Jurisprudence CJUE62022TJ0093_INF

Arrêt du Tribunal (quatrième chambre) du 8 mars 2023.#Emmanuel Ramazani Shadary contre Conseil de l'Union européenne.#Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en République démocratique du Congo – Gel des fonds – Restriction en matière d’admission sur les territoires des États membres – Maintien du nom du requérant sur les listes des personnes visées – Preuve du bien-fondé de l’inscription et du maintien sur les listes – Changement des circonstances de fait et de droit ayant présidé à l’adoption des mesures restrictives.#Affaire T-93/22.

CELEX62022TJ0093_INF
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 8 mars 2023

Résumé IA

L'arrêt rejette le recours d'un ressortissant congolais visé par des mesures restrictives de l'UE (gel d'avoirs et interdiction de visa) liées à la situation en RDC. Le Tribunal confirme que le Conseil a apporté des preuves suffisantes pour justifier le maintien du requérant sur les listes, en considérant notamment son rôle dans des violations des droits de l'homme et des entraves au processus démocratique. La décision précise que le Conseil n'est pas tenu de démontrer un changement de circonstances pour maintenir les mesures, mais que c'est au requérant d'établir que sa situation a évolué.

Texte intégral

Arrêt du Tribunal (quatrième chambre) du 8 mars 2023 –
Ramazani Shadary/Conseil

(affaire T‑93/22) ( 1 )

« Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en République démocratique du Congo – Gel des fonds – Restriction en matière d’admission sur les territoires des États membres – Maintien du nom du requérant sur les listes des personnes visées – Preuve du bien-fondé de l’inscription et du maintien sur les listes – Changement des circonstances de fait et de droit ayant présidé à l’adoption des mesures restrictives »

1.

Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Portée du contrôle – Preuve du bien-fondé de la mesure – Obligation de l’autorité compétente de l’Union d’établir, en cas de contestation, le bien-fondé des motifs retenus à l’encontre des personnes ou des entités concernées

[Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 47 ; décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par la décision (PESC) 2021/2181, annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005 et 2021/2177, annexe]

(voir points 46-50)

2.

Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Champ d’application – Personnes ayant contribué, en les planifiant, en les dirigeant ou en les commettant, à des actes constituant de graves violations des droits de l’homme ou des atteintes à ces droits – Notion – Personnes ayant commis lesdits actes dans le passé, nonobstant l’absence d’éléments prouvant l’implication ou la participation actuelles dans de tels actes – Conditions – Erreur d’appréciation

[Décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2016/2231 et (PESC) 2021/2181, art. 3, § 2, b), et annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005, art. 2 ter, § 1, b), et 2021/2177, annexe]

(voir points 51, 52, 66-76)

Dispositif

1)

La décision (PESC) 2021/2181 du Conseil, du 9 décembre 2021, modifiant la décision 2010/788/PESC concernant l’adoption de mesures restrictives à l’encontre de la République démocratique du Congo, et le règlement d’exécution (UE) 2021/2177 du Conseil, du 9 décembre 2021, mettant en œuvre l’article 9 du règlement (CE) no 1183/2005 instituant certaines mesures restrictives spécifiques à l’encontre des personnes agissant en violation de l’embargo sur les armes imposé à la République démocratique du Congo, sont annulés en ce que ces actes concernent M. Emmanuel Ramazani Shadary.

2)

Le Conseil de l’Union européenne est condamné aux dépens.


( 1 ) JO C 148 du 4.4.2022.