Jurisprudence CJUE62021CA0524

Jurisprudence CJUE — 62021CA0524

CELEX62021CA0524
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 16 février 2023

Texte intégral

11.4.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 127/10


Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 16 février 2023 (demandes de décision préjudicielle de la Curtea de Apel Bucureşti — Roumanie) — IG / Agenţia Judeţeană de Ocupare a Forţei de Muncă Ilfov (C-524/21), et Agenţia Municipală pentru Ocuparea Forţei de Muncă Bucureşti / IM (C-525/21)

(Affaires jointes C-524/21 et C-525/21 (1), Agenţia Judeţeană de Ocupare a Forţei de Muncă Ilfov e.a.)

(Renvoi préjudiciel - Politique sociale - Protection des travailleurs salariés en cas d’insolvabilité de l’employeur - Directive 2008/94/CE - Prise en charge par les institutions de garantie des créances salariales des travailleurs salariés - Limitation de l’obligation de paiement des institutions de garantie aux créances salariales afférentes à la période de trois mois antérieurs ou postérieurs à la date d’ouverture de la procédure d’insolvabilité - Application d’un délai de prescription - Recouvrement de paiements indûment versés par l’institution de garantie - Conditions)

(2023/C 127/11)

Langue de procédure: le roumain

Juridiction de renvoi

Curtea de Apel Bucureşti

Parties dans la procédure au principal

Parties requérantes: IG (C-524/21), Agenţia Municipală pentru Ocuparea Forţei de Muncă Bucureşti (C-525/21)

Parties défenderesses: Agenţia Judeţeană de Ocupare a Forţei de Muncă Ilfov (C-524/21), IM (C-525/21)

Dispositif

1)

L’article 1er, paragraphe 1, et l’article 2, paragraphe 1, de la directive 2008/94/CE du Parlement européen et du Conseil, du 22 octobre 2008, relative à la protection des travailleurs salariés en cas d’insolvabilité de l’employeur,

doivent être interprétés en ce sens que:

ils ne s’opposent pas à une réglementation nationale qui prévoit que la date de référence pour la détermination de la période donnant lieu au paiement, par une institution de garantie, des créances salariales impayées des travailleurs salariés est la date d’ouverture de la procédure collective d’insolvabilité de l’employeur de ces travailleurs.

2)

L’article 3, second alinéa, et l’article 4, paragraphe 2, de la directive 2008/94

doivent être interprétés en ce sens que:

ils ne s’opposent pas à une réglementation nationale qui limite le paiement, par une institution de garantie, des créances salariales impayées des travailleurs salariés à une période de trois mois s’inscrivant dans une période de référence comprenant les trois mois précédant et les trois mois suivant immédiatement la date d’ouverture de la procédure d’insolvabilité collective de l’employeur de ces travailleurs.

3)

L’article 12, sous a), de la directive 2008/94

doit être interprété en ce sens que:

ne peuvent pas constituer des mesures nécessaires en vue d’éviter des abus, au sens de cette disposition, des règles adoptées par un État membre qui prévoient le recouvrement par une institution de garantie auprès d’un travailleur salarié des sommes payées à un tel travailleur hors du délai général de prescription à titre de créances salariales impayées, en l’absence de toute action ou omission imputable au travailleur concerné.

4)

La directive 2008/94, lue à la lumière des principes d’équivalence et d’effectivité,

doit être interprétée en ce sens que:

elle s’oppose à l’application d’une réglementation fiscale d’un État membre aux fins de procéder au recouvrement, assorti d’intérêts et de pénalités de retard, auprès des travailleurs salariés, de sommes indûment acquittées par une institution de garantie à titre de créances salariales impayées des travailleurs salariés pour des périodes non comprises dans la période de référence prévue par la réglementation de cet État et visées dans les première et deuxième questions ou réclamées hors du délai général de prescription dans le cas où:

les conditions de recouvrement prévues par cette réglementation nationale sont moins favorables pour les travailleurs salariés que les conditions de recouvrement des prestations dues au titre des dispositions nationales relevant du domaine du droit de la protection sociale, ou

l’application de la réglementation nationale en cause rend impossible ou excessivement difficile pour les travailleurs concernés de demander le versement de sommes dues au titre des créances salariales impayées auprès de l’institution de garantie ou bien le paiement des intérêts et des pénalités de retard, prévus par ladite réglementation nationale, affecte la protection accordée aux travailleurs tant par la directive 2008/94 que par les dispositions nationales mettant en œuvre celle-ci, notamment en portant atteinte au niveau minimal de la protection prévue conformément à l’article 4, paragraphe 2, de ladite directive.


(1) JO C 513 du 20.12.2021