Jurisprudence CJUE62021CA0280

Jurisprudence CJUE — 62021CA0280

CELEX62021CA0280
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 12 janvier 2023

Texte intégral

27.2.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 71/8


Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 12 janvier 2023 (demande de décision préjudicielle du Lietuvos vyriausiasis administracinis teismas — Lituanie) — P.I. / Migracijos departamentas prie Lietuvos Respublikos vidaus reikalų ministerijos

(Affaire C-280/21) (1)

(Renvoi préjudiciel - Espace de liberté, de sécurité et de justice - Politique commune en matière d’asile - Conditions pour pouvoir bénéficier d’un statut de réfugié - Directive 2011/95/UE - Article 10, paragraphe 1, sous e), et paragraphe 2 - Motifs de la persécution - Notions d’«opinions politiques» et d’«opinions politiques attribuées» - Tentatives d’un demandeur d’asile de se défendre, dans son pays d’origine, par des moyens légaux contre des acteurs non étatiques agissant illégalement et à même d’instrumentaliser l’appareil répressif de l’État concerné)

(2023/C 71/08)

Langue de procédure: le lithuanien

Juridiction de renvoi

Lietuvos vyriausiasis administracinis teismas

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: P.I.

Partie défenderesse: Migracijos departamentas prie Lietuvos Respublikos vidaus reikalų ministerijos

Dispositif

L’article 10, paragraphe 1, sous e), et paragraphe 2, de la directive 2011/95/UE du Parlement européen et du Conseil, du 13 décembre 2011, concernant les normes relatives aux conditions que doivent remplir les ressortissants des pays tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d’une protection internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les personnes pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu de cette protection,

doit être interprété en ce sens que:

la notion d’«opinions politiques» recouvre les tentatives d’un demandeur de protection internationale, au sens de l’article 2, sous h) et i), de cette directive, de défendre ses intérêts patrimoniaux et économiques personnels par des moyens légaux contre des acteurs non étatiques agissant illégalement, lorsque ceux-ci, en raison des liens qu’ils entretiennent avec l’État concerné par la corruption, sont à même d’instrumentaliser l’appareil répressif de celui-ci au détriment de ce demandeur, dans la mesure où ces tentatives sont perçues par les acteurs des persécutions comme une opposition ou une résistance dans un domaine lié à ces acteurs ou à leurs politiques et/ou à leurs méthodes.


(1) JO C 278 du 12.07.2021