à rénover les bâtiments et à décarboner le chauffage et le refroidissement des bâtiments, y compris par l’intégration de la production et du stockage d’énergies renouvelables, et en accroissant l’adoption de la mobilité et des transports à émissions nulles ou faibles.

L’inclusion de mesures visant à fournir une aide directe temporaire au revenu est facultative (article 4, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat»). L’aide directe au revenu doit toujours être temporaire et être progressivement réduite, à mesure que les mesures structurelles gagnent du terrain (voir section III.4 des présentes orientations).

a) Mesures

Une «mesure» devrait s’entendre comme une action ou un changement structurel, autre qu’un investissement, qui entraîne des améliorations des politiques ayant une incidence significative et durable sur la décarbonation. L’article 4, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat» dispose que « [le] plan contient un ensemble cohérent de mesures et d’investissements nationaux existants ou nouveaux [...] » et l’article 16, paragraphe 3, point b) i), dispose que « [...]le plan est censé avoir, dans l’État membre, une incidence durable sur les défis qu’il s’attache à relever, conformément aux objectifs de l’Union en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030 et à l’objectif à long terme de neutralité climatique de l’Union à l’horizon 2050 au plus tard, et en particulier sur les ménages vulnérables, les microentreprises vulnérables et les usagers vulnérables des transports, en particulier les ménages en situation de précarité énergétique ou de précarité en matière de transport ».

L’objectif d’une mesure relevant du Fonds social pour le climat est d’agir, principalement pour aider les ménages vulnérables, les microentreprises vulnérables et/ou les usagers vulnérables des transports à relever les défis, à améliorer les performances ou à lever les obstacles qui entravent les progrès vers la réalisation d’objectifs stratégiques spécifiques, tels que l’efficacité énergétique, la rénovation des bâtiments, la mobilité et les transports durables, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la réduction du nombre de ménages vulnérables et d’usagers vulnérables des transports.

Pour en maximiser les effets, les États membres doivent inclure dans leurs plans des mesures consistant en des actions spécifiques et tangibles et en des changements structurels importants. Parmi celles-ci peuvent figurer des mesures visant à compléter les réformes législatives ou réglementaires connexes proposées dans les PNEC, ainsi que des mesures fondées sur des réformes et des engagements visant à remédier aux domaines qui, du point de vue de la Commission, manqueraient d’ambition dans les PNEC. Cela devrait s’inscrire dans le champ d’application du règlement «Fonds social pour le climat», notamment en ce qui concerne l’obligation de cibler les mesures et les investissements en faveur des ménages vulnérables, des microentreprises vulnérables et des usagers vulnérables des transports.

D’une manière générale, les plans d’action ou les stratégies devraient être considérés comme des cadres dans lesquels intégrer des mesures (et des investissements) plutôt que comme des mesures éligibles elles-mêmes. Les mesures incluses dans les plans doivent avoir des résultats tangibles et une trajectoire claire vers la concrétisation de changements structurels de nature à contribuer à la réalisation de l’objectif du règlement «Fonds social pour le climat», qui peuvent être ventilés en valeurs intermédiaires et valeurs cibles.

Les mesures incluses dans les plans doivent être cohérentes avec les informations incluses et les engagements pris dans le cadre d’autres politiques connexes, comme l’exige l’article 6, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat». En particulier, les mesures doivent soutenir et compléter les réformes décrites dans les PNEC en ce qui concerne les objectifs et le champ d’application du Fonds ainsi que les groupes éligibles.

Cet objectif commun est reflété à l’article 4, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat», qui dispose que « chaque État membre veille à la cohérence entre son plan et son plan national intégré en matière d’énergie et de climat mis à jour visé à l’article 14, paragraphe 2, du règlement (UE) 2018/1999 ».

Les PNEC fournissent un cadre stratégique général, des engagements et une vue d’ensemble des réformes et des investissements prévus par les États membres pour répondre aux cinq dimensions de l’union de l’énergie (17), conformément à l’article 4 du règlement sur la gouvernance. Le Fonds social pour le climat met à disposition des fonds pour soutenir la transition verte et lutter contre les conséquences sociales du SEQE 2 sur les groupes vulnérables.

Les PNEC mis à jour constituent des cadres d’action essentiels qui influencent directement la conception et la mise en œuvre des plans sociaux pour le climat. Par conséquent, les mesures prévues dans les plans doivent être l’un des types de mesures suivants:

Des mesures fondées sur les réformes et les engagements figurant dans les PNEC, pour autant qu’elles ciblent les ménages vulnérables, les microentreprises vulnérables ou les usagers vulnérables des transports. Afin de garantir la cohérence et de développer des synergies avec leurs PNEC, les États membres devraient inclure des mesures fondées sur les réformes et les engagements pris par les États membres dans leur PNEC mis à jour, qui mettent l’accent sur la lutte contre les conséquences sociales de l’introduction du SEQE 2 et sur le soutien aux ménages vulnérables, aux microentreprises vulnérables et aux usagers vulnérables des transports. Ces mesures devraient être spécifiques et pratiques, traduisant les ambitions énoncées dans les PNEC en résultats tangibles.

Des mesures nécessaires pour remédier à un manque d’ambition pour atteindre les objectifs en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030 dans les PNEC, du point de vue de la Commission. Si les PNEC des États membres pèchent par manque d’ambition, les plans sociaux pour le climat sont l’occasion de se concentrer sur des mesures spécifiques visant à combler l’écart tout en restant cohérents avec les PNEC, en maintenant l’accent sur les ménages vulnérables, les microentreprises vulnérables et les usagers vulnérables des transports, tout en restant pleinement dans le champ d’application du règlement «Fonds social pour le climat».

Des mesures autres que des investissements ayant un effet durable. En vertu de l’article 8, paragraphe 1, point d), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres peuvent inclure dans leurs plans des mesures visant à dispenser des informations, des actions éducatives, des actions de sensibilisation et des conseils ciblés, accessibles et abordables sur les mesures et les investissements efficaces au regard du coût, le soutien disponible pour les rénovations des bâtiments et l’efficacité énergétique, ainsi que d’autres solutions durables et abordables en matière de mobilité et de transport. Ces mesures supplémentaires peuvent se concentrer sur des changements de comportement dans la société ou apporter une aide directe aux plus vulnérables en leur fournissant des conseils et des informations qui pourraient être inclus dans le plan, en justifiant dûment leurs effets durables. Les mesures d’aide directe au revenu sont admissibles au titre de l’article 8, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat» et examinées dans la section III.4 ci-dessous. Ces mesures ne sont pas soumises à l’obligation d’avoir un impact durable qui ne couvre que les mesures et les investissements visés à l’article 8, paragraphe 1.

b) Investissements

Les investissements au titre du Fonds sont des dépenses destinées à financer des activités et des actifs inclus dans les objectifs énumérés à l’article 8, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat». Ces investissements doivent principalement soutenir les ménages vulnérables, les usagers vulnérables des transports et les microentreprises vulnérables et avoir des effets durables sur la résilience économique et sociale, sur la durabilité (en particulier pendant la transition écologique), sur l’atténuation des conséquences sociales du SEQE 2 et sur la réduction du coût de la transition écologique pour les groupes vulnérables.

Le calendrier des investissements devrait refléter la durée de vie du Fonds (2026-2032), en veillant à ce que les jalons et les objectifs puissent être atteints d’ici juillet 2032. Les États membres devraient éviter d’inclure des investissements qui ne peuvent pas être mis en œuvre de manière réaliste dans ce délai et anticiper tout retard probable.

Les États membres sont invités à envisager d’inclure les caractéristiques supplémentaires suivantes des investissements afin de garantir l’efficacité de l’aide aux groupes vulnérables et d’être propices à la transition écologique:

les investissements sous la forme de régimes d’aide devraient assurer la viabilité à long terme du financement, sans effet de falaise une fois les ressources épuisées. S’il n’y a pas de flux de recettes constant (outre le Fonds social pour le climat) ou si les mécanismes mis en place nécessitent encore un financement, l’aide du Fonds devrait être planifiée dans le temps, un montant clair étant mis à disposition périodiquement;

toute diminution de l’intensité du soutien ou suppression devra être progressive, faute de quoi elle pourrait déprimer le marché des technologies à faibles émissions;

les régimes d’aide devraient être mis à disposition dès que possible après leur annonce afin d’offrir une sécurité aux bénéficiaires;

pour une efficacité optimale, les régimes d’aide devraient trouver un juste équilibre entre caractère abordable et surcompensation, tout en fournissant le soutien nécessaire pour atteindre les objectifs sans évincer les investissements privés. Les régimes d’aide devraient s’efforcer d’atteindre le plus grand nombre possible de ménages, d’individus et de microentreprises vulnérables;

il ne faut pas qu’ils soient compromis par d’autres incitations parallèles visant à stimuler le déploiement de technologies et de solutions à forte intensité de carbone pour des secteurs identiques à ceux couverts par le SEQE 2. En effet, de telles incitations auraient pour effet d’augmenter les émissions, de faire grimper le prix du carbone dans le cadre du SEQE 2 et donc, potentiellement, d’exacerber la précarité énergétique et la précarité en matière de transport.

Les plans devraient décrire clairement les objectifs, le type, la taille, les types de bénéficiaires finaux ou de groupes cibles, le calendrier de mise en œuvre et les phases de chaque investissement.

On entend par «bénéficiaires finaux» la dernière entité ou le dernier ménage recevant des fonds, qui n’est ni un contractant ni un sous-traitant.

Lorsqu’ils conçoivent un investissement, il convient que les États membres respectent toutes les règles applicables, en particulier les règles relatives aux marchés publics et aux aides d’État. Dans l’ensemble, et sans préjudice de la nécessité de respecter le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important», les États membres sont encouragés à utiliser les critères de l’UE en matière de marchés publics écologiques et sociaux dans tous les achats publics pertinents et à tenir compte des incidences sociales.

c) Mesures et investissements locaux et régionaux

Les plans peuvent inclure des mesures et des investissements locaux et régionaux.

Consultation

La participation des autorités régionales et locales à l’élaboration et à la consultation des plans sera essentielle (18). Les États membres devraient travailler en partenariat avec les autorités régionales et locales au cours du processus d’identification des mesures et des investissements qui profiteraient aux groupes cibles vulnérables et élaborer le plan conformément à l’article 5 du règlement «Fonds social pour le climat». Les autorités ou organismes chargés de la mise en œuvre du plan devraient coopérer avec les autorités régionales et locales, ce qui sera essentiel pour déterminer les mesures et les investissements appropriés.

Lors de l’évaluation des plans sur la base des critères énoncés à l’article 16, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat», la Commission examinera s’ils ont été élaborés en consultation avec les parties prenantes, y compris les autorités régionales et locales. À cette fin, les États membres devraient s’appuyer sur les principes énoncés dans le code de conduite européen sur le partenariat établi par le règlement délégué (UE) no 240/2014.

Conception et mise en œuvre du plan

Le cas échéant et conformément aux dispositions institutionnelles du pays, les autorités régionales et locales peuvent être chargées de la mise en œuvre des mesures et investissements et du suivi de cette dernière.

En fonction de leur structure institutionnelle, les États membres peuvent décider d’inclure des sous-composantes régionales dans un ou plusieurs des trois volets énumérés à la section III.2 des présentes orientations. Pour les mesures et les investissements à mettre en œuvre aux niveaux régional et local, cela doit être indiqué clairement dans la description de la valeur intermédiaire ou de la valeur cible.

Indépendamment de leur rôle dans la mise en œuvre du plan, la participation des autorités régionales et locales à la structure désignée décrite à la section IV, point 1 b), des présentes orientations est vivement encouragée. Il s’agit d’un élément que la Commission prendra en compte pour évaluer si les dispositions proposées par les États membres sont censées garantir le suivi et la mise en œuvre effectifs du plan.

d) Transfert des bénéfices aux ménages, aux microentreprises et aux usagers des transports

Les mesures et les investissements inclus dans les plans peuvent être réalisés par des intermédiaires ou d’autres entités privées ou publiques (article 9 du règlement «Fonds social pour le climat»). Dans ce cas, le règlement «Fonds social pour le climat» exige que « [l]es États membres prévoient les dispositions légales et contractuelles nécessaires pour garantir que l’intégralité du bénéfice est transférée aux ménages vulnérables, aux microentreprises vulnérables ou aux usagers vulnérables des transports ». Le détail des garanties requises dépend de la mesure ou de l’investissement et doit être analysé au cas par cas.

L’article 9 du règlement «Fonds social pour le climat» contient un principe général très important qui doit être appliqué dans le cadre de toutes les mesures et de tous les investissements qui ne sont pas fournis directement aux ménages, usagers des transports ou microentreprises vulnérables. Ainsi, les États membres pourraient, pour la rénovation des logements des ménages vulnérables, avoir recours à des contrats de performance énergétique et faire intervenir des services publics ou des entreprises de services énergétiques, pour s’assurer que les avantages sont intégralement répercutés sur les bénéficiaires finaux. De même, le principe du transfert des avantages doit être appliqué lorsqu’un propriétaire privé non vulnérable reçoit une aide pour la rénovation d’un bâtiment occupé par des locataires considérés comme des ménages vulnérables. Pour les transports, par exemple, un opérateur de transport public peut recevoir une aide lui permettant de réduire le prix des billets pour les usagers vulnérables ou pour proposer un nouveau service de mobilité partagée principalement destiné à soutenir les usagers vulnérables des transports.

Les États membres peuvent également étudier la possibilité d’utiliser des instruments financiers pour produire l’effet le plus large possible et mobiliser des investissements supplémentaires, en veillant à ce que les avantages soient intégralement transférés aux ménages, microentreprises et usagers des transports.

Lorsqu’ils envisagent le transfert des bénéfices, les États membres peuvent également tenir compte du rôle important joué par les entités de l’économie sociale telles que les coopératives, les organisations à but non lucratif, les associations et les entreprises sociales, qui partagent l’objectif de donner systématiquement la priorité aux citoyens, d’avoir une incidence positive sur les communautés locales et de poursuivre une cause sociale. C’est pourquoi ces entités sont souvent bien équipées pour identifier les groupes vulnérables et relever les défis auxquels ils sont confrontés (19).

8. Ensemble cohérent de mesures et d’investissements nationaux existants ou nouveaux

Les États membres peuvent inclure dans leurs plans de nouvelles mesures ou de nouveaux investissements qui n’ont pas été financés auparavant par des ressources budgétaires nationales ou par un financement de l’UE dans leur pays. Si les États membres décident, dans leurs plans, de porter des mesures ou des investissements existants au niveau supérieur (voir la section II.9 pour des orientations plus détaillées sur l’extension de mesures existantes), ces mesures ou investissements doivent être cohérents avec les nouveaux investissements ou mesures, étant donné qu’en vertu de l’article 4, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat», le plan est supposé contenir un ensemble cohérent de mesures nationales existantes ou nouvelles. Les mesures et investissements devraient se renforcer ou se compléter mutuellement en contribuant à la réalisation des objectifs du plan.

9. Additionnalité des mesures et investissements

Les mesures et les investissements devraient présenter un caractère d’additionnalité et ne devraient pas se substituer aux dépenses budgétaires nationales récurrentes (article 13, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat»). Cela signifie que le Fonds ne peut soutenir que de nouvelles mesures ou de nouveaux investissements, ou une extension de mesures ou d’investissements existants.

Le Fonds social pour le climat ne finance que la partie d’une mesure ou d’un investissement existant porté à plus grande échelle. Toute mesure ou tout investissement déjà en place pour atténuer les incidences sociales d’un système national d’échange de quotas d’émission existant dans les secteurs du bâtiment et du transport routier, ou d’une taxe carbone, doit également être renforcé afin de bénéficier d’un financement au titre du Fonds social pour le climat.

En outre, l’extension d’une mesure ou d’un investissement doit relever le niveau d’ambition de la mesure ou de l’investissement initial. Cela n’implique pas nécessairement d’augmenter le financement alloué à la mesure ou à l’investissement existant, mais peut également se refléter dans la conception de la mesure ou de l’investissement. Par conséquent, outre une augmentation du budget/de la portée pour une période donnée, cette démarche pourrait, par exemple, prendre la forme d’une prolongation du délai ou d’une adaptation du champ d’application.

Les mesures ou investissements renforcés relèvent généralement de l’une des catégories suivantes, pour lesquelles les critères d’éligibilité pour les bénéficiaires finaux devraient toujours être conformes au règlement «Fonds social pour le climat»:

a) Augmentation quantitative: ajout d’un financement au titre du Fonds social pour le climat à une mesure ou à un investissement existant pour une période de mise en œuvre donnée

i.

augmentation de la portée

Exemple: l’augmentation du budget afin de porter le nombre de logements sociaux rénovés de 20 000 à 30 000 unités (avec au moins le même niveau d’ambition pour chaque rénovation) serait considérée comme une extension de la mesure à hauteur de 10 000 logements; ou l’augmentation du budget pour proposer un tarif moindre à un plus grand nombre d’usagers vulnérables des transports publics (avec au moins la même ampleur de chaque aide individuelle), permettant de passer de 5 000 à 10 000 personnes;

ii.

augmentation du montant de l’aide

Exemple: les États membres peuvent développer un programme d’efficacité énergétique ou un régime de subventions des transports publics à destination des groupes vulnérables en augmentant la subvention pour chaque bénéficiaire final (si une analyse montre que l’augmentation de l’aide à chaque bénéficiaire final est nécessaire).

b) Changements qualitatifs, y compris:

i.

modification ou extension du champ d’application matériel de la mesure

Exemple: une mesure de soutien existante visant l’installation de chaudières à gaz à haut rendement pour les ménages vulnérables est supprimée et remplacée par une mesure concernant l’installation de pompes à chaleur ou étendue à celle-ci. Le Fonds social pour le climat pourrait financer le soutien à l’installation de pompes à chaleur (étant donné que les pompes à chaleur sont conformes aux critères du principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» dans le cadre du Fonds social pour le climat), mais pas le soutien à l’installation de chaudières à gaz;

ii.

élargissement des bénéficiaires finaux éligibles de la mesure

Exemple: les États membres peuvent étendre un régime d’aide à l’efficacité énergétique pour les propriétaires de logements en ajoutant une aide pour les locataires considérés comme des ménages vulnérables (sous la forme de subventions ou de microprêts). Le Fonds social pour le climat ne pourrait financer que la partie des aides qui ciblent les ménages vulnérables (propriétaires et locataires). Il appartient à l’État membre de décider du budget à allouer au maintien du soutien à d’autres groupes, et cette partie du financement ne doit pas être incluse dans les plans sociaux pour le climat;

iii.

recentrage du soutien sur les groupes vulnérables

Exemple: les États membres pourraient remplacer une incitation à l’achat de panneaux solaires ouverte à l’ensemble de la population par un régime limité aux ménages vulnérables (dont les critères d’éligibilité seraient conformes aux définitions du règlement «Fonds social pour le climat» et au recensement suggéré dans le plan social pour le climat), à des taux subventionnés, ou ils pourraient compléter le soutien à l’échelle nationale par un complément spécifique ciblant les ménages vulnérables. Le Fonds social pour le climat pourrait financer la mesure visant à soutenir ces ménages vulnérables, tandis qu’il appartiendrait à l’État membre de décider du budget alloué au maintien du soutien à d’autres groupes.

c) Prorogation: ajout d’un financement au titre du Fonds social européen à une mesure d’investissement existante afin de prolonger sa période de mise en œuvre

Exemple: les États membres pourraient étendre un programme proposant des bons aux ménages vulnérables afin de les aider à acheter des appareils et des équipements de chauffage, de refroidissement et de cuisson économes en énergie. Par exemple, si un programme devait initialement expirer en juin 2025, il pourrait être prolongé jusqu’en juin 2030, cette prolongation étant financée par le Fonds social pour le climat.

Remarque: afin de respecter le principe d’additionnalité lors de la prolongation d’une mesure, la décision juridiquement contraignante de proroger la mesure doit être prise après le 30 juin 2024 (voir la section II.10 des présentes orientations pour plus de détails sur la date d’éligibilité). Cette catégorie est particulièrement pertinente pour les États membres qui ont mis en place des régimes nationaux de tarification du carbone et de soutien connexe et dans lesquels le SEQE 2 peut remplacer le prix national du carbone. Dans ce cas, le Fonds social pour le climat peut continuer à financer ces mesures et investissements existants, pour autant qu’ils respectent toutes les dispositions du règlement «Fonds social pour le climat».

Si l’ensemble du champ d’application matériel et/ou l’ensemble des bénéficiaires finaux d’une mesure ou d’un investissement existant sont déjà éligibles au titre du règlement «Fonds social pour le climat», il faudra inclure un autre élément pour respecter le principe d’additionnalité (par exemple, augmentation des coûts, prolongation d’une mesure, etc.). Si seule une partie du champ d’application de la mesure ou des bénéficiaires finaux est éligible au titre du régime précédent, l’extension pourrait consister à réaffecter des fonds initialement alloués à des mesures/groupes non éligibles au Fonds social vers des mesures/groupes éligibles. Cela garantirait l’additionnalité de ces mesures/groupes éligibles.

Si un État membre prévoit de respecter le principe d’additionnalité en fournissant un financement supplémentaire au titre du Fonds social pour le climat aux groupes vulnérables ciblés par le Fonds social pour le climat dans le cadre d’un régime plus large ouvert à l’ensemble de la population, il n’est possible de le financer au titre du Fonds social pour le climat que si l’État membre i) détermine quelles sont les personnes qui remplissent les critères d’éligibilité du Fonds social pour le climat et sont financées par l’intermédiaire dudit fonds, et ii) est en mesure de suivre les progrès accomplis en ce qui concerne les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles et de contrôler la mise en œuvre du régime en ce qui concerne son orientation spécifique vers les groupes cibles du Fonds social pour le climat.

L’extension des mesures et investissements existants fera l’objet du même processus d’évaluation que les nouvelles mesures et les nouveaux investissements, ce qui signifie qu’ils doivent respecter toutes les exigences du règlement «Fonds social pour le climat» (ils doivent ainsi plus particulièrement cibler les groupes vulnérables établis dans le règlement «Fonds social pour le climat»). Dans son évaluation de l’extension des mesures et investissements existants, la Commission tient également compte de l’égalité de traitement entre les États membres et veille à ce que les États membres ne contournent pas les exigences relatives aux mesures et investissements étendus (par exemple, en supprimant une mesure en 2024 dans le but de la rétablir dans le plan en tant que nouvelle mesure).

10. Date de début au plus tôt des mesures et des investissements

Les mesures ou les investissements ne peuvent pas commencer avant le 30 juin 2024 (date de début d’application du règlement «Fonds social pour le climat», conformément à son article 29). Cela signifie qu’aucuns frais ne doivent avoir été engagés ou que les travaux ne doivent pas avoir débuté avant le 30 juin 2024 (20). Il en va de même pour l’extension de mesures et d’investissements existants.

Les projets dont les phases de préparation et les phases initiales (en ce compris la passation de marchés et la conclusion de contrats) ont été lancées avant le 30 juin 2024 peuvent encore être considérés comme éligibles pour des phases ou sous-projets clairement définis mis en œuvre à partir du 30 juin 2024.

La même règle s’applique à l’assistance technique au titre de l’article 8, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat». L’assistance technique nécessaire à la gestion et à la mise en œuvre efficaces des mesures et des investissements est éligible au titre du Fonds pour les coûts supportés après le 30 juin 2024.

Les mesures et investissements existants qui ne constituent pas une assistance technique peuvent également être financés par le Fonds social pour le climat s’ils sont conformes au règlement «Fonds social pour le climat», et en particulier aux dispositions relatives à l’additionnalité (voir section II.9 des présentes orientations). Toutefois, les mesures d’exécution et les investissements à financer par le Fonds social pour le climat avant l’approbation du plan par la Commission risquent de voir l’évaluation de la Commission conclure que certaines des mesures et certains des investissements proposés ne sont pas conformes au règlement «Fonds social pour le climat». Cela concerne leur éligibilité et, si l’on examine l’ensemble des mesures et des investissements proposés, la question de savoir si le plan global satisfait aux critères d’évaluation.

11. Respect des règles de l’UE en matière d’aides d’État

Comme indiqué au considérant 40 du règlement «Fonds social pour le climat», le soutien aux mesures et aux investissements relevant du champ d’application de l’article 107, paragraphe 1, du TFUE doit être conforme aux règles de l’Union en matière d’aides d’État.

Lorsque les autorités nationales disposent d’une marge d’appréciation quant à l’utilisation des fonds de l’Union, ceux-ci constituent une aide d’État si tous les autres critères de l’article 107, paragraphe 1, du TFUE sont remplis. Compte tenu du caractère cumulatif des critères énoncés à l’article 107, paragraphe 1, du TFUE, si l’un des critères n’est pas rempli, l’existence d’une aide d’État peut être exclue (21). Par exemple, les aides en faveur d’activités qui ne sont pas de nature économique, c’est-à-dire qui ne sont pas utilisées pour fournir des biens ou des services sur le marché, ne sont pas considérées comme des aides d’État. Cela peut être le cas, par exemple, pour les aides accordées aux ménages en vue de la rénovation de leur résidence propre, à condition qu’ils ne louent pas le bien et n’utilisent pas leur résidence d’une quelconque autre manière pour des activités économiques. Néanmoins, lorsqu’un soutien est apporté aux propriétaires qui louent leurs biens à des ménages vulnérables, il convient de tenir compte des règles en matière d’aides d’État. Dans de tels cas, les États membres ont la possibilité de fournir un tel soutien conformément aux conditions du règlement général de minimis, qui prévoit, entre autres, que le montant total des aides de minimis octroyées par État membre à une même entreprise ne doit pas dépasser 300 000 EUR sur une période de trois ans (22).

En présence d’une aide d’État, l’aide aux mesures et investissements doit être notifiée et autorisée par la Commission avant que les États membres ne puissent octroyer l’aide, à moins que ces mesures et investissements ne respectent les conditions applicables d’un règlement d’exemption par catégorie, en particulier le règlement général d’exemption par catégorie (RGEC) déclarant certaines catégories d’aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du TFUE (23), ou à moins qu’ils ne relèvent du règlement de minimis.

Lors de la notification de leur projet de plan, les États membres sont invités à préciser si, selon eux:

le soutien à la mesure ou à l’investissement ne constituera pas une aide d’État au sens de l’article 107, paragraphe 1, du TFUE; ou

le soutien à la mesure ou à l’investissement, qui remplit tous les critères de l’article 107, paragraphe 1, du TFUE, sera financé sur la base d’un régime d’aides d’État existant relevant d’un règlement d’exemption par catégorie, en particulier du RGEC, ou est approuvé par une décision de la Commission en matière d’aides d’État [indiquant le numéro de référence de ce régime (SA.nnnnn)]; ou

le soutien à la mesure ou à l’investissement donnera lieu à une nouvelle mesure d’aide d’État, une explication indiquant s’il respectera les conditions d’un règlement d’exemption par catégorie, par exemple le RGEC (en indiquant quel article); ou

le soutien en faveur de la mesure ou de l’investissement est conforme au règlement de minimis ou

le soutien à la mesure ou à l’investissement nécessite une notification d’aide d’État, indiquant quand l’État membre a l’intention de notifier préalablement ou de notifier à la Commission le soutien prévu pour la mesure ou l’investissement, et l’instrument d’aide d’État applicable garantissant sa compatibilité avec le marché intérieur.

En cas de doute de la part de l’État membre, que ce soit sur l’existence d’une aide d’État ou sur la compatibilité d’une mesure ou d’un investissement avec les règles en matière d’aides d’État, l’État membre est invité à contacter les services de la Commission et à le signaler dans son (projet de) plan social pour le climat. Lorsque le (projet de) plan contient des informations plus détaillées sur le soutien aux mesures et aux investissements impliquant une aide d’État (ou lorsque des questions relatives aux aides d’État se posent), les services de la Commission sont en mesure d’aider l’État membre à déterminer les informations nécessaires et pertinentes qu’il doit fournir à la Commission.

En définitive, il incombe à l’État membre de notifier les mesures d’aide d’État à la Commission avant de les accorder, conformément à l’article 108, paragraphe 3, du TFUE. À cet égard, l’analyse des aides d’État effectuée par l’État membre dans le plan ne peut être considérée comme une notification d’aide d’État. De même, l’approbation du plan social pour le climat par la Commission ne saurait être interprétée comme confirmant le respect des règles en matière d’aides d’État pour la mesure ou l’investissement concerné.

Lorsqu’un État membre fournit une aide d’État en vertu d’un règlement d’exemption par catégorie ou du règlement de minimis, il lui incombe de veiller au respect de toutes les dispositions pertinentes de ces règlements.

Exemples de cas dans lesquels les règles applicables en matière d’aides d’État pourraient prévoir des exigences différentes de celles énoncées dans le règlement «Fonds social pour le climat» et dont il est recommandé de tenir compte lors de la conception et de la mise en œuvre de mesures et d’investissements:

en vertu du règlement «Fonds social pour le climat», les mesures ou investissements auraient pu commencer après le 30 juin 2024, ce qui signifie que des frais auraient pu être engagés ou que les travaux auraient pu commencer au plus tôt le 30 juin 2024. L’effet incitatif de l’aide d’État exige que le bénéficiaire ait présenté une demande écrite concernant cette aide à l’État membre avant le début des travaux relatifs au projet ou à l’activité;

dans les cas où une mesure ou un investissement axé sur la décarbonation du secteur du bâtiment constitue une aide d’État, l’article 38 bis, paragraphe 6, du RGEC (24) inclut des exigences obligatoires;

Lorsque des mesures ou des investissements en faveur d’une mobilité durable ou propre constituent des aides d’État, les règles applicables en matière d’aides d’État peuvent prévoir des exigences différentes de celles du règlement «Fonds social pour le climat» (25).

Lorsqu’ils conçoivent des systèmes pour des véhicules à émissions nulles et lancent des procédures de passation de marchés publics, les États membres devraient veiller à ce qu’ils tiennent compte des exigences des articles 25 et 28 du règlement pour une industrie «zéro net». Cela signifie que les États membres devraient veiller à ce qu’une contribution élevée en matière de durabilité et de résilience soit intégrée dans les investissements et les mesures relevant du règlement pour une industrie «zéro net», et devraient examiner régulièrement si une technologie «zéro net» ou ses principaux composants spécifiques proviennent d’un pays tiers qui représente plus de 50 % de l’approvisionnement de cette technologie «zéro net» spécifique, comme indiqué par la Commission. Afin de garantir une mise en œuvre rapide des plans sociaux pour le climat, les États membres devraient également tenir compte des exigences du règlement relatif aux subventions étrangères énoncées aux articles 28 et 29, qui visent à prévenir les distorsions sur le marché intérieur de l’UE causées par des produits subventionnés en provenance de pays tiers, afin de garantir des conditions de concurrence équitables pour les entreprises établies dans l’UE.

12. Comment tenir compte de l’égalité de genre et de l’égalité des chances pour tous

Les plans sociaux pour le climat devraient préciser comment les mesures et les investissements visent à lutter contre les inégalités de genre et à renforcer l’égalité de genre [article 6, paragraphe 1, point q), et annexe V, section 2.1, point ii), et section 2.2, point ii), du règlement «Fonds social pour le climat»]. Les femmes sont touchées de manière disproportionnée par la précarité énergétique et la précarité en matière de transport. Par conséquent, afin de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte tout au long du processus d’élaboration et de mise en œuvre de leurs plans, les États membres devraient défendre et favoriser l’égalité de genre et l’égalité des chances pour tous et intégrer ces objectifs, ainsi que les droits des personnes handicapées en matière d’accessibilité, conformément à la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées.

Premièrement, les États membres devraient recenser dans leurs plans les principaux défis qu’ils rencontrent en matière d’égalité de genre et d’égalité des chances pour tous dans le cadre du Fonds social pour le climat. Ils devraient ensuite expliquer comment les mesures et les investissements prévus dans les plans permettront de relever ces défis et de favoriser l’égalité de genre. Il s’agit d’examiner la manière dont les mesures et les investissements inclus dans les plans pourraient contribuer à éliminer les inégalités existantes entre les genres et d’autres formes d’inégalités, ainsi qu’à promouvoir et à améliorer l’égalité de genre.

Les États membres devraient démontrer que les objectifs d’égalité de genre et d’égalité des chances pour tous sont, d’une part, inclus dans des mesures sectorielles spécifiques (infrastructures, logement, transports, énergie, aide directe temporaire au revenu) et, d’autre part, intégrés dans la conception et la mise en œuvre. En d’autres termes, le plan devrait promouvoir l’égalité de genre et l’égalité des chances pour tous dans tous les domaines d’action, en particulier, mais pas uniquement, en ce qui concerne les droits des personnes handicapées en matière d’accessibilité.

En outre, les États membres sont invités à ventiler les données qu’ils fournissent par sexe, conformément à l’article 33 du règlement financier, âge et handicap (lorsque cela est pertinent et possible) et associer les organismes pour l’égalité de traitement et la non-discrimination à la conception et à la mise en œuvre du plan, par exemple dans le cadre du processus de suivi de la mise en œuvre du plan. Les États membres peuvent également s’appuyer sur les conclusions de plusieurs études sur l’évaluation ex ante de l’impact selon le genre (26), l’intégration d’une perspective de genre dans le processus budgétaire (27), les marchés publics tenant compte de la dimension de genre (28) et l’intégration de l’égalité dans les transports (29).

Enfin, au cours des phases de planification et de mise en œuvre, les États membres devraient envisager d’associer un large éventail de parties prenantes, en particulier les femmes et les personnes appartenant à d’autres groupes vulnérables, afin de veiller à ce que le plan reflète des perspectives diverses.

13. Autorités chargées de la mise en œuvre du plan

Afin de préparer efficacement les plans et d’assurer leur bonne mise en œuvre, les États membres doivent déterminer suffisamment à l’avance les autorités qui seront chargées de les élaborer et de les mettre en œuvre.

Les plans doivent comprendre une explication de la manière dont l’État membre entend mettre en œuvre les mesures et les investissements proposés, en mettant l’accent sur les modalités et le calendrier de suivi et de mise en œuvre (voir annexe V, point 4.1, du règlement «Fonds social pour le climat»). Cela devrait inclure toutes les mesures nécessaires au respect des règles de protection des intérêts financiers de l’UE.

Les États membres doivent mettre en place, conformément à leur cadre institutionnel, juridique et financier, un système de contrôle interne efficace et efficient, qui prévoit une séparation des fonctions et des dispositions en matière d’établissement de rapports, de surveillance et de suivi (voir le point 1 de l’annexe III du règlement «Fonds social pour le climat»). Cela suppose:

a)

la désignation des autorités chargées de la mise en œuvre du plan et l’attribution des responsabilités et fonctions y afférentes;

b)

la désignation de l’autorité ou des autorités chargées de signer la déclaration de gestion accompagnant les demandes de paiement;

c)

des procédures garantissant que cette autorité ou ces autorités obtiendront l’assurance que les valeurs intermédiaires et valeurs cibles fixées dans le plan ont été atteintes, et que les fonds ont été gérés conformément à toutes les règles applicables, notamment les règles visant à éviter les conflits d’intérêts et à prévenir les fraudes, la corruption et un double financement;

d)

une séparation appropriée des fonctions de gestion et d’audit.

Les États membres peuvent désigner plusieurs autorités pour la mise en œuvre des plans (annexe III du règlement «Fonds social pour le climat»). Néanmoins, la Commission a publié le 18 avril 2023 une déclaration (30) dans laquelle elle estimait que l’accord conclu par les colégislateurs au titre de l’«annexe III - Principales exigences pour le système de contrôle interne de l’État membre» du règlement établissant un Fonds social pour le climat en ce qui concerne la possibilité pour les États membres de désigner plus d’une autorité pouvant se voir confier la responsabilité de signer la déclaration de gestion accompagnant les demandes de paiement pourrait entraîner des inefficacités et une dilution des responsabilités et créer une confusion quant aux rôles des autorités.

Pour garantir une mise en œuvre effective, les responsabilités doivent être clairement définies. Une autorité de coordination chef de file pourrait être désignée, qui assumerait la responsabilité générale de l’élaboration du plan et serait le principal point de contact de la Commission. Cette autorité de coordination serait responsable de la mise en œuvre globale du plan, de la coordination avec les autres autorités du pays (notamment en veillant à la cohérence dans l’utilisation des autres fonds de l’UE), du suivi des progrès accomplis en ce qui concerne les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles, de la présentation de toute modification du plan et de l’établissement des rapports. Afin de clarifier la responsabilité des demandes de paiement au titre du Fonds, il est vivement recommandé que chaque État membre désigne une seule autorité pour signer les déclarations de gestion accompagnant les demandes de paiement. Les États membres doivent également désigner une ou plusieurs autorités d’audit (voir point 5 de l’annexe III).

Les États membres peuvent choisir de désigner les autorités de gestion des programmes relevant de la politique de cohésion au titre du règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil (31) (règlement portant dispositions communes) pour superviser, coordonner et mettre en œuvre les mesures et les investissements soutenus par le Fonds. Les États membres doivent indiquer cette intention dans leurs plans. Si cela est prévu dans les plans, les systèmes de gestion et de contrôle mis en place pour les autorités de gestion des programmes de cohésion sociale, tels qu’ils ont été notifiés à la Commission, sont réputés conformes aux exigences du règlement «Fonds social pour le climat» (article 11, paragraphe 3, dudit règlement). Pour toute autre autorité, une procédure formelle de désignation doit être mise en œuvre afin de s’assurer que des systèmes de gestion et de contrôle appropriés sont en place et peuvent fournir une assurance suffisante pour la protection des intérêts financiers de l’UE.

La Commission devra vérifier les dispositions administratives et procédurales en place pour s’assurer qu’elles sont conformes.

14. Transferts de ressources

a) Transfert de ressources du Fonds

i. Transferts du Fonds social pour le climat vers des fonds en gestion partagée au titre du règlement portant dispositions communes

En vertu de l’article 11, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres peuvent demander, dans leurs plans, un transfert jusqu’à 15 % de leurs dotations financières annuelles maximales pour chaque année du Fonds social pour le climat vers les fonds en gestion partagée au titre du règlement portant dispositions communes, moyennant le respect de certaines conditions.

Il convient de noter que i) les ressources sont allouées annuellement au Fonds social pour le climat (voir article 30 quinquies, paragraphe 4, de la directive 2003/87/CE) et que le règlement «Fonds social pour le climat» permet aux États membres de transférer 15 % de leur dotation financière annuelle, mais pas de la dotation pour l’ensemble de la période 2026-2032, en une seule tranche, et que ii) en vertu du règlement portant dispositions communes, les engagements budgétaires ne peuvent être effectués qu’au cours de la période allant du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2027. Par conséquent, les États membres ne peuvent pas transférer la totalité du montant, soit 15 % de leur dotation financière maximale telle qu’elle figure à l’annexe II du règlement «Fonds social pour le climat», en une seule tranche dès l’entrée en vigueur du Fonds social pour le climat, étant donné que cette valeur est fondée sur la dotation totale des États membres au cours de la période 2026-2032.

Les États membres peuvent demander un transfert d’un montant maximal de 15 % de la dotation financière annuelle des États membres pour 2026 et 2027 au moyen de la modification apportée aux programmes au titre du règlement portant dispositions communes. Les transferts annuels effectifs seront mis en œuvre conformément à la procédure budgétaire annuelle. En outre, toute disposition relative aux programmes pour la période postérieure à 2027 dépendra du cadre financier pluriannuel pour l’après-2027. Les ressources transférées devraient être utilisées conformément au règlement portant dispositions communes et au règlement régissant le fonds spécifique vers lequel les ressources du Fonds social pour le climat sont transférées.

Conformément à l’article 26 ter du règlement portant dispositions communes, les transferts à partir du Fonds social pour le climat doivent soutenir les objectifs énoncés à l’article 3 dudit règlement et être conformes aux mesures et investissements éligibles décrits à l’article 8 dudit règlement. En outre, les ressources transférées doivent être mises en œuvre conformément aux règles du fonds bénéficiaire, en particulier le règlement portant dispositions communes et les règles spécifiques des Fonds. Par conséquent, les États membres devraient utiliser les indicateurs communs et/ou des indicateurs spécifiques aux programmes, et les modalités de paiement prévues par le règlement portant dispositions communes ou les règlements spécifiques aux Fonds.

Pour les ressources transférées du Fonds vers des programmes en gestion partagée, les montants maximaux de l’assistance technique au titre des programmes en gestion partagée augmenteront proportionnellement au pourcentage fixe d’assistance technique appliqué aux montants les plus élevés après les transferts du Fonds pour le climat (conformément à l’article 36 du règlement portant dispositions communes). Toutefois, le montant maximal pour le calcul de l’assistance technique au titre du Fonds social pour le climat (2,5 % des coûts totaux estimés du plan social pour le climat) diminuera proportionnellement au montant transféré aux fonds en gestion partagée.

ii. Transferts du Fonds social pour le climat vers InvestEU

Les États membres peuvent inclure dans leurs plans, dans le cadre des coûts totaux estimés, le montant de la contribution en espèces allouée au compartiment «États membres» d’InvestEU au titre du règlement (UE) 2021/523 du Parlement européen et du Conseil (32) (conformément à l’article 11, paragraphe 4, du règlement sur le Fonds social pour le climat). Ces coûts ne devraient pas dépasser 4 % de la dotation financière maximale du plan. Les mesures connexes énoncées dans le plan doivent être conformes au règlement «Fonds social pour le climat».

b) Transfert de ressources au Fonds

Les États membres ont la possibilité de demander un transfert de ressources allouées au titre de programmes en gestion partagée vers le Fonds social pour le climat, sous réserve des conditions précisées dans le règlement portant dispositions communes (voir article 11, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat»).

Jusqu’à 5 % de la dotation nationale initiale des fonds au titre dudit règlement pour la période budgétaire 2021-2027 peuvent être transférés à tout autre instrument de l’UE géré directement ou indirectement, au bénéfice exclusif de l’État membre concerné (voir article 26 du règlement portant dispositions communes). Les règles de l’instrument de l’UE vers lequel les ressources sont transférées s’appliquent pleinement.

Cette disposition permet à un État membre d’augmenter ses ressources disponibles au titre du Fonds social pour le climat. Les États membres peuvent demander de tels transferts dans le cadre d’une modification d’un programme relevant du règlement portant dispositions communes. En vertu de l’article 26, paragraphe 3, du RPDC pour la période 2021-2027, les États membres doivent justifier ces demandes de transfert en vue des complémentarités et de l’impact recherchés. Ces demandes devraient être accompagnées du ou des programmes modifiés, conformément à l’article 24 du même règlement.

III. ÉLABORATION ET PRÉSENTATION DES PLANS

1. Analyse et incidence générale

a) Incidence prévue du SEQE 2 sur les groupes vulnérables

En vertu de l’article 6, paragraphe 1, point d), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres doivent fournir dans leurs plans une estimation des effets probables de l’augmentation des prix résultant du SEQE 2 sur les ménages, en particulier sur la précarité énergétique et la précarité en matière de transport, et sur les microentreprises. Les États membres doivent analyser ces effets à l’échelon territorial approprié fixé par chaque État membre, en tenant compte des particularités et caractéristiques nationales telles que l’accès aux transports publics et aux services de base et en répertoriant les zones les plus touchées.

Afin de contribuer à l’estimation des effets des hausses de prix du SEQE 2 sur les groupes vulnérables, conformément à l’article 6, paragraphe 6, du règlement «Fonds social pour le climat», la Commission fournira une valeur commune en tant qu’estimation du prix du carbone résultant du SEQE 2.

Aux fins de l’article 6, paragraphe 6, du règlement «Fonds social pour le climat», il est fait référence aux «paramètres recommandés pour la déclaration des projections de GES en 2025», y compris les prix du carbone, qui ont été partagés avec les États membres dans le cadre du règlement sur la gouvernance. La trajectoire des prix du carbone du SEQE 2 pour la période 2027-2030 dans le présent document est fondée sur les recommandations partagées avec les États membres en mars 2023 dans le cadre de la mise à jour des PNEC («Paramètres recommandés pour le modèle SEQE 2 dans le contexte de la mise à jour du PNEC»), mais les prix ont été mis à jour entre 2020 et 2023. Conformément au présent document, le tableau 1 ci-dessous montre la trajectoire de la valeur commune à utiliser pour le SEQE 2 (33).

Tableau 1

Trajectoire harmonisée de la valeur commune pour l’estimation du prix du carbone du SEQE 2

EUR 2023 / tCO2

2027

30

2028

50

2029

55

2030

60

2031

60

2032

60

La valeur estimée en 2030 de 60 tonnes de CO2 (aux prix de 2023) est conforme au prix du SEQE de 2030 modélisé dans le scénario MIX pour les nouveaux secteurs relevant du SEQE, tel que publié dans l’analyse d’impact de la révision du SEQE.

Le prix du SEQE 2 dépend essentiellement de la mise en œuvre de mesures nationales dans les secteurs des transports et du bâtiment et de la mise en œuvre de la législation de l’UE. En vertu de l’article 18, paragraphe 5, du règlement «Fonds social pour le climat», chaque État membre doit évaluer, au plus tard le 15 mars 2029, le caractère approprié de son plan au regard des effets directs réels du SEQE 2. Ce sera l’occasion d’analyser les effets réels du SEQE 2 par rapport aux hypothèses utilisées pour le plan élaboré en 2025.

Les États membres peuvent effectuer des analyses de sensibilité, mais le scénario principal et les résultats indiqués dans le plan devraient être fondés sur la valeur commune.

Même si un État membre a déjà mis en place un prix du carbone dans les secteurs du bâtiment et du transport routier, il doit néanmoins utiliser la valeur commune pour l’estimation du prix du carbone du SEQE 2 pour l’analyse figurant dans son plan. Les États membres doivent expliquer dans quelle mesure l’effet sur les prix du carbone dans les secteurs concernés est déjà en place avant le début du SEQE 2 compte tenu du prix national applicable au carbone. Ils peuvent inclure une analyse des effets, en particulier si cette analyse a déjà été effectuée. Plus important encore, les États membres doivent clarifier le niveau de prix du carbone attendu en 2026-2032 (en faisant la distinction entre les trajectoires de la taxe carbone nationale et la valeur commune pour le prix du SEQE 2), mais, dans la mesure du possible, axer l’analyse sur les effets (supplémentaires) du SEQE 2.

Si un État membre fait une demande de dérogation au titre du SEQE 2 au plus tard le 31 décembre 2030 en vertu de l’article 30 sexies, paragraphe 3, point a), de la directive SEQE, l’analyse figurant dans son plan devrait également être fondée sur la valeur commune pour l’estimation du prix du carbone dans le cadre du SEQE. Même si un État membre remplit les conditions générales de la dérogation, il ne saura qu’après chaque année si la dérogation s'applique, selon que la taxe carbone nationale de l’État membre concerné est supérieure ou non au prix moyen de clôture des quotas SEQE 2 [article 30 sexies, paragraphe 3, point b), de la directive SEQE].

b) Estimation du nombre et de l’identification des groupes vulnérables

Conformément à l’article 6, paragraphe 1, points e) et f), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres doivent présenter dans leurs plans les informations analytiques suivantes relatives aux groupes vulnérables, respectivement:

une estimation du nombre de ménages vulnérables, de microentreprises vulnérables et d’usagers vulnérables des transports ainsi que le recensement de ces ménages, microentreprises et usagers; et

une explication de la manière dont les définitions de la précarité énergétique et de la précarité en matière de transport sont appliquées au niveau national.

Les États membres doivent fournir les estimations, les identifications et les explications, y compris la méthode utilisée, dans leurs plans sociaux pour le climat (voir la section 3 du modèle de plan social pour le climat figurant à l’annexe V du règlement «Fonds social pour le climat»). Pour identifier les groupes vulnérables, les États membres peuvent faire référence aux caractéristiques (par exemple, socio-économiques, groupe de revenus, répartition géographique, type de logement), telles qu’elles ressortent des données statistiques, sur la base des définitions des groupes vulnérables figurant à l’article 2 du règlement «Fonds social pour le climat».

Les États membres doivent également préciser dans leurs plans le nombre de ménages en situation de précarité énergétique et de précarité en matière de transport et le nombre de microentreprises vulnérables visées par les mesures et les investissements afin d’estimer l’incidence des mesures et des investissements sur celles-ci (annexe V, section 3.2, du règlement «Fonds social pour le climat»). Lorsque cela est pertinent et possible, les États membres devraient fournir une ventilation par sexe du nombre de ménages en situation de précarité énergétique, de ménages en situation de précarité en matière de transport et de propriétaires de microentreprises afin de permettre le suivi et l’évaluation des progrès accomplis en matière d’égalité entre les hommes et les femmes (article 22 du règlement financier) (voir la section II.12 des présentes orientations pour plus de détails).

Pour identifier les groupes vulnérables, les États membres peuvent s’appuyer sur les statistiques et méthodes existantes et élaborées pour venir en aide aux groupes vulnérables et s’appuyer sur la législation de l’UE relative au soutien aux personnes en situation de précarité énergétique et de précarité en matière de transport, en tenant compte des incidences estimées du SEQE 2.

Le rapport 2023 sur l’accès aux services essentiels dans l’UE (34) montre que les ménages à faibles revenus et les ménages à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, en particulier les ménages exposés au risque de pauvreté (35), consacrent déjà une part plus importante de leurs revenus aux services essentiels, y compris l’énergie et les transports. Ils sont confrontés aux obstacles les plus élevés à l’accès à ces services, notamment en raison de problèmes d’accessibilité financière. Les hausses de prix ont donc un impact plus important sur ces ménages. Les États membres peuvent s’appuyer sur ces conclusions lorsqu’ils définissent les groupes vulnérables et se concentrer spécifiquement sur les ménages exposés au risque de pauvreté afin de recenser et d’estimer le nombre de ménages vulnérables et de fixer des objectifs pour leurs mesures.

Les travaux visant à recenser la précarité énergétique aux fins des plans devraient être alignés sur les travaux de transposition de la législation de l’UE en la matière. La définition de la précarité énergétique figurant à l’article 2, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat» est la même que celle figurant dans la directive (UE) 2023/1791 du Parlement européen et du Conseil (36) (directive relative à l’efficacité énergétique). Les États membres sont appelés à transposer cette directive au plus tard le 11 octobre 2025 et à présenter leurs plans sociaux pour le climat au plus tard le 30 juin 2025. En conséquence, il est recommandé que la définition de la précarité énergétique utilisée dans les plans sociaux pour le climat soit cohérente avec la définition de la directive relative à l’efficacité énergétique et sa transposition, et que, dans lesdits plans, ce processus soit étayé par une modélisation et une analyse de l’incidence du SEQE 2 sur les ménages vulnérables.

Les recommandations de la Commission concernant la précarité énergétique (37) , (38) et les documents de travail des services de la Commission (39) , (40) qui l’accompagnent peuvent aider les États membres à identifier la précarité énergétique conformément aux indicateurs qu’ils peuvent utiliser.

Pour l’identification des individus et des ménages en situation de précarité en matière de transport, les États membres sont encouragés à prendre en considération les différentes dimensions de celles-ci, telles que définies à l’article 2, paragraphe 12, du règlement «Fonds social pour le climat».

Plus précisément, lorsque les données disponibles le permettent, les États membres devraient envisager d’analyser la dimension «caractère abordable» en liaison avec les dimensions «disponibilité» et «accessibilité». Il s’agit notamment, sans s’y limiter, de combiner les informations sur les dépenses et les revenus avec la répartition géospatiale de la population, la localisation et la fréquence des arrêts et des horaires des transports publics, la durée médiane des déplacements, les détails sur le réseau routier, la propriété locale de voitures, les infrastructures cyclables et la proximité des activités socio-économiques essentielles.

En ce qui concerne la précarité en matière de transport, les États membres peuvent consulter l’étude sur le sujet, qui fournit des définitions, des indicateurs, des déterminants et des stratégies d’atténuation (41) , (42).

c) Cibler les mesures et les investissements

D’une manière générale, les États membres ne pourront cibler effectivement les mesures à l’égard des ménages, des micro-entreprises ou des secteurs des transports vulnérables visés dans le règlement «Fonds social pour le climat» que s’ils ont accès aux données administratives individuelles combinées à des données statistiques ou d’enquête. Les enseignements tirés de l’analyse statistique sur l’identification des caractéristiques des groupes vulnérables doivent être traduits en critères d’éligibilité spécifiques pour les mesures et les investissements. Pour ce faire, les États membres peuvent, par exemple, utiliser les données suivantes:

les données sur les revenus (provenant, par exemple, de sources fiscales différentes);

le type de système de chauffage (par exemple, s’il relève du champ d’application du SEQE 2);

la qualité du bâtiment occupé (par exemple, évaluation du bâtiment sur la base de certificats de performance énergétique);

la localisation des usagers vulnérables des transports et le temps de trajet requis (par exemple, en utilisant un indicateur de zone rurale/urbaine ou le temps nécessaire pour accéder à d’autres services essentiels tels que le travail, les écoles et les établissements de santé);

la disponibilité des transports publics, la qualité des transports publics, la possession d’une voiture privée, etc.;

l’adéquation des solutions de transport (par exemple, accès aux transports publics pour les personnes à mobilité réduite ou besoins supplémentaires en matière de transport, sécurité).

Si les États membres ne peuvent recueillir toutes les informations et tous les éléments probants nécessaires visés ci-dessus, il leur est recommandé de collecter autant d’informations que possible et de les utiliser pour établir des critères d’éligibilité permettant aux ménages vulnérables, aux usagers vulnérables des transports et aux microentreprises vulnérables de demander une aide au titre du Fonds social pour le climat et de fournir eux-mêmes davantage d’éléments de preuve. Les critères doivent refléter la nécessité de simplifier autant que possible les règles.

Pour mettre en œuvre des mesures et des investissements en faveur des groupes vulnérables, les États membres peuvent également faire appel à des intermédiaires tels que les collectivités locales et régionales, les organisations de consommateurs, les organisations de la société civile et les ONG, les guichets uniques, les travailleurs sociaux, les associations locales et les intermédiaires financiers. L’article 9 du règlement «Fonds social pour le climat» ajoute que «[l]es États membres prévoient les dispositions légales et contractuelles nécessaires pour garantir que l’intégralité du bénéfice est transférée aux ménages vulnérables, aux microentreprises vulnérables ou aux usagers vulnérables des transports ».

Certaines mesures et certains investissements éligibles au titre du Fonds social pour le climat mis en œuvre par des intermédiaires ou d’autres entités sont de nature collective (par exemple, soutien apporté aux transports publics, aux infrastructures de transport ou aux communautés énergétiques). Pour ces mesures, les preuves individuelles d’éligibilité ne sont pas nécessairement disponibles, étant donné que l’éventail des bénéficiaires peut être légèrement plus large. Dans ces cas, les États membres doivent apporter la preuve que ces mesures profiteront principalement aux groupes vulnérables cibles. Les États membres doivent prévoir dans leurs plans pour chacune de ces mesures un nombre estimé de ménages, d’usagers des transports ou de microentreprises vulnérables qui bénéficieront de la mesure (par exemple, ceux qui vivent dans une zone donnée). Ils doivent également expliquer en quoi la proportion de ménages, d’usagers des transports ou de microentreprises vulnérables éligibles à la mesure est particulièrement élevée.

Les États membres peuvent s’appuyer sur des données administratives locales ou des données d’enquête si les informations géographiques sont suffisantes. Cela peut également être pertinent pour soutenir les ménages ou les microentreprises vulnérables par l’intermédiaire des communautés énergétiques. Dans ce cas, les États membres devraient veiller à ce que le soutien apporté par la communauté énergétique choisie profite principalement aux groupes vulnérables (pour leur action générale ou pour des projets sélectionnés pour lesquels ils bénéficieraient d’un soutien spécifique). Un soutien par l’intermédiaire des communautés énergétiques pourrait également être fourni en aidant directement les ménages ou les microentreprises vulnérables à rejoindre ces communautés énergétiques, par exemple en émettant des bons d’achat (43).

Plus généralement, si des groupes non vulnérables peuvent bénéficier de mesures et d’investissements de nature collective, la notion de «ciblant principalement» ne signifie pas que le plan puisse soutenir directement les groupes non vulnérables au moyen de mesures et d’investissements à leur profit individuel.

Certaines mesures et investissements individuels inclus dans les plans peuvent faire partie de régimes plus vastes ciblant une population plus large. Toutefois, les financements provenant du Fonds social pour le climat ne peuvent être utilisés que pour financer des mesures et des investissements ciblant les groupes vulnérables. Les États membres doivent identifier les bénéficiaires à financer au titre du plan qui remplissent les critères d’éligibilité à un soutien au titre du Fonds social pour le climat. Au cours de la mise en œuvre du programme, les États membres devraient être en mesure de suivre les progrès accomplis en ce qui concerne les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles et de suivre la mise en œuvre du régime en vue d’atteindre les groupes cibles.

d) Microentreprises vulnérables

La définition des microentreprises vulnérables, figurant à l’article 2, paragraphe 11, du règlement «Fonds social pour le climat», fait référence aux effets du SEQE 2 sur les secteurs du bâtiment et du transport routier sur les microentreprises et à l’absence, « aux fins de leur activité », des « moyens soit pour rénover le bâtiment qu’elles occupent, soit pour acheter des véhicules à émissions nulles et à faibles émissions ou pour passer à d’autres modes de transport durables, y compris les transports publics, selon le cas ». Ainsi, dans le contexte du Fonds social pour le climat, une microentreprise ne devrait être considérée comme «vulnérable» que si son activité dépend de manière significative de la consommation de combustible dans les bâtiments commerciaux/institutionnels ou résidentiels ou dans le transport routier (44), et si elle n’a pas les moyens de réduire cette consommation (soit en fonction de sa capacité financière à acheter des véhicules à émissions nulles ou faibles et des infrastructures connexes, des systèmes de chauffage plus efficaces, de la capacité à rénover le bâtiment qu’elle occupe, soit en fonction de la disponibilité de solutions de remplacement telles que les transports publics).

Les États membres sont libres de concevoir des mesures et des investissements pour les microentreprises vulnérables et de décider de l’ampleur de ce soutien. Toutefois, qu’ils concentrent ou non le soutien du Fonds social pour le climat sur les microentreprises vulnérables, conformément à l’article 6, paragraphe 1, points e) et d), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres doivent fournir, respectivement, « une estimation du nombre de microentreprises vulnérables [...] et le recensement [de celles-ci]» et une « estimation des incidences de l’augmentation des prix résultant de l’inclusion des émissions de gaz à effet de serre provenant des bâtiments et du transport routier dans le champ d’application de la directive 2003/87/CE sur les microentreprises ».

e) Cas particuliers des groupes vulnérables du Fonds social pour le climat compte tenu des incidences du SEQE 2

Comme indiqué à la section II.3 des présentes orientations, les définitions des ménages vulnérables et des usagers vulnérables des transports visés par le Fonds incluent les ménages en situation de précarité énergétique et les ménages et les particuliers en situation de précarité en matière de transport, qui ne doivent pas nécessairement être « sensiblement touchés» par le SEQE 2.

Si les États membres sont vivement encouragés à concentrer leur soutien sur la lutte contre les effets directs du SEQE 2, la liste suivante fournit quelques exemples de bénéficiaires potentiels qui ne sont pas directement concernés par le SEQE 2. Ces bénéficiaires ne seraient pas admissibles au bénéfice d’une aide directe au revenu au titre du Fonds social pour le climat, qui devrait cibler strictement les ménages et les usagers des transports directement concernés par le SEQE 2 (conformément à l’article 8, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat»). Toutefois, ils peuvent également être éligibles à des mesures structurelles autres que l’aide directe au revenu, qui sont énumérées à l’article 8, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat», à condition qu’ils soient classés parmi les ménages ou les individus vulnérables touchés par la précarité énergétique et la précarité en matière de transport.

Les ménages chauffant leur logement avec de la biomasse solide. La biomasse solide ne relève pas du champ d’application du SEQE 2, et ces ménages ne sont donc pas directement concernés par le SEQE 2 pour ce qui est du chauffage de leur logement. Toutefois, le Fonds peut également aider ces ménages s’ils sont en situation de précarité énergétique (sur la base de la définition des ménages vulnérables). Un tel soutien peut également être fourni pour aider ces ménages vulnérables à abandonner la biomasse solide ou à améliorer l’efficacité énergétique de leur logement.

Les ménages chauffant déjà leur logement avec de l’électricité ou du chauffage urbain. L’électricité et le chauffage urbain de grande envergure relèvent du système d’échange de quotas d’émission existant pour l’électricité et la grande industrie (SEQE 1) et ne relèvent pas du SEQE 2, ce qui signifie que ces ménages ne seraient pas directement concernés par le SEQE 2. Néanmoins, ces ménages, s’ils sont vulnérables et en situation de précarité énergétique, peuvent bénéficier d’une aide du Fonds, par exemple pour améliorer l’efficacité énergétique de leur logement.

Les usagers des transports qui ne possèdent pas de voiture à moteur à combustion interne. Ces usagers des transports ne seraient pas directement concernés par le SEQE 2, même s’ils peuvent utiliser les transports publics, sous réserve du prix du SEQE 2. Les ménages ou les particuliers en situation de précarité en matière de transport qui ne possèdent pas de voiture à moteur à combustion interne peuvent également bénéficier d’une aide du Fonds social pour le climat, de préférence pour améliorer leur accès aux options de transport public, partagé ou actif.

Les ménages bénéficiant d’une aide à l’installation de sources d’énergie renouvelable. Le Fonds a pour objectif d’atténuer les incidences sociales du SEQE 2, ce qui signifie que le soutien à l’installation de solutions en matière d’énergies renouvelables devrait être lié, le cas échéant, à une mise à niveau du système de chauffage/refroidissement afin de pouvoir fonctionner avec des énergies renouvelables, ainsi qu’aux systèmes techniques de bâtiment et aux solutions numériques nécessaires.

f) Incidence attendue des mesures et des investissements prévus

L’article 6, paragraphe 1, point a), du règlement «Fonds social pour le climat» impose aux États membres d’inclure dans leurs plans une explication de la manière dont les mesures et les investissements contribueraient efficacement à la réalisation des objectifs du Fonds.

Les États membres devraient suivre l’annexe V, section 3.3, du règlement «Fonds social pour le climat» afin d’expliquer les incidences attendues des mesures et des investissements prévus.

Cela diffère des rapports bisannuels exigés des États membres (article 24 du règlement «Fonds social pour le climat») sur la base de la liste des indicateurs figurant à l’annexe IV dudit règlement, qui devraient dépendre de la mise en œuvre effective du plan.

Dans le cadre de l’instrument d’appui technique, la Commission conseille les États membres quant à l’élaboration de leurs plans. Les États membres bénéficiaires reçoivent des conseils sur la manière de procéder à l’analyse des incidences du SEQE 2 ainsi que sur la manière de recenser les groupes vulnérables et les incidences positives des mesures et des investissements prévus. Les conseils méthodologiques sur la réalisation de ces analyses et les principaux résultats seront communiqués à tous les États membres dans le cadre de la formation du groupe d’experts sur le changement climatique sur la mise en œuvre du Fonds social sur le climat.

2. Composantes

a) Règles générales

Les plans devraient être structurés en trois volets cohérents, chacun portant sur des domaines spécifiques:

1.

les bâtiments;

2.

transport routier (45);

3.

l’aide directe temporaire au revenu.

Les plans devraient définir les mesures et investissements conformément à la section 2 du modèle de plan figurant à l’annexe V du règlement «Fonds social pour le climat» (ci-après le «modèle»). Les composantes relatives aux secteurs du bâtiment et des transports devraient être structurées conformément à la section 2.1 du modèle. La composante relative à l’aide directe au revenu devrait suivre la section 2.2 du modèle.

Les États membres sont libres de fixer leurs propres priorités dans tous les secteurs et entre les groupes vulnérables, en tenant compte de l’analyse des effets du SEQE 2 et du recensement des groupes vulnérables. Le règlement «Fonds social pour le climat» n’impose pas aux États membres de couvrir tous les domaines du plan. L’article 4, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat» exige toutefois que chaque plan contienne un ensemble cohérent de mesures existantes et nouvelles pour faire face à l’incidence de la tarification du carbone. La Commission évaluera donc si le plan de chaque État membre répond de manière adéquate aux conséquences sociales et aux défis du SEQE 2 pour des groupes ciblés. La Commission encourage les États membres à donner la priorité aux mesures et aux investissements susceptibles d’avoir la plus grande incidence sur ces groupes, tout en maintenant une approche équilibrée entre les différents domaines d’action, conformément aux effets nationaux du SEQE 2. La Commission tiendra également compte du financement complémentaire pour cette évaluation.

Dans le cadre de son évaluation au titre de l’article 16 du règlement «Fonds social pour le climat», la Commission examinera la pertinence, l’efficacité, l’efficience et la cohérence des plans par rapport à la situation nationale, et en particulier leur adéquation pour relever les défis recensés dans l’analyse effectuée au titre de l’article 16, paragraphe 3, dudit règlement.

Les États membres doivent également estimer le nombre de ménages vulnérables et les recenser, expliquer comment les définitions de la précarité énergétique et de la précarité en matière de transport doivent être appliquées au niveau national et faire rapport sur la précarité énergétique et la précarité en matière de transport conformément à l’article 6, paragraphe 1, points e) et f), du règlement «Fonds social pour le climat». Par conséquent, les plans devraient définir un ensemble cohérent et équilibré de mesures et d’investissements visant à relever les principaux défis liés à l’introduction du SEQE 2, en tenant compte des spécificités nationales.

b) Structure des composantes

Les composantes devraient être dotées d’une structure pertinente, avec des mesures et des investissements qui se complètent mutuellement. Les composantes sont des éléments fondamentaux des plans, qui consistent en des mesures et des investissements connexes visant à relever des défis spécifiques dans l’un des deux secteurs (bâtiment ou transports). Ces mesures et investissements devraient constituer un ensemble cohérent d’actions qui se renforcent mutuellement. Les États membres sont encouragés à présenter chaque composante séparément, en détaillant les éléments suivants pour chacun d’entre eux (46):

1.

mesures et investissements: une description claire des mesures et des investissements inclus dans la composante, en précisant la manière dont ils contribuent à la réalisation des objectifs du Fonds;

2.

valeurs intermédiaires, valeurs cibles et calendrier: une définition des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles pour chaque mesure ou investissement, ainsi qu’un calendrier de mise en œuvre;

3.

financement et coûts: des informations sur le financement des mesures et des investissements, y compris les coûts y afférents.

3. Description des mesures et des investissements

La présente section vise à fournir des orientations générales sur le type de mesures et d’investissements qui pourraient être inclus dans les plans, sans influer sur les résultats de l’évaluation spécifique que la Commission devra effectuer sur la base des projets de plans que les États membres doivent présenter.

Les plans sociaux pour le climat doivent apporter une motivation minutieuse pour chaque mesure et chaque investissement, en exposant leur logique, leurs objectifs et leur calendrier, ainsi que leurs liens avec d’autres initiatives. Ce niveau de détail est essentiel pour évaluer l’efficacité des mesures et des investissements.

Lorsque des mesures et des investissements sont conçus pour soutenir des groupes vulnérables dans un territoire ou une région donné(e) (à la suite d’une analyse des spécificités géographiques, telle que requise à l’annexe V, section 4.5, du règlement «Fonds social pour le climat»), les États membres devraient l’indiquer clairement dans la description de la mesure ou de l’investissement concerné(e).

En outre, les plans doivent également expliquer comment chaque mesure ou investissement respecte le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» (DNSH). Les explications devraient être fournies en se référant au cas applicable au titre de la section 2 des orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat. Conformément aux présentes orientations, les États membres devraient remplir le tableau suivant afin de démontrer que chaque mesure et chaque investissement est conforme à ce principe. Une mesure ou un investissement peut couvrir plusieurs activités et actifs. Le tableau devrait indiquer en détail quelle approche a été appliquée pour chaque activité et chaque actif afin de démontrer que le principe a été respecté, y compris lorsque cette conformité repose sur des approches différentes.

Approche

En pratique

Existe-t-il des activités et/ou des actifs au titre de cette mesure ou de cet investissement qui sont alignés sur une ou plusieurs annexes sectorielles? (Section 2.1 des orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat)

Dans l’affirmative, énumérez le code des activités et/ou des actifs dans les orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat pertinentes. Aucune activité exclue ne peut figurer sur cette liste.

Indiquez toute réponse négative dans cette case.

Existe-t-il des activités et/ou des actifs relevant de la présente mesure ou du présent investissement qui ne sont pas couverts par une ou plusieurs annexes sectorielles et qui ne reposent pas sur les approches alternatives prévues aux sections 2.3 et 2.4 des orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat? (Section 2.2 des orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat)

Dans l’affirmative, veuillez fournir un tableau ci-dessous pour chaque activité/actif envisagé qui n’est pas couvert par les annexes sectorielles, conformément au «Tableau 1. Liste de contrôle pour l’évaluation du principe DNSH figurant à la section 2.2 des orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat. Aucune activité exclue dans les annexes sectorielles ne peut figurer dans cette liste.

Indiquez toute réponse négative dans cette case.

Existe-t-il des activités et/ou des actifs relevant de cette mesure ou de cet investissement qui sont alignés sur les critères d’examen technique de la taxinomie de l’UE (contribution substantielle) et du principe DNSH? (Section 2.3 des orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat)

Dans l’affirmative, énumérez les activités relevant des actes délégués relatifs à la taxinomie.

Indiquez toute réponse négative dans cette case.

Cette mesure ou cet investissement constitue-t-il un produit financier mis en œuvre dans le cadre du compartiment «États membres» d’InvestEU, conformément à la section 2.4 des orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat?

Indiquez si la mesure ou l’investissement relève de cette catégorie.

Indiquez toute réponse négative dans cette case.

Conformément à l’article 6, paragraphe 4, du règlement «Fonds social pour le climat», la Commission a publié une note résumant les bonnes pratiques pour des mesures efficaces au regard du coût susceptibles d’être financées par le Fonds social pour le climat (47). Une section consacrée aux bonnes pratiques a été publiée sur le site internet du Fonds social pour le climat de la Commission (48). En outre, la Commission apporte un soutien à plusieurs États membres pour l’élaboration de leurs plans par l’intermédiaire de l’instrument d’appui technique. Il comporte un volet destiné à conseiller les États membres participants sur les mesures et les investissements appropriés qu’ils pourraient inclure dans leurs plans. Les principales conclusions du projet d’instrument d’appui technique seront partagées avec tous les États membres.

a) Rénovation des bâtiments

L’article 8, paragraphe 1, point a), du règlement «Fonds social pour le climat» dispose que les États membres peuvent inclure dans les coûts totaux estimés de leurs plans les mesures et investissements qui visent à:

«a)

soutenir les rénovations des bâtiments, en particulier pour les ménages vulnérables et les microentreprises vulnérables occupant les bâtiments les moins performants, y compris pour les locataires et les personnes vivant dans des logements sociaux;».

Aux termes de l’article 2, paragraphe 13, du règlement «Fonds social pour le climat», on entend par «rénovation des bâtiments» tout type de rénovation énergétique des bâtiments ayant pour objectif d’accroître la performance énergétique des bâtiments, tel que l’isolation de l’enveloppe du bâtiment, c’est-à-dire les murs, le toit, le sol, le remplacement des fenêtres, ainsi que l’installation de systèmes techniques de bâtiment, conformes à toutes les normes de sécurité nationales applicables. Les États membres sont encouragés à mettre en œuvre des mesures de rénovation ambitieuses, par exemple qui atteignent au moins une rénovation d’ampleur moyenne, comme indiqué dans la recommandation (UE) 2019/786 de la Commission (49), afin de garantir une incidence durable sur les groupes vulnérables ciblés.

Lors de la conception de ces mesures, en particulier en vue d’un ciblage et d’une affectation efficaces des ressources, les États membres devraient tenir compte du fait que les ménages et les microentreprises vulnérables ne peuvent généralement pas se permettre d’avancer les coûts des rénovations. Même s’ils sont remboursés par la suite, il est possible qu’ils n’aient pas facilement accès au crédit et ne bénéficient pas de primes et de déductions fiscales, étant donné que leur impôt sur le revenu/sur les sociétés est minime. Les mesures et les investissements proposés devraient donc être conçus de manière à tenir compte de la capacité financière ou des connaissances limitées des groupes vulnérables et être aussi conviviaux que possible.

Des solutions sur la manière de répondre aux besoins de ces groupes vulnérables sont disponibles dans la note sur les mesures efficaces au regard du coût publiée par la Commission (50) et dans le document d’orientation de la recommandation de la Commission sur la précarité énergétique (51). En outre, les États membres pourraient lier leurs mesures financières en faveur de l’amélioration de la performance énergétique et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de la rénovation des bâtiments aux économies d’énergie et aux améliorations ciblées ou réalisées (c’est-à-dire que le soutien peut être modulé en fonction des économies réalisées: soutien accru aux gains plus importants). Il convient de promouvoir davantage les autres mécanismes financiers visant à faciliter la mise en œuvre des investissements. Ceux-ci devraient être utilisés par des tiers au profit des groupes vulnérables en tant que bénéficiaires finaux (notamment les instruments financiers et les garanties budgétaires tels que les prêts préférentiels destinés à réduire les coûts du capital emprunté pour les programmes de rénovation visant à améliorer l’efficacité énergétique, ainsi que les exonérations ou réductions fiscales). La section II.7.d des présentes orientations contient d’autres conseils.

b) Logements abordables et économes en énergie, y compris les logements sociaux, et soutien à des solutions abordables en matière d’efficacité énergétique

En vertu de l’article 8, paragraphe 1, point b), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres peuvent inclure dans leur plan des mesures et des investissements qui visent à:

«b)

favoriser l’accès à des logements abordables et économes en énergie, y compris des logements sociaux;».

Les mesures et les investissements au titre de l’article 8, paragraphe 1, point b), du règlement «Fonds social pour le climat» devraient chercher à améliorer l’accès des ménages vulnérables à des bâtiments économes en énergie, notamment par un soutien ciblé aux projets de logements sociaux à haute performance énergétique et à moindre coût pour leurs habitants. Les logements économes en énergie s’appuient sur les exigences figurant dans la directive sur la performance énergétique des bâtiments et dans la directive relative à l’efficacité énergétique. Les mesures et les investissements comprennent la construction de nouveaux logements sociaux et de logements abordables pour les personnes vulnérables et les personnes touchées par la précarité énergétique, ainsi que la réaffectation de bâtiments existants, inoccupés ou destinés à être réaffectés, tels que les immeubles de bureaux, les sites industriels ou les sites publics qui pourraient être transformés en logements abordables et économes en énergie, y compris, sans toutefois s’y limiter, des logements sociaux. Des initiatives phares dans le cadre de la vague de rénovations (52), comme l’initiative relative au logement abordable, peuvent également servir de source d’inspiration.

c) Mesures et investissements en faveur de la décarbonation

En vertu de l’article 8, paragraphe 1, point c), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres peuvent inclure dans leur plan des mesures et des investissements qui visent à:

«c)

contribuer à la décarbonation, par exemple par l’électrification, du chauffage, du refroidissement et de la cuisson dans les bâtiments en donnant accès à des systèmes abordables et économes en énergie, et en intégrant la production et le stockage d’énergies renouvelables, y compris par l’intermédiaire de communautés d’énergie renouvelable, de communautés énergétiques citoyennes et d’autres clients actifs, afin de promouvoir l’adoption de l’autoconsommation d’énergie renouvelable, comme le partage d’énergie et l’échange de pair à pair d’énergie renouvelable, le raccordement aux réseaux intelligents et aux réseaux de chauffage urbain, qui participe à la réalisation d’économies d’énergie ou à la réduction de la précarité énergétique;».

L’électrification du chauffage, du refroidissement et de la cuisson dans les bâtiments fait référence à des mesures et à des investissements visant à réduire l’intensité carbone des activités de chauffage/refroidissement et de cuisson menées dans les bâtiments en passant à l’électricité en tant que vecteur énergétique. Les mesures et les investissements en question devraient réduire la consommation de combustibles fossiles en remplaçant les technologies fondées sur ces combustibles par des technologies plus efficaces à partir de combustibles non fossiles, de préférence l’électricité, bénéficiant de la décarbonation croissante des bouquets énergétiques des États membres. Les orientations (53) de la recommandation de la Commission sur la précarité énergétique (54) donnent une bonne indication des mesures structurelles susceptibles de lutter contre la précarité énergétique.

L’intégration de la production et du stockage d’énergie renouvelable désigne les mesures et les investissements qui augmentent la capacité de production d’énergie renouvelable, ainsi que la capacité de stockage, le cas échéant, y compris leur raccordement au réseau. D’autres mesures et investissements pourraient inclure i) l’intégration de solutions technologiques intelligentes dans les bâtiments, tels que des compteurs intelligents ou des infrastructures de recharge; ii) la promotion de la participation active de la demande; iii) le soutien aux activités menées par les communautés énergétiques; et iv) le partage d’énergie par les clients actifs.

Les termes «client actif» et «communauté énergétique citoyenne» sont visés à l’article 2, paragraphes 15 et 16, du règlement «Fonds social pour le climat», tout en utilisant les définitions de l’article 2, paragraphe 8, de la directive sur l’électricité pour le premier terme et de l’article 2, paragraphe 11, pour le second (55). La «communauté d’énergie renouvelable» et l’«échange de pair à pair d’énergie renouvelable» sont, conformément à l’article 2, paragraphes 17 et 18, du règlement «Fonds social pour le climat», énoncés à l’article 2, paragraphes 16 et 18, de la directive sur les énergies renouvelables (56).

Le soutien aux communautés énergétiques pourrait être conçu de manière à répondre aux besoins énergétiques des groupes vulnérables, entre autres, par exemple en finançant la participation de personnes vulnérables dans ces communautés, en finançant les projets des communautés qui peuvent également bénéficier aux groupes vulnérables (par exemple en partageant l’électricité avec les ménages vulnérables ou à faibles revenus) ou en finançant directement les communautés énergétiques à condition que les ménages vulnérables en fassent partie. Un soutien peut être disponible pour le développement de nouvelles capacités de production, mais aussi pour les services d’efficacité énergétique, la sensibilisation et le renforcement des capacités.

d) Mesures de sensibilisation

En vertu de l’article 8, paragraphe 1, point d), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres peuvent inclure dans leur plan des mesures et des investissements qui visent à:

«d)

dispenser des informations, des actions éducatives, des actions de sensibilisation et des conseils ciblés, accessibles et abordables sur les mesures et les investissements efficaces au regard du coût, le soutien disponible pour les rénovations des bâtiments et l’efficacité énergétique, ainsi que d’autres solutions durables et abordables en matière de mobilité et de transport;».

De bons exemples de mesures et d’investissements qui ciblent les ménages et les personnes vulnérables touchés par la précarité en matière d’énergie et de transport, en leur fournissant des informations sur le caractère abordable et l’accessibilité de l’énergie, figurent dans la recommandation de la Commission sur la précarité énergétique et les orientations qui l’accompagnent (57), ainsi que dans la note sur les bonnes pratiques en matière de mesures et d’investissements efficaces au regard du coût publiée par la Commission (58). Les campagnes d’information destinées aux ménages vulnérables ont leurs spécificités et devraient être adressées directement aux ménages vulnérables par des canaux fiables tels que les travailleurs de première ligne (qui n’ont pas nécessairement besoin de fournir des conseils en matière d’énergie, mais peuvent orienter les personnes de ces ménages vers d’autres organismes de confiance, tels que des guichets uniques, des centres de conseil aux consommateurs ou des lignes d’assistance aux consommateurs) et doivent être adaptées aux besoins des différents types de vulnérabilités.

e) Solutions en matière d’efficacité énergétique

En vertu de l’article 8, paragraphe 1, point e), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres peuvent inclure dans leur plan des mesures et des investissements qui visent à:

«e)

aider les entités publiques et privées, y compris les fournisseurs de logements sociaux, en particulier les coopératives public-privé, à élaborer et à fournir des solutions abordables en matière d’efficacité énergétique et des instruments de financement appropriés, conformes aux objectifs sociaux du Fonds;».

Les mesures et les investissements au titre de l’article 8, paragraphe 1, point e), devraient viser à aider les entités publiques et privées à mettre au point des solutions et des mécanismes de financement adaptés aux besoins des ménages et des microentreprises vulnérables, compte tenu de leur accès très limité au financement commercial pour couvrir les investissements initiaux. Le recours à des instruments financiers (par exemple, des prêts et des garanties, mais aussi des solutions de financement plus innovantes) pour soutenir ces mesures peut contribuer à mobiliser des investissements privés et publics supplémentaires. Si les autorités locales, les entreprises de services énergétiques, les services publics, les agences de l’énergie et d’autres intermédiaires peuvent mettre en œuvre de telles mesures et de tels investissements, les ménages vulnérables touchés par la précarité énergétique et les microentreprises vulnérables devraient toujours être les bénéficiaires finaux. Lorsqu’il soutient de telles entités publiques ou privées, l’État membre devra veiller à ce que les avantages soient intégralement répercutés sur le bénéficiaire final en fournissant les preuves nécessaires conformément à l’article 9 du règlement «Fonds social pour le climat».

Pour toutes les mesures et tous les investissements relatifs aux bâtiments mentionnés aux sections III.3 a), b), c), d) et e) ci-dessus, les États membres pourraient envisager ce qui suit afin de garantir que l’effet des mesures et des investissements inclus dans le plan soit maximisé (pour plus de détails, voir par exemple la note sur les bonnes pratiques en matière de mesures et d’investissements efficaces au regard du coût publiée par la Commission (59)):

Donner la priorité au principe de primauté de l’efficacité énergétique. Le premier choix pour réduire la consommation d’énergie et les coûts énergétiques associés devrait être de réaliser au moins une rénovation d’ampleur moyenne des bâtiments occupés par des ménages vulnérables. Des rénovations en profondeur devraient être envisagées, le cas échéant, pour optimiser les économies d’énergie, réduire les émissions de CO2 et éviter de multiplier les processus administratifs. Dans certains cas, le soutien à l’installation de dispositifs de mesurage, de régulation et de gestion de la performance énergétique des bâtiments, ou aux mesures individuelles de rénovation en matière d’efficacité énergétique énumérées à l’annexe sur les bâtiments des orientations relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat [et dans l’acte délégué «volet climatique» au titre du règlement sur la taxinomie (section 7 de l’annexe I)] peut constituer une solution efficace et appropriée au regard du coût.

Pour la rénovation de bâtiments, choisir des composants dont la durée de vie technique est longue pour chaque élément de construction afin de réduire la fréquence des rénovations futures. Utiliser des produits conçus pour être démontés, maximiser le contenu recyclé des matériaux de rénovation et maximiser la réutilisation des matériaux issus de la rénovation. Utiliser des matériaux de nouvelle génération, y compris des bioproduits et des solutions fondées sur la nature.

Compléter la rénovation énergétique de la structure du bâtiment en remplaçant les équipements de chauffage ou de refroidissement, en installant des solutions d’énergie renouvelable (à savoir le solaire photovoltaïque et le solaire thermique) et en installant une solution de stockage de l’énergie.

Examiner les avantages de l’installation de pompes à chaleur combinées à l’installation de solutions d’énergie renouvelable (pour l’autoconsommation et au-delà), telles que le solaire photovoltaïque et/ou le solaire thermique.

Soutenir les investissements dans des appareils de cuisson et de ventilation électriques efficaces (y compris des extracteurs d’air) pour les ménages et les microentreprises vulnérables. D’autres appareils de cuisine (par exemple, les réfrigérateurs) ne relèveraient pas de cette catégorie, étant donné qu’ils fonctionnent à l’électricité et ne sont pas concernés par le SEQE 2.

Promouvoir une prise de décision plus rapide en ce qui concerne les solutions en matière d’efficacité énergétique et de décarbonation dans les immeubles comprenant plusieurs appartements, la planification urbaine adaptée au principe de primauté de l’efficacité énergétique, le partage d’informations communautaires et locales sur l’efficacité énergétique et la décarbonation du logement ou les approches en matière de responsabilité sociale des entreprises afin de prévenir le phénomène du «pas de ça chez moi».

Encourager les ménages et les microentreprises vulnérables à devenir des prosommateurs et à partager ou vendre de l’électricité, le cas échéant, et encourager l’autoconsommation d’énergie.

Encourager les ménages et les microentreprises vulnérables à rejoindre les communautés énergétiques en fournissant, par exemple, des chèques pour couvrir les coûts d’adhésion ou d’inscription. Envisager de mettre en place des systèmes de partage de l’énergie qui accordent une attention particulière à l’aide aux ménages vulnérables et aident ces derniers à les rejoindre.

Envisager de recourir à un ciblage géographique et par zone [conformément à l’article 6, paragraphe 1, point p), du règlement «Fonds social pour le climat»] ou à une approche de voisinage, le cas échéant, ou à la participation de logements sociaux ou d’autres associations, pour parvenir à une mise en œuvre et à un ciblage à grande échelle.

Envisager de mettre en œuvre des mesures de gestion des risques d’inondation au niveau de la zone qui ne sont pas financées par le Fonds social pour le climat, parallèlement aux mesures ou aux investissements financés par le Fonds si ces derniers sont réalisés sur des terres qui ont été recensées comme exposées à un risque important d’inondation sur les cartes des zones inondables et des risques d’inondation produites par les autorités nationales ou dans les plans d’aménagement du territoire nationaux, régionaux ou locaux, à moins que des mesures de prévention, de protection et de préparation n’aient déjà été prises. Envisager également de fournir une assistance et des orientations aux promoteurs de projets dans l’évaluation des risques d’inondation pour les bâtiments ciblés par leurs projets et dans la gestion des risques au moyen de mesures sur site (60).

Déployer des mesures ciblées en matière de capacités administratives, y compris la formation du personnel sur le terrain afin de conseiller et d’aider de manière proactive les ménages vulnérables quant aux procédures administratives ou à la complexité des travaux de rénovation énergétique.

Envisager la mise en place de guichets uniques offrant des services de conseil et d’éducation combinant différentes options de financement (subventions, prêts avec des niveaux de cofinancement et des taux d’intérêt variables, et instruments financiers) en fonction du niveau de revenu, de la situation de vie et du type de construction, y compris en partenariat avec des organisations locales et des intermédiaires financiers.

Promouvoir le recours aux contrats de performance énergétique et faire intervenir des services publics ou des entreprises de services énergétiques.

Promouvoir le financement des mesures de rénovation recommandées dans les certificats de performance énergétique (CPE) (y compris dans les audits énergétiques ou dans les passeports de rénovation, le cas échéant), éventuellement en combinant cette mesure à un financement et à un soutien administratif pour la délivrance préalable des CPE (étant donné qu’il y a des chances que de nombreux ménages vulnérables n’en aient pas).

Remédier au fractionnement des mesures incitatives entre les propriétaires et les locataires vulnérables et au risque de «rénovictions» (expulsions des locataires de leur maison ou appartement en raison d’une augmentation de loyer imposée après la rénovation), par exemple en adaptant le cadre réglementaire applicable aux contrats de location ou en accordant des prêts sans intérêts aux propriétaires, sous réserve de garanties sociales pour les locataires vulnérables.

Envisager de mettre en œuvre des solutions de financement qui ne nécessitent aucun paiement préalable de la part des bénéficiaires finaux, par exemple des contrats de performance énergétique ou des obligations en matière d’efficacité énergétique imposées aux services publics. En imputant les coûts de rénovation sur les remboursements mensuels (créances), le financement par des tiers permet non seulement de réduire la charge budgétaire de la rénovation, mais aussi de faciliter le transfert des créances en cas de changement d’occupants dans un logement donné. Cela est particulièrement vrai pour les dispositifs innovants tels que le financement sur facture et le financement fiscal, où les remboursements sont dus soit aux fournisseurs d’énergie, soit aux autorités fiscales. Ces mesures peuvent facilement être combinées à d’autres formes de soutien telles que les tarifs sociaux ou les chèques énergie.

Envisager, le cas échéant, un raccordement à un chauffage urbain efficace si du chauffage urbain décarboné est disponible ou devrait être déployé dans un avenir proche, conformément aux orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat, ce qui peut être particulièrement pertinent pour les logements de grande envergure dans les zones métropolitaines et les logements collectifs et sociaux de grande taille.

Soutenir les investissements qui favorisent l’autoconsommation de chauffage collectif (par l’intermédiaire de petits ou microsystèmes de chauffage urbain gérés par les communautés énergétiques), car ils pourraient réduire la pression sur le système électrique et peuvent être plus facilement déployés dans les zones où la capacité du réseau est réduite. Ces investissements devraient être conformes aux orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat.

f) Véhicules et bicyclettes à émissions nulles ou faibles

L’article 8, paragraphe 1, point f), du règlement «Fonds social pour le climat» dispose que les États membres peuvent inclure dans leur plan des mesures et des investissements qui visent à:

«f)

fournir un accès aux véhicules et aux bicyclettes à émissions nulles ou faibles, tout en maintenant la neutralité technologique, y compris un soutien financier ou des incitations fiscales pour leur achat ainsi que pour les infrastructures publiques et privées appropriées, en particulier, s’il y a lieu, l’achat de véhicules à émissions nulles et à faibles émissions, des infrastructures de recharge et de ravitaillement, et le développement d’un marché des véhicules à émissions nulles d’occasion; les États membres s’efforcent de faire en sorte que, lorsque les véhicules à émissions nulles constituent une solution abordable et déployable, le soutien à ces véhicules soit prioritaire dans leurs plans;»

En vertu de l’article 8, paragraphe 1, point f), les États membres sont tenus de donner la priorité, dans leurs plans, au soutien aux écosystèmes de véhicules à émissions nulles (61) (véhicules et infrastructures) lorsqu’ils constituent une solution abordable et déployable, pour les achats tant de véhicules neufs que de véhicules d’occasion. Il peut s’agir, par exemple, de l’achat d’autobus/autocars à émissions nulles pour les transports publics ou à des fins scolaires dans les zones mal desservies et à faibles revenus.

En ce qui concerne le soutien aux microentreprises (conformément à l’article 2, paragraphe 12, du règlement «Fonds social pour le climat»), des subventions pour l’achat ou la location de véhicules à émissions nulles (par exemple, taxis, camionnettes, camions, véhicules à usage spécial ou vélos-cargos) peuvent être envisagées.

Lors de la conception de programmes de location ou de crédit-bail de véhicules à émissions nulles ciblant les groupes vulnérables au titre du Fonds social pour le climat, les États membres devraient tenir compte de facteurs tels que le niveau des revenus, l’accessibilité et la disponibilité des transports publics existants, ainsi que les durées et distances moyennes des déplacements domicile-travail. Il est essentiel de veiller à ce que ces régimes ciblent efficacement les groupes vulnérables du Fonds social pour le climat afin d’éviter les effets régressifs potentiels des subventions.

Lorsque les États membres ne donnent pas la priorité aux véhicules à émissions nulles, ils devraient fournir des éléments de preuve et justifier pourquoi les véhicules à émissions nulles ne constituent pas une solution abordable (62) ou déployable, en tenant compte de l’incidence du SEQE 2. Les États membres sont également tenus d’inclure, le cas échéant, un calendrier indiquant la réduction progressive du soutien aux véhicules à faibles émissions [conformément à l’article 6, paragraphe 1, point i), du règlement «Fonds social pour le climat»].

En outre, les États membres sont encouragés à promouvoir une utilisation accrue des bicyclettes, bicyclettes électriques, vélos-cargos et solutions de micromobilité au moyen d’une planification intégrée de la mobilité urbaine et régionale. Cette approche devrait donner la priorité au développement d’infrastructures et de réseaux cyclables sûrs, directs, sécurisés et pratiques qui relient les zones à faible revenu à des destinations clés. À cet effet, les États membres pourraient fournir des subventions pour l’achat, la location de longue durée ou le crédit-bail de bicyclettes, bicyclettes électriques ou vélos-cargos.

Lorsque les groupes vulnérables sont confrontés à des difficultés qui se recoupent et qui sont liées à la précarité en matière d’énergie et de transport, des solutions intersectorielles devraient être explorées afin de créer des synergies entre les investissements. Par exemple, les États membres pourraient combiner des aménagements de logements sociaux ou des rénovations de bâtiments avec le déploiement de points de recharge pour véhicules électriques. Cette approche intégrée peut remédier à la fois à la précarité en matière d’énergie et à la précarité en matière de transport en fournissant des infrastructures de recharge abordables et accessibles pour les véhicules électriques, tout en promouvant des solutions de logement durables et économes en énergie.

g) Transports publics abordables et accessibles

L’article 8, paragraphe 1, point g), du règlement «Fonds social pour le climat» dispose que les États membres peuvent inclure dans leur plan des mesures et des investissements qui visent à:

«g)

encourager l’utilisation des transports publics abordables et accessibles et aider les entités privées et publiques, y compris les coopératives, à développer et à fournir une mobilité durable à la demande, des services de mobilité partagée et des options de mobilité active.»

Les États membres devraient donner la priorité aux transports publics qui permettent une mobilité nettement plus efficace et plus faible en émissions de CO2 que les véhicules personnels.

Pour soutenir la mobilité durable mentionnée aux sections III.3 d), f) et g) ci-dessus, les États membres pourraient envisager ce qui suit afin de maximiser les effets des mesures et des investissements dans leurs plans (pour plus de détails, voir par exemple la note sur les bonnes pratiques en matière de mesures et d’investissements efficaces au regard du coût publiée par la Commission (63)):

Envisager de compléter les transports publics par des services à la demande, des solutions de mobilité à la demande et des services de mobilité partagée afin d’offrir un service de mobilité approprié tout au long de la chaîne de déplacement, c’est-à-dire en incluant le premier et le dernier kilomètre dans les transports publics. Lors de l’élaboration de ces mesures, les États membres devraient tenir compte des besoins des groupes vulnérables vivant sur des îles, dans des régions et territoires ultrapériphériques, des zones rurales ou reculées, des périphéries moins accessibles, des zones montagneuses, des zones en retard de développement et des zones rurales.

Envisager l’extension de l’offre de transports publics ainsi que des infrastructures connexes, en particulier dans les zones urbaines et suburbaines mal desservies, où elle profiterait aux usagers vulnérables des transports. Les investissements pourraient également être combinés à des chèques pour les usagers des transports particulièrement vulnérables.

Envisager d’offrir des chèques à des tarifs subventionnés pour les transports publics, les services à la demande, les solutions de mobilité à la demande et les services de mobilité partagée. L’accessibilité pour les groupes les plus vulnérables est essentielle et peut être garantie à la fois par la création de différentes options d’accès (par exemple, interface basée sur une application, accès par téléphone, assistance en personne) et par un environnement sans entraves (par exemple, la conception des gares, l’accès aux véhicules et la signalisation). Les services de mobilité destinés aux groupes vulnérables devraient être pensés et mis en œuvre dans le cadre de l’intégration intersectorielle, par exemple en lien avec les aménagements de logements sociaux.

Envisager d’offrir un bonus supplémentaire aux personnes qui mettent à la casse un véhicule diesel ou à essence, si possible avec la garantie suffisante qu’un autre véhicule de ce type n’est pas acheté.

Encourager un transfert modal vers les bicyclettes, les bicyclettes électriques et les solutions similaires de micromobilité au moyen d’une approche intégrée de la planification de la mobilité urbaine et régionale, en augmentant la disponibilité d’un réseau d’infrastructure cyclable sûr, direct, sécurisé et pratique qui relie également les zones à faibles revenus aux destinations pertinentes. À cette fin, les États membres pourraient subventionner l’achat de bicyclettes, de bicyclettes électriques et de vélos-cargos, en particulier dans les zones urbaines, tout en facilitant le transfert modal grâce à une approche intégrée de la planification de la mobilité urbaine et régionale.

Investir dans des infrastructures publiques de recharge appropriées (permettant une recharge intelligente et bidirectionnelle) à des prix attractifs, dans les zones où vivent des usagers vulnérables des transports et des ménages et individus en situation de précarité en matière de transport.

Investir dans des pôles de mobilité pour faciliter les échanges et les connexions entre les transports publics, la mobilité partagée, le vélo et la marche dans les zones suburbaines, périurbaines et rurales.

Si un soutien aux véhicules à faibles émissions est envisagé, les États membres devraient considérer qu’il ne protégera pas totalement les usagers vulnérables des transports contre les hausses de prix du carburant dues au SEQE 2, ce qui pourrait renforcer leur vulnérabilité. Le coût total de propriété pour les utilisateurs vulnérables devrait toujours être pris en considération lors de l’évaluation du caractère abordable et de la capacité de déploiement des véhicules à émissions nulles prioritaires, en tenant compte de l’incidence du SEQE 2.

4. Aide directe au revenu

L’aide directe au revenu dans le cadre du Fonds est une compensation visant à remédier aux vulnérabilités spécifiques des bénéficiaires en ce qui concerne l’incidence du SEQE 2, qui accompagne la décarbonation des secteurs du logement et du transport routier.

L’article 8, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat» dispose que les États membres peuvent inclure dans leurs plans les coûts liés à la fourniture d’une aide directe au revenu aux ménages vulnérables et aux usagers vulnérables des transports. L’aide directe au revenu n’est pas une obligation. Si elle est incluse dans les plans, elle devrait viser à i) atténuer les effets négatifs sur les revenus; ii) apporter un soulagement immédiat aux ménages vulnérables et aux usagers vulnérables des transports confrontés à la précarité en matière d’énergie et de transport; et iii) accompagner les mesures structurelles et les investissements. Cette aide est limitée à l’incidence directe de l’inclusion des émissions de gaz à effet de serre générées par les secteurs du bâtiment et du transport routier dans le champ d’application de la directive 2003/87/CE. Le considérant 23 du règlement «Fonds social pour le climat» indique que les mesures d’aide directe au revenu devraient, en règle générale, avoir une incidence prévisible négligeable sur les objectifs environnementaux et, à ce titre, être considérées comme conformes au principe DNSH (64).

Cette aide doit remplir les critères suivants:

ne pas dépasser le plafond fixé dans le règlement «Fonds social pour le climat» : les coûts des mesures fournissant une aide directe temporaire au revenu ne peuvent dépasser 37,5 % des coûts totaux estimés du plan (sur la période 2026-2032) visés à l’article 6, paragraphe 1, point j), du règlement «Fonds social pour le climat»;

diminuer au fil du temps et constituer une mesure temporaire accompagnant la décarbonation des secteurs du logement et des transports: les coûts alloués pour l’aide directe au revenu doivent diminuer dans la durée du Fonds social pour le climat entre 2026 et 2032. Au fur et à mesure du déploiement de mesures structurelles tout au long de la durée de vie du Fonds, il devrait y avoir une diminution proportionnelle du besoin d’aide directe au revenu;

être bien ciblée pour faire face à l’incidence directe du SEQE 2: elle devrait contribuer à atténuer l’augmentation des coûts de l’énergie et de la mobilité pour les ménages et les individus qui sont directement touchés par le SEQE 2 (c’est-à-dire les ménages et les usagers des transports utilisant du charbon, du fioul lourd, du gaz naturel, du GPL, de l’essence et du gazole pour le chauffage, la cuisson et le transport, ou tout autre combustible couvert par le SEQE 2 (65)). Elle ne devrait pas profiter aux ménages et aux individus en situation de précarité énergétique ou de transport qui ne sont pas directement touchés par le SEQE 2. Cela signifie que l’aide directe au revenu devrait être utilisée à partir de 2027 une fois que le SEQE 2 sera pleinement en place. Le considérant 21 du règlement «Fonds social pour le climat» indique que l’aide directe au revenu ne devrait pas être utilisée pour soutenir les ménages et les usagers des transports touchés par les coûts d’électricité ou tout autre coût de chauffage ou de transport qui ne sont pas concernés par le SEQE 2;

être complémentaire: l’aide directe au revenu ne peut se substituer à des dépenses nationales récurrentes ou à des mesures structurelles au sens de l’article 8, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat»;

être intégrée dans les mesures structurelles et les investissements, ce qui signifie que « [l]es bénéficiaires d’une aide directe au revenu devraient être ciblés, en tant que membres d’un groupe général de bénéficiaires, par des mesures et des investissements visant à les sortir effectivement de la précarité énergétique et de la précarité en matière de transport. Les plans devraient donc comprendre une aide directe au revenu, pour autant qu’ils comportent également des mesures ou des investissements aux effets durables ciblant les ménages vulnérables et les usagers vulnérables des transports qui bénéficient d’une aide directe au revenu.» (considérant 21 du règlement «Fonds social pour le climat»).

Conformément à la recommandation de la Commission sur la précarité énergétique de 2023 (66) et au document de travail des services de la Commission qui l’accompagne (67), il convient de privilégier les mesures structurelles à long terme plutôt que les aides directes au revenu à court terme et ad hoc. L’aide directe au revenu ne devrait être utilisée qu’en tant que mesure temporaire, tout en répondant directement à l’introduction du SEQE 2 à partir de 2027, aux mesures structurelles d’accompagnement et aux investissements. Ces recommandations sont pleinement conformes au règlement «Fonds social pour le climat», qui dispose que l’aide directe au revenu « ne s’attaque pas aux causes profondes de la précarité énergétique et de la précarité en matière de transport » (considérant 21 du règlement «Fonds social pour le climat»). La recommandation sur la précarité énergétique et le document de travail des services de la Commission qui l’accompagne contiennent quelques exemples d’aides directes au revenu.

Pour le secteur des transports, un exemple d’aide directe au revenu pourrait être un soutien financier sous la forme d’une somme forfaitaire mensuelle destinée aux usagers vulnérables des transports touchés par le SEQE 2 afin de couvrir l’effet de l’augmentation des coûts de transport sur les revenus.

Les régimes d’aide directe au revenu devraient être conçus de manière à ne pas entraver les incitations en matière de prix du carbone générées par le SEQE 2. Il devrait s’agir de préférence de paiements forfaitaires ciblés.

En ce qui concerne l’éligibilité du soutien des tarifs sociaux en tant qu’aide directe au revenu au titre du Fonds social pour le climat, ce soutien devrait être mis en œuvre d’une manière qui soit conforme à toutes les dispositions du règlement «Fonds social pour le climat». Premièrement, il s’agit de respecter toutes les règles relatives à l’aide directe au revenu, en particulier en limitant le soutien à l’incidence du SEQE 2, et de ne pas compromettre le signal de prix du SEQE 2. Deuxièmement, toutes les dispositions générales du règlement «Fonds social pour le climat» s’appliquent, y compris le principe d’additionnalité, selon lequel le soutien doit être complémentaire et ne doit pas constituer une dépense budgétaire nationale récurrente.

Il convient d’établir une distinction entre, d’une part, l’aide directe facultative au revenu et, d’autre part, les mesures structurelles et les investissements qui doivent être inclus dans les plans conformément à l’article 8, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat». Aux fins du Fonds, toute mesure visant à avoir une incidence positive durable sur la réalisation de la neutralité climatique dans l’UE d’ici à 2050 ou visant à réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles ne devrait pas être considérée comme une aide directe au revenu. Tel serait le cas pour les chèques ou les tarifs réduits assortis d’exigences climatiques claires quant à la nature de l’aide pouvant être dépensée, ainsi que pour les mesures qui soutiennent la participation dans les communautés d’énergie renouvelable.

À titre d’exemple, un chèque qui ne peut être utilisé que pour remplacer les fenêtres d’un bâtiment occupé par des ménages vulnérables sera considéré comme une mesure structurelle et non comme une aide directe au revenu, car il vise à accroître l’efficacité énergétique du bâtiment et a une incidence positive globale sur le climat.

De même, un chèque pour les transports publics (par exemple, un portefeuille de mobilité) ou un tarif réduit ciblé pour les transports publics ne serait pas considéré comme une aide directe au revenu, étant donné que ces deux mesures visent à encourager l’utilisation des transports publics, qui est une solution plus propre que les moyens de transport privés à combustible fossile. Néanmoins, pour maximiser les effets positifs et durables sur le climat, ces mesures en matière de transport devraient s’accompagner d’autres mesures structurelles visant à améliorer les infrastructures et la disponibilité des transports publics.

Une aide directe au revenu peut être fournie par l’intermédiaire d’entités publiques ou privées, plutôt que directement aux ménages vulnérables ou aux usagers vulnérables des transports. Dans ce cas, conformément à l’article 9 du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres doivent expliquer quel type de mesures ces entités mettront en œuvre et fournir des éléments de preuve clairs sur la manière dont ces mesures bénéficieront à terme aux ménages vulnérables ou aux usagers vulnérables des transports.

Pour chaque mesure d’aide directe au revenu, le plan devrait inclure les informations énoncées à l’annexe V, section 2.2, du règlement «Fonds social pour le climat»:

1.

la nature, le type et l’ampleur de l’aide;

2.

des informations détaillées sur les types de bénéficiaires finaux de l’aide et les critères utilisés pour les identifier;

3.

le calendrier de la réduction de l’aide directe au revenu conformément au calendrier du Fonds, y compris la date de fin de l’aide;

4.

une explication de la manière dont l’aide vise à lutter contre les inégalités de genre et à renforcer l’égalité de genre, le cas échéant;

5.

une description de la manière dont l’aide est mise en œuvre.

5. Assistance technique

Les États membres peuvent inclure dans leurs plans les actions d’assistance technique nécessaires pour garantir la gestion et la mise en œuvre effectives des mesures et des investissements (article 6, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat»). Le plan peut donc couvrir les coûts des actions d’assistance technique, mais uniquement dans la limite de 2,5 % des coûts totaux estimés du plan (article 8, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat»).

Les coûts de l’assistance technique éligibles couvrent généralement les dépenses suivantes: formation, programmation, mise en œuvre, suivi, contrôle, audit, activités d’évaluation et dépenses d’assistance administrative (y compris pour le personnel supplémentaire) nécessaires à la gestion du Fonds et à la réalisation de ses objectifs. Il s’agit notamment des études, des dépenses informatiques, de la consultation publique des parties prenantes, des actions d’information et de communication (article 8, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat»).

Les États membres doivent indiquer dans leurs plans la nature, le type et l’ampleur des actions en matière d’assistance technique ainsi que leurs coûts estimés respectifs (annexe V, section 2.3, du règlement «Fonds social pour le climat»).

Afin d’éviter un éventuel double financement des activités d’assistance technique entre le Fonds social pour le climat et d’autres fonds, notamment celui relatif à la politique de cohésion, il convient d’assurer une délimitation claire du personnel et des mesures d’assistance technique liés à chaque instrument aux niveaux national et régional.

En ce qui concerne l’assistance technique en particulier, les coûts administratifs directement liés à la mise en œuvre des plans ne sont pas considérés comme des dépenses budgétaires nationales récurrentes et sont donc également éligibles (article 13, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat»).

En ce qui concerne le calendrier et l’éligibilité des activités d’assistance technique, les règles applicables sont les mêmes que celles de toutes les autres mesures et de tous les investissements relevant du plan. Le Fonds social pour le climat ne peut financer que les coûts supportés à partir du 30 juin 2024 (date d’entrée en application du règlement «Fonds social pour le climat», conformément à l’article 29).

Les États membres doivent indiquer dans leurs plans quelles valeurs intermédiaires et valeurs cibles sont liées aux actions d’assistance technique.

6. Valeurs intermédiaires et valeurs cibles

a) Définition des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles

Les volets du plan devraient être associés à un nombre limité mais significatif de valeurs intermédiaires et de valeurs cibles qui représentent les étapes clés de la mise en œuvre du plan. Ces valeurs sont une indication des progrès accomplis dans la réalisation d’une mesure ou d’un investissement. Il convient d’opérer la distinction suivante:

Une valeur intermédiaire est un indicateur qualitatif utilisé pour mesurer les progrès accomplis dans la réalisation d’une mesure ou d’un investissement (article 2, paragraphe 5, du règlement «Fonds social pour le climat»). Elle ne reflète pas de montant, mais plutôt une réalisation qualitative objectivement vérifiable (décret adopté ou acte administratif lançant un appel à propositions ou un acte législatif, réforme de la réglementation en matière de loyers, simplification de la procédure d’autorisation et réduction de la charge administrative pour les mesures mises en œuvre) et précise le contenu et les caractéristiques souhaitables.

Une valeur cible est un indicateur quantitatif utilisé pour mesurer les progrès accomplis dans la réalisation d’une mesure ou d’un investissement (article 2, paragraphe 6, du règlement «Fonds social pour le climat»). Cette valeur est fondée sur des indicateurs de résultat ou de réalisation convenus, tels qu’énumérés à l’annexe IV du règlement «Fonds social pour le climat». Le choix des valeurs cibles devrait refléter la mise en œuvre des mesures et des investissements, et donc être opérationnel.

Pour mesurer les progrès réalisés au moyen de valeurs intermédiaires et de valeurs cibles, il est parfois nécessaire de fixer un niveau de référence reflétant l’état, quantitatif ou qualitatif, de la variable/de l’indicateur utilisé(e) pour mesurer les progrès avant la mesure ou l’investissement. Il peut s’agir de l’état au moment précédant immédiatement l’intervention et/ou au moment où le plan a été présenté, ou il peut être basé sur une extrapolation des tendances actuelles.

b) Conception des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles

Les mesures devraient faire l’objet d’un suivi par rapport aux valeurs intermédiaires et cibles, le cas échéant. Dans la mesure du possible, une mesure structurelle devrait être couverte par une valeur intermédiaire unique reflétant l’étape finale de ladite mesure (par exemple, l’entrée en vigueur d’un acte juridique donné). Les valeurs intermédiaires devraient être claires et se concentrer sur des exigences légales simples, le cas échéant.

Les investissements devraient faire l’objet d’un suivi principalement par rapport aux valeurs cibles (et aux valeurs intermédiaires, le cas échéant), dont la réalisation peut être mesurée au moyen d’indicateurs de réalisation et de résultat. Des indicateurs communs pertinents pour les trois domaines sont spécifiés à l’annexe IV du règlement «Fonds social pour le climat» et peuvent être utilisés comme indicateurs de la réalisation d’une valeur cible donnée. Si le plan d’un État membre ne contient pas de mesure ou d’investissement contribuant à certains des indicateurs proposés à l’annexe IV, l’État membre en question peut utiliser des indicateurs supplémentaires pour des raisons d’efficacité, en donnant la priorité à ceux qui ont été utilisés au titre d’autres fonds, programmes et instruments européens, tels que les programmes relevant de la politique de cohésion au titre du règlement portant dispositions communes ou du règlement FRR. Lorsque cela est possible et approprié, les mêmes indicateurs devraient être utilisés pour des types d’investissements similaires.

Les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles devraient être conçues de manière à suivre l’avancement des investissements tout au long de leur cycle de vie afin de garantir la réalisation des objectifs généraux de chaque volet. En règle générale, les progrès accomplis dans la mise en œuvre des investissements dans le cadre du plan devraient faire l’objet d’un suivi au moyen de trois types de valeurs intermédiaires ou de valeurs cibles:

Valeur intermédiaire initiale (si possible ou pertinent): cette valeur intermédiaire devrait se concentrer sur la vérification du fait que l’investissement a commencé. Elle veille à ce que les conditions-cadres nécessaires à la mise en œuvre de l’investissement soient mises en place dès le départ. Cette étape n’est pertinente que si l’investissement n’a pas encore commencé et doit être utilisée pour des investissements plus importants. Par exemple, cela peut concerner le lancement d’une procédure de passation de marchés publics.

Valeur intermédiaire ou valeur cible à mi-parcours (si possible ou pertinent): cette valeur intermédiaire ou valeur cible devrait évaluer l’état d’avancement de la mise en œuvre à mi-parcours afin que tout obstacle majeur puisse être identifié et que des mesures correctives puissent être prises rapidement. Pour les investissements à petite échelle, les valeurs cibles à mi-parcours devraient être évitées afin d’alléger la charge administrative.

Valeur intermédiaire ou valeur cible finale: cette valeur intermédiaire ou valeur cible devrait être incluse dans le plan pour chaque mesure ou investissement. Elle devrait être fondée sur les résultats et viser à vérifier la réalisation effective des objectifs de la mesure ou de l’investissement. Elle est particulièrement pertinente pour l’appréciation des exigences qui ne peuvent être évaluées qu’une fois qu’une mesure ou un investissement a été mené à bien. Les indicateurs de réalisation énumérés à l’annexe IV du règlement «Fonds social pour le climat» peuvent être particulièrement utiles à cet effet.

Pour les mesures et les investissements de moindre envergure, il convient de privilégier le recours à une valeur intermédiaire ou à une valeur cible unique qui reflète l’étape/le résultat final. Le nombre total de valeurs intermédiaires et de valeurs cibles devrait être proportionné à l’importance de la dotation et être cohérent pour l’ensemble des investissements dans le cadre du plan.

c) Bonnes pratiques pour la définition des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles

Dans la définition des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles pertinentes, les États membres devraient suivre le modèle fourni à l’annexe V, section 2.1, point iv) ou section 2.2, point iii), du règlement «Fonds social pour le climat». Ils sont encouragés à utiliser les indicateurs figurant à l’annexe IV du règlement «Fonds social pour le climat».

Lorsqu’un État membre choisit une valeur intermédiaire ou une valeur cible non couverte par les indicateurs figurant à l’annexe IV, il devrait suivre les bonnes pratiques suivantes au moment de concevoir les valeurs intermédiaires et cibles respectives:

Les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles devraient être claires et réalistes (réalisables). Les indicateurs proposés devraient être pertinents, mesurables dans le cadre en place au moment du lancement du plan, spécifiques à l’action soutenue par le plan et solides. Ils devraient correspondre aux différentes étapes différentes de la mise en œuvre des mesures et des investissements. Les indicateurs énumérés à l’annexe IV fournissent de bons exemples. Si possible, les indicateurs devraient permettre de calculer l’incidence exprimée en quantité de GES évitée. Si nécessaire, d’autres indicateurs utilisés au titre d’autres fonds de l’UE pourraient être appliqués, par exemple dans le cadre des programmes et instruments tels que les programmes de la politique de cohésion au titre du règlement portant dispositions communes.

Dans l’ensemble, il importe que les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles restent sous le contrôle de l’État membre et ne soient pas subordonnées à des facteurs externes tels que les perspectives macroéconomiques. L’utilisation d’indicateurs de résultat en tant que valeurs intermédiaires et valeurs cibles échappant au contrôle de l’État membre devrait être évitée compte tenu de l’imprévisibilité de ces indicateurs et de leur dépendance à l’égard d’autres facteurs.

La description des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles doit être brève, précise et pertinente (deux à trois phrases au maximum). Elle devrait rendre compte de l’objectif stratégique et fournir un résultat très spécifique pour évaluer la progression vers ce résultat.

Les États membres devraient veiller à utiliser une formulation cohérente dans l’ensemble du plan.

Il convient d’utiliser le langage juridique approprié. Une distinction claire doit être faite entre les éléments facultatifs et les éléments obligatoires. Pour exprimer une obligation, utiliser le présent de l’indicatif. Éviter l’emploi du futur ou du conditionnel. Utiliser avec parcimonie les termes qui n’expriment pas une obligation, tels que « peut », étant donné que les plans devraient se concentrer sur des engagements juridiquement contraignants.

Ne pas faire référence aux processus d’approbation des aides d’État dans les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles (voir section II.11 des présentes orientations).

Les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles ne devraient contenir des conditions DNSH que lorsqu’il existe un risque que l’activité ou l’actif financé au titre de la mesure ou de l’investissement cause un préjudice important aux objectifs environnementaux au sens de l’article 17 du règlement sur la taxinomie, conformément aux orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat.

Pour les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles liées aux mesures et aux investissements qui bénéficient d’un soutien d’autres fonds de l’UE ou nationaux, seule la partie de ces mesures et de ces investissements soutenus par le Fonds social pour le climat ainsi que les réalisations correspondantes devraient être couvertes par les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles pertinentes. Les mesures et les investissements qui bénéficient d’un soutien au titre d’autres fonds de l’UE doivent définir clairement ce qui est soutenu par le Fonds, et les valeurs intermédiaires et valeurs cibles ne devraient couvrir que ces aspects. Lorsque le financement au titre du Fonds social pour le climat est combiné à d’autres fonds de l’Union pour soutenir une mesure, cela doit être clairement indiqué dans le coût total estimé, en mentionnant la part des coûts estimés financée par le Fonds et celle financée par d’autres fonds de l’Union..

Les valeurs cibles devraient être établies sur la base d’un niveau de référence (indicateurs contextuels), de l’ensemble de données et de la méthode de calcul du niveau de référence et de la réalisation (le niveau ou le point spécifique à atteindre). Les valeurs cibles peuvent être fixées à un niveau spécifique ou à une fourchette raisonnable, en fonction de ce qui est mesuré et de la précision de l’estimation. Les États membres devraient examiner comment garantir et prouver la qualité des données et, le cas échéant, tenir tous les registres nécessaires. Ils devraient indiquer clairement si la même méthode sera utilisée pour calculer l’objectif et le niveau de référence, quelle autorité nationale sera chargée de collecter et de calculer les données, et à quelle fréquence les données seront collectées.

La définition des valeurs intermédiaires devrait être fiable, factuelle et, si elle fait référence à des documents futurs (par exemple, la législation, les documents de programmation), préciser leur contenu. La valeur intermédiaire à atteindre devrait être précise et liée aux étapes clés (par exemple, «entrée en vigueur d’un acte juridique ou administratif»). Éviter les mesures vagues ou subjectives (par exemple, «proposition législative bien développée»).

Les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles doivent inclure des dates d’achèvement claires alignées sur les règles de présentation: les États membres sont autorisés à présenter deux demandes de paiement chaque année. Les délais d’exécution doivent être indiqués en trimestres de l’année concernée.

Le cas échéant, les États membres devraient inclure des objectifs d’égalité (de genre) dans les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles, par exemple en incluant des (sous-) valeurs cibles par sexe, âge ou handicap, le cas échéant (voir section II.12 des présentes orientations).

Pour les mesures et les investissements à mettre en œuvre aux niveaux régional et local, cela doit être indiqué dans la description de la valeur intermédiaire ou de la valeur cible.

Les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles feront l’objet de discussions entre la Commission et l’État membre concerné sur la base de son plan, en vue de convenir des valeurs à inclure dans les décisions d’exécution de la Commission relatives à l’approbation des plans, conformément à l’article 17 du règlement «Fonds social pour le climat».

7. Financement et coûts

a) Contribution nationale

Chaque État membre doit contribuer à hauteur d’au moins 25 % des coûts totaux estimés de son plan. La contribution du Fonds social pour le climat au plan social pour le climat de chaque État membre ne dépasse pas la dotation financière maximale allouée à cet État membre au titre du Fonds conformément aux articles 10 et 14 et aux annexes I et II du règlement «Fonds social pour le climat».

La contribution nationale doit provenir uniquement de sources publiques, ce qui inclut des ressources provenant de budgets régionaux ou locaux. Il peut s’agir de ressources mobilisées par les budgets nationaux, régionaux ou locaux par l’émission d’obligations ou d’autres instruments de dette. Toutefois, la contribution nationale ne peut inclure aucune source de financement privée en vertu de l’article 15 du règlement «Fonds social pour le climat».

Il est recommandé que la contribution nationale soit répartie proportionnellement entre les différents volets du plan. Cela garantirait des progrès continus et, partant, la réalisation des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles dans tous les domaines concernés au fil du temps. En tout état de cause, la contribution nationale de l’État membre devrait être clairement définie pour chaque volet, ainsi que pour les mesures et les investissements conformément à l’annexe V, section 2.1, point v), du règlement «Fonds social pour le climat».

b) Estimation des coûts des mesures et des investissements

Les États membres devraient présenter les coûts estimés des mesures et des investissements inclus dans leur plan, en tenant compte, entre autres, des critères suivants énumérés à l’article 16, paragraphe 3, point c) i), du règlement «Fonds social pour le climat» concernant l’évaluation de la pertinence des plans par la Commission:

raisonnable: si l’État membre a fourni des informations et des éléments de preuve suffisants montrant que le montant des coûts totaux estimés du plan est approprié;

plausible: si l’État membre a fourni des informations et des éléments de preuve suffisants montrant que le montant des coûts totaux estimés du plan est conforme à la nature et au type des mesures et des investissements envisagés. Cela nécessite une évaluation transversale afin de garantir l’alignement entre la nature qualitative des mesures ou des investissements dans le volet et leur coût;

conforme au principe de l’efficacité au regard des coûts et proportionné: si le montant des coûts totaux estimés du plan est conforme au principe de l’efficacité au regard des coûts et proportionné à l’incidence sociale et économique attendue des mesures et des investissements envisagés sur l’État membre concerné. L’évaluation de l’efficacité au regard des coûts sera effectuée au niveau du plan, en tenant compte de l’efficacité au regard des coûts des mesures et des investissements inclus dans le plan. Le plan sera évalué afin de déterminer si son incidence économique et sociale attendue est conforme à son coût. Cette évaluation tiendra compte des incidences des mesures et des investissements inclus dans le plan et de leurs coûts estimés. Les États membres devraient également apporter la preuve que leur estimation des coûts vise à obtenir les résultats les plus rentables;

s’ajoutant à d’autres financements de l’UE: si l’État membre a fourni des informations et des éléments de preuve suffisants montrant que le montant des coûts totaux estimés des mesures et des investissements inclus dans le plan à financer au titre du Fonds n’est pas déjà couvert par un financement existant ou prévu de l’Union.

Lors de la présentation des estimations de coûts des plans, l’État membre devrait également tenir compte des aspects suivants:

précision: il convient certes de préciser que les coûts ne sont estimés qu’avant d’être réellement engagés, mais le total des coûts estimés doit être tel que ces derniers sont raisonnables et plausibles. Les coûts réels ne doivent pas faire l’objet d’un contrôle ou d’un suivi dans le cadre du Fonds social pour le climat. L’utilisation de méthodes comptables, de coûts historiques, de données statistiques, d’études crédibles et solides émanant d’organismes de confiance ou d’autres sources d’information et de preuves similaires facilite l’estimation précise des coûts;

transparence: les estimations des coûts devraient être traçables. Lorsque des méthodes comptables, des coûts historiques, des données statistiques, des études crédibles et solides émanant d’organismes de confiance, des prix du marché ou d’autres sources d’information et d’éléments de preuve similaires sont utilisés pour les préparer, ces informations devraient être librement disponibles en vue d’éventuels contrôles;

cohérence: les estimations de coûts devraient être cohérentes avec les autres politiques de l’UE et les pratiques nationales et, en particulier, avec les coûts appliqués à des projets similaires par l’intermédiaire d’autres sources de financement de l’UE.

La Commission s’efforcera également de coopérer étroitement avec les États membres afin de garantir que les intérêts financiers de l’Union sont correctement protégés. Cela impliquera un mécanisme de contrôle et d’audit destiné à prévenir toute irrégularité.

c) Informations requises sur le financement et les estimations de coûts

Les États membres devraient fournir les informations relatives aux estimations de coûts avec suffisamment de détail pour chaque mesure ou investissement dans le document justificatif correspondant ainsi que dans un tableau par volet, ventilé en mesures et investissements individuels inclus dans ce volet. Chacun des trois tableaux devrait également contenir la période pertinente et une ventilation du coût total de chaque mesure et de chaque investissement par an. À cette fin, les États membres devraient utiliser le modèle accompagnant les présentes orientations (voir les sections 2.1, 2.2 et 2.3 de l’annexe V du règlement «Fonds social pour le climat»). Dans chaque tableau, les États membres devraient également indiquer ce qui suit:

Contribution nationale: les États membres devraient fournir des informations sur leur contribution nationale aux coûts totaux par volet. La contribution nationale cumulée pour les trois volets doit représenter au moins 25 % du coût total des plans.

Financement provenant d’autres sources de l’Union, internationales et publiques: conformément à l’article 6, paragraphe 1, point c), du règlement «Fonds social pour le climat», pour chaque mesure et chaque investissement qui seront également financés par d’autres sources de l’Union, internationales et publiques, les États membres devraient préciser les sources de financement utilisées et indiquer clairement la partie de la mesure et de l’investissement qu’elles couvrent.

Financement par des sources privées: les États membres devraient indiquer tout financement obtenu ou destiné à être utilisé provenant de sources privées, conformément à l’article 6, paragraphe 1, point c), du règlement «Fonds social pour le climat». Cela devrait inclure, le cas échéant, la contribution financière des bénéficiaires finaux soutenus par les mesures ou les investissements. Ces informations seront précieuses pour évaluer le niveau d’effort requis des bénéficiaires finaux et la pertinence du plan au titre de l’article 16, paragraphe 3, point a), du règlement «Fonds social pour le climat».

Coût de l’appui technique supplémentaire et de la contribution en espèces au titre du programme InvestEU: les États membres devraient inclure dans leurs plans les montants à mettre à disposition pour une assistance technique supplémentaire au titre de l’article 7 du règlement (UE) 2021/240 et le montant de la contribution en espèces aux fins du compartiment «États membres» d’InvestEU au titre du règlement (UE) 2021/523. Ces coûts ne devraient pas dépasser 4 % de la dotation financière maximale du plan, conformément à l’article 11, paragraphe 4, du règlement «Fonds social pour le climat».

Les États membres devraient inclure dans leurs plans et pièces justificatives les informations suivantes:

les informations relatives à la méthode utilisée: les hypothèses sous-jacentes (par exemple, les coûts unitaires, les coûts des intrants, le nombre de personnes ciblées), la justification de ces hypothèses et la personne qui a procédé à l’estimation des coûts;

le calcul montrant comment l’estimation finale a été obtenue, y compris, s’ils sont disponibles, les calculs relatifs aux catégories de haut niveau qui sont les principaux facteurs de coût;

les données comparatives sur les coûts: des informations sur le coût réel de mesures ou d’investissements similaires qui ont été réalisés dans le passé, si elles sont disponibles dans le cadre de projets similaires antérieurs financés par d’autres sources de financement de l’UE. Si des ajustements sont nécessaires pour rendre les coûts plus comparables, les États membres devraient fournir une explication sur les paramètres et les données pertinentes utilisés pour procéder aux ajustements;

la validation par une institution budgétaire indépendante: les États membres sont encouragés à discuter du plan avec leurs institutions budgétaires nationales indépendantes ou organismes similaires.

Les États membres devraient présenter les coûts totaux estimés hors TVA afin de permettre la comparabilité entre les plans (considérant 26 du règlement «Fonds social pour le climat»).

8. Coûts opérationnels

En règle générale, le Fonds ne devrait financer que les coûts qui sont de nature non récurrente et qui correspondent à sa durée de vie. L’article 13, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat» prévoit que le soutien du Fonds ne devrait pas, sauf dans des cas dûment justifiés, se substituer aux dépenses budgétaires nationales récurrentes. Pour la partie du plan consacrée à l’assistance technique, les coûts administratifs directement liés à la mise en œuvre du plan ne sont pas considérés comme des dépenses budgétaires nationales récurrentes au sens de l’article 13, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat».

Dans des cas dûment justifiés, les coûts de fonctionnement réguliers peuvent être financés dans la mesure où i) ils produiront des effets à plus long terme conformément aux objectifs du Fonds; ii) leur financement sera assuré de manière durable après la clôture du Fonds; et iii) l’effet négatif sur le solde des administrations publiques n’est que temporaire. Les principaux critères à prendre en compte sont les suivants: i) si le coût fait partie intégrante d’une mesure ou d’un investissement; et ii) si cette mesure ou cet investissement contribue à satisfaire aux critères d’évaluation. Cela vaut à la fois pour les dépenses administratives telles que les frais de personnel et pour les frais de fonctionnement.

Par exemple, les coûts de maintenance des infrastructures de nature récurrente ne seraient pas éligibles, mais les investissements dans des améliorations, y compris des travaux de maintenance très lourds ou dont l’échéance était dépassée, devraient pouvoir bénéficier d’un soutien au titre du Fonds, au cas par cas. En outre, les coûts opérationnels pourraient être couverts pour faciliter l’adoption de nouveaux services de mobilité partagée ou de services de transport à la demande dans les zones rurales au cours de la phase initiale de croissance de la demande, au cours de laquelle le Fonds social pour le climat pourrait financer non seulement les coûts de mise en place des services, mais aussi leurs coûts de fonctionnement pendant une période limitée. Dans tous les cas, l’éligibilité de la mesure ou de l’investissement dépendra de son ciblage sur les groupes vulnérables susceptibles de bénéficier d’un soutien du Fonds social pour le climat, au cas par cas.

9. Prévention ex ante du double financement et protection des intérêts financiers de l’UE

C’est en premier lieu aux États membres qu’il incombe d’éviter le double financement entre le Fonds social pour le climat et d’autres fonds de l’UE. À ce titre, ils ont l’obligation de vérifier l’absence de double financement avant de présenter leurs plans (conformément aux articles 13 et 21 du règlement «Fonds social pour le climat»). Le financement au titre du Fonds social pour le climat étant lié aux performances, il est nécessaire d’établir ex ante une délimitation claire entre, d’une part, les activités et les projets financés au titre du Fonds social pour le climat et, d’autre part, ceux financés par d’autres fonds de l’UE et d’autres programmes de l’UE.

Les États membres doivent:

recenser les mesures et les investissements soutenus par d’autres fonds de l’UE et d’autres programmes de l’UE (en cours ou programmés) qui présentent un risque de chevauchement avec les financements provenant du Fonds social pour le climat;

appliquer une délimitation ex ante claire des catégories de coûts/éléments de coûts directement dans les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles, de sorte qu’elles couvrent exclusivement les performances directement soutenues par le Fonds social pour le climat (et la contribution nationale correspondante). Le plan ne devrait refléter que les résultats obtenus grâce au soutien du Fonds social pour le climat (et non les résultats obtenus à la fois avec le Fonds social pour le climat et d’autres fonds de l’UE). La délimitation des projets peut être fondée sur le temps, la géographie ou la nature différente des projets.

Outre les conditions décrites ci-dessus, cette approche doit être conforme aux dispositions de l’autre instrument de financement de l’Union concerné, ainsi qu’aux règles en matière d’aides d’État, y compris les dispositions relatives au cumul. Les États membres doivent mettre en place des procédures approfondies de vérification de la gestion afin d’éviter tout double financement au cours de la mise en œuvre.

Ces procédures devraient être incluses dans le système de contrôle interne de l’État membre (voir annexe III du règlement «Fonds social pour le climat»). Conformément à l’article 6, paragraphe 1, point o), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres doivent définir dans leurs plans, conformément à l’annexe V, section 4.6, dudit règlement, les dispositions qu’ils ont mises en place pour éviter un double financement et protéger les intérêts de l’Union. Il importe que ces dispositions tiennent compte de toutes les sources de données pertinentes, maintiennent une séparation systématique des flux de financement et mettent en œuvre des contrôles croisés tout au long de la mise en œuvre des projets afin d’exclure la possibilité d’un double financement. Ces systèmes de contrôle interne doivent donc être suffisamment solides pour protéger les intérêts financiers de l’UE et, en particulier, prévenir, détecter, signaler et corriger la fraude, la corruption et les conflits d’intérêts.

Les systèmes de contrôle interne des États membres doivent procéder à des audits adéquats et indépendants des systèmes et des opérations conformément aux normes d’audit internationalement reconnues, et ces audits doivent également être décrits conformément à l’annexe V, section 4.6, et à l’annexe III, point 5 du règlement «Fonds social pour le climat». Cela comprend entre autres:

la désignation du ou des organismes qui procéderont aux audits des systèmes et des opérations, et la détermination de la manière dont leur indépendance fonctionnelle est garantie;

l’allocation de ressources suffisantes à cet organisme ou ces organismes pour la finalité du Fonds;

la prise en charge efficace par le ou les organismes d’audit du risque de fraude, de corruption, de conflit d’intérêts et de double financement, à la fois par des audits des systèmes et par des audits des opérations.

10. Scénario où le SEQE 2 commencerait plus tard que prévu

Conformément à l’article 10, paragraphe 1, troisième alinéa, du règlement «Fonds social pour le climat» et à la dernière colonne du tableau figurant à l’annexe II du règlement, si le SEQE 2 est reporté d’un an conformément à l’article 30 duodecies de la directive relative au système communautaire d’échange de quotas d’émission, la dotation financière maximale pour chaque État membre au titre du Fonds serait inférieure à la dotation correspondante si le SEQE devait débuter en 2027. Conformément à l’annexe V du règlement «Fonds social pour le climat» relative au modèle de plan et comme précisé au considérant 28 dudit règlement: « Pour une planification plus efficace, les États membres devraient indiquer dans leurs plans les conséquences du report du système d’échange de quotas d’émission établi conformément au chapitre IV bis de la directive 2003/87/CE, conformément à l’article 30 duodecies de ladite directive. À cette fin, il convient de distinguer clairement toutes les informations pertinentes à inclure dans le plan en les séparant en deux scenarii, à savoir en décrivant et en quantifiant les ajustements qu’il est nécessaire d’apporter aux mesures, aux investissements, aux valeurs intermédiaires, aux valeurs cibles, au montant de la contribution nationale et à tout autre élément pertinent du plan.» Les informations devraient être présentées conformément au modèle de plan fourni à l’annexe V.

11. Partenariat et consultation publique adéquats

La participation et l’engagement des parties prenantes concernées durant la phase de conception et de mise en œuvre sont essentiels au succès du Fonds social pour le climat et de toutes les initiatives du pacte vert pour l’Europe. Une approche de partenariat inclusive dans l’élaboration et la mise en œuvre de ces plans est essentielle, car elle apporte des perspectives et une expertise différentes pour éclairer les décisions stratégiques. Les États membres sont encouragés à envisager de mettre en œuvre les exemples de bonnes pratiques en matière de consultations publiques sur les plans, tels que publiés par la Commission conformément à l’article 5, paragraphe 4, du règlement «Fonds social pour le climat» (68).

a) Types de parties prenantes

L’article 5, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat» énumère différents types de parties prenantes qui devraient être consultées dans le cadre du processus d’élaboration des plans:

les autorités locales et régionales;

les représentants des partenaires économiques et sociaux;

les organisations de la société civile concernées;

les organisations de jeunesse;

d’autres parties prenantes.

Les États membres sont encouragés à associer et à exploiter pleinement l’expertise et les connaissances de ces parties prenantes en ce qui concerne, entre autres, la cartographie de la précarité en matière d’énergie et de transport, le ciblage des groupes vulnérables ou le recensement des besoins d’investissement dans l’ensemble des objectifs stratégiques du Fonds.

Pour tirer parti de l’expérience acquise, il est recommandé d’associer les autorités chargées de la mise en œuvre des fonds de la politique de cohésion ainsi que des plans pour la reprise et la résilience à l’élaboration des plans sociaux pour le climat et à leur consultation publique, même si elles ne sont pas le principal organe de coordination pour la mise en œuvre globale des plans. La participation des autorités régionales et locales à l’élaboration et à la consultation des plans est essentielle, notamment en ce qui concerne les mesures et les investissements régionaux et locaux proposés dans les plans.

Outre les parties prenantes mentionnées à l’article 5, paragraphe 1, le règlement «Fonds social pour le climat» prévoit la participation d’autres parties prenantes. Il pourrait s’agir d’institutions de recherche et d’innovation, de partenaires environnementaux et d’organisations non gouvernementales. Il est également essentiel de veiller à ce que les experts en matière d’égalité de genre et d’égalité des chances, tels que les organismes chargés des questions d’égalité et de non-discrimination et les organisations qui représentent les intérêts des femmes, des personnes handicapées, des jeunes (69), des personnes issues de l’immigration, des parents isolés et des personnes âgées lors des consultations, soient dûment représentés pour promouvoir l’égalité de genre et intégrer les considérations relatives à l’égalité dans les plans.

De plus, les plans devraient accorder une attention particulière aux groupes vulnérables, y compris les personnes handicapées, les enfants, les personnes âgées isolées, les minorités ethniques, les communautés marginalisées, les citoyens de pays tiers et les personnes issues de l’immigration, qui sont plus exposés au risque de pauvreté et d’exclusion sociale.

Lorsque les parties prenantes ne sont pas organisées d’une manière qui leur permet d’apporter une contribution significative, les autorités devraient fournir une assistance aux pouvoirs publics et aux organisations non gouvernementales concernés afin d’aider à organiser ces parties prenantes et de veiller à ce que leurs intérêts soient pleinement représentés et inclus dans les plans.

b) Comment mener les consultations publiques

Les consultations publiques devraient être menées conformément à l’article 10 du règlement sur la gouvernance. Elles devraient respecter le cadre juridique national et tenir compte des aspects essentiels du code de conduite européen sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens (70). Ces éléments exigent des États membres qu’ils facilitent une participation précoce, claire et effective du public et qu’ils fixent des délais raisonnables permettant au public d’être informé, de participer et d’exprimer son point de vue.

Le règlement «Fonds social pour le climat» (article 5 et considérant 18) exige qu’une (nouvelle) consultation publique ait lieu sur le plan social pour le climat dans son intégralité (bien qu’à un stade préliminaire). Les consultations publiques antérieures déjà organisées sur les mesures existantes à inclure dans le plan devraient être mentionnées et résumées.

Les États membres sont tenus de fournir un résumé du processus de consultation mené conformément au cadre juridique national lors de l’élaboration du plan et de décrire la manière dont les contributions des parties prenantes ont été prises en compte et sont reflétées dans le plan (article 5, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat»). Le résumé devrait citer les parties prenantes consultées, le type de méthode de consultation (conférence, bilatérale, tripartite, etc.), le calendrier des efforts de sensibilisation et si les parties prenantes ont été consultées exclusivement sur des volets spécifiques ou si une consultation générale a eu lieu sur un projet de plan global ou sur tous ses aspects séparément. Dans le même ordre d’idées, les États membres devraient expliquer, dans la mesure du possible, les mesures envisagées pour associer et consulter les parties prenantes concernées au cours de la mise en œuvre des plans.

Pour les modifications des plans qui ne sont pas mineures, les États membres devraient organiser des consultations publiques sur les mesures ou investissements modifiés conformément aux articles 5, 16 et 18, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat». Le considérant 18 l’indique également: « Une consultation publique des parties prenantes devrait avoir lieu chaque fois que la Commission est tenue d’évaluer un plan ».

12. Présentation

Chaque État membre devrait soumettre à la Commission un plan social pour le climat afin que le soutien financier du Fonds soit accordé pour les mesures et les investissements inclus dans le plan. Les États membres devraient présenter leurs plans au plus tard le 30 juin 2025, conformément au considérant 17 du règlement «Fonds social pour le climat».

La Commission mettra en place une plateforme électronique unique pour la soumission et le suivi des plans, ainsi que pour l’introduction des demandes de paiement correspondantes.

Le plan devrait être élaboré en étroite coopération avec la Commission et doit suivre le modèle figurant à l’annexe V du règlement «Fonds social pour le climat», conformément à l’article 6, paragraphe 7, dudit règlement. Les États membres devraient communiquer avec la Commission en ce qui concerne les projets de plans dès que possible avant la présentation formelle prévue. Ils peuvent consulter la Commission sur différents aspects du plan avant la présentation formelle. Des consultations informelles permettraient d’identifier et de résoudre tout problème potentiel avant de soumettre le plan, permettant à la Commission de l’évaluer et de l’adopter rapidement. En outre, la Commission veillera à ce que chaque État membre s’engage activement, avant la présentation du plan, à travailler en partenariat avec les parties prenantes concernées afin de contribuer à rendre le processus aussi efficace que possible.

La Commission communiquera au Parlement européen et au Conseil les plans présentés par les États membres, ainsi que les décisions d’évaluation respectives rendues publiques par la Commission, simultanément et dans les mêmes conditions (article 25 du règlement «Fonds social pour le climat»).

13. Communication relative aux plans

Les États membres sont tenus de mettre à la disposition du public les données suivantes et de les tenir à jour sur un site internet unique (qui pourrait déjà être en place) dans des formats ouverts et lisibles par machine. Cela permet le tri, la recherche, l’extraction, la comparaison et la réutilisation des données [article 23, paragraphe 1, en lien avec l’article 21, paragraphe 2, point d) i), ii) et iv), du règlement «Fonds social pour le climat»]:

le nom des destinataires finaux des dotations financières, leur numéro d’identification TVA ou leur numéro d’identification fiscale et le montant des dotations financières versées au titre du Fonds;

le nom du ou des contractants et du ou des sous-traitants et leur numéro d’identification TVA ou leur numéro d’identification fiscale et la valeur du ou des marchés, lorsque le bénéficiaire final des dotations financières est un pouvoir adjudicateur conformément au droit de l’Union ou au droit national en matière de marchés publics;

la liste de toutes les mesures et de tous les investissements mis en œuvre au titre du Fonds, avec le montant total du financement public de ces mesures et investissements et l’indication du montant des fonds versés au titre d’autres fonds financés par le budget de l’Union.

Les informations visées aux deux premiers points ci-dessus ne devraient pas être publiées lorsqu’il s’agit d’exceptions spécifiques:

une aide directe temporaire au revenu pour les ménages vulnérables;

les situations recensées à l’article 38, paragraphe 3, du règlement financier, en particulier: i) un soutien financier fourni au moyen d’instruments financiers, d’un montant inférieur à 500 000 EUR; ii) lorsque la divulgation des informations risque de mettre en péril les droits et libertés des personnes ou des entités concernées, tels qu’ils sont protégés par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, ou de nuire aux intérêts commerciaux des destinataires; iii) lorsqu’il s’agit de la rémunération d’experts externes sélectionnés sur la base de leur capacité professionnelle, dans le respect des principes de non-discrimination, d’égalité de traitement et d’absence de conflits d’intérêts.

Chaque État membre devrait également publier son projet de plan et sa version finale, y compris ses annexes, la décision d’exécution de la Commission approuvant le plan, les décisions d’exécution de la Commission relatives aux modifications du plan, les décisions de versement de la Commission, les accords conclus entre la Commission et l’État membre qui constituent des engagements juridiques individuels, ainsi que toute notification de modifications mineures apportées au plan, sur le site internet spécifique à mettre en place dès que possible. Les États membres devraient tenir ces sites internet spécifiques à jour avec toute nouvelle documentation pertinente. Ils devraient également publier sur ces sites internet spécifiques leurs rapports bisannuels au titre de l’article 24, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat» (dans le cadre du rapport d’avancement national intégré en matière d’énergie et de climat), ainsi que les rapports d’évaluation et les rapports d’évaluation ex post sur la mise en œuvre du Fonds prévus par la Commission au titre de l’article 27 dudit règlement.

Les États membres sont également tenus d’informer les destinataires du Fonds de l’origine du soutien, notamment lorsqu’ils bénéficient de ce soutien par des intermédiaires. Les informations fournies aux destinataires devraient inclure l’emblème de l’Union et une déclaration appropriée portant la mention « financé par l’Union européenne — Fonds social pour le climat » sur les documents et les supports de communication relatifs à la mise en œuvre de la mesure qui sont destinés aux bénéficiaires (article 23, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat») (71).

Les destinataires du Fonds sont également tenus de veiller à ce que le financement de l’UE soit visible, en particulier lorsqu’il s’agit de promouvoir les actions et leurs résultats, en fournissant des informations ciblées cohérentes, efficaces et proportionnées à divers publics, notamment aux médias et au grand public. Cette obligation ne s’applique pas lorsque le soutien est fourni à des personnes physiques ou lorsqu’il existe un risque que des informations sensibles sur le plan commercial soient rendues publiques (article 23, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat»).

Lors de la présentation de leurs plans, les États membres devraient (section 4.7 de l’annexe V du règlement «Fonds social pour le climat»):

a)

Indiquer le site Internet: sur lequel les projets et les versions finales des plans nationaux, les mesures connexes et les données relatives aux investissements et aux versements seront publiés dans un format lisible par machine, ce qui permettra à la Commission de poursuivre le traitement des données et inclura également les mesures d’information, de communication et de visibilité concernant le Fonds.

b)

Fournir un aperçu de la stratégie de communication nationale prévue pour sensibiliser le public à l’incidence du financement de l’UE sur la vie quotidienne des citoyens grâce à la mise en œuvre du plan national et de chaque mesure et chaque investissement. Les États membres devraient élaborer une stratégie cohérente concernant: i) la manière de communiquer les avantages du soutien du Fonds social pour le climat; ii) la manière dont ils veilleront à ce que les groupes vulnérables éligibles soient informés des possibilités de financement; et iii) la manière d’encourager ces groupes à bénéficier du soutien du Fonds social pour le climat et à introduire une demande de soutien au titre de ce Fonds.

Afin de faciliter ce processus, les États membres sont encouragés à s’aligner sur les mêmes exigences minimales en matière de communication que celles prévues par le RDC. Ils devraient donc inclure les éléments suivants dans leur stratégie de communication:

i.

les principaux publics qui seront concernés par les activités de communication, y compris au moins les bénéficiaires potentiels des mesures et des investissements couverts par le plan national et les publics non spécialisés concernés qui sont préoccupés par les conséquences sociales du SEQE 2 et le bouquet médiatique pertinent pour les atteindre;

ii.

la manière dont ils mettront en œuvre les actions de communication conjointes avec la Commission sur le terrain;

iii.

la liste des types de mesures et d’investissements qu’ils entendent promouvoir plus activement et qui seront utilisés pour une communication coordonnée avec la Commission;

iv.

les coordonnées du coordinateur national de la communication qui coordonnera les actions d’information et de communication en rapport avec le Fonds social pour le climat et qui servira de point de contact pour la Commission et les autres États membres afin de partager les bonnes pratiques et de coordonner les activités conjointes.

La Commission mettra également en œuvre des actions d’information et de communication relatives au Fonds et les résultats obtenus. Ces actions peuvent comprendre, le cas échéant et avec l’accord des autorités nationales, des activités de communication conjointes avec les autorités nationales et les bureaux de représentation du Parlement européen et de la Commission dans les États membres concernés (article 23, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat»). La Commission a publié un site internet consacré au Fonds social pour le climat (72). Il contient des informations générales sur le Fonds, la liste des autorités des États membres chargées de l’élaboration des plans, une sous-section consacrée aux bonnes pratiques sur les mesures susceptibles d’être financées par le Fonds social pour le climat et la manière de procéder à une consultation publique significative des plans. La Commission réexaminera régulièrement cette page internet spécifique contenant toutes les informations publiques pertinentes.

14. Modifications des plans sociaux pour le climat

a) Circonstances objectives

Si un plan ne peut plus être respecté, y compris les valeurs intermédiaires et valeurs cibles pertinentes, ou lorsqu’il doit faire l’objet d’ajustements importants, en tout ou en partie, de la part d’un État membre en raison de circonstances objectives, l’État membre concerné peut présenter à la Commission un plan modifié afin d’y inclure les modifications nécessaires et dûment justifiées (article 18, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat»). La demande peut être présentée notamment en raison des effets directs réels du SEQE 2.

Des circonstances objectives peuvent faire qu’une mesure ou un investissement n’est plus réalisable avec le niveau de coût ou d’efficacité estimé ou peuvent permettre de déterminer une meilleure alternative contribuant davantage à la réalisation des mêmes objectifs du règlement «Fonds social pour le climat». Dans de tels cas, les États membres devront présenter les facteurs objectifs qui sous-tendent les manques d’efficacité inattendus découlant de la mise en œuvre de la mesure ou de l’investissement initial tel que prévu initialement et démontrer que l’alternative proposée est mieux adaptée pour atteindre les objectifs visés par cette mesure. Par exemple, les États membres pourraient apporter la preuve que l’alternative à la mesure ou à l’investissement est plus efficace du point de vue des coûts ou plus propice à la réalisation des objectifs stratégiques de la mesure ou de l’investissement.

Les circonstances objectives peuvent inclure, sans s’y limiter, les exemples suivants:

modifications du calendrier dues à des obstacles naturels imprévus (par exemple, une catastrophe naturelle) ou à des événements nationaux imprévus (tels qu’un litige juridique ayant une incidence sur la mise en œuvre de la mesure ou de l’investissement, ou des événements socio-économiques imprévus, par exemple des chocs économiques);

les cas dans lesquels l’État membre peut démontrer qu’une mesure ou un investissement n’est plus réalisable en raison de l’existence d’une solution manifestement mieux adaptée pour mettre en œuvre la mesure (par exemple, parce qu’une meilleure solution a été recensée et qu’elle est plus propice à la réalisation des mêmes objectifs) que ce qui était initialement prévu. Par exemple, un État membre pourrait trouver un moyen nettement plus efficace du point de vue des coûts pour construire une plateforme de transport et souhaiterait modifier les spécifications techniques pertinentes dans la valeur intermédiaire correspondante, ou souhaiterait soutenir les véhicules à émissions nulles. Sa demande devrait être accompagnée d’une note expliquant le type d’analyse qui a été effectuée pour démontrer que la nouvelle méthode serait plus efficace du point de vue des coûts tout en aboutissant aux mêmes résultats globaux.

Les modifications ne devraient pas réduire le niveau d’ambition ni l’incidence attendue du plan, qui doivent continuer à satisfaire aux critères d’évaluation du règlement «Fonds social pour le climat». Les États membres devraient démontrer clairement que le niveau d’ambition et l’incidence attendue du plan seront maintenus et que les exigences prévues à l’article 16 seront respectées.

Lorsqu’ils invoquent l’article 18, les États membres sont tenus de fournir une justification adéquate à l’appui des modifications proposées et peuvent choisir le type de preuves et d’informations qu’ils souhaitent présenter à l’appui de leur justification. Le type et la nature des modifications, ainsi que les circonstances objectives invoquées détermineront le niveau des informations à fournir. Par exemple, les États membres ne sont pas tenus de fournir des preuves de l’existence de circonstances largement connues, mais devraient fournir des informations spécifiques sur l’incidence de ces événements sur les mesures et les investissements ou sur les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles concrètes.

La Commission devrait réévaluer le plan modifié à la lumière des mêmes critères d’évaluation que ceux prévus à l’article 16 (article 18, paragraphes 2 et 3, du règlement «Fonds social pour le climat»). Si la Commission rend une évaluation positive sur le plan modifié, elle adoptera une décision exposant les raisons de son évaluation positive conformément à l’article 17, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat», au moyen d’un nouvel acte d’exécution de la Commission, dans un délai de trois mois à compter de la date de présentation du plan modifié par l’État membre concerné. Pour les modifications qui ne sont pas «mineures» (voir section III.14.b des présentes orientations), l’État membre devrait organiser une consultation publique sur le plan modifié conformément aux articles 5, 16 et 18, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat» (73).

b) Ajustements mineurs

Afin d’éviter une charge administrative excessive, les États membres peuvent procéder à des ajustements mineurs ou corriger des erreurs rédactionnelles dans les plans, par simple notification de ces modifications à la Commission (considérant 19 du règlement «Fonds social pour le climat»). Si des ajustements mineurs sont apportés au plan, tels que des mises à jour mineures des investissements décrits dans le plan ou la correction d’erreurs matérielles, entraînant une augmentation ou une diminution de moins de 5 % d’une valeur cible énoncée dans le plan, l’État membre concerné peut informer la Commission de ces modifications (article 18, paragraphe 6, du règlement «Fonds social pour le climat»). Les États membres devraient démontrer clairement que l’équilibre du plan sera maintenu et que les exigences prévues à l’article 16 seront respectées.

Les États membres devraient éviter d’informer la Commission à propos de plusieurs ajustements mineurs apportés à la même valeur cible. Si cela est nécessaire, l’incidence cumulée de tous ces ajustements mineurs de la même valeur cible ne devrait pas dépasser 5 % de sa valeur initiale. Pour les mesures sans valeurs cibles, la modification mineure ne devrait pas être substantielle. Elle devrait couvrir les questions de procédure et ne peut inclure une modification des valeurs intermédiaires.

En ce qui concerne la procédure, les États membres devraient soumettre leur notification d’ajustements mineurs en utilisant le modèle figurant à l’annexe II par l’intermédiaire du système d’échange électronique de données pour le Fonds social pour le climat, qui fournira des informations sur les éléments modifiés dans les plans. Les États membres devraient consulter les services de la Commission de manière informelle avant de soumettre leur notification afin de s’assurer qu’elle est conforme au règlement «Fonds social pour le climat». Si les services de la Commission estiment que l’ajustement de la valeur cible dépasse le seuil de 5 %, la notification sera réputée non conforme aux conditions énoncées à l’article 18, paragraphe 6, du règlement «Fonds social pour le climat» et sera nulle. De même, si les services de la Commission estiment qu’une demande d’ajustement ne porte pas sur des mises à jour mineures des mesures ou des investissements ou sur une simple correction d’une erreur matérielle, la notification sera nulle.

Afin de garantir la sécurité juridique, les services de la Commission répondront à chaque notification afin de confirmer qu’elle est conforme à l’article 18, paragraphe 6.

c) Évaluation du caractère approprié des plans

Les États membres doivent évaluer le caractère approprié de leurs plans au regard des effets directs réels du SEQE 2 et soumettre ces évaluations à la Commission en même temps que les rapports d’avancement nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat au plus tard le 15 mars 2029 (article 18, paragraphe 5). En fonction des résultats de ces évaluations, il pourrait être nécessaire d’apporter des modifications aux plans afin de mieux tenir compte des effets réels du SEQE 2 ou du soutien aux ménages vulnérables.

IV. ÉVALUATION ET ADOPTION DES PLANS

1. Évaluation des plans par la Commission

a) Sur le processus

En vertu de l’article 17, paragraphe 1, du règlement «Fonds social pour le climat», la Commission doit adopter la décision d’exécution relative à l’approbation du plan dans un délai de cinq mois à compter de la date de présentation, conformément à l’article 4, paragraphe 1, dudit règlement.

Conformément à l’article 16, paragraphe 1, la Commission peut formuler des observations ou demander des renseignements complémentaires dans un délai de deux mois à compter de la date de présentation du plan par l’État membre. L’État membre doit fournir les renseignements complémentaires demandés dans le délai fixé dans la demande de la Commission et peut réviser le plan si nécessaire. L’État membre concerné et la Commission peuvent convenir de prolonger le délai d’évaluation d’un délai raisonnable si nécessaire (article 16, paragraphe 1).

b) Sur le fond

La Commission doit évaluer les plans des États membres sur la base des critères énoncés à l’article 16, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat».

Tableau

Liste des critères d’évaluation des plans fondés sur l’article 16, paragraphe 3

Pertinence

Efficacité

Efficience

Cohérence

Réponse globale et adéquatement équilibrée à la situation économique et sociale

Incidence durable

Coûts totaux raisonnables et plausibles

Actions cohérentes

Principe consistant à «ne pas causer de préjudice important»

Suivi et mise en œuvre effectifs du plan

Systèmes de contrôle

Transition écologique

Conformité et cohérence avec d’autres actes juridiques pertinents

Valeurs intermédiaires et valeurs cibles efficientes

Complémentarité, synergie, cohérence et homogénéité avec les instruments pertinents de l’Union

i. Pertinence

Réponse globale et adéquatement équilibrée à la situation économique et sociale

La Commission évaluera si le plan répond de manière adéquate aux incidences et aux difficultés sociales auxquelles sont confrontés les ménages, les microentreprises et les usagers des transports vulnérables dans l’État membre concerné en raison des émissions de gaz à effet de serre provenant des secteurs du bâtiment et du transport routier relevant du SEQE 2. L’évaluation portera sur:

le plan national de l’État membre en matière d’énergie et de climat afin de comprendre sa stratégie et ses mesures visant à faire face aux conséquences sociales et à relever les défis sociaux pour les groupes vulnérables;

si l’État membre a répondu aux défis mis en évidence par la Commission dans la mise à jour de son plan national en matière d’énergie et de climat et dans ses progrès, en accordant une attention particulière aux questions qui touchent les ménages en situation de précarité énergétique ou les ménages en situation de précarité en matière de transport;

si les recommandations de la Commission à l’État membre concernant le champ d’application du Fonds, émises en vertu de l’article 34 du règlement sur la gouvernance, ont été intégrées dans le plan;

si le plan est conforme aux objectifs de l’Union en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030 et à l’objectif à long terme de neutralité climatique d’ici à 2050.

Principe consistant à «ne pas causer de préjudice important»

La Commission évaluera si chaque mesure et chaque investissement (à l’exclusion de l’aide directe au revenu (74)) figurant dans le plan sont conformes au principe DNSH. Cela se fonde sur l’évaluation fournie par l’État membre dans le tableau indiqué à la section III.3 des présentes orientations, et conformément aux orientations techniques relatives au principe DNSH du Fonds social pour le climat.

Contribution à la transition verte

Conformément aux priorités politiques de l’Union, le Fonds est conçu pour faire face aux conséquences sociales de l’inclusion des secteurs du bâtiment et du transport routier dans le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre conformément à la directive SEQE. La Commission évaluera si les plans sont cohérents avec les priorités de l’UE en matière de climat et d’environnement, tout en garantissant une transition juste.

ii. Efficacité

Incidence durable

La Commission évaluera si les actions proposées entraîneront des changements structurels et des effets à long terme. En particulier, l’évaluation vérifiera si le plan est susceptible d’avoir un effet durable sur les défis qu’il vise à relever, notamment en ce qui concerne l’incidence sociale sur les ménages, les microentreprises et les usagers des transports vulnérables.

Les mesures seront évaluées sur la base de leur incidence attendue sur les émissions de gaz à effet de serre, la précarité énergétique et la précarité en matière de transport, en comparant les résultats escomptés aux scénarios de référence, en tenant compte de facteurs tels que l’efficacité énergétique.

Suivi et mise en œuvre effectifs du plan

La Commission évaluera l’adéquation des valeurs intermédiaires, des valeurs cibles et du cadre général de mise en œuvre et de suivi du plan, en plus de la transposition du chapitre IV bis de la directive 2003/87/CE. Dans chaque État membre, une structure désignée doit être mise en place pour: i) superviser la mise en œuvre du plan; ii) suivre efficacement les progrès accomplis; et iii) présenter des rapports réguliers sur l’état d’avancement de la mise en œuvre. La participation des autorités régionales et locales et des autres parties prenantes concernées par la mise en œuvre du plan à ces structures désignées est vivement encouragée.

En outre, la Commission évaluera si les modalités proposées par les États membres sont censées garantir une mise en œuvre effective des mesures prévues dans le plan. Il s’agit notamment de veiller à ce que les ressources soient allouées de manière appropriée, que les responsabilités soient clairement définies, y compris entre les différents niveaux de gouvernement et d’administration (national, régional et local), et que des mécanismes soient mis en place pour remédier à tout problème susceptible de se poser au cours de la mise en œuvre.

Conformité et cohérence avec d’autres actes juridiques pertinents

Outre la transposition du chapitre IV bis de la directive 2003/87/CE, la Commission évaluera la conformité et la cohérence des mesures et des investissements avec:

la directive relative à l’efficacité énergétique [directive (UE) 2023/1791];

la directive sur les énergies renouvelables [directive (UE) 2018/2001];

le règlement sur le déploiement d’une infrastructure pour carburants alternatifs [règlement (UE) 2023/1804];

la directive sur les véhicules propres [directive 2009/33/CE]; et

la directive sur la performance énergétique des bâtiments [directive (UE) 2024/1275].

Complémentarité, synergie, cohérence et homogénéité avec les instruments pertinents de l’Union

La Commission évaluera si le plan et les mesures et investissements proposés s’alignent sur les informations fournies et les engagements pris par l’État membre au titre des instruments pertinents de l’UE suivants, les complètent et sont cohérents avec eux:

le plan d’action sur le socle européen des droits sociaux;

les programmes de la politique de cohésion au titre du règlement portant dispositions communes;

le plan pour la reprise et la résilience de l’État membre au titre du règlement FRR;

le plan national de rénovation des bâtiments de l’État membre au titre de la directive sur la performance énergétique des bâtiments (refonte);

la mise à jour du plan national intégré en matière d’énergie et de climat de l’État membre au titre du règlement sur la gouvernance;

les plans territoriaux pour une transition juste de l’État membre au titre du règlement (UE) 2021/1056.

D’autres documents peuvent être pris en considération, tels que les programmes nationaux de lutte contre la pollution atmosphérique de l’État membre au titre de la directive (UE) 2016/2284 relative aux engagements nationaux en matière de réduction des émissions.

iii. Efficience

Coûts totaux raisonnables et plausibles

La Commission évaluera si les estimations de coûts fournies (ex ante) par l’État membre pour les mesures et les investissements des plans sont raisonnables, plausibles et proportionnées. Pour plus de détails, voir les sections III.7.b et III.7.c des présentes orientations.

Systèmes de contrôle

La Commission évaluera si les modalités proposées par les États membres sont adéquates pour: i) assurer la prévention, la détection et la correction des conflits d’intérêts, de la corruption, de la fraude et du double financement; ii) le respect des règles relatives au marché unique, aux marchés publics et aux aides d’État; iii) donner une assurance sur les systèmes de gestion et de contrôle et prévenir les problèmes liés à ce qui précède lors de l’utilisation des fonds fournis au titre du Fonds; iv) éviter le double financement provenant d’autres programmes de l’UE. Les États membres devraient donc décrire en détail la structure et le fonctionnement de leurs systèmes nationaux de gestion et de contrôle et de toute autre modalité pertinente, comme les plans d’audit, conformément aux exigences clés énumérées à l’annexe III du règlement «Fonds social pour le climat».

Valeurs intermédiaires et valeurs cibles efficientes

La Commission évaluera si les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles du plan sont claires, réalisables et conformes aux objectifs du plan. Pour de plus amples détails, voir section III.6.

iv. Cohérence

La Commission évaluera les aspects suivants des plans présentés par les États membres:

la cohérence entre les mesures et les investissements, en évaluant la manière dont ils se renforcent ou se complètent mutuellement pour relever les défis pertinents;

la cohérence avec les cadres d’action, les stratégies et les plans nationaux pertinents.

v. Autres aspects à évaluer par la Commission aux fins de la conformité avec le règlement «Fonds social pour le climat»

Outre les éléments énumérés à l’article 16, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat», la Commission évaluera également:

la manière dont la consultation a été menée avec les autorités locales et régionales, les représentants des partenaires économiques et sociaux, les organisations de la société civile concernées, les organisations de jeunesse et d’autres parties prenantes, et la manière dont les contributions des parties prenantes ayant participé à la consultation ont été prises en compte dans les plans (voir la section III.11 des présentes orientations);

si les mesures et les investissements inclus dans les plans sont cohérents avec les informations fournies et les engagements pris au titre du plan d’action du socle européen des droits sociaux;

la manière dont les mesures ou les investissements prévus dans les plans visent à lutter contre les inégalités de genre et à renforcer l’égalité de genre, le cas échéant.

2. Adoption des plans

Sur la base de l’évaluation effectuée conformément aux critères énoncés à l’article 16, la Commission décide des plans en adoptant une décision d’exécution de la Commission.

Si une évaluation positive est rendue, la décision de la Commission déterminera le montant de la contribution financière de l’Union sur la base des coûts totaux estimés du plan (article 17, paragraphe 3). Le montant de la contribution financière de l’Union est égal:

au montant total de la dotation financière maximale — lorsque le montant des coûts totaux estimés du plan, déduction faite de la contribution nationale, est égal ou supérieur à la dotation financière maximale pour cet État membre visée à l’article 14, paragraphe 1; ou

au montant des coûts totaux estimés du plan diminué de la contribution nationale — lorsque le montant des coûts totaux estimés du plan, déduction faite de la contribution nationale, est inférieur à la dotation financière maximale pour cet État membre visée à l’article 14, paragraphe 1.

En cas d’évaluation négative, la décision d’exécution de la Commission devrait en indiquer les raisons. L’État membre devrait alors reformuler et présenter à nouveau son plan, en tenant compte de l’évaluation de la Commission (article 17, paragraphe 4).

3. Conclusion d’un accord bilatéral et engagement de fonds

Une fois que la Commission a adopté une décision positive sur les plans, elle conclut un accord avec l’État membre sous la forme d’un engagement juridique individuel pour la période 2026-2032 (75), en tenant compte du calendrier de mise en œuvre du plan fixé pour les dates d’achèvement des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles. Les engagements budgétaires peuvent être fondés sur des engagements globaux et, le cas échéant, fractionnés sur plusieurs exercices en tranches annuelles, conformément à l’article 19, paragraphe 2, du règlement «Fonds social pour le climat» (76). Ces tranches annuelles suivent les montants indiqués à l’annexe I des présentes orientations.

Les accords avec les États membres qui constituent des engagements juridiques individuels - devraient tenir compte du risque de report réglementaire en cas de prix élevés de l’énergie (événement visé à l’article 30 duodecies de la directive 2003/87/CE). Cela pourrait retarder d’un an le lancement du nouveau système d’échange de quotas d’émission pour le bâtiment, le transport routier et d’autres secteurs.

Les accords devraient également tenir compte de tout risque financier potentiel pour l’Union. Cela pourrait nécessiter une modification des engagements juridiques individuels, en raison des spécificités du financement temporaire et exceptionnel du Fonds par les recettes affectées externes générées par les quotas du SEQE.

Si l’État membre n’a accompli aucun progrès tangible en ce qui concerne les valeurs intermédiaires et les valeurs cibles pertinentes dans un délai de 15 mois à compter de la date de conclusion de l’engagement juridique individuel, la Commission résiliera l’accord et procédera au dégagement du montant de la dotation financière, après avoir donné à l’État membre la possibilité de présenter ses observations dans un délai de deux mois à compter de la communication de son évaluation concluant qu’aucun progrès tangible n’a été accompli (article 20, paragraphe 7, du règlement «Fonds social pour le climat»). Par exemple, si un État membre n’a pas encore présenté de demande de paiement relative à une valeur intermédiaire ou à une valeur cible dans un délai de 15 mois à compter de la date de conclusion de l’engagement juridique individuel, cela pourrait signifier qu’aucun progrès tangible n’a été accompli.

ABRÉVIATIONS

Règlement portant dispositions communes: règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion, au Fonds pour une transition juste et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds «Asile, migration et intégration», au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (JO L 231 du 30.6.2021, p. 159).

DNSH: principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» aux objectifs environnementaux au sens de l’article 17 du règlement (UE) 2020/852.

Directive relative à l’efficacité énergétique: directive (UE) 2023/1791 du Parlement européen et du Conseil du 13 septembre 2023 relative à l’efficacité énergétique et modifiant le règlement (UE) 2023/955 (JO L 231 du 20.9.2023, p. 1).

Directive sur la performance énergétique des bâtiments: directive (UE) 2024/1275 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024 sur la performance énergétique des bâtiments (JO L, 2024/1275, 8.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/1275/oj).

Directive SEQE: directive 2003/87/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 octobre 2003 établissant un système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre dans la Communauté et modifiant la directive 96/61/CE du Conseil (JO L 275 du 25.10.2003, p. 32).

SEQE 2: le nouveau système d’échange de quotas d’émission pour les secteurs du bâtiment, du transport routier et d’autres secteurs, établi en vertu du chapitre IV bis de la directive (UE) 2023/959 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023 modifiant la directive 2003/87/CE établissant un système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre dans l’Union et la décision (UE) 2015/1814 concernant la création et le fonctionnement d’une réserve de stabilité du marché pour le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre de l’Union (JO L 130 du 16.5.2023, p. 134).

Règlement financier: règlement (UE, Euratom) no 2024/2509 du Parlement européen et du Conseil du 23 septembre 2024 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union (JO L, 2024/2509, 26.9.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/2509/oj).

Fonds: le Fonds social pour le climat.

RGEC: règlement (UE) no 651/2014 de la Commission déclarant certaines catégories d’aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité (règlement général d’exemption par catégorie, RGEC) (JO L 187 du 26.6.2014, p. 1).

Règlement sur la gouvernance: règlement (UE) 2018/1999 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat, modifiant les règlements (CE) no 663/2009 et (CE) no 715/2009 du Parlement européen et du Conseil, les directives 94/22/CE, 98/70/CE, 2009/31/CE, 2009/73/CE, 2010/31/UE, 2012/27/UE et 2013/30/UE du Parlement européen et du Conseil, les directives 2009/119/CE et (UE) 2015/652 du Conseil et abrogeant le règlement (UE) no 525/2013 du Parlement européen et du Conseil (JO L 328 du 21.12.2018, p. 1).

CFP: cadre financier pluriannuel.

PSC, Plan(s): plan social pour le climat.

Règlement FRR: règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience (JO L 57 du 18.2.2021, p. 17).

Règlement «Plan social pour le climat»: règlement (UE) 2023/955 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023 instituant un Fonds social pour le climat et modifiant le règlement (UE) 2021/1060 (JO L 130 du 16.5.2023, p. 1).

Règlement sur la taxinomie: règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables et modifiant le règlement (UE) 2019/2088 (JO L 198 du 22.6.2020, p. 13).


(1) Règlement (UE) 2023/955 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023 instituant un Fonds social pour le climat et modifiant le règlement (UE) 2021/1060 (JO L 130 du 16.5.2023, p. 1).

(2) Directive 2003/87/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 octobre 2003 établissant un système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre dans la Communauté et modifiant la directive 96/61/CE du Conseil (JO L 275 du 25.10.2003, p. 32).

(3) Règlement (UE) 2021/1119 du Parlement européen et du Conseil du 30 juin 2021 établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique et modifiant les règlements (CE) no 401/2009 et (UE) 2018/1999 («loi européenne sur le climat») (JO L 243 du 9.7.2021, p. 1).

(4) On entend par «ménage privé» une personne isolée ou un groupe de personnes vivant ensemble, acquérant elle(s)-même(s) des produits de première nécessité.

(5) Règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables et modifiant le règlement (UE) 2019/2088 (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE) (JO L 198 du 22.6.2020, p. 13).

(6) Règlement (UE, Euratom) 2024/2509 du Parlement européen et du Conseil du 23 septembre 2024 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union (JO L, 2024/2509, 26.9.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2024/2509/oj).

(7) JO C, C/2025/1596, 25.3.2025, ELI: C/2025/1596/oj.

(8) Règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience (JO L 57 du 18.2.2021, p. 17).

(9) Directive (UE) 2024/1275 du Parlement européen et du Conseil sur la performance énergétique des bâtiments (refonte) (JO L, 2024/1275, 8.5.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/1275/oj).

(10) Règlement (UE) 2018/1999 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat, modifiant les règlements (CE) no 663/2009 et (CE) no 715/2009 du Parlement européen et du Conseil, les directives 94/22/CE, 98/70/CE, 2009/31/CE, 2009/73/CE, 2010/31/UE, 2012/27/UE et 2013/30/UE du Parlement européen et du Conseil, les directives 2009/119/CE et (UE) 2015/652 du Conseil et abrogeant le règlement (UE) no 525/2013 du Parlement européen et du Conseil (JO L 328 du 21.12.2018, p. 1).

(11) Règlement (UE) 2021/1056 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 établissant le Fonds pour une transition juste (JO L 231 du 30.6.2021, p. 1).

(12) Les objectifs nationaux de réduction de la pauvreté ainsi que les progrès réalisés par chaque État membre dans la mise en œuvre du socle sont publiés dans le contexte du cadre du Semestre européen pour la coordination et la surveillance des politiques économiques et sociales. Le rapport conjoint sur l’emploi et les rapports par pays publiés chaque année contiennent des informations sur les progrès accomplis par les États membres.

(13) Recommandation du Conseil du 16 juin 2022 visant à assurer une transition équitable vers la neutralité climatique (JO C 243 du 27.6.2022, p. 35).

(14) La liste des programmes relevant du FEDER, du FSE+, du FC et du FTJ dans chaque État membre est disponible sur la plateforme de données ouvertes sur la cohésion https://cohesiondata.ec.europa.eu/programmes.

(15) Directive 2010/31/UE du Parlement européen et du Conseil du 19 mai 2010 sur la performance énergétique des bâtiments (JO L 153 du 18.6.2010, p. 13).

(16) Règlement (UE) 2021/1056 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 établissant le Fonds pour une transition juste (JO L 231 du 30.6.2021, p. 1).

(17) La sécurité énergétique, le marché intérieur de l’énergie, l’efficacité énergétique, la décarbonation et la recherche, l’innovation et la compétitivité, et la prise en compte des aspects liés à l’équité et à la transition juste.

(18) Veuillez vous référer à la section III. 11 voir ci-dessous pour de plus amples informations sur les consultations publiques.

(19) De plus amples informations sur le rôle de l’économie sociale sont disponibles dans la communication intitulée « Construire une économie au service des personnes:plan d’action pour l’économie sociale (2021) ».

(20) Veuillez vous référer à l’exigence d’effet incitatif, comme souligné dans la section II.11 des présentes orientations relative aux aides d’État.

(21) La communication de la Commission relative à la notion d’aide d’État visée à l’article 107, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (2016/C 262/01) fournit des indications supplémentaires, exemples à l’appui, sur les mesures susceptibles de constituer une aide d’État, reflétant l’expérience acquise jusqu’en 2016. En outre, les modèles d’orientation de la facilité pour la reprise et la résilience sur les aides d’État fournissent des exemples de différenciation entre les cas d’aide et les cas qui n’en sont pas, et fournissent des informations sur les procédures et instruments potentiellement applicables en matière d’aides d’État, en particulier:

Modèle d’orientation.Aides à la réduction et à l’élimination des émissions de gaz à effet de serre, y compris par un soutien aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (en anglais).

Modèle d’orientation.Efficacité énergétique dans les bâtiments (en anglais).

Modèle d’orientation.Primes pour l’acquisition de véhicules routiers à émission nulle et à faibles émissions (en anglais).

(22) Règlement (UE) 2023/2831 de la Commission du 13 décembre 2023 relatif à l’application des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne aux aides de minimis (JO L, 2023/2831, 15.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2023/2831/oj).

(23) Règlement (UE) no 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d’aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité (JO L 187, 26.6.2014, p. 1).

(24) L’aide doit conduire à une amélioration de la performance énergétique du bâtiment mesurée en énergie primaire qui est d’au moins:

i.

20 % par rapport à la situation antérieure à l’investissement dans le cas de la rénovation de bâtiments existants, ou

ii.

10 % par rapport à la situation antérieure à l’investissement dans le cas de mesures de rénovation concernant l’installation ou le remplacement d’un seul type d’éléments de bâtiment au sens de l’article 2, paragraphe 9, de la directive 2010/31/UE et ces mesures de rénovation ciblées ne représentent pas plus de 30 % de la part du budget du régime consacrée aux mesures d’efficacité énergétique, ou

iii.

10 % par rapport au seuil fixé pour les exigences relatives aux bâtiments dont la consommation d’énergie est quasi nulle dans les mesures nationales transposant la directive 2010/31/UE dans le cas des bâtiments neufs. La demande énergétique primaire initiale et l’estimation d’amélioration doivent être établies par référence à un certificat de performance énergétique au sens de l’article 2, paragraphe 12, de la directive 2010/31/UE.

(25) Par exemple, les lignes directrices concernant les aides d’État au climat, à la protection de l’environnement et à l’énergie pour 2022 (2022/C 80/01) ou le RGEC prévoient des conditions d’aide à l’acquisition de véhicules propres et à émissions nulles différentes de celles du Fonds social pour le climat (étant donné que le Fonds social pour le climat autorise le financement de véhicules à faibles émissions qui ne sont pas alignés sur la taxinomie). À l’inverse, le règlement (CE) no 1370/2007 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2007 relatif aux services publics de transport de voyageurs par chemin de fer et par route (JO L 315 du 3.12.2007, p. 1) n’exige pas que les véhicules mis à la disposition d’un opérateur de service public dans le cadre d’un contrat de service public soient conformes à une quelconque norme environnementale.

(26) Gender Impact Assessment | European Institute for Gender Equality (europa.eu).

(27) Gender Budgeting | European Institute for Gender Equality (europa.eu).

(28) Gender-responsive Public Procurement | European Institute for Gender Equality (europa.eu).

(29) Equality Mainstreaming in transport - European Commission.

(30) Bruxelles, le 18 avril 2023 (OR. en, pl) 7984/23 ADD 1, dossier interinstitutionnel: 2021/0206(COD).

(31) Règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion, au Fonds pour une transition juste et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds «Asile, migration et intégration», au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (JO L 231 du 30.6.2021, p. 159).

(32) Règlement (UE) 2021/523 du Parlement européen et du Conseil du 24 mars 2021 établissant le programme InvestEU et modifiant le règlement (UE) 2015/1017 (JO L 107 du 26.3.2021, p. 30).

(33) La valeur commune présentée pour le prix du SEQE 2 est globalement conforme aux règles énoncées à l’article 30 nonies, paragraphe 2, de la directive SEQE concernant les mesures à prendre en cas d’augmentation excessive des prix du SEQE 2 pour libérer des volumes supplémentaires de la réserve de stabilité du marché, le seuil de prix déclencheur étant indexé sur les prix de 2020 en EUR.

(34) SWD(2023) 213 final/2, disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/social/BlobServlet?docId=26940&langId=en.

(35) Le seuil de risque de pauvreté correspond à 60 % du revenu disponible équivalent médian national.

(36) Directive (UE) 2023/1791 du Parlement européen et du Conseil du 13 septembre 2023 relative à l’efficacité énergétique et modifiant le règlement (UE) 2023/955 (JO L 231du 20.9.2023, p. 1).

(37) Recommandation (UE) 2020/1563 de la Commission du 14 octobre 2020 sur la précarité énergétique (JO L 357 du 27.10.2020, p. 35).

(38) Recommandation (UE) 2023/2407 de la Commission du 20 octobre 2023 sur la précarité énergétique (JO L, 2023/2407, 23.10.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2023/2407/oj).

(39) Document de travail des services de la Commission — Orientations de l’UE sur la précarité énergétique accompagnant la recommandation de la Commission sur la précarité énergétique (C(2020) 9600 final), Bruxelles, 14.10.2020, SWD(2020) 960 final: 8ad45f6a-ad97-48ef-b166-6499445aa8d0_en (europa.eu).

(40) Document de travail des services de la Commission — Orientations de l’UE sur la précarité énergétique accompagnant la recommandation de la Commission sur la précarité énergétique (C(2023) 4080 final) Bruxelles, 20.10.2023, SWD(2023) 647 final: SWD_2023_647_F1_OTHER_STAFF_WORKING_PAPER_EN_V5_P1_3016190.PDF (europa.eu).

(41) Transport poverty: definitions, indicators, determinants, and mitigation strategies — Final Report — European Commission (en anglais).

(42) D’autres études de la Commission européenne peuvent présenter un intérêt:

European Commission, Passenger Rail Performance in Europe: Regional and territorial Accessibility Indicators for Passenger Rail, 2021 (en anglais).

Pour le transport routier, voir European Commission, Road Transport Performance in Europe, 2018 (en anglais).

European Commission, Cohesion in Europe towards 2050, eighth report on economic, social and territorial cohesion, 2021 (en anglais), voir carte 4.7.

European Commission, Ninth report on economic, social and territorial cohesion, 2024 (en anglais).

OECD Rural Studies, «Getting to Services in Towns and Villages», Preparing Regions for Demographic Change, 2024 (en anglais).

(43) La CEE Bankwatch fournit des exemples de critères de sélection importants liés aux projets mis en œuvre par l’intermédiaire des communautés énergétiques: https://bankwatch.org/publication/selection-criteria-for-energy-communities-a-practical-checklist.

(44) Des informations plus détaillées sur les émissions précises qui sont incluses dans les catégories d’émissions «combustion de combustibles dans les bâtiments commerciaux/institutionnels et résidentiels» et «transport routier» couvertes par le SEQE 2 figurent par exemple dans les orientations générales à l’intention des entités réglementées du SEQE 2 (https://climate.ec.europa.eu/document/download/b5ccad58-6909-4a32-8a72-c73ab8d2a165_en?filename=policy_ets_ets2_gd_regulated_entities_en.pdf). En particulier, les émissions résultant de la «combustion de combustibles dans les bâtiments commerciaux/institutionnels et résidentiels» comprennent les émissions résultant de la combustion de combustibles pour le chauffage, l’eau chaude et la cuisson, ainsi que les émissions résultant de la «combustion de carburants dans le transport routier» et excluent les émissions provenant des engins tout-terrain ou mobiles utilisés sur les chantiers de construction (incluses dans les émissions dans les autres secteurs du SEQE 2). Les émissions dues à la combustion de combustibles dans l’agriculture sont exclues.

(45) Toutes les mesures visant à atténuer les incidences de l’inclusion du transport routier dans le SEQE 2 devraient être insérées dans ce volet, même lorsque les investissements et les réformes portent sur d’autres modes de transport au titre de l’article 8 du règlement «Fonds social pour le climat».

(46) Pour plus de précisions, voir l’annexe V.

(47) https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/af68b4c7-3508-11ef-b441-01aa75ed71a1/language-fr.

(48) Fonds social pour le climat – Commission européenne (europa.eu).

(49) Recommandation (UE) 2019/786 de la Commission du 8 mai 2019 sur la rénovation des bâtiments (JO L 127 du 16.5.2019, p. 34).

(50) Fonds social pour le climat – Commission européenne (europa.eu).

(51) Recommandation (UE) 2023/2407 de la Commission du 20 octobre 2023 sur la précarité énergétique (JO L, 2023/2407, 23.10.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2023/2407/oj).

(52) Communication de la Commission intitulée « Une vague de rénovations pour l’Europe: verdir nos bâtiments, créer des emplois, améliorer la qualité de vie » (COM/2020/662 final).

(53) Commission Staff Working Document EU guidance on energy poverty - European Commission.

(54) Recommandation (UE) 2023/2407 de la Commission du 20 octobre 2023 sur la précarité énergétique (JO L 2023/2407, 23.10.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2023/2407/oj).

(55) Directive (UE) 2019/944 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 concernant des règles communes pour le marché intérieur de l'électricité et modifiant la directive 2012/27/UE (JO L 158 du 14.6.2019, p. 125).

(56) Directive (UE) 2018/2001 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 relative à la promotion de l'utilisation de l'énergie produite à partir de sources renouvelables (JO L 328 du 21.12.2018, p. 82).

(57) Recommandation (UE) 2023/2407 de la Commission sur la précarité énergétique et orientations qui l’accompagnent, document de travail des services de la Commission: Orientations de l’UE sur la précarité énergétique — Commission européenne (europa.eu).

(58) Soutien à la mise en œuvre du Fonds social pour le climat — Office des publications de l’UE (europa.eu).

(59) https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/af68b4c7-3508-11ef-b441-01aa75ed71a1.

(60) Par exemple, indiquer comment trouver des informations sur la protection contre les inondations de la zone, comment procéder à une évaluation des risques d’inondation des bâtiments et décrire les options techniques disponibles pour faire face aux risques d’inondation dans les bâtiments, telles que celles énumérées dans les orientations au niveau de l’UE sur l’adaptation des bâtiments au changement climatique (en anglais).

(61) Dans le règlement «Fonds social pour le climat», les «véhicules à émission nulle et à faibles émissions» sont définis à l’article 3, paragraphe 1, point m), du règlement (UE) 2019/631 établissant des normes de performance en matière d’émissions de CO2 pour les voitures particulières neuves et pour les véhicules utilitaires légers neufs.

(62) Afin de faciliter l’analyse du caractère abordable des véhicules à émissions nulles, les États membres peuvent considérer la notion de «coût total de propriété» comme le coût total de l’acquisition et de la détention d’un véhicule pendant sa durée de vie, y compris les coûts d’acquisition ou de location du véhicule, les coûts de carburant, les coûts d’entretien et de réparation, les coûts d’assurance, les coûts financiers et les taxes, conformément au point 2.4 (84) de la communication de la Commission — Lignes directrices concernant les aides d’État au climat, à la protection de l’environnement et à l’énergie pour 2022 (JO C 80 du 18.2.2022, p. 1).

(63) https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/af68b4c7-3508-11ef-b441-01aa75ed71a1.

(64) Cela n’empêche pas la Commission de demander des éclaircissements sur la mesure concrète d’aide directe au revenu proposée par un État membre lors de l’évaluation des plans afin de préciser si elle relève de la catégorie de ce type d’aide.

(65) Pour plus de détails, voir les orientations générales pour les entités réglementées du SEQE 2: https://climate.ec.europa.eu/document/download/b5ccad58-6909-4a32-8a72-c73ab8d2a165_en?filename=policy_ets_ets2_gd_regulated_entities_en.pdf.

(66) Recommandation (UE) 2023/2407 de la Commission du 20 octobre 2023 sur la précarité énergétique (JO L, 2023/2407, 23.10.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2023/2407/oj).

(67) Document de travail des services de la Commission (SWD/2003/647): Orientations de l’UE sur la précarité énergétique [accompagnant la recommandation de la Commission sur la précarité énergétique (C/2023/4080)].

(68) Soutien à la mise en œuvre du Fonds social pour le climat — Office des publications de l’UE (europa.eu) (en anglais).

(69) Le document «Youth for a just transition — A toolkit for youth participation in the just transition fund» (Jeunesse pour une transition juste — Une boîte à outils pour la participation des jeunes au Fonds pour une transition juste) peut constituer une bonne source d’informations sur la manière d’associer les jeunes à une transition socialement équitable vers une économie neutre pour le climat (). Inforegio - Youth for a just transition — A toolkit for youth participation in the just transition fund (europa.eu).

(70) Code de conduite européen sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens — Office des publications de l’UE.

(71) Pour de plus amples informations sur l’utilisation appropriée des supports de communication, veuillez consulter les règles de communication et de visibilité applicables aux programmes de financement de l’UE pour la période 2021-2027 — Orientations à l’intention des États membres, disponibles à l’adresse suivante: Communiquer et accroître la visibilité de l’UE — Commission européenne.

(72) https://climate.ec.europa.eu/eu-action/eu-emissions-trading-system-eu-ets/social-climate-fund_fr.

(73) Cela est également précisé au considérant 18 du règlement «Fonds social pour le climat»: « Une consultation publique des parties prenantes devrait avoir lieu chaque fois que la Commission est tenue d’évaluer un plan. »

(74) Considérant 23 du règlement «Fonds social pour le climat»: «Il y a lieu, en règle générale, de considérer que les mesures d’aide directe au revenu ont une incidence prévisible négligeable sur les objectifs environnementaux et qu’elles sont, à ce titre, conformes au principe consistant à “ne pas causer de préjudice important” ».

(75) Tel que visé à l’article 112 du règlement relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union (UE, Euratom 2018/1046).

(76) La conclusion d’accords ne devrait pas avoir d’incidence sur les règles relatives à la mise aux enchères des quotas pour l’activité visée à l’annexe III (article 30 quinquies, paragraphe 4) ni sur les rapports sur le SEQE 2 (articles 30 decies et 30 duodecies sur le report en cas de prix élevés de l’énergie) de la directive SEQE. Cet accord devrait être conclu au plus tôt un an avant l’année du début des enchères sur le système d’échange de quotas d’émission pour les secteurs du bâtiment, du transport routier et d’autres secteurs (chapitre IV bis de la directive SEQE), ou deux ans avant cette année lorsque l’article 10, paragraphe 1, troisième alinéa, du règlement «Fonds social pour le climat» s’applique.


ANNEXE I

Dotation financière maximale par État membre après déduction des dépenses d’appui administratif

1. Introduction et cadre juridique

L’article 10, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat» (1) dispose que l’enveloppe totale de 65 000 000 000 EUR ou de 54 600 000 000 EUR si le SEQE 2 est reporté à 2028 peut «également couvrir des dépenses liées aux activités de préparation, de suivi, de contrôle, d’audit et d’évaluation nécessaires aux fins de la gestion du Fonds et de la réalisation de ses objectifs, notamment des études, des réunions d’experts, la consultation des parties prenantes, des actions d’information et de communication, y compris des actions de sensibilisation de grande envergure et la communication institutionnelle des priorités politiques de l’Union, dans la mesure où elles se rapportent aux objectifs du présent règlement, des dépenses liées aux réseaux informatiques servant au traitement et à l’échange des informations, des outils informatiques internes, ainsi que toutes les autres dépenses d’assistance technique et administrative engagées par la Commission dans le cadre de la gestion du Fonds. Les dépenses peuvent également englober les coûts d’autres activités d’appui, telles que le contrôle de la qualité et le suivi de projets sur le terrain, et les coûts de conseil entre pairs et d’experts aux fins de l’évaluation et de la mise en œuvre des actions éligibles.»

L’annexe II du règlement «Fonds social pour le climat», qui prévoit des dotations aux États membres, comprend la clause suivante: «Tout montant relevant de l’article 10, paragraphe 3, [dépenses d’appui] est couvert au prorata dans les limites de la dotation financière maximale pour chaque État membre.»

2. Dépenses d’appui administratif dans les dotations financières annuelles

L’article 30 quinquies, paragraphe 4, de la directive SEQE fixe les quantités maximales de recettes des enchères allouées au Fonds social pour le climat pour sa durée annuelle. L’annexe II du règlement «Fonds social pour le climat» prévoit la dotation financière maximale par État membre pour toute la durée du Fonds. Cela permet d’établir la programmation annuelle des dotations totales de l’État membre. En outre, l’article 19 du règlement «Fonds social pour le climat» indique que les engagements budgétaires du Fonds peuvent être fractionnés en tranches annuelles.

La présente annexe fournit une indication des dotations financières annuelles du Fonds social pour le climat en faveur de chaque État membre. Elles sont calculées après déduction des dépenses d’appui administratif pour la Commission conformément à l’article 10, paragraphe 3, du règlement «Fonds social pour le climat», y compris dans les profils annuels.

Conformément à l’annexe V, section 2.1, point viii), et section 2.2, point viii), du règlement «Fonds social pour le climat», les États membres devraient indiquer dans leurs plans les conséquences du report du SEQE 2 en décrivant et en quantifiant les ajustements nécessaires à apporter aux éléments pertinents des plans.

La fiche financière législative accompagnant la proposition de la Commission relative au règlement établissant un Fonds social pour le climat (2) comprenait 128,539 millions d’EUR de coûts administratifs pour la Commission. Compte tenu de la modification de la source de financement des ressources propres en recettes affectées externes dans le règlement «Fonds social pour le climat», il est raisonnable de tenir compte des dépenses d’appui administratif prévues au plus tôt dans la fiche financière législative pour l’ensemble de la période de mise en œuvre. Le total de 128 539 millions d’EUR représente environ 0,2 % de l’enveloppe du Fonds social pour le climat.

Les deux scénarios concernant le démarrage du SEQE 2 estiment que la même charge de travail que toutes les tâches administratives connexes sera déclenchée par le lancement du Fonds social pour le climat et la mise en œuvre des plans en 2026, quelle que soit la date de début du SEQE 2, et que cette charge de travail sera continue pendant toute la durée du Fonds. L’année de l’entrée en vigueur du SEQE 2 aura une incidence sur la taille des enveloppes des États membres au titre du Fonds social pour le climat, mais pas sur la mise en œuvre continue du Fonds par la Commission.

Afin de garantir la continuité du financement administratif de 2026 à 2032, un montant équivalent aux coûts administratifs de 2026 et 2027 est déduit de la dotation pour 2026 dans les deux scénarios. En effet, le report du SEQE 2 ne sera pas connu avant juin 2026, ce qui aboutirait à l’absence de montant annuel pour 2027.

3. Proposition de voie à suivre

La dotation financière maximale par État membre doit être déduite du montant des dépenses administratives de manière proportionnée en utilisant la clé de répartition respective des États membres, conformément à l’article 10 et à l’annexe II du règlement «Fonds social pour le climat».

Les tableaux 1 et 2 ci-dessous présentent la ventilation annuelle des montants (en EUR) disponibles pour l’engagement pour chaque État membre après déduction des dépenses administratives et selon deux scénarios relatifs au démarrage du SEQE 2.

Tableau 1

Scénario 1, début du SEQE 2 en 2027: dotation financière maximale par État membre après déduction des dépenses d’appui conformément à l’article 10, paragraphe 3 (en EUR, prix courants)

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