Jurisprudence CJUE62022CJ0209_SUM

Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 7 septembre 2023.#Procédure pénale contre AB.#Renvoi préjudiciel – Coopération judiciaire en matière pénale – Droit à l’information dans le cadre des procédures pénales – Directive 2012/13/UE – Droit d’accès à un avocat dans le cadre des procédures pénales – Directive 2013/48/UE – Champ d’application – Réglementation nationale ne visant pas la qualité de suspect – Phase préliminaire de la procédure pénale – Mesure coercitive de fouille corporelle et de saisie – Autorisation a posteriori par le juge compétent – Absence de contrôle juridictionnel des mesures d’obtention de preuves – Articles 47 et 48 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Exercice effectif des droits de la défense des suspects et des personnes poursuivies lors du contrôle juridictionnel des mesures d’obtention de preuves.#Affaire C-209/22.

CELEX62022CJ0209_SUM
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 7 septembre 2023

Résumé IA

Cet arrêt de la Cour de justice précise que les droits procéduraux garantis par les directives 2012/13 et 2013/48 s'appliquent dès qu'une personne est soumise à une mesure coercitive, comme une fouille corporelle, dans le cadre d'une procédure pénale, même si elle n'est pas formellement qualifiée de suspecte par la législation nationale. La Cour souligne que l'autorisation a posteriori d'une telle mesure par un juge doit permettre un contrôle effectif du respect des droits de la défense, conformément aux articles 47 et 48 de la Charte des droits fondamentaux.

Texte intégral

Affaire C‑209/22

Procédure pénale

contre

AB

(demande de décision préjudicielle, introduite par le Rayonen sad Lukovit)

Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 7 septembre 2023

« Renvoi préjudiciel – Coopération judiciaire en matière pénale – Droit à l’information dans le cadre des procédures pénales – Directive 2012/13/UE – Droit d’accès à un avocat dans le cadre des procédures pénales – Directive 2013/48/UE – Champ d’application – Réglementation nationale ne visant pas la qualité de suspect – Phase préliminaire de la procédure pénale – Mesure coercitive de fouille corporelle et de saisie – Autorisation a posteriori par le juge compétent – Absence de contrôle juridictionnel des mesures d’obtention de preuves – Articles 47 et 48 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Exercice effectif des droits de la défense des suspects et des personnes poursuivies lors du contrôle juridictionnel des mesures d’obtention de preuves »

  1. Coopération judiciaire en matière pénale – Droit à l’information dans le cadre des procédures pénales – Directive 2012/13 – Droit d’accès à un avocat dans le cadre des procédures pénales et droit de communiquer des personnes privées de liberté – Directive 2013/48 – Champs d’application – Fouille corporelle d’une personne ayant avoué être en possession de substances illicites et saisie de ces substances – Inclusion – Absence de reconnaissance de la notion de suspect dans le droit national et d’information officielle sur la qualité de personne poursuivie – Absence d’incidence

    (Directives du Parlement européen et du Conseil 2012/13, art. 2, § 1, et 2013/48, art. 2, § 1)

    (voir points 38-41, 43-45, disp. 1)

  2. Coopération judiciaire en matière pénale – Droit à l’information dans le cadre des procédures pénales – Directive 2012/13 – Droit d’accès à un avocat dans le cadre des procédures pénales et droit de communiquer des personnes privées de liberté – Directive 2013/48 – Voies de recours – Fouille corporelle et saisie de substances illicites résultant de celle-ci – Jurisprudence nationale ne permettant pas au juge saisi d’une demande d’autorisation de ces mesures de vérifier le respect des droits fondamentaux du suspect ou de la personne poursuivie – Admissibilité – Conditions – Possibilité pour cette personne de faire constater, devant le juge du fond, une éventuelle violation de ses droits

    (Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 47 et 48, § 2 ; directives du Parlement européen et du Conseil 2012/13, art. 8, § 2, et 2013/48, art. 12, § 1)

    (voir points 51, 52, 55, 61, disp. 2)

  3. Coopération judiciaire en matière pénale – Droit d’accès à un avocat dans le cadre des procédures pénales et droit de communiquer des personnes privées de liberté – Directive 2013/48 – Droit d’accès à un avocat – Réglementation nationale autorisant la fouille corporelle et la saisie de biens illicites du suspect ou de la personne poursuivie ne bénéficiant pas du droit d’accès à un avocat, dans le cadre de la phase préliminaire d’une procédure pénale – Admissibilité – Condition – Absence de nécessité d’un tel accès pour l’exercice effectif des droits de la défense de ladite personne

    [Directive du Parlement européen et du Conseil 2013/48, considérant 20 et art. 3, § 1, 2, et 3, c)]

    (voir points 71-75, 77, 78, disp. 3)

Voir le texte de la décision