Jurisprudence CJUE62020CA0702

Jurisprudence CJUE — 62020CA0702

CELEX62020CA0702
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 12 janvier 2023

Texte intégral

27.2.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 71/3


Arrêt de la Cour (grande chambre) du 12 janvier 2023 (demandes de décision préjudicielle de l’Augstākā tiesa (Senāts) — Lettonie) — «DOBELES HES» SIA (C-702/20), Sabiedrisko pakalpojumu regulēšanas komisija (C-17/21)

(Affaires jointes C-702/20 et C-17/21) (1)

(Renvoi préjudiciel - Aides d’État - Article 107, paragraphe 1, TFUE - Réglementation nationale prévoyant l’obligation pour l’opérateur public de s’approvisionner auprès des producteurs d’énergies renouvelables à un prix supérieur à celui du marché - Absence de versement d’une partie de l’aide concernée - Demande de compensation présentée par ces producteurs auprès d’une autorité publique distincte de celle qui est, en principe, tenue, en application de cette réglementation nationale, de verser cette aide et dont le budget est uniquement destiné à assurer son propre fonctionnement - Aide nouvelle - Obligation de notification - Aide de minimis - Règlement (UE) no 1407/2013 - Article 5, paragraphe 2 - Cumul - Prise en considération des montants d’aide déjà perçus pendant la période de référence sur le fondement de ladite réglementation nationale)

(2023/C 71/03)

Langue de procédure: le letton

Juridiction de renvoi

Augstākā tiesa (Senāts)

Parties dans la procédure au principal

Parties requérantes:«DOBELES HES» SIA (C-702/20), Sabiedrisko pakalpojumu regulēšanas komisija (C-17/21)

En présence de: Sabiedrisko pakalpojumu regulēšanas komisija, Ekonomikas ministrija, Finanšu ministrija, «GM» SIA

Dispositif

1)

L’article 107, paragraphe 1, TFUE doit être interprété en ce sens qu’une réglementation nationale qui oblige l’entreprise de distribution d’électricité agréée à acheter l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables à un prix supérieur à celui du marché et qui prévoit que les surcoûts qui en résultent sont financés par un prélèvement obligatoire supporté par les consommateurs finals ou qui prévoit que les fonds servant à financer ces surcoûts demeurent constamment sous contrôle public constitue une intervention «au moyen de ressources d’État», au sens de cette disposition.

2)

L’article 107, paragraphe 1, TFUE doit être interprété en ce sens que la qualification d’un avantage d’«aide d’État», au sens de cette disposition, n’est pas soumise à la condition que le marché concerné ait été au préalable entièrement libéralisé.

3)

L’article 107, paragraphe 1, TFUE doit être interprété en ce sens que, lorsqu’une réglementation nationale a institué une «aide d’État», au sens de cette disposition, le paiement d’une somme réclamée en justice en application de cette réglementation constitue également une telle aide.

4)

L’article 107, paragraphe 1, TFUE doit être interprété en ce sens que, lorsqu’une réglementation nationale instituant un droit légal à un paiement majoré pour l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables constitue une «aide d’État», au sens de cette disposition, des demandes en justice visant à obtenir le bénéfice complet de ce droit doivent être regardées comme des demandes de versement de la partie de cette aide d’État non perçue, et non comme des demandes tendant à l’octroi par le juge saisi d’une aide d’État distincte.

5)

Le règlement (UE) no 1407/2013 de la Commission, du 18 décembre 2013, relatif à l’application des articles 107 et 108 [TFUE] aux aides de minimis, en particulier son article 5, paragraphe 2, doit être interprété en ce sens que le respect du seuil de minimis fixé à l’article 3, paragraphe 2, de ce règlement doit être apprécié au regard du montant de l’aide réclamée au titre de la réglementation nationale pertinente cumulé avec celui des versements déjà perçus pendant la période de référence au titre de cette réglementation.

6)

L’article 1er, sous b) et c), du règlement (UE) 2015/1589 du Conseil, du 13 juillet 2015, portant modalités d’application de l’article 108 [TFUE], doit être interprété en ce sens que, dès lors qu’une aide d’État ne correspond à aucune des catégories d’aides existantes prévues à l’article 1er, sous b), de ce règlement, cette aide, y compris la partie de celle-ci dont le versement est ultérieurement réclamé, doit être qualifiée d’«aide nouvelle», au sens de l’article 1er, sous c), dudit règlement.

7)

L’article 108, paragraphe 3, TFUE, ainsi que l’article 2, paragraphe 1, et l’article 3 du règlement (UE) 2015/1589 du Conseil, du 13 juillet 2015, portant modalités d’application de l’article 108 [TFUE], doivent être interprétés en ce sens que le juge national peut faire droit à une demande ayant pour objet le versement d’une somme correspondant à une aide nouvelle non notifiée à la Commission européenne, sous réserve que cette aide soit au préalable dûment notifiée par les autorités nationales concernées à cette institution et que cette dernière donne, ou soit réputée avoir donné, son accord à cet égard.

8)

L’article 107, paragraphe 1, TFUE doit être interprété en ce sens qu’il est sans pertinence, pour apprécier si des sommes ont le caractère d’«aides d’État», au sens de cette disposition, que ces sommes soient réclamées à une autorité publique distincte de celle qui est, en principe, tenue de les verser en application de la réglementation nationale concernée et dont le budget est uniquement destiné à assurer son propre fonctionnement.


(1) JO C 79 du 08.03.2021

JO C 88 du 15.03.2021