Jurisprudence CJUE62022CA0271

Affaires jointes C-271/22 à C-275/22, Keolis Agen e.a.: Arrêt de la Cour (première chambre) du 9 novembre 2023 (demandes de décision préjudicielle du conseil de Prud’hommes d’Agen — France) — XT (C-271/22), KH (C-272/22), BX (C-273/22), FH (C-274/22), NW (C-275/22) / Keolis Agen SARL (Renvoi préjudiciel – Politique sociale – Aménagement du temps de travail – Directive 2003/88/CE – Article 7 – Droit au congé annuel payé – Report des droits au congé annuel payé en cas de maladie de longue durée – Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Article 31, paragraphe 2)

CELEX62022CA0271
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 9 novembre 2023

Résumé IA

Cet arrêt interprète le droit au congé annuel payé des salariés en arrêt maladie longue durée, en précisant que la directive 2003/88/CE et la Charte des droits fondamentaux s'opposent à une réglementation nationale qui empêcherait systématiquement le report des congés non pris pour cause de maladie au cours de l'année de référence. La Cour juge qu'un tel report doit être possible au moins jusqu'à la fin d'un exercice de référence suivant le retour du salarié, afin de garantir l'effectivité de ce droit social fondamental.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/472

3.1.2024

Arrêt de la Cour (première chambre) du 9 novembre 2023 (demandes de décision préjudicielle du conseil de Prud’hommes d’Agen — France) — XT (C-271/22), KH (C-272/22), BX (C-273/22), FH (C-274/22), NW (C-275/22) / Keolis Agen SARL

(Affaires jointes C-271/22 à C-275/22 (1), Keolis Agen e.a.)

(Renvoi préjudiciel - Politique sociale - Aménagement du temps de travail - Directive 2003/88/CE - Article 7 - Droit au congé annuel payé - Report des droits au congé annuel payé en cas de maladie de longue durée - Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne - Article 31, paragraphe 2)

(C/2024/472)

Langue de procédure: le français

Juridiction de renvoi

Conseil de Prud’hommes d’Agen

Parties à la procédure au principal

Parties requérantes: XT (C-271/22), KH (C-272/22), BX (C-273/22), FH (C-274/22) NW (C-275/22)

Partie défenderesse: Keolis Agen SARL

en présence de: Syndicat national des transports urbains SNTU-CFDT

Dispositif

1)

L’article 31, paragraphe 2, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil, du 4 novembre 2003, concernant certains aspects de l’aménagement du temps de travail, doivent être interprétés en ce sens qu’un travailleur peut se prévaloir du droit au congé annuel payé, consacré par la première de ces dispositions et concrétisé par la seconde, à l’égard de son employeur, la circonstance que celui-ci est une entreprise privée, titulaire d’une délégation de service public, étant dépourvue de pertinence à cet égard.

2)

L’article 7 de la directive 2003/88 doit être interprété en ce sens qu’il ne s’oppose pas à une législation nationale et/ou à une pratique nationale qui, en l’absence de disposition nationale prévoyant une limite temporelle expresse au report de droits à congé annuel payé acquis et non exercés en raison d’un arrêt de travail pour maladie de longue durée, permet de faire droit à des demandes de congé annuel payé introduites par un travailleur moins de quinze mois après la fin de la période de référence ouvrant droit à ce congé et limitées à deux périodes de référence consécutives.


(1) JO C 424, du 07.11.2022


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/472/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)