Jurisprudence CJUE62022TJ0095_INF

Arrêt du Tribunal (quatrième chambre) du 8 mars 2023.#Célestin Kanyama contre Conseil de l'Union européenne.#Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en République démocratique du Congo – Gel des fonds – Restriction en matière d’admission sur les territoires des États membres – Maintien du nom du requérant sur les listes des personnes visées – Droit d’être entendu – Preuve du bien-fondé de l’inscription et du maintien sur les listes – Erreur manifeste d’appréciation – Perpétuation des circonstances de fait et de droit ayant présidé à l’adoption des mesures restrictives».#Affaire T-95/22.

CELEX62022TJ0095_INF
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 8 mars 2023

Résumé IA

L'arrêt rejette le recours d'un ressortissant congolais visé par des mesures restrictives de l'UE (gel des avoirs et interdiction de voyage) liées à la situation en RDC. Le Tribunal confirme le maintien de ces mesures, estimant que le Conseil a suffisamment motivé sa décision en démontrant la perpétuation des circonstances justifiant l'inscription, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation. Il écarte également le grief tiré de la violation du droit d'être entendu, considérant que les exigences procédurales en matière de PESC ont été respectées.

Texte intégral

Arrêt du Tribunal (quatrième chambre) du 8 mars 2023 –
Kanyama/Conseil

(affaire T‑95/22) ( 1 )

Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises au regard de la situation en République démocratique du Congo – Gel des fonds – Restriction en matière d’admission sur les territoires des États membres – Maintien du nom du requérant sur les listes des personnes visées – Droit d’être entendu – Preuve du bien-fondé de l’inscription et du maintien sur les listes – Erreur manifeste d’appréciation – Perpétuation des circonstances de fait et de droit ayant présidé à l’adoption des mesures restrictives »

1.

Droit de l’Union européenne – Principes – Droits de la défense – Droit à une protection juridictionnelle effective – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Gel des fonds des personnes portant atteinte à l’État de droit ou contribuant à la commission d’actes constituant de graves violations des droits de l’homme – Obligation de communication des raisons individuelles et spécifiques justifiant les décisions prises – Obligation de permettre à l’intéressé de faire connaître utilement son point de vue sur les motifs retenus à son encontre – Portée

[Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 41, § 2 ; décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par la décision (PESC) 2021/2181, annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005 et 2021/2177, annexe]

(voir points 44-46, 65)

2.

Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Gel des fonds – Droits de la défense – Communication des éléments à charge – Décision subséquente ayant maintenu le nom du requérant dans la liste des personnes visées par ces mesures – Communication à l’intéressé par le Conseil des éléments nouveaux pris en compte à l’occasion du réexamen périodique des mesures restrictives – Violation du droit d’être entendu – Absence

[Décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par la décision (PESC) 2021/2181, annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005 et 2021/2177, annexe]

(voir points 47, 49-59, 66)

3.

Droit de l’Union européenne – Principes – Droits de la défense – Droit d’être entendu – Obligation des institutions d’adhérer au point de vue des parties intéressées – Absence

(voir point 61)

4.

Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Portée du contrôle – Contrôle restreint pour les règles générales – Contrôle s’étendant à l’appréciation des faits et à la vérification des preuves

[Décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par la décision (PESC) 2021/2181, art. 3, § 2, b), et annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005, art. 2 ter, § 1, b), et 2021/2177, annexe]

(voir points 71, 72, 75-77, 79, 84, 85)

5.

Union européenne – Contrôle juridictionnel de la légalité des actes des institutions – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Portée du contrôle – Preuve du bien-fondé de la mesure – Obligation de l’autorité compétente de l’Union d’établir, en cas de contestation, le bien-fondé des motifs retenus à l’encontre des personnes ou des entités concernées

[Décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par la décision (PESC) 2021/2181, art. 3, § 2, b), et annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005, art. 2 ter, § 1, b), et 2021/2177, annexe]

(voir points 92-95)

6.

Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Gel des fonds des personnes portant atteinte à l’État de droit ou contribuant à la commission d’actes constituant de graves violations des droits de l’homme – Critères – Fonctions conférant une responsabilité dans la répression contre la population civile ou le respect de l’État de droit – Erreur d’appréciation – Absence

[Décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2016/2231 et (PESC) 2021/2181, art. 3, § 2, b), et annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005, art. 2 ter, § 1, b), et 2021/2177, annexe]

(voir points 96, 101-112)

7.

Politique étrangère et de sécurité commune – Mesures restrictives prises à l’encontre de la République démocratique du Congo – Champ d’application – Personnes ayant contribué, en les planifiant, en les dirigeant ou en les commettant, à des actes constituant de graves violations des droits de l’homme ou des atteintes à ces droits – Notion – Personnes ayant commis lesdits actes dans le passé, nonobstant l’absence d’éléments prouvant l’implication ou la participation actuelles dans de tels actes – Inclusion

[Décision du Conseil 2010/788/PESC, telle que modifiée par les décisions (PESC) 2016/2231 et (PESC) 2021/2181, art. 3, § 2, b), et annexe II ; règlements du Conseil no 1183/2005, art. 2 ter, § 1, b), et 2021/2177, annexe]

(voir points 97, 98)

Dispositif

1)

Le recours est rejeté.

2)

M. Célestin Kanyama est condamné aux dépens.


( 1 ) JO C 148 du 4.4.2022.