Jurisprudence CJUE62022TJ0094_INF

Arrêt du Tribunal (quatrième chambre) du 8 mars 2023.#Kalev Mutondo contre Conseil de l'Union européenne.#Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en République démocratique du Congo – Gel des fonds – Restriction en matière d’admission sur les territoires des États membres – Maintien du nom du requérant sur les listes des personnes visées – Preuve du bien-fondé de l’inscription et du maintien sur les listes – Changement des circonstances de fait et de droit ayant présidé à l’adoption des mesures restrictives.#Affaire T-94/22.

CELEX62022TJ0094_INF
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 8 mars 2023

Résumé IA

Cet arrêt concerne le contrôle juridictionnel du maintien d'une personne sur une liste de mesures restrictives de la PESC liée à la RDC. Le Tribunal rappelle que le Conseil doit fonder ses décisions sur des éléments de preuve suffisamment solides et vérifiables, et qu'il lui incombe de démontrer que les conditions légales pour l'inscription restent remplies, notamment en cas de changement des circonstances. Il précise les exigences en matière de motivation et de preuve pour justifier le gel des avoirs et l'interdiction de voyage.

Texte intégral

Arrêt du Tribunal (quatrième chambre) du 8 mars 2023 –
Mutondo/Conseil

(affaire T‑94/22) ( 1 )

« Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en République démocratique du Congo – Gel des fonds – Restriction en matière d’admission sur les territoires des États membres – Maintien du nom du requérant sur les listes des personnes visées – Preuve du bien-fondé de l’inscription et du maintien sur les listes – Changement des circonstances de fait et de droit ayant présidé à l’adoption des mesures restrictives »

1.

Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Portée du contrôle – Preuve du bien-fondé de la mesure – Obligation de l’autorité compétente de l’Union d’établir, en cas de contestation, le bien-fondé des motifs retenus à l’encontre des personnes ou des entités concernées

[Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 47 ; décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par la décision (PESC) 2021/2181, annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005 et 2021/2177, annexe]

(voir points 45-48)

2.

Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Champ d’application – Personnes ayant contribué, en les planifiant, en les dirigeant ou en les commettant, à des actes constituant de graves violations des droits de l’homme ou des atteintes à ces droits – Notion – Personnes ayant commis lesdits actes dans le passé, nonobstant l’absence d’éléments prouvant l’implication ou la participation actuelles dans de tels actes – Conditions – Erreur d’appréciation

[Décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par la décision (PESC) 2021/2181, annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005 et 2021/2177, annexe]

(voir points 49, 50, 59, 60, 63, 64, 73-75, 77-79)

3.

Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Portée du contrôle – Inscription du requérant sur la liste des personnes visées par ces mesures du fait de ses fonctions – Documents accessibles au public attestant de la commission de graves violations des droits de l’homme ou d’actions portant atteinte à l’État de droit – Valeur probante – Absence

[Décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par la décision (PESC) 2021/2181, annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005 et 2021/2177, annexe]

(voir points 66-68, 70-72)

4.

Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Gel des fonds des personnes portant atteinte à l’État de droit ou contribuant à la commission d’actes constituant de graves violations des droits de l’homme – Critères – Fonctions conférant une responsabilité dans la répression contre la population civile ou le respect de l’État de droit – Obligation du Conseil d’effectuer une appréciation actualisée lors du réexamen des mesures restrictives – Preuve contraire – Modification intervenue dans la situation particulière de la personne visée par les mesures restrictives – Prise de position se dissociant du régime – Caractère non nécessaire – Erreur d’appréciation

[Décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par la décision (PESC) 2021/2181, annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005 et 2021/2177, annexe]

(voir point 76)

Dispositif

1)

La décision (PESC) 2021/2181 du Conseil, du 9 décembre 2021, modifiant la décision 2010/788/PESC concernant l’adoption de mesures restrictives à l’encontre de la République démocratique du Congo, et le règlement d’exécution (UE) 2021/2177 du Conseil, du 9 décembre 2021, mettant en œuvre l’article 9 du règlement (CE) no 1183/2005 instituant certaines mesures restrictives spécifiques à l’encontre des personnes agissant en violation de l’embargo sur les armes imposé à la République démocratique du Congo, sont annulés en ce que ces actes concernent M. Kalev Mutondo.

2)

Le Conseil de l’Union européenne est condamné aux dépens.


( 1 ) JO C 148 du 4.4.2022.