Jurisprudence CJUE62022CA0792

Affaire C-792/22, Energotehnica: Arrêt de la Cour (première chambre) du 26 septembre 2024 (demande de décision préjudicielle de la Curtea de Apel Braşov – Roumanie) – procédure pénale contre MG (Renvoi préjudiciel – Politique sociale – Protection de la sécurité et de la santé des travailleurs – Directive 89/391/CEE – Obligations d’ordre général en matière de protection de la sécurité et de la santé – Procédures nationales parallèles – Jugement d’une juridiction administrative revêtu de l’autorité de la chose jugée devant la juridiction pénale – Qualification d’un événement en tant qu’accident du travail – Effectivité de la protection des droits garantis par la directive 89/391 – Article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Droit d’être entendu – Poursuites disciplinaires contre un juge de droit commun en cas de non-respect d’une décision d’une cour constitutionnelle contraire au droit de l’Union – Primauté du droit de l’Union)

CELEX62022CA0792
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 26 septembre 2024

Résumé IA

Cet arrêt clarifie que les juridictions pénales nationales ne sont pas liées par les décisions des juridictions administratives ayant acquis l'autorité de la chose jugée lorsqu'elles qualifient un événement en tant qu'accident du travail, afin de garantir l'effectivité des droits de protection des travailleurs prévus par la directive 89/391/CEE. La Cour rappelle également le principe de primauté du droit de l'Union, qui s'impose même face à une décision contraire d'une cour constitutionnelle nationale, et souligne que le droit à un procès équitable (article 47 de la Charte) peut être invoqué dans le cadre de poursuites disciplinaires contre un juge.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6618

11.11.2024

Arrêt de la Cour (première chambre) du 26 septembre 2024 (demande de décision préjudicielle de la Curtea de Apel Braşov – Roumanie) – procédure pénale contre MG

(Affaire C-792/22 (1) , Energotehnica)

(Renvoi préjudiciel - Politique sociale - Protection de la sécurité et de la santé des travailleurs - Directive 89/391/CEE - Obligations d’ordre général en matière de protection de la sécurité et de la santé - Procédures nationales parallèles - Jugement d’une juridiction administrative revêtu de l’autorité de la chose jugée devant la juridiction pénale - Qualification d’un événement en tant qu’«accident du travail» - Effectivité de la protection des droits garantis par la directive 89/391 - Article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne - Droit d’être entendu - Poursuites disciplinaires contre un juge de droit commun en cas de non-respect d’une décision d’une cour constitutionnelle contraire au droit de l’Union - Primauté du droit de l’Union)

(C/2024/6618)

Langue de procédure: le roumain

Juridiction de renvoi

Curtea de Apel Braşov

Partie dans la procédure pénale au principal

MG

en présence de :

Parchetul de pe lângă Judecătoria Rupea, LV, CRA, LCM, SC Energotehnica SRL Sibiu

Dispositif

1)

L’article 1er, paragraphes 1 et 2, ainsi que l’article 5, paragraphe 1, de la directive 89/391/CEE du Conseil, du 12 juin 1989, concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l’amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail, lus en combinaison avec le principe d’effectivité et l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

doivent être interprétés en ce sens que :

ils s’opposent à la réglementation d’un État membre, telle qu’interprétée par la cour constitutionnelle de cet État membre, en vertu de laquelle le jugement définitif d’une juridiction administrative portant sur la qualification d’un événement en tant qu’«accident du travail» revêt l’autorité de la chose jugée devant la juridiction pénale appelée à se prononcer sur la responsabilité civile en raison des faits qui sont reprochés à l’accusé, dans le cas où cette réglementation ne permet aux ayants droit du travailleur victime de cet événement d’être entendus dans aucune des procédures statuant sur l’existence d’un tel accident du travail.

2)

Le principe de primauté du droit de l’Union

doit être interprété en ce sens que :

il s’oppose à la réglementation d’un État membre en vertu de laquelle les juridictions nationales de droit commun ne peuvent, sous peine de poursuites disciplinaires encourues par leurs membres, laisser inappliquées d’office des décisions de la cour constitutionnelle de cet État membre, alors qu’elles estiment, eu égard à l’interprétation donnée par la Cour, que ces décisions méconnaissent les droits que les justiciables tirent de la directive 89/391.


(1) JO C 164, du 08.05.2023.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6618/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)