Jurisprudence CJUE62021CA0040

Jurisprudence CJUE — 62021CA0040

CELEX62021CA0040
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 4 mai 2023

Texte intégral

19.6.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 216/4


Arrêt de la Cour (première chambre) du 4 mai 2023 (demande de décision préjudicielle de la Curtea de Apel Timişoara — Roumanie) — T.A.C. / Agenția Națională de Integritate (ANI)

(Affaire C-40/21 (1), Agenția Națională de Integritate)

(Renvoi préjudiciel - Décision 2006/928/CE - Mécanisme de coopération et de vérification des progrès réalisés par la Roumanie en vue d’atteindre certains objectifs de référence spécifiques en matière de réforme du système judiciaire et de lutte contre la corruption - Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne - Article 15, paragraphe 1 - Article 47 - Article 49, paragraphe 3 - Fonctions publiques électives - Conflit d’intérêts - Réglementation nationale prévoyant l’interdiction d’exercer des fonctions publiques électives pendant une durée préétablie - Sanction complémentaire à la cessation du mandat - Principe de proportionnalité)

(2023/C 216/04)

Langue de procédure: le roumain

Juridiction de renvoi

Curtea de Apel Timişoara

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: T.A.C.

Partie défenderesse: Agenția Națională de Integritate (ANI)

Dispositif

1)

L’article 49, paragraphe 3, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne doit être interprété en ce sens qu’il ne s’applique pas à une législation nationale qui prévoit, à l’issue d’une procédure administrative, une mesure d’interdiction d’exercer toute fonction publique élective pendant une durée préétablie de trois ans contre une personne à l’égard de laquelle a été constatée l’existence d’un conflit d’intérêts dans l’exercice d’une telle fonction, dans le cas où cette mesure ne revêt pas une nature pénale.

2)

Le principe de proportionnalité doit être interprété en ce sens qu’il ne s’oppose pas à une législation nationale qui prévoit une mesure d’interdiction d’exercer toute fonction publique élective pendant une durée préétablie de trois ans contre une personne à l’égard de laquelle a été constatée l’existence d’un conflit d’intérêts dans l’exercice d’une telle fonction pour autant que, au vu de toutes les circonstances pertinentes, l’application de cette législation aboutisse à infliger une sanction en adéquation avec la gravité de la violation qu’elle réprime, compte tenu de l’objectif de garantir l’intégrité et la transparence dans l’exercice des fonctions et des charges publiques ainsi que de prévenir la corruption institutionnelle. Tel ne serait pas le cas lorsque, exceptionnellement, le comportement illicite constaté, eu égard à cet objectif, ne présente pas d’élément de gravité tandis que l’impact de cette mesure sur la situation personnelle, professionnelle et économique de cette personne s’avère particulièrement grave.

3)

L’article 15, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux doit être interprété en ce sens que le droit d’exercer un mandat électif obtenu à l’issue d’un processus électoral démocratique, tel que celui de maire, ne relève pas de cette disposition.

4)

L’article 47 de la charte des droits fondamentaux doit être interprété en ce sens qu’il ne s’oppose pas à une législation nationale qui prévoit une mesure d’interdiction d’exercer toute fonction publique élective pendant une durée préétablie de trois ans contre une personne à l’égard de laquelle a été constatée l’existence d’un conflit d’intérêts dans l’exercice d’une telle fonction, pour autant que la personne visée ait effectivement la possibilité de contester la légalité du rapport ayant effectué cette constatation et de la sanction infligée sur le fondement de celui-ci, y compris sa proportionnalité.


(1) JO C 289, du 19.07.2021