Jurisprudence CJUE62022CA0583

Affaire C-583/22 PPU: Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 12 janvier 2023 (demande de décision préjudicielle du Bundesgerichtshof — Allemagne) — procédure pénale contre MV (Renvoi préjudiciel – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Coopération policière et judiciaire en matière pénale – Décision-cadre 2008/675/JAI – Article 3, paragraphe 1 – Principe de l’assimilation des condamnations antérieures prononcées dans un autre État membre – Obligation de reconnaître à ces condamnations des effets équivalents à ceux attachés aux condamnations nationales antérieures – Règles nationales relatives à la confusion des peines a posteriori – Pluralité d’infractions – Détermination d’une peine globale – Plafond de quinze ans pour les peines privatives de liberté de durée déterminée – Article 3, paragraphe 5 – Exception – Infraction commise avant le prononcé ou l’exécution des condamnations dans l’autre État membre)

CELEX62022CA0583
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 12 janvier 2023

Résumé IA

Cet arrêt de la Cour de justice précise les obligations découlant du principe d'assimilation des condamnations étrangères énoncé par la décision-cadre 2008/675/JAI. Il indique que les juridictions nationales doivent, lors de la détermination d'une peine globale pour une pluralité d'infractions, tenir compte des condamnations antérieures prononcées dans d'autres États membres comme si elles étaient des condamnations nationales, y compris dans le calcul des plafonds légaux applicables. La Cour précise toutefois que cette obligation ne s'applique pas si l'infraction jugée a été commise avant le prononcé ou l'exécution des condamnations dans l'autre État membre.

Texte intégral

27.2.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 71/12


Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 12 janvier 2023 (demande de décision préjudicielle du Bundesgerichtshof — Allemagne) — procédure pénale contre MV

(Affaire C-583/22 PPU) (1)

(Renvoi préjudiciel - Espace de liberté, de sécurité et de justice - Coopération policière et judiciaire en matière pénale - Décision-cadre 2008/675/JAI - Article 3, paragraphe 1 - Principe de l’assimilation des condamnations antérieures prononcées dans un autre État membre - Obligation de reconnaître à ces condamnations des effets équivalents à ceux attachés aux condamnations nationales antérieures - Règles nationales relatives à la confusion des peines a posteriori - Pluralité d’infractions - Détermination d’une peine globale - Plafond de quinze ans pour les peines privatives de liberté de durée déterminée - Article 3, paragraphe 5 - Exception - Infraction commise avant le prononcé ou l’exécution des condamnations dans l’autre État membre)

(2023/C 71/14)

Langue de procédure: l’allemand

Juridiction de renvoi

Bundesgerichtshof

Partie dans la procédure pénale au principal

MV

En présence de: Generalbundesanwalt beim Bundesgerichtshof

Dispositif

1)

L’article 3, paragraphes 1 et 5, de la décision-cadre 2008/675/JAI du Conseil, du 24 juillet 2008, relative à la prise en compte des décisions de condamnation entre les États membres de l’Union européenne à l’occasion d’une nouvelle procédure pénale,

doit être interprété en ce sens que:

un État membre n’est pas tenu, à l’occasion d’une procédure pénale engagée contre une personne, d’attacher aux condamnations antérieures prononcées dans un autre État membre, contre cette personne et pour des faits différents, des effets équivalents à ceux attachés aux condamnations nationales antérieures conformément aux règles du droit national concerné relatives à la confusion des peines lorsque, d’une part, l’infraction à l’origine de cette procédure a été commise avant que ces condamnations antérieures n’aient été prononcées et, d’autre part, la prise en compte desdites condamnations antérieures conformément à ces règles du droit national empêcherait le juge national saisi de ladite procédure de prononcer une peine susceptible d’être exécutée contre la personne concernée.

2)

L’article 3, paragraphe 5, second alinéa, de la décision-cadre 2008/675

doit être interprété en ce sens que:

la prise en compte des condamnations antérieures prononcées dans un autre État membre, au sens de cette disposition, n’exige pas du juge national qu’il établisse et motive de manière concrète le désavantage résultant de l’impossibilité d’ordonner la confusion des peines a posteriori qui est prévue pour les condamnations nationales antérieures.


(1) JO C 424 du .7.11.2022