Jurisprudence CJUE62021TJ0097_INF

Arrêt du Tribunal (cinquième chambre) du 13 septembre 2023.#Synesis TAA contre Conseil de l'Union européenne.#Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises en raison de la situation en Biélorussie – Gel des fonds – Inscription et maintien du nom du requérant sur les listes des personnes, des entités et des organismes concernés – Erreur d’appréciation.#Affaires T-97/21 et T-215/22.

CELEX62021TJ0097_INF
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 13 septembre 2023

Résumé IA

L'arrêt annule partiellement les décisions du Conseil de l'UE qui maintenaient Synesis TAA sur la liste des sanctions liées à la Biélorussie. Le Tribunal constate une erreur d'appréciation, estimant que le Conseil n'a pas suffisamment démontré le soutien matériel apporté par l'entreprise au régime biélorusse. Cette décision rappelle l'exigence d'une motivation concrète et individuelle pour toute mesure restrictive de l'UE.

Texte intégral

Arrêt du Tribunal (cinquième chambre) du 13 septembre 2023 –
Synesis/Conseil

(affaires T‑97/21 et T‑215/22) ( 1 )

« Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises en raison de la situation en Biélorussie – Gel des fonds – Inscription et maintien du nom du requérant sur les listes des personnes, des entités et des organismes concernés – Erreur d’appréciation »

1.

Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives à l’encontre de la Biélorussie – Gel des fonds de certaines personnes et entités au regard de la situation en Biélorussie – Portée du contrôle – Obligation de l’autorité compétente de l’Union d’établir, en cas de contestation, le bien-fondé des motifs retenus à l’encontre des personnes ou des entités concernées

[Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 47 ; décision du Conseil 2012/642/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2020/2130, (PESC) 2021/353 et (PESC) 2022/307, annexe ; règlements du Conseil no 765/2006, 2020/2129, 2021/339 et 2022/300, annexe]

(voir points 35-39, 42)

2.

Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives à l’encontre de la Biélorussie – Portée du contrôle – Élément communiqué en tant qu’élément à décharge par la personne visée par les mesures restrictives – Inclusion

[Art. 275, 2d al., TFUE ; décision du Conseil 2012/642/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2020/2130, (PESC) 2021/353 et (PESC) 2022/307, annexe ; règlements du Conseil no 765/2006, 2020/2129, 2021/339 et 2022/300, annexe]

(voir points 40, 55)

3.

Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives à l’encontre de la Biélorussie – Critères d’adoption des mesures restrictives – Personnes, entités et organismes responsables de violations graves des droits de l’homme, de la répression à l’égard de la société civile ou de l’opposition démocratique, ou nuisant à la démocratie ou à l’État de droit – Preuve contraire – Absence – Erreur d’appréciation – Absence

[Décision du Conseil 2012/642/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2020/2130, (PESC) 2021/353 et (PESC) 2022/307, art. 4, § 1, a), et annexe ; règlements du Conseil no 765/2006, art. 2, § 4, 2020/2129, 2021/339 et 2022/300, annexe]

(voir points 52, 53, 66-70, 74-77, 80-86)

4.

Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives à l’encontre de la Biélorussie – Gel des fonds de certaines personnes et entités au regard de la situation en Biélorussie – Portée du contrôle – Inscription du requérant sur la liste annexée de la décision attaquée du fait de sa responsabilité dans la répression exercée contre la société civile et l’opposition démocratique – Documents accessibles au public – Valeur probante

[Décision du Conseil 2012/642/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2020/2130, (PESC) 2021/353 et (PESC) 2022/307, art. 4, § 1, a), et annexe ; règlements du Conseil no 765/2006, art. 2, § 4, 2020/2129, 2021/339 et 2022/300, annexe]

(voir points 58-64)

5.

Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives à l’encontre de la Biélorussie – Critères d’adoption des mesures restrictives – Personnes physiques ou morales, entités ou organismes profitant du régime de Loukachenko ou le soutenant – Preuve contraire – Absence – Erreur d’appréciation – Absence

[Décision du Conseil 2012/642/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2020/2130, (PESC) 2021/353 et (PESC) 2022/307, art. 4, § 1, b), et annexe ; règlements du Conseil no 765/2006, art. 2, § 5, 2020/2129, 2021/339 et 2022/300, annexe]

(voir points 88, 91-96)

6.

Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives à l’encontre de la Biélorussie – Portée du contrôle – Appréciation de la légalité en fonction des éléments d’information disponibles au moment de l’adoption de la décision

[Décision du Conseil 2012/642/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2020/2130, (PESC) 2021/353 et (PESC) 2022/307, annexe ; règlements du Conseil no 765/2006, 2020/2129, 2021/339 et 2022/300, annexe]

(voir point 98)

Dispositif

1)

Les affaires T‑97/21 et T‑215/22 sont jointes aux fins de l’arrêt.

2)

Les recours sont rejetés.

3)

Synesis TAA est condamnée à supporter, outre ses propres dépens, ceux exposés par le Conseil de l’Union européenne.


( 1 ) JO C 148 du 26.4.2021.