Jurisprudence CJUE62021CA0514

Jurisprudence CJUE — 62021CA0514

CELEX62021CA0514
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 23 mars 2023

Texte intégral

15.5.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 173/5


Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 23 mars 2023 (demandes de décision préjudicielle de la Court of Appeal — Irlande) — Exécution de deux mandats d’arrêt européens émis contre LU (C-514/21), PH (C-515/21)

(Affaires jointes C-514/21 et C-515/21 (1), Minister for Justice and Equality (Levée du sursis) e.a.)

(Renvoi préjudiciel - Coopération policière et judiciaire en matière pénale - Mandat d’arrêt européen - Décision-cadre 2002/584/JAI - Procédure de remise entre les États membres - Conditions d’exécution - Motifs de non-exécution facultative - Article 4 bis, paragraphe 1 - Mandat délivré aux fins de l’exécution d’une peine privative de liberté - Notion de «procès qui a mené à la décision» - Portée - Première condamnation assortie d’un sursis - Seconde condamnation - Absence de l’intéressé au procès - Révocation du sursis - Droits de la défense - Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales - Article 6 - Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne - Articles 47 et 48 - Violation - Conséquences)

(2023/C 173/06)

Langue de procédure: l’anglais

Juridiction de renvoi

Court of Appeal

Parties dans la procédure au principal

LU (C-514/21), PH (C-515/21)

en présence de: Minister for Justice and Equality

Dispositif

1)

L’article 4 bis, paragraphe 1, de la décision-cadre 2002/584/JAI du Conseil, du 13 juin 2002, relative au mandat d’arrêt européen et aux procédures de remise entre États membres, telle que modifiée par la décision-cadre 2009/299/JAI du Conseil, du 26 février 2009, lu à la lumière de l’article 47 et de l’article 48 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

doit être interprété en ce sens que:

lorsque le sursis à l’exécution d’une peine privative de liberté est révoqué, en raison d’une nouvelle condamnation pénale, et qu’un mandat d’arrêt européen en vue de l’exécution de cette peine est émis, cette condamnation pénale, prononcée par défaut, constitue une «décision», au sens de cette disposition. Tel n’est pas le cas de la décision révoquant le sursis à l’exécution de ladite peine.

2)

L’article 4 bis, paragraphe 1, de la décision-cadre 2002/584, telle que modifiée par la décision-cadre 2009/299,

doit être interprété en ce sens que:

il autorise l’autorité judiciaire d’exécution à refuser de remettre à l’État membre d’émission la personne recherchée, lorsqu’il apparaît que la procédure ayant mené à une seconde condamnation pénale de cette personne, déterminante pour l’émission du mandat d’arrêt européen, a eu lieu par défaut sauf si le mandat d’arrêt européen contient, s’agissant de cette procédure, une des indications prévues à cette disposition, sous a) à d).

3)

La décision-cadre 2002/584, telle que modifiée par la décision-cadre 2009/299, lue à la lumière de l’article 47 et de l’article 48, paragraphe 2, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

doit être interprétée en ce sens que:

elle s’oppose à ce que l’autorité judiciaire d’exécution refuse de remettre à l’État membre d’émission la personne recherchée, au motif que la procédure ayant mené à la révocation du sursis assortissant la peine privative de liberté pour l’exécution de laquelle le mandat d’arrêt européen a été émis a eu lieu par défaut, ou subordonne la remise de cette personne à la garantie que celle-ci pourra bénéficier, dans cet État membre, d’un nouveau jugement ou d’une procédure d’appel permettant de réexaminer une telle décision de révocation ou la seconde condamnation pénale qui lui a été infligée par défaut et qui s’avère déterminante pour l’émission de ce mandat.


(1) JO C 119 du 14.03.2022