Jurisprudence CJUE62022CB0495

Affaire C-495/22, Ministero della Giustizia (Concours de notaire): Ordonnance de la Cour (sixième chambre) du 27 avril 2023 (demande de décision préjudicielle du Consiglio di Stato — Italie) — Ministero della Giustizia / SP (Renvoi préjudiciel – Articles 53 et 99 du règlement de procédure de la Cour – Article 267 TFUE – Portée de l’obligation de renvoi des juridictions nationales statuant en dernier ressort – Exceptions à cette obligation – Critères – Situations dans lesquelles l’interprétation correcte du droit de l’Union s’impose avec une telle évidence qu’elle ne laisse place à aucun doute raisonnable – Condition pour la juridiction nationale statuant en dernier ressort d’être convaincue que la même évidence s’imposerait également aux autres juridictions de dernier ressort des États membres et à la Cour)

CELEX62022CB0495
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 27 avril 2023

Résumé IA

Cette ordonnance précise les conditions strictes dans lesquelles une juridiction nationale statuant en dernier ressort peut s'affranchir de son obligation de renvoi préjudiciel. Elle rappelle que l'exception au renvoi, fondée sur l'évidence de l'interprétation, n'est valable que si la solution s'impose sans aucun doute raisonnable et serait également évidente pour toutes les juridictions suprêmes des États membres ainsi que pour la Cour de justice elle-même. L'affaire, concernant un concours de notaire en Italie, sert de cadre à cette clarification essentielle de l'article 267 TFUE.

Texte intégral

26.6.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 223/7


Ordonnance de la Cour (sixième chambre) du 27 avril 2023 (demande de décision préjudicielle du Consiglio di Stato — Italie) — Ministero della Giustizia / SP

[Affaire C-495/22 (1), Ministero della Giustizia (Concours de notaire)]

(Renvoi préjudiciel - Articles 53 et 99 du règlement de procédure de la Cour - Article 267 TFUE - Portée de l’obligation de renvoi des juridictions nationales statuant en dernier ressort - Exceptions à cette obligation - Critères - Situations dans lesquelles l’interprétation correcte du droit de l’Union s’impose avec une telle évidence qu’elle ne laisse place à aucun doute raisonnable - Condition pour la juridiction nationale statuant en dernier ressort d’être convaincue que la même évidence s’imposerait également aux autres juridictions de dernier ressort des États membres et à la Cour)

(2023/C 223/09)

Langue de procédure: l’italien

Juridiction de renvoi

Consiglio di Stato

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: Ministero della Giustizia

Partie défenderesse: SP

Dispositif

L’article 267 TFUE doit être interprété en ce sens qu’une juridiction nationale dont les décisions ne sont pas susceptibles de recours juridictionnel de droit interne peut s’abstenir de soumettre à la Cour une question d’interprétation du droit de l’Union et la résoudre sous sa propre responsabilité lorsque l’interprétation correcte du droit de l’Union s’impose avec une telle évidence qu’elle ne laisse place à aucun doute raisonnable. L’existence d’une telle éventualité doit être évaluée en fonction des caractéristiques propres au droit de l’Union, des difficultés particulières que présente son interprétation et du risque de divergences de jurisprudence au sein de l’Union européenne.

Cette juridiction nationale n’est pas tenue de prouver de manière circonstanciée que les autres juridictions de dernier ressort des États membres et la Cour effectueraient la même interprétation, mais doit avoir acquis, aux termes d’une appréciation qui tient compte de ces éléments, la conviction que la même évidence s’imposerait également à ces autres juridictions nationales et à la Cour.


(1) Date de dépôt: 22.07.2022.