Jurisprudence CJUE62022CA0407

Affaires jointes C-407/22 et C-408/22, Manitou BF e.a.: Arrêt de la Cour (première chambre) du 11 mai 2023 (demandes de décision préjudicielle du Conseil d'État — France) — Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance / Manitou BF SA (C-407/22), Bricolage Investissement France SA (C-408/22) [Renvoi préjudiciel – Fiscalité – Article 49 TFUE – Liberté d’établissement – Impôts sur les sociétés – Imposition des groupes («intégration fiscale» française) – Exonération des dividendes versés par les filiales appartenant au groupe fiscal intégré – Société mère résidente – Liens capitalistiques avec des sociétés résidentes et non résidentes sans constitution d’un groupe fiscal intégré – Exonération des dividendes versés par des filiales non-résidentes – Frais et charges non déductibles se rapportant à la participation – Absence de neutralisation de la réintégration de ces frais et charges]

CELEX62022CA0407
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 11 mai 2023

Résumé IA

Cet arrêt traite de la compatibilité du régime français d'intégration fiscale avec la liberté d'établissement. La Cour juge que l'article 49 TFUE s'oppose à une législation qui, en exonérant les dividendes de filiales résidentes intégrées tout en réintégrant les frais afférents aux participations dans des filiales non-résidentes non intégrées, désavantage les sociétés mères établies en France ayant des filiales dans d'autres États membres. La décision précise ainsi les limites des règles nationales de consolidation fiscale au regard du droit de l'Union.

Texte intégral

26.6.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 223/6


Arrêt de la Cour (première chambre) du 11 mai 2023 (demandes de décision préjudicielle du Conseil d'État — France) — Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance / Manitou BF SA (C-407/22), Bricolage Investissement France SA (C-408/22)

(Affaires jointes C-407/22 et C-408/22 (1), Manitou BF e.a.)

(Renvoi préjudiciel - Fiscalité - Article 49 TFUE - Liberté d’établissement - Impôts sur les sociétés - Imposition des groupes («intégration fiscale» française) - Exonération des dividendes versés par les filiales appartenant au groupe fiscal intégré - Société mère résidente - Liens capitalistiques avec des sociétés résidentes et non résidentes sans constitution d’un groupe fiscal intégré - Exonération des dividendes versés par des filiales non-résidentes - Frais et charges non déductibles se rapportant à la participation - Absence de neutralisation de la réintégration de ces frais et charges)

(2023/C 223/07)

Langue de procédure: le français

Juridiction de renvoi

Conseil d'État

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance

Parties défenderesses: Manitou BF SA (C-407/22), Bricolage Investissement France SA (C-408/22)

Dispositif

L’article 49 TFUE doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une législation d’un État membre relative à un régime d’intégration fiscale en vertu de laquelle

une société mère résidente ayant opté pour une intégration fiscale avec des sociétés résidentes peut bénéficier de la neutralisation de la réintégration d’une quote-part de frais et charges forfaitairement fixée à 5 % du montant net des dividendes perçus par elle de ses filiales situées dans d’autres États membres qui, si elles avaient été résidentes, y auraient été objectivement éligibles, sur option,

alors qu’une telle neutralisation est refusée à une société mère résidente n’ayant pas opté pour une telle intégration fiscale malgré l’existence de liens capitalistiques avec d’autres sociétés résidentes le permettant.


(1) JO C 340, du 05.09.2022