Jurisprudence CJUE62022CA0084

Affaire C-84/22, Right to Know: Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 23 novembre 2023 (demande de décision préjudicielle de la High Court (Irlande) — Irlande) — Right to Know CLG / An Taoiseach (Renvoi préjudiciel – Environnement – Convention d’Aarhus – Directive 2003/4/CE – Accès du public à l’information en matière d’environnement – Rejet d’une demande d’information – Comptes rendus des réunions d’un gouvernement – Débats relatifs aux émissions de gaz à effet de serre – Article 4, paragraphes 1 et 2 – Dérogations au droit d’accès aux informations – Notions de «communications internes» et de «délibérations des autorités publiques» – Recours juridictionnel – Annulation de la décision de refus – Dérogation applicable identifiée dans le jugement – Autorité de la chose jugée)

CELEX62022CA0084
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 23 novembre 2023

Résumé IA

Cet arrêt clarifie l'interprétation des dérogations prévues par la directive 2003/4/CE concernant l'accès à l'information en matière d'environnement, notamment les notions de "communications internes" et de "délibérations des autorités publiques". La Cour précise que lorsqu'une juridiction annule une décision de refus d'accès à des informations environnementales en constatant qu'une dérogation était applicable, cette décision judiciaire fait autorité de chose jugée et s'impose à l'administration pour un futur examen d'une demande identique.

Texte intégral

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Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/605

15.1.2024

Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 23 novembre 2023 (demande de décision préjudicielle de la High Court (Irlande) — Irlande) — Right to Know CLG / An Taoiseach

(Affaire C-84/22 (1), Right to Know)

(Renvoi préjudiciel - Environnement - Convention d’Aarhus - Directive 2003/4/CE - Accès du public à l’information en matière d’environnement - Rejet d’une demande d’information - Comptes rendus des réunions d’un gouvernement - Débats relatifs aux émissions de gaz à effet de serre - Article 4, paragraphes 1 et 2 - Dérogations au droit d’accès aux informations - Notions de «communications internes» et de «délibérations des autorités publiques» - Recours juridictionnel - Annulation de la décision de refus - Dérogation applicable identifiée dans le jugement - Autorité de la chose jugée)

(C/2024/605)

Langue de procédure: l’anglais

Juridiction de renvoi

High Court (Irlande)

Parties à la procédure au principal

Partie requérante: Right to Know CLG

Partie défenderesse: An Taoiseach

Dispositif

1)

L’article 4 de la directive 2003/4/CE du Parlement européen et du Conseil, du 28 janvier 2003, concernant l’accès du public à l’information en matière d’environnement et abrogeant la directive 90/313/CEE du Conseil,

doit être interprété en ce sens que:

la dérogation prévue à l’article 4, paragraphe 1, premier alinéa, sous e), de la directive 2003/4 pour les «communications internes» couvre les informations qui circulent au sein d’une autorité publique et qui, à la date de la demande d’accès à ces informations, n’ont pas quitté la sphère interne de cette autorité, le cas échéant après leur réception par ladite autorité et pour autant qu’elles n’aient pas été ou n’auraient pas dû être mises à la disposition du public avant cette réception;

la dérogation prévue à l’article 4, paragraphe 2, premier alinéa, sous a), de ladite directive pour les «délibérations des autorités publiques» ne couvre que les informations échangées dans le cadre des étapes finales des processus décisionnels des autorités publiques qui sont clairement désignées comme étant des délibérations par le droit national et pour lesquelles ce droit prévoit une obligation de confidentialité, et

l’application cumulative des dérogations au droit d’accès prévues, respectivement, à l’article 4, paragraphe 1, premier alinéa, sous e), et à l’article 4, paragraphe 2, premier alinéa, sous a), de la même directive est exclue au motif que la seconde disposition relative à la protection des «délibérations des autorités publiques» prévaut sur la première relative à la protection des «communications internes».

2)

L’article 6 de la directive 2003/4, lu à la lumière des principes d’équivalence et d’effectivité,

doit être interprété en ce sens que:

il ne s’oppose pas à une réglementation nationale prévoyant que le principe de l’autorité de la chose jugée empêche une personne, qui a obtenu, dans un premier jugement, l’annulation d’une décision qui avait rejeté sa demande d’accès à des informations environnementales, de soulever, dans le cadre d’un litige entre les mêmes parties portant sur la légalité d’une seconde décision relative à la même demande d’accès, adoptée afin de donner suite au premier jugement, un grief tiré d’une violation de l’article 4 de la directive 2003/4, lorsque ce grief a été écarté dans le premier jugement, sans que cela apparaisse dans le dispositif de celui-ci et que, faute de recours qui aurait pu être introduit par le demandeur d’accès, ledit jugement est devenu définitif. Toutefois, pour autant que les règles de procédure internes applicables l’y autorisent, une juridiction nationale doit permettre à cette personne de soulever ledit grief afin que soit restaurée, le cas échéant, la conformité de la situation en cause au principal à la réglementation de l’Union.


(1) JO C 191, du 10.05.2022


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/605/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)