Jurisprudence CJUE62021CA0817

Affaire C-817/21, Inspecţia Judiciară: Arrêt de la Cour (première chambre) du 11 mai 2023 (demande de décision préjudicielle de la Curtea de Apel Bucureşti — Roumanie) — R.I. / Inspecţia Judiciară, N.L. (Renvoi préjudiciel – État de droit – Indépendance de la justice – Article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE – Décision 2006/928/CE – Indépendance des juges – Procédure disciplinaire – Inspection judiciaire – Inspecteur en chef ayant des pouvoirs de réglementation, de sélection, d’évaluation, de nomination et d’instruction disciplinaire)

CELEX62021CA0817
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 11 mai 2023

Résumé IA

Cet arrêt de la Cour de justice précise les exigences de l'indépendance des juridictions au sens de l'article 19 TUE. Il juge qu'une autorité comme l'Inspection judiciaire roumaine, dont le chef dispose simultanément de pouvoirs réglementaires, de gestion des carrières et disciplinaires à l'égard des juges, porte atteinte à cette indépendance. La décision renforce ainsi les garanties procédurales contre les ingérences dans la fonction judiciaire au sein de l'Union.

Texte intégral

26.6.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 223/3


Arrêt de la Cour (première chambre) du 11 mai 2023 (demande de décision préjudicielle de la Curtea de Apel Bucureşti — Roumanie) — R.I. / Inspecţia Judiciară, N.L.

(Affaire C-817/21 (1), Inspecţia Judiciară)

(Renvoi préjudiciel - État de droit - Indépendance de la justice - Article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE - Décision 2006/928/CE - Indépendance des juges - Procédure disciplinaire - Inspection judiciaire - Inspecteur en chef ayant des pouvoirs de réglementation, de sélection, d’évaluation, de nomination et d’instruction disciplinaire)

(2023/C 223/03)

Langue de procédure: le roumain

Juridiction de renvoi

Curtea de Apel Bucureşti

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: R.I.

Parties défenderesses: Inspecţia Judiciară, N.L.

Dispositif

L’article 2 et l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE, lus en combinaison avec la décision 2006/928/CE de la Commission, du 13 décembre 2006, établissant un mécanisme de coopération et de vérification des progrès réalisés par la Roumanie en vue d’atteindre certains objectifs de référence spécifiques en matière de réforme du système judiciaire et de lutte contre la corruption,

doivent être interprétés en ce sens que:

ils s’opposent à une réglementation nationale

qui confère au directeur d’un organe compétent pour conduire les enquêtes et exercer l’action disciplinaire contre les juges et les procureurs le pouvoir d’adopter des actes réglementaires et individuels, relatifs, notamment, à l’organisation de cet organe, à la sélection de ses agents, à leur évaluation, à l’exécution de leurs travaux ou encore à la désignation d’un directeur adjoint,

alors que, tout d’abord, ces agents et ce directeur adjoint sont seuls compétents pour conduire une enquête disciplinaire contre ce directeur, ensuite, leur carrière dépend, dans une large mesure, des décisions dudit directeur et, enfin, le mandat dudit directeur adjoint prendra fin en même temps que celui du même directeur,

lorsque cette réglementation n’est pas conçue de manière à ce qu’elle ne puisse faire naître aucun doute légitime, dans l’esprit des justiciables, quant à l’utilisation des prérogatives et des fonctions de cet organe comme instrument de pression sur l’activité de ces juges et de ces procureurs ou de contrôle politique de cette activité.


(1) JO C 165, du 19.04.2022