Jurisprudence CJUE62021CA0565

Jurisprudence CJUE — 62021CA0565

CELEX62021CA0565
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 16 mars 2023

Texte intégral

8.5.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 164/10


Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 16 mars 2023 (demande de décision préjudicielle du Tribunal Supremo — Espagne) — Caixabank SA / X

(Affaire C-565/21 (1), Caixabank (Commission d’ouverture du prêt))

(Renvoi préjudiciel - Protection des consommateurs - Directive 93/13/CEE - Articles 3, 4 et 5 - Contrats conclus avec les consommateurs - Prêts hypothécaires - Clauses abusives - Clause de commission d’ouverture du prêt - Demande d’annulation de cette clause et de restitution du montant payé à ce titre - Caractère clair et compréhensible des clauses - Existence d’une législation nationale spécifique)

(2023/C 164/13)

Langue de procédure: l’espagnol

Juridiction de renvoi

Tribunal Supremo

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: Caixabank SA

Partie défenderesse: X

Dispositif

1)

L’article 4, paragraphe 2, de la directive 93/13/CEE du Conseil, du 5 avril 1993, concernant les clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs,

doit être interprété en ce sens que:

il s’oppose à une jurisprudence nationale qui, eu égard à une réglementation nationale prévoyant que la commission d’ouverture rémunère les services liés à l’examen, à l’octroi ou au traitement du prêt ou du crédit hypothécaire ou d’autres services similaires, considère que la clause établissant une telle commission relève de l’«objet principal du contrat», au sens de cette disposition, au motif qu’elle représente l’une des composantes principales du prix.

2)

L’article 5 de la directive 93/13

doit être interprété en ce sens que:

aux fins de l’appréciation du caractère clair et compréhensible d’une clause contractuelle prévoyant le paiement par l’emprunteur d’une commission d’ouverture, le juge compétent est tenu de vérifier, au regard de l’ensemble des éléments de fait pertinents, que l’emprunteur a bien été mis en mesure d’évaluer les conséquences économiques qui en découlent pour lui, de comprendre la nature des services fournis en contrepartie des frais prévus par ladite clause et de vérifier qu’il n’existe pas de chevauchement entre les différents frais prévus par le contrat ou entre les services que ces derniers rémunèrent.

3)

L’article 3, paragraphe 1, de la directive 93/13

doit être interprété en ce sens que:

il ne s’oppose pas à une jurisprudence nationale qui considère qu’une clause contractuelle prévoyant, conformément à la réglementation nationale pertinente, le paiement par l’emprunteur d’une commission d’ouverture destinée à rémunérer les services liés à l’examen, à la constitution et au traitement personnalisé d’une demande de prêt ou de crédit hypothécaire, peut, le cas échéant, ne pas créer, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et les obligations des parties découlant du contrat, à condition que l’existence éventuelle d’un tel déséquilibre fasse l’objet d’un contrôle effectif de la part du juge compétent, conformément aux critères issus de la jurisprudence de la Cour.


(1) JO C 51 du 31.01.2022