Jurisprudence CJUE62022CA0127

Affaire C-127/22, Balgarska telekomunikatsionna kompania: Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 4 mai 2023 (demande de décision préjudicielle du Varhoven administrativen sad — Bulgarie) — «Balgarska telekomunikatsionna kompania» EAD / Direktor na Direktsia «Obzhalvane i danachno-osiguritelna praktika» — Sofia [Renvoi préjudiciel – Système commun de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) – Directive 2006/112/CE – Article 185 – Régularisation des déductions de la TVA payée en amont – Biens mis au rebut – Vente ultérieure en tant que déchets – Destruction ou élimination dûment prouvées ou justifiées]

CELEX62022CA0127
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 4 mai 2023

Résumé IA

Cet arrêt précise les conditions dans lesquelles une entreprise peut procéder à la régularisation de la TVA initialement déduite sur des biens qui sont mis au rebut, puis ultérieurement vendus en tant que déchets. La Cour indique que le droit à la régularisation prévu à l'article 185 de la directive TVA est subordonné à la preuve de la destruction ou de l'élimination effective des biens, et qu'une simple vente de ces biens comme déchets ne suffit pas à caractériser cette élimination.

Texte intégral

19.6.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 216/21


Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 4 mai 2023 (demande de décision préjudicielle du Varhoven administrativen sad — Bulgarie) — «Balgarska telekomunikatsionna kompania» EAD / Direktor na Direktsia «Obzhalvane i danachno-osiguritelna praktika» — Sofia

(Affaire C-127/22 (1), Balgarska telekomunikatsionna kompania)

(Renvoi préjudiciel - Système commun de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) - Directive 2006/112/CE - Article 185 - Régularisation des déductions de la TVA payée en amont - Biens mis au rebut - Vente ultérieure en tant que déchets - Destruction ou élimination dûment prouvées ou justifiées)

(2023/C 216/28)

Langue de procédure: le bulgare

Juridiction de renvoi

Varhoven administrativen sad

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante:«Balgarska telekomunikatsionna kompania» EAD

Partie défenderesse: Direktor na Direktsia «Obzhalvane i danachno-osiguritelna praktika» — Sofia

Dispositif

1)

L’article 185, paragraphe 1, de la directive 2006/112/CE du Conseil, du 28 novembre 2006, relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée,

doit être interprété en ce sens que:

la mise au rebut d’un bien, dont l’assujetti a estimé qu’il était devenu inutilisable dans le cadre de ses activités économiques habituelles, suivie de la vente de ce bien en tant que déchet, laquelle a été soumise à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), ne constitue pas une «modification des éléments pris en considération pour la détermination du montant des déductions», au sens de cette disposition.

2)

L’article 185 de la directive 2006/112

doit être interprété en ce sens que:

la mise au rebut d’un bien, dont l’assujetti a estimé qu’il était devenu inutilisable dans le cadre de ses activités économiques habituelles, suivie de la destruction volontaire de ce bien constitue une «modification des éléments pris en considération pour la détermination du montant des déductions», au sens du paragraphe 1 de cet article. Toutefois, une telle situation constitue une «destruction», au sens du paragraphe 2, premier alinéa, dudit article, indépendamment de son caractère volontaire, de telle sorte que cette modification n’engendre pas une obligation de régularisation pour autant que cette destruction soit dûment prouvée ou justifiée et que ledit bien avait objectivement perdu toute utilité dans le cadre des activités économiques de l’assujetti. L’élimination dûment prouvée d’un bien doit être assimilée à sa destruction pour autant qu’elle implique concrètement la disparition irréversible de ce bien.

3)

L’article 185 de la directive 2006/112

doit être interprété en ce sens que:

il s’oppose à des dispositions de droit national qui prévoient la régularisation de la TVA déduite en amont à l’occasion de l’acquisition d’un bien lorsque celui-ci a été mis au rebut, l’assujetti ayant estimé qu’il était devenu inutilisable dans le cadre de ses activités économiques habituelles, et que, ensuite, ce bien soit a fait l’objet d’une vente soumise à la TVA, soit a été détruit ou éliminé d’une façon qui implique concrètement sa disparition irréversible, pour autant que cette destruction soit dûment prouvée ou justifiée et que ledit bien avait objectivement perdu toute utilité dans le cadre des activités économiques de l’assujetti.


(1) JO C 191, du 10.05.2022