Jurisprudence CJUE62021CA0461

Jurisprudence CJUE — 62021CA0461

CELEX62021CA0461
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 7 septembre 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/186

23.10.2023

Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 7 septembre 2023 (demande de décision préjudicielle du Tribunalul Prahova — Roumanie) — SC Cartrans Preda SRL / Direcţia Generală Regională a Finanţelor Publice Ploieşti — Administraţia Judeţeană a Finanţelor Publice Prahova

(Affaire C-461/21 (1), Cartrans Preda)

(Renvoi préjudiciel - Directive 2006/112/CE - Système commun de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) - Exonérations - Opérations de transport routier directement liées à l’importation de biens - Régime de preuve - Articles 56 et 57 TFUE - Libre prestation des services - Recouvrement de la TVA effectué par un non-résident - Imposition de la contrepartie versée au titre de l’impôt sur les revenus des personnes non-résidentes - Retenue à la source auprès du résident)

(C/2023/186)

Langue de procédure: le roumain

Juridiction de renvoi

Tribunalul Prahova

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: SC Cartrans Preda SRL

Partie défenderesse: Direcţia Generală Regională a Finanţelor Publice Ploieşti — Administraţia Judeţeană a Finanţelor Publice Prahova

Dispositif

1)

L’article 86, paragraphe 1, sous b), et paragraphe 2, ainsi que l’article 144 de la directive 2006/112/CE du Conseil, du 28 novembre 2006, relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée, doivent être interprétés en ce sens que, aux fins de bénéficier de l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) prévue pour les services de transport liés à l’importation de biens, lorsque le transport d’une marchandise importée dans l’Union européenne est effectué par un assujetti entre l’État membre sur le territoire duquel se situe le lieu d’introduction de ce bien dans l’Union et un lieu de destination situé dans un autre État membre, l’enregistrement de l’opération d’importation n’implique pas, de ce fait même et systématiquement, l’inclusion des frais de ce transport dans la base d’imposition à la TVA de la marchandise importée.

2)

L’article 86, paragraphe 1, sous b), et paragraphe 2, ainsi que l’article 144 de la directive 2006/112 doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à la pratique fiscale d’un État membre consistant à refuser automatiquement l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour les services de transport liés à l’importation de biens au motif que le redevable n’a pas produit les documents spécifiques prescrits par la réglementation nationale, alors qu’il produit d’autres documents, dont rien ne permet de douter de l’authenticité et de la fiabilité, susceptibles de démontrer que les conditions auxquelles ces dispositions subordonnent le droit à l’exonération de la TVA sont remplies.

3)

Les articles 56 et 57 TFUE doivent être interprétés en ce sens, d’une part, que constitue une prestation de services, au sens de ces articles, une prestation consistant à récupérer la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les droits d’accise auprès des administrations financières de plusieurs États membres et, d’autre part, que l’application d’une retenue à la source sur les revenus perçus pour une prestation de services réalisée par un prestataire non-résident, tandis qu’une prestation équivalente réalisée par un prestataire de services résident n’en ferait pas l’objet, constitue une restriction à la libre prestation des services. Cette restriction est susceptible d’être justifiée par la nécessité de garantir le recouvrement efficace de l’impôt, dans la mesure où elle est apte à atteindre cet objectif et ne va pas au-delà de ce qui est nécessaire pour l’atteindre.

4)

L’article 56 TFUE doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une législation nationale en vertu de laquelle, en règle générale, les prestataires de services non–résidents sont imposés à la source sur les revenus perçus pour la rémunération des services fournis, sans que leur soit accordée la possibilité de déduire les frais professionnels directement liés à ces activités, alors qu’une telle possibilité est reconnue aux prestataires de services résidents, à moins que la restriction à la libre prestation des services que comporte cette législation ne réponde à un objectif légitime compatible avec le traité FUE et ne se justifie par des raisons impérieuses d’intérêt général.


(1) JO C 452 du 08.11.2021


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/186/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)