Jurisprudence CJUE62021CA0820

Affaire C-820/21, Vinal: Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 14 septembre 2023 (demande de décision préjudicielle de l’Administrativen sad Sofia-grad — Bulgarie) — «Vinal» AD / Direktor na Agentsia «Mitnitsi» (Renvoi préjudiciel – Droits d’accise – Directive 2008/118/CE – Article 16 – Régime de l’entrepôt fiscal – Conditions pour l’octroi d’une autorisation pour l’ouverture et l’exploitation d’un entrepôt fiscal par un entrepositaire agréé – Non-respect de ces conditions – Retrait définitif de l’agrément appliqué cumulativement à l’imposition d’une sanction financière – Article 50 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Principe ne bis in idem – Proportionnalité)

CELEX62021CA0820
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 14 septembre 2023

Résumé IA

Cet arrêt interprète les conditions de retrait d'un agrément d'entrepôt fiscal pour non-respect des obligations, au regard du principe *ne bis in idem* de la Charte des droits fondamentaux. La Cour juge que le retrait définitif de l'agrément et l'imposition d'une sanction pécuniaire pour les mêmes faits constituent une double sanction, sauf si cette combinaison est proportionnée à la gravité de l'infraction. Elle précise les critères permettant d'évaluer cette proportionnalité.

Texte intégral

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Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/484

6.11.2023

Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 14 septembre 2023 (demande de décision préjudicielle de l’Administrativen sad Sofia-grad — Bulgarie) — «Vinal» AD / Direktor na Agentsia «Mitnitsi»

(Affaire C-820/21 (1), Vinal)

(Renvoi préjudiciel - Droits d’accise - Directive 2008/118/CE - Article 16 - Régime de l’entrepôt fiscal - Conditions pour l’octroi d’une autorisation pour l’ouverture et l’exploitation d’un entrepôt fiscal par un entrepositaire agréé - Non-respect de ces conditions - Retrait définitif de l’agrément appliqué cumulativement à l’imposition d’une sanction financière - Article 50 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne - Principe ne bis in idem - Proportionnalité)

(C/2023/484)

Langue de procédure: le bulgare

Juridiction de renvoi

Administrativen sad Sofia-grad

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: «Vinal» AD

Partie défenderesse: Direktor na Agentsia «Mitnitsi»

Dispositif

L’article 16, paragraphe 1, de la directive 2008/118/CE du Conseil, du 16 décembre 2008, relative au régime général d’accise et abrogeant la directive 92/12/CEE, lu en combinaison avec le principe de proportionnalité, doit être interprété en ce sens qu’il ne s’oppose pas à une réglementation nationale qui prévoit le retrait d’une licence d’exploitation d’un entrepôt fiscal en cas d’infraction au régime de l’accise considérée comme grave par la réglementation nationale, cumulativement à une sanction financière déjà infligée pour les mêmes faits, pour autant que ce retrait, eu égard notamment à son caractère définitif, ne constitue pas une mesure disproportionnée par rapport à la gravité de l’infraction.

Dans le cas où ces deux sanctions présenteraient un caractère pénal, l’article 50 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne doit être interprété en ce sens qu’il ne s’oppose pas à une telle réglementation nationale à condition que:

la possibilité de cumuler ces deux sanctions soit prévue par la loi;

la réglementation nationale ne permette pas de poursuivre et de sanctionner les mêmes faits au titre de la même infraction ou afin de poursuivre le même objectif, mais prévoie uniquement la possibilité d’un cumul des poursuites et des sanctions au titre de réglementations différentes;

ces poursuites et ces sanctions visent des buts complémentaires ayant pour objet, le cas échéant, des aspects différents du même comportement infractionnel concerné, et

il existe des règles claires et précises permettant de prévoir quels actes et quelles omissions sont susceptibles de faire l’objet d’un cumul de poursuites et de sanctions ainsi que la coordination entre les différentes autorités, que les deux procédures aient été menées de manière suffisamment coordonnée et rapprochée dans le temps et que la sanction, le cas échéant infligée à l’occasion de la première procédure sur le plan chronologique, ait été prise en compte lors de l’évaluation de la seconde sanction, de telle sorte que les charges résultant, pour les personnes concernées, d’un tel cumul soient limitées au strict nécessaire et que l’ensemble des sanctions imposées corresponde à la gravité des infractions commises.


(1) JO C 138 du 28.03.2022


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/484/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)