Jurisprudence CJUE62022CA0406

Affaire C-406/22, Ministerstvo vnitra České republiky, Odbor azylové a migrační politiky: Arrêt de la Cour (Grande chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du Krajský soud v Brně – République tchèque) – CV / Ministerstvo vnitra České republiky, Odbor azylové a migrační politiky (Renvoi préjudiciel – Politique d’asile – Protection internationale – Directive 2013/32/UE – Procédures communes pour l’octroi et le retrait de la protection internationale – Articles 36 et 37 – Notion de pays d’origine sûr – Désignation – Annexe I – Critères – Article 46 – Droit à un recours effectif – Examen, par le juge, de la désignation d’un pays tiers comme pays d’origine sûr)

CELEX62022CA0406
TypeJurisprudence CJUE
Datevendredi 4 octobre 2024

Résumé IA

La Cour de justice de l'Union européenne, statuant en grande chambre, précise les conditions dans lesquelles un État membre peut désigner un pays tiers comme "pays d'origine sûr" au sens de la directive 2013/32/UE. Elle juge que cette désignation doit reposer sur un examen rigoureux des critères énoncés à l'annexe I de la directive, et que le juge national saisi d'un recours contre une décision de refus de protection internationale doit pouvoir contrôler la légalité de cette désignation, y compris au regard de l'évolution de la situation dans le pays concerné. Pour le professionnel du droit français, cet arrêt renforce l'exigence de contrôle juridictionnel effectif sur les listes nationales de pays d'origine sûrs et leur application concrète dans le cadre de l'examen des demandes d'asile.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/685

10.2.2025

Arrêt de la Cour (Grande chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du Krajský soud v Brně – République tchèque) – CV / Ministerstvo vnitra České republiky, Odbor azylové a migrační politiky

(Affaire C-406/22 (1) , Ministerstvo vnitra České republiky, Odbor azylové a migrační politiky)

(Renvoi préjudiciel - Politique d’asile - Protection internationale - Directive 2013/32/UE - Procédures communes pour l’octroi et le retrait de la protection internationale - Articles 36 et 37 - Notion de «pays d’origine sûr» - Désignation - Annexe I - Critères - Article 46 - Droit à un recours effectif - Examen, par le juge, de la désignation d’un pays tiers comme pays d’origine sûr)

(C/2025/685)

Langue de procédure: le tchèque

Juridiction de renvoi

Krajský soud v Brně

Parties à la procédure au principal

Partie requérante: CV

Partie défenderesse: Ministerstvo vnitra České republiky, Odbor azylové a migrační politiky

Dispositif

1)

L’article 37 de la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, relative à des procédures communes pour l’octroi et le retrait de la protection internationale, lu en combinaison avec l’annexe I de celle-ci,

doit être interprété en ce sens que:

un pays tiers ne cesse pas de remplir les critères lui permettant d’être désigné comme étant un pays d’origine sûr pour le seul motif qu’il invoque le droit de déroger aux obligations prévues par la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950, en application de l’article 15 de cette convention, les autorités compétentes de l’État membre ayant procédé à une telle désignation devant toutefois apprécier si les conditions de mise en œuvre de ce droit sont de nature à remettre en cause cette désignation.

2)

L’article 37 de la directive 2013/32

doit être interprété en ce sens que:

il s’oppose à ce qu’un pays tiers puisse être désigné comme pays d’origine sûr lorsque certaines parties de son territoire ne satisfont pas aux conditions matérielles d’une telle désignation, énoncées à l’annexe I de cette directive.

3)

L’article 46, paragraphe 3, de la directive 2013/32, lu à la lumière de l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

doit être interprété en ce sens que:

lorsqu’une juridiction est saisie d’un recours contre une décision rejetant une demande de protection internationale examinée dans le cadre du régime particulier applicable aux demandes introduites par les demandeurs provenant de pays tiers désignés, conformément à l’article 37 de cette directive, comme pays d’origine sûrs, cette juridiction doit, au titre de l’examen complet et ex nunc imposé par cet article 46, paragraphe 3, soulever, sur le fondement des éléments du dossier ainsi que de ceux portés à sa connaissance lors de la procédure devant elle, une méconnaissance des conditions matérielles d’une telle désignation, énoncées à l’annexe I de ladite directive, même si cette méconnaissance n’est pas expressément invoquée à l’appui de ce recours.


(1) JO C 359 du 19.09.2022.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/685/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)