Jurisprudence CJUE62022TO0081

Ordonnance du Tribunal (troisième chambre) du 7 février 2023.#European Association of Non-Integrated Metal Importers & distributors (Euranimi) contre Commission européenne.#Recours en annulation – Dumping – Importations de produits plats laminés à froid en aciers inoxydables originaires de l’Inde et d’Indonésie – Droit antidumping définitif – Défaut d’affectation individuelle – Acte réglementaire comportant des mesures d’exécution – Irrecevabilité.#Affaire T-81/22.

CELEX62022TO0081
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 7 février 2023

Résumé IA

Cette ordonnance rejette le recours en annulation d'une association professionnelle comme irrecevable. Le Tribunal considère que l'acte attaqué, un règlement antidumping, est un acte réglementaire qui ne concerne pas directement et individuellement le requérant. Par conséquent, l'association ne démontre pas un intérêt à agir suffisant pour contester cette mesure générale de la Commission.

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ORDONNANCE DU TRIBUNAL (troisième chambre)

7 février 2023 (*)

« Recours en annulation – Dumping – Importations de produits plats laminés à froid en aciers inoxydables originaires de l’Inde et d’Indonésie – Droit antidumping définitif – Défaut d’affectation individuelle – Acte réglementaire comportant des mesures d’exécution – Irrecevabilité »

Dans l’affaire T‑81/22,

European Association of Non-Integrated Metal Importers & distributors (Euranimi), établie à Bruxelles (Belgique), représentée par Mes M. Campa, D. Rovetta, P. Gjørtler et V. Villante, avocats,

partie requérante,

contre

Commission européenne, représentée par Mme K. Blanck et M. G. Luengo, en qualité d’agents,

partie défenderesse,

LE TRIBUNAL (troisième chambre),

composé de MM. F. Schalin, président, I. Nõmm et Mme G. Steinfatt (rapporteure), juges,

greffier : M. E. Coulon,

vu la phase écrite de la procédure,

rend la présente

Ordonnance

1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, European Association of Non-Integrated Metal Importers & distributors (Euranimi), association représentant les intérêts d’importateurs, de distributeurs, de négociants et de transformateurs européens d’acier non intégré, d’acier inoxydable et de produits métalliques, demande l’annulation du règlement d’exécution (UE) 2021/2012 de la Commission, du 17 novembre 2021, instituant un droit antidumping définitif et portant perception définitive du droit provisoire institué sur les importations de produits plats laminés à froid en aciers inoxydables originaires de l’Inde et d’Indonésie (JO 2021, L 410, p. 153, ci-après le « règlement attaqué »).

Antécédents du litige

2 À la suite d’une plainte déposée le 17 août 2020 par l’Association Européenne de l’Acier (Eurofer), qui représente plus de 25 % de la production totale dans l’Union européenne de produits plats laminés à froid en aciers inoxydables (ci‑après le « produit concerné dans la présente affaire »), la Commission européenne a, sur le fondement de l’article 5, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil, du 8 juin 2016, relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne (JO 2016, L 176, p. 21), tel que modifié (ci-après le « règlement de base »), annoncé, le 30 septembre 2020, l’ouverture d’une procédure antidumping concernant les importations dans l’Union de produits plats laminés à froid en aciers inoxydables originaires de l’Inde et d’Indonésie.

3 Aux termes du point 5.2 de l’avis d’ouverture d’une procédure antidumping concernant les importations de produits plats laminés à froid en aciers inoxydables originaires de l’Inde et d’Indonésie (JO 2020, C 322, p. 17), la Commission a invité toutes les parties intéressées à présenter leurs observations sur la plainte et l’ouverture de l’enquête. En outre, la Commission a expressément informé les importateurs et utilisateurs du produit concerné dans la présente affaire connus de l’Union de l’ouverture de l’enquête et les a invités à y participer.

4 Le 1er mars 2021, la Commission a, en vertu de l’article 14, paragraphe 5, du règlement de base, adopté le règlement d’exécution (UE) 2021/370 soumettant à enregistrement les importations de produits plats laminés à froid en aciers inoxydables originaires de l’Inde et d’Indonésie (JO 2021, L 71, p. 18).

5 Conformément à l’article 19 bis, paragraphe 1, du règlement de base, la Commission a communiqué aux parties, le 30 avril 2021, une synthèse des droits provisoires proposés et les détails du calcul des marges de dumping et des marges suffisantes pour éliminer le préjudice causé à l’industrie de l’Union et a invité les parties intéressées à présenter leurs observations éventuelles sur les calculs jusqu’au 5 mai 2021.

6 Le 27 mai 2021, la Commission a adopté le règlement d’exécution (UE) 2021/854, instituant un droit antidumping provisoire sur les importations de produits plats laminés à froid en aciers inoxydables originaires de l’Inde et d’Indonésie (JO 2021, L 188, p. 61, ci‑après le « règlement provisoire »).

7 À partir du 11 juin 2021, la requérante s’est exprimée à plusieurs reprises au cours de la suite de la procédure antidumping, par des observations écrites, dont celles formulées en réponse aux observations fournies par d’autres parties intéressées, et par des observations orales lors des deux auditions.

8 Le 16 août 2021, la Commission a informé toutes les parties intéressées des faits et considérations essentiels sur la base desquels elle envisageait d’instituer un droit antidumping définitif sur les importations du produit concerné dans la présente affaire, originaire de l’Inde et d’Indonésie.

9 À la suite de cette communication, la requérante a présenté des observations et a participé à une audition.

10 Le 17 novembre 2021, la Commission a adopté le règlement attaqué, qui, dans sa rédaction initiale, disposait ce qui suit :

« Article premier

1. Il est institué un droit antidumping définitif sur les importations [du produit concerné dans la présente affaire], et originaires de l’Inde et d’Indonésie.

2. Les taux du droit antidumping définitif applicables au prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, s’établissent comme suit pour le produit décrit au paragraphe 1 et fabriqué par les sociétés énumérées ci-après :

Pays

Société

Droit antidumping définitif

Code TARIC additionnel

Inde

Jindal Stainless Limited


13,9 %

C654


Jindal Stainless Hisar Limited


13,9 %

C655


Chromeni Steels Private Limited


35,3 %

C656


Toutes les autres sociétés indiennes


35,3 %

C999

Indonésie

IRNC


10,2 %

C657


Jindal Stainless Indonesia


20,2 %

C658


Toutes les autres sociétés indonésiennes


20,2 %

C999


[…]

4. Sauf indication contraire, les dispositions en vigueur en matière de droits de douane sont applicables.

[…]

Article 3

Les montants déposés au titre des droits antidumping provisoires conformément au règlement [provisoire] sont définitivement perçus. Les montants déposés au‑delà des taux de droit antidumping définitifs sont libérés.

Article 4

Il ne sera procédé à aucune perception rétroactive de droits antidumping définitifs sur les importations soumises à enregistrement. Les données collectées en application de l’article 1er du règlement d’exécution [2021/370] de la Commission ne sont plus conservées. Le règlement d’exécution [2021/370] est abrogé. »

Conclusions des parties

11 La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler le règlement attaqué ;

– condamner la Commission aux dépens.

12 La Commission conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours comme irrecevable ;

– condamner la requérante aux dépens.

En droit

13 En vertu de l’article 130, paragraphes 1 et 7, du règlement de procédure du Tribunal, si la partie défenderesse le demande, le Tribunal peut statuer sur l’irrecevabilité ou l’incompétence sans engager le débat au fond.

14 En l’espèce, la Commission ayant demandé qu’il soit statué sur l’irrecevabilité du recours, le Tribunal, s’estimant suffisamment éclairé par les pièces du dossier, décide de statuer sur cette demande sans poursuivre la procédure.

15 La Commission excipe de l’irrecevabilité du présent recours au motif que le règlement attaqué n’affecterait pas individuellement la requérante et qu’il comporterait des mesures d’exécution.

16 Aux termes de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE, toute personne physique ou morale peut former, dans les conditions prévues aux premier et deuxième alinéas de ce même article, un recours contre les actes dont elle est destinataire (premier membre de phrase) ou qui la concernent directement et individuellement (deuxième membre de phrase), ainsi que contre les actes réglementaires qui la concernent directement et qui ne comportent pas de mesures d’exécution (dernier membre de phrase).

17 Par ses arguments, la requérante fait, en substance, valoir qu’elle est recevable à introduire le présent recours tant au nom de ses membres, dont spécifiquement ceux qui l’auraient mandatée, qu’en son nom propre.

18 En ce qui concerne, en particulier, les recours formés par des associations, la jurisprudence a admis leur recevabilité dans trois types de situation : premièrement, lorsque l’association représente les intérêts de ses membres qui seraient eux-mêmes recevables à agir, deuxièmement, lorsqu’une disposition légale reconnaît expressément aux associations professionnelles une série de facultés à caractère procédural, et, troisièmement, lorsque le rôle joué par une association dans le cadre d’une procédure ayant conduit à l’adoption d’un acte au sens de l’article 263 TFUE peut justifier la recevabilité du recours introduit par cette association, alors même que ses membres ne sont pas directement et individuellement concernés par ledit acte, notamment lorsque sa position de négociatrice a été affectée par ce dernier, les deux dernières situations correspondant à la défense des intérêts propres de l’association (voir arrêt du 13 mars 2018, European Union Copper Task Force/Commission, C‑384/16 P, EU:C:2018:176, points 87 et 88 et jurisprudence citée ; arrêt du 15 septembre 2016, Molinos Río de la Plata e.a./Conseil, T‑112/14 à T‑116/14 et T‑119/14, non publié, EU:T:2016:509, point 33).

Sur la recevabilité du recours de la requérante en tant que représentante de ses membres

19 Comme il ressort de la jurisprudence, dans le premier cas de figure visé au point 18 ci-dessus, la qualité pour agir de l’association est fondée sur la considération selon laquelle l’introduction du recours par l’association représente des avantages procéduraux, puisqu’elle permet d’éviter l’introduction d’un nombre élevé de recours différents dirigés contre les mêmes actes, l’association s’étant substituée à un ou à plusieurs de ses membres dont elle représente les intérêts, ces membres ayant eux-mêmes été dans la situation d’introduire un recours recevable (arrêt du 15 septembre 2016, Molinos Río de la Plata e.a./Conseil, T‑112/14 à T‑116/14 et T‑119/14, non publié, EU:T:2016:509, point 35).

20 La requérante fait valoir, sans être contestée sur ce point par la Commission, avoir pour mission et être autorisée, en vertu des articles 4.1, 4.2 et 4.5 de ses statuts, de représenter et de défendre, par tous les moyens légaux, les intérêts commerciaux et autres intérêts entrepreneuriaux de ses membres aux niveaux européen et supranational, notamment en matière de commerce international, de douanes, de fiscalité et de pratiques anticoncurrentielles. Outre ses statuts qui l’autoriseraient à représenter ses membres dans la présente affaire, la requérante se prévaut de mandats spécifiques de plusieurs d’entre eux, pour les représenter et contester en leur nom le règlement attaqué.

21 Il convient donc d’examiner si les membres de la requérante, notamment ceux qui l’ont mandatée, auraient été dans une situation permettant d’introduire des recours recevables en vertu de l’article 263, paragraphe 4, TFUE. Ces sociétés n’étant pas des destinataires du règlement attaqué, il doit donc être examiné si celui-ci les concerne directement et individuellement et, dans l’hypothèse où cette dernière condition n’est pas remplie, si le règlement attaqué est un acte réglementaire qui ne comporte pas de mesures d’exécution (voir, en ce sens, arrêt du 15 septembre 2016, Molinos Río de la Plata e.a./Conseil, T‑112/14 à T‑116/14 et T‑119/14, non publié, EU:T:2016:509, point 39).

Sur l’affectation directe et individuelle des membres de la requérante

22 Selon une jurisprudence constante, qui n’est d’ailleurs pas contestée par les parties, les importateurs sont directement concernés par les règlements antidumping (voir ordonnance du 14 septembre 2021, Far Polymers e.a./Commission, T‑722/20, non publiée, EU:T:2021:598, point 23 et jurisprudence citée). Les parties s’opposent toutefois quant à la question de savoir si les membres de la requérante sont individuellement concernés par le règlement attaqué.

23 Selon la Commission, les juridictions de l’Union ont jugé à plusieurs reprises que, en principe, les importateurs ou leurs associations professionnelles ne sont pas individuellement concernés par un règlement instituant des droits antidumping, la mesure instituée étant la même pour tous les importateurs du produit en cause dans l’Union.

24 Premièrement, la Commission fait valoir qu’il ressort d’une jurisprudence constante que l’affectation individuelle ne saurait être démontrée sur la seule base de la participation de la requérante à la procédure administrative ayant conduit à l’adoption de l’acte attaqué. Ce qui importerait pour l’affectation individuelle serait la qualité de l’importateur par rapport à ses pairs, c’est-à-dire la question de savoir s’il existe une situation particulière de nature à caractériser ladite entreprise par rapport à tout opérateur économique.

25 Or, la requérante ne se serait pas fait connaître dans les délais fixés par l’avis d’ouverture aux parties intéressées pour participer à l’enquête, mais uniquement à partir du 11 juin 2021, c’est-à-dire à la suite de la divulgation des faits et des considérations essentielles sur la base desquels le droit antidumping provisoire a été institué, soit près de neuf mois après l’ouverture de l’enquête. La requérante et l’un de ses membres, LSI Lamiere Speciali Inox Spa (ci‑après « LSI »), auraient, simultanément, formulé les mêmes observations. Par conséquent, ni la requérante ni ses membres n’auraient été individuellement concernés par les conclusions figurant dans le règlement attaqué, qui auraient été formulées sans tenir compte d’informations spécifiques concernant ces entreprises.

26 En outre, la Commission n’aurait pas été contrainte d’adapter son raisonnement à la lumière des observations de la requérante. Au contraire, toutes les allégations formulées par celle-ci auraient été réfutées dans le règlement attaqué. Or, l’affectation individuelle ne saurait être démontrée par des arguments fallacieux avancés dans le cadre d’une enquête ou par la circonstance selon laquelle la participation de la requérante à la procédure devant la Commission a pu être considérée comme ayant affecté le résultat de cette procédure.

27 Il s’ensuivrait que la requérante n’a pas démontré que le règlement attaqué avait été adopté en tenant compte de sa situation individuelle ou de celle de ses membres.

28 Deuxièmement, les membres de la requérante ne relèveraient pas d’un cas de figure semblable à celui de la partie requérante dans l’affaire ayant donné lieu à l’arrêt du 16 mai 1991, Extramet Industrie/Conseil (C‑358/89, EU:C:1991:214), la requérante n’avançant pas et ne démontrant encore moins qu’il existe une situation particulière ou des circonstances exceptionnelles pour elle‑même ou pour ses membres. Elle se contenterait d’affirmer que les importations en provenance des exportateurs désignés dans le règlement attaqué sont extrêmement importantes pour la survie des activités de certains de ses membres, dans la mesure où elles représenteraient entre 25 % et 85 % des besoins totaux d’approvisionnement de chaque entreprise. Toutefois, d’une part, seules deux entreprises auraient fourni un pourcentage précis, les autres se contentant d’indiquer que les exportateurs indiens et indonésiens sont des fournisseurs importants et essentiels. D’autre part, il serait difficile de déterminer à quelle période se rapportent ces informations. Par conséquent, la requérante n’aurait pas prouvé son affirmation selon laquelle le règlement attaqué avait été ou pouvait être, pour ses membres, la cause de la perte de la majorité de leurs clients de l’Union et avait, de la sorte, affecté substantiellement leur position sur le marché en cause.

29 La requérante ne démontrerait pas non plus son incapacité de se procurer les mêmes produits auprès d’autres exportateurs ou auprès d’autres pays. En effet, il aurait été signalé au considérant 164 du règlement attaqué qu’il existait diverses sources d’approvisionnement, et que la part de marché des importations en provenance de la Corée a même augmenté tout au long de la période considérée, de sorte que le changement de fournisseur ne serait pas impossible. Le règlement provisoire indiquerait également que la part de marché que représentaient les importations de l’Inde et d’Indonésie était de 6,2 % au cours de la période d’enquête, alors que la part de marché de tous les autres pays tiers au cours de la même période était de 21,1 % (considérants 100 et 144). La requérante ne démontrerait pas que les activités économiques de ses membres dépendent « dans une très large mesure » de ces importations.

30 La requérante n’aurait pas non plus démontré qu’un quelconque de ses membres était l’importateur le plus important du produit concerné dans la présente affaire. La Commission considère ainsi que les conséquences économiques subies par les membres de la requérante ne sont pas plus importantes que celles auxquelles d’autres importateurs sont confrontés. À supposer même que soient établis la dépendance alléguée et l’impact hautement dommageable du règlement attaqué sur l’activité de la requérante, cette dernière n’établit ni même n’allègue que cette situation suffirait à la caractériser par rapport à tout autre opérateur important le produit concerné. En particulier, la possibilité que d’autres importateurs importent des quantités comparables à celles de la requérante, voire plus importantes, et seraient autant ou davantage concernés qu’elle ne serait aucunement écartée.

31 Premièrement, la requérante soutient avoir pris une part active à l’enquête qui a conduit à l’adoption du règlement attaqué. Dans ce cadre, la requérante aurait agi tant en son nom, mais également au nom de ses membres, dont spécifiquement ceux qui lui auraient donné leur mandat. Un parmi eux, LSI, aurait participé à l’enquête dès son ouverture. Par ailleurs, eu égard à la circonstance qu’elle agit aux fins de la représentation de ses membres, la requérante ne saurait se voir appliquer la jurisprudence qui aurait concerné des recours d’importateurs individuels.

32 En l’occurrence, la requérante se serait manifestée le 11 juin 2021 devant la Commission, et aurait, à partir de cette date, participé activement à l’enquête, que ce soit en présentant des observations ou en demandant et en participant à des auditions devant la Commission.

33 La Commission aurait été contrainte, dans le règlement attaqué, d’adapter son raisonnement à la lumière des observations de la requérante.

34 Deuxièmement, la requérante fait valoir que ses membres sont des importateurs, transformateurs et distributeurs du produit concerné dans la présente affaire et qu’ils dépendent d’importations en provenance de pays tiers, les capacités de production européennes relatives à ces produits étant insuffisantes pour répondre à la demande du marché européen. Le produit concerné dans la présente affaire importé, notamment de l’Inde et d’Indonésie, représenterait, depuis longtemps, y compris pendant la période d’enquête, pour les entreprises ayant donné mandat à la requérante, entre 25 % et 85 % de leurs besoins totaux d’approvisionnement, de sorte que, pour alimenter leur capacité de production, lesdites importations seraient nécessaires, contrairement à ce qui serait le cas des importateurs « ordinaires ». Les fournisseurs des membres de la requérante seraient les sociétés exportatrices suivantes nommées dans la version initiale du règlement attaqué et soumises aux droits antidumping en cause :

– Jindal Stainless Limited et Jindal Stainless Hisar Limited ;

– Chromeni Steels Private Limited ;

– IRNC ;

– Jindal Stainless Indonesia.

35 Quant à la solution qui aurait été proposée par la Commission, solution selon laquelle, en substance, les membres de la requérante pourraient s’approvisionner sur d’autres marchés, dont la Corée et Taïwan, elle serait impossible à mettre en œuvre par tous ses membres. Tout d’abord, les membres de la requérante auraient conclu avec leurs fournisseurs des contrats les liant à ces derniers pour une période variant de moyenne à longue. Le fait que des droits antidumping aient été institués à l’encontre de ces fournisseurs ne constituerait pas pour les membres de la requérante un motif valable pour résilier ces contrats.

36 Ensuite, d’autres sources potentielles d’approvisionnement et d’importations seraient en fait limitées, principalement en raison des mesures antidumping instituées sur les importations en provenance de Chine et de Taïwan. La requérante aurait également souligné que la production dans ces pays tiers est contrôlée par des producteurs de l’Union qui ont externalisé la production vers ces pays. Cela aurait entraîné un abus de protection de la part des producteurs de l’Union et se traduirait par des prix élevés sur le marché de l’Union. D’après les données déjà communiquées, de tels pénuries et retards d’approvisionnement pourraient déjà être observés sur le marché de l’Union.

37 Enfin, l’impossibilité de s’approvisionner sur d’autres marchés serait d’autant plus prononcée en 2022 au vu de la pénurie systémique à l’échelle mondiale du produit concerné dans la présente affaire, qui s’accompagnerait d’une hausse soudaine des prix. Dans les documents figurant aux annexes A. 16, A. 19 et A. 20 de la requête, la requérante aurait, au cours de l’enquête, alerté la Commission, sur l’absence de matières premières et du produit concerné dans la présente affaire sur le marché, situation qui se serait encore détériorée en 2022.

38 Troisièmement, la requérante fait valoir que les associations d’exportateurs ou les chambres de commerce de pays qui ont pour membres des exportateurs étrangers ont qualité pour contester les règlements antidumping et antisubventions devant le Tribunal. De même, les associations de plaignants auraient, quant à elles, qualité pour contester toute décision de la Commission qui refuserait d’imposer des droits antidumping ou antisubventions, ou qui classerait une plainte antidumping ou antisubventions. Or, si la requérante ne se voyait pas reconnaître cette qualité, il en résulterait une discrimination des associations européennes d’importateurs par rapport aux associations d’exportateurs étrangers et de plaignants.

39 À cet égard, selon une jurisprudence constante, afin d’être considérée comme individuellement concernée par un acte dont elle n’est pas destinataire, une personne physique ou morale doit être atteinte par cet acte en raison de certaines qualités qui lui sont particulières ou d’une situation de fait qui la caractérise par rapport à toute autre personne et, de ce fait, l’individualise d’une manière analogue à celle dont le destinataire d’une décision le serait (arrêts du 15 juillet 1963, Plaumann/Commission, 25/62, EU:C:1963:17, p. 223 ; du 13 mars 2018, European Union Copper Task Force/Commission, C‑384/16 P, EU:C:2018:176, point 93, et ordonnance du 7 avril 2022, Bloom/Parlement et Conseil, T‑645/21, non publiée, EU:T:2022:230, point 40).

40 Selon une jurisprudence également constante, s’il est vrai que, au regard des critères de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE, les règlements instituant des droits antidumping ont, par leur nature et leur portée, un caractère normatif, en ce qu’ils s’appliquent à la généralité des opérateurs économiques intéressés, il n’est pas exclu pour autant que certaines dispositions de ces règlements puissent concerner individuellement certains opérateurs économiques. Il en résulte que les actes portant institution de droits antidumping peuvent, sans perdre leur caractère réglementaire, concerner individuellement, dans certaines circonstances, certains opérateurs économiques qui ont, dès lors, qualité pour introduire un recours en annulation de ces actes (voir arrêt du 16 mai 1991, Extramet Industrie/Conseil, C‑358/89, EU:C:1991:214, points 13 et 14 et jurisprudence citée ; ordonnance du 27 janvier 2006, Van Mannekus/Conseil, T‑280/03, non publiée, EU:T:2006:32, points 108 et 109).

41 En premier lieu, le juge de l’Union a considéré que certaines dispositions des règlements instituant des droits antidumping peuvent concerner individuellement ceux des producteurs-exportateurs du produit en cause auxquels sont imputées les pratiques de dumping sur la base de données relatives à leur activité commerciale. Tel est le cas, en général, des entreprises productrices et exportatrices qui peuvent démontrer qu’elles ont été identifiées dans les actes de la Commission et du Conseil ou concernées par les enquêtes préparatoires (arrêt du 28 février 2019, Conseil/Growth Energy et Renewable Fuels Association, C‑465/16 P, EU:C:2019:155, point 73 ; voir, également, ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 25 et jurisprudence citée ; arrêt du 15 septembre 2016, Molinos Río de la Plata e.a./Conseil, T‑112/14 à T‑116/14 et T‑119/14, non publié, EU:T:2016:509, point 43).

42 En deuxième lieu, sont individuellement concernés par certaines des dispositions de règlements instituant des droits antidumping ceux des importateurs du produit en cause dont les prix de revente ont été pris en compte pour la construction des prix à l’exportation et qui sont, dès lors, concernés par les constatations relatives à l’existence d’une pratique de dumping (voir ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 26 et jurisprudence citée ; arrêt du 15 septembre 2016, Molinos Río de la Plata e.a./Conseil, T‑112/14 à T‑116/14 et T‑119/14, non publié, EU:T:2016:509, point 44).

43 Des importateurs associés avec des exportateurs de pays tiers dont les produits sont frappés de droits antidumping peuvent attaquer les règlements instituant lesdits droits, notamment dans le cas où le prix à l’exportation a été calculé à partir des prix de vente sur le marché de l’Union pratiqués par lesdits importateurs ainsi que dans le cas où ce n’est pas l’existence d’une pratique de dumping qui est constatée en fonction des prix de revente de ces importateurs, mais le calcul du droit antidumping lui-même (voir ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 27 et jurisprudence citée ; arrêt du 15 septembre 2016, Molinos Río de la Plata e.a./Conseil, T‑112/14 à T‑116/14 et T‑119/14, non publié, EU:T:2016:509, point 44).

44 En troisième lieu, il ressort de la jurisprudence qu’un fabricant d’équipements d’origine, sans qu’il y eût lieu de le qualifier d’importateur ou d’exportateur, est individuellement concerné par les dispositions du règlement instituant des droits antidumping relatives aux pratiques de dumping du producteur auprès duquel il achète les produits en raison des particularités de ses relations commerciales avec ce producteur. En effet, il a été considéré que c’était pour tenir compte de ces particularités que le Conseil avait fixé un certain taux de marge bénéficiaire dans le cadre de la construction de la valeur normale, laquelle avait ensuite été prise en compte dans le calcul de la marge de dumping sur la base de laquelle le droit antidumping avait été fixé, de sorte que le fabricant d’équipements d’origine était concerné par les constatations relatives à l’existence de la pratique de dumping incriminée (voir ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 28 et jurisprudence citée ; arrêt du 15 septembre 2016, Molinos Río de la Plata e.a./Conseil, T‑112/14 à T‑116/14 et T‑119/14, non publié, EU:T:2016:509, point 45).

45 En quatrième lieu, le juge de l’Union a déjà admis que, eu égard à leur rôle dans le cadre de la procédure antidumping et leur position sur le marché visé par l’acte attaqué, des producteurs de l’Union, tels que, notamment, des plaignants et ceux qui sont à l’origine de la procédure administrative ayant conduit à l’adoption dudit acte, peuvent être directement et individuellement concernés par ce dernier (arrêts du 20 mars 1985, Timex/Conseil et Commission, 264/82, EU:C:1985:119, points 12 à 16, et du 30 septembre 2003, Eurocoton e.a./Conseil, C‑76/01 P, EU:C:2003:511, point 85 ; voir, également, arrêt du 3 décembre 2020, Changmao Biochemical Engineering/Distillerie Bonollo e.a., C‑461/18 P, EU:C:2020:979, point 63 et jurisprudence citée). De surcroît, le règlement de base reconnaît l’existence d’un intérêt légitime des producteurs de l’Union à l’institution de mesures antidumping et définit, en leur faveur, certains droits précis de nature procédurale. Dès lors, lorsqu’ils sont lésés par des pratiques de dumping de la part des pays non membres de l’Union, lesdits producteurs disposent d’un intérêt légitime à l’introduction d’une action défensive de l’Union et doivent, partant, se voir reconnaître un droit de recours au titre de la position juridique que leur confère ce règlement (arrêts du 4 octobre 1983, Fediol/Commission, 191/82, EU:C:1983:259, point 31, et du 3 décembre 2020, Changmao Biochemical Engineering/Distillerie Bonollo e.a., C‑461/18 P, EU:C:2020:979, points 69 et 76).

46 Cette reconnaissance du droit de certaines catégories d’opérateurs économiques d’introduire un recours en annulation d’un règlement antidumping ne saurait cependant empêcher que d’autres opérateurs puissent également être individuellement concernés par un tel règlement, en raison de certaines qualités qui leur sont particulières et qui les caractérisent par rapport à toute autre personne (voir ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 29 et jurisprudence citée ; arrêt du 15 septembre 2016, Molinos Río de la Plata e.a./Conseil, T‑112/14 à T‑116/14 et T‑119/14, non publié, EU:T:2016:509, point 46).

47 Il résulte de la jurisprudence citée au point 18 ci-dessus que des associations représentatives, y compris celles représentant des importateurs européens, sont recevables à introduire un recours à l’encontre des actes adoptés en matière d’antidumping pour autant, notamment, que leurs membres le seraient. Or, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne découle pas de la jurisprudence que des associations représentatives de certaines catégories d‘opérateurs économiques ont, ou, au contraire, n’ont pas, par principe, qualité pour agir à l’encontre des actes pris par la Commission en matière d’antidumping. Il ressort en effet de la jurisprudence citée aux points 41 à 46 ci-dessus que ces catégories d’opérateurs économiques sont affectées de différentes manières par lesdits actes, de sorte qu’ils doivent fournir des éléments différents afin que ces opérateurs puissent être considérés comme étant atteints par ces actes en raison de certaines qualités qui leur sont particulières ou d’une situation de fait qui les caractérise par rapport à toute autre personne et, de ce fait, les individualise d’une manière analogue à celle dont le destinataire d’une décision le serait au sens de la jurisprudence citée au point 39 ci-dessus [voir, en ce sens, ordonnance du 2 mai 2022, Airoldi Metalli/Commission, T‑328/21, sous pourvoi, EU:T:2022:277, points 39 et 40 (non publiés)].

48 Ainsi, prenant en compte les différences objectives entre les situations des différentes catégories d’opérateurs économiques vis-à-vis des actes en question, les différences entre les éléments à fournir aux fins de la démonstration de l’affectation individuelle ne représentent pas une discrimination d’une catégorie par rapport à une autre.

49 En l’occurrence, la requérante ne soutient pas que ses membres appartiennent à une des quatre catégories d’opérateurs visées aux points 41 à 45 ci-dessus.

50 De plus, il ressort tant du point 6 de la requête que de l’article 6.1 des statuts de la requérante, que celle-ci est une association d’importateurs et de distributeurs de métaux indépendants. Or, la requérante ne soutient pas que les prix de revente de ses membres ont été pris en compte pour la construction des prix à l’exportation, de sorte qu’ils seraient concernés par les constatations relatives à l’existence d’une pratique de dumping, voire par le calcul du droit antidumping lui-même.

51 En revanche, la requérante fait valoir être individuellement concernée en raison, d’une part, de sa propre implication et de celle de l’un de ses membres, LSI, dans la procédure ayant mené à l’adoption du règlement attaqué et, d’autre part, de la situation particulière de ses membres qui l’ont mandatée au regard des mesures adoptées par ce règlement.

52 S’agissant, en premier lieu, de la participation de la requérante, en tant que représentante de ses membres, à la procédure ayant conduit à l’adoption du règlement attaqué, il y a lieu de rappeler la jurisprudence constante selon laquelle, bien que la participation d’une entreprise à une procédure antidumping puisse être prise en compte, parmi d’autres éléments, afin d’établir que cette entreprise est individuellement concernée par le règlement instituant les droits antidumping adopté à l’issue de cette procédure, en l’absence d’autres éléments constitutifs d’une situation particulière de nature à caractériser ladite entreprise, au regard des mesures en cause, par rapport à tout autre opérateur économique, une telle participation n’est pas, en soi, de nature à faire naître à son profit un droit à intenter un recours direct contre ledit règlement [arrêts du 28 février 2002, BSC Footwear Supplies e.a./Conseil, T‑598/97, EU:T:2002:52, point 61 ; du 19 avril 2012, Würth et Fasteners (Shenyang)/Conseil, T‑162/09, non publié, EU:T:2012:187, point 34, et ordonnance du 7 mars 2014, FESI/Conseil, T‑134/10, non publiée, EU:T:2014:143, point 58]. En effet, la distinction entre un règlement et une décision est fondée sur la nature de l’acte lui‑même et les effets juridiques qu’il produit, et non pas sur les modalités de son adoption (ordonnance du 7 mars 2014, FESI/Conseil, T‑134/10, non publiée, EU:T:2014:143, point 55).

53 Il en va de même en ce qui concerne la mention du nom d’une entreprise ou d’une association représentative dans un règlement instituant des droits antidumping. Dès lors que la seule participation d’une entreprise ou d’une association représentative à une procédure antidumping ne suffit pas, en l’absence d’autres éléments, pour faire naître à son profit un droit d’intenter un recours direct contre le règlement en cause, une partie requérante ne saurait faire découler ce droit de la mention de son nom à un ou à plusieurs considérants dudit règlement, puisque cette mention ne fait que constater sa participation à la procédure [voir arrêt du 19 avril 2012, Würth et Fasteners (Shenyang)/Conseil, T‑162/09, non publié, EU:T:2012:187, point 35 et jurisprudence citée].

54 Si la requérante soutient, en substance, que les principes figurant aux points 52 et 53 ci-dessus et qui auraient été dégagés à l’occasion de litiges introduits par un importateur individuel ne sauraient lui être appliqués, étant donné qu’elle représente un groupe important d’importateurs, elle n’étaye pas son allégation. En tout état de cause, il convient de rappeler que la requérante dans l’affaire ayant conduit à l’ordonnance du 7 mars 2014, FESI/Conseil (T‑134/10, non publiée, EU:T:2014:143), citée au point 52 ci-dessus, était, ainsi qu’il ressort des points 1 et 46 de cette ordonnance, également une association d’importateurs indépendants. Dès lors, l’argument de la requérante ne saurait prospérer.

55 Ne saurait pas d’avantage prospérer l’allégation de la requérante selon laquelle sa participation à la procédure devant la Commission, dans sa fonction de représentante de ses membres, a affecté le résultat de cette procédure. Tout d’abord, la requérante ne l’a aucunement étayée. Ensuite, ainsi que le fait valoir la Commission, toutes les observations de la requérante, à l’exception d’une demande d’information figurant au considérant 93 du règlement attaqué, ont été rejetées par la Commission. Enfin, et en tout état de cause, ni la Cour dans l’arrêt du 16 mai 1991, Extramet Industrie/Conseil (C‑358/89, EU:C:1991:214), ni le Tribunal dans sa jurisprudence postérieure à cet arrêt, n’ont retenu ce critère proposé par M. l’avocat général Jacobs dans ses conclusions dans l’affaire Extramet Industrie/Conseil (C‑358/89, non publiées, EU:C:1991:144, point 66), pour considérer qu’il suffisait à établir une affectation individuelle (ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 44, et arrêt du 3 mai 2018, Distillerie Bonollo e.a./Conseil, T‑431/12, EU:T:2018:251, points 83 et 84).

56 Ainsi que le soutient la Commission, la requérante a commencé à participer à la procédure menant à l’adoption du règlement attaqué à un stade très avancé, c’est‑à-dire à la suite de la communication du document d’information provisoire. Si la requérante avance qu’un de ses membres, LSI, a participé à la procédure dès son début, cette participation ne ressort d’aucun document auquel la requérante a renvoyé. Selon la Commission, LSI a formulé les mêmes observations que la requérante en même temps que cette dernière. Ainsi, il n’est pas démontré que la participation de LSI à l’enquête dépasse celle de la requérante. Il s’ensuit que les conclusions formulées dans le règlement attaqué n’auraient même pas pu concerner individuellement les membres de la requérante (voir également point 50 ci-dessus).

57 En ce qui concerne spécifiquement les observations de la requérante concernant l’intérêt de l’Union, il convient de rappeler qu’admettre la possibilité qu’un tel apport dans la procédure antidumping aurait pour conséquence d’individualiser leur auteur reviendrait à vider de sa substance l’exigence selon laquelle l’opérateur doit être individuellement concerné. En effet, il ressort du considérant 180 du règlement provisoire que la détermination de l’intérêt de l’Union a été fondée sur une appréciation de tous les intérêts en cause, c’est-à-dire ceux de l’industrie de l’Union, des importateurs, ainsi que des utilisateurs (voir, en ce sens, ordonnance du 7 mars 2014, FESI/Conseil, T‑134/10, non publiée, EU:T:2014:143, point 52).

58 Ainsi, la seule participation de la requérante, en tant que représentante de ses membres, et de LSI à la procédure n’a pas eu pour conséquence d’individualiser la requérante au sens de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE.

59 En second lieu, la participation d’une entreprise à une procédure antidumping peut néanmoins contribuer, prise avec d’autres éléments, à établir que cette entreprise est individuellement concernée par le règlement instituant les droits antidumping adopté à l’issue de cette procédure en raison de certaines qualités qui leur sont particulières et qui les caractérisent par rapport à toute autre personne (voir point 46 ci-dessus).

60 La Cour a reconnu que tel était le cas pour un importateur indépendant ayant établi l’existence d’un ensemble d’éléments constitutifs d’une situation particulière le caractérisant, au regard de la mesure en cause, par rapport à tout autre opérateur économique. En particulier, l’importateur indépendant concerné avait prouvé, premièrement, qu’il était l’importateur le plus important du produit faisant l’objet de la mesure antidumping et, en même temps, l’utilisateur final de ce produit, deuxièmement, que ses activités économiques dépendaient, dans une très large mesure, de ces importations et, troisièmement, que ces activités étaient sérieusement affectées par le règlement litigieux, compte tenu du nombre restreint de producteurs du produit en cause et du fait qu’il éprouvait des difficultés à s’approvisionner auprès du seul producteur de l’Union, qui était, au surplus, son principal concurrent pour le produit transformé (arrêt du 16 mai 1991, Extramet Industrie/Conseil, C‑358/89, EU:C:1991:214, point 17 ; voir, également, ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 30 et jurisprudence citée).

61 Il ressort certes de la jurisprudence que l’arrêt du 16 mai 1991, Extramet Industrie/Conseil (C‑358/89, EU:C:1991:214), n’a pas établi de liste exhaustive des conditions auxquelles un importateur indépendant doit satisfaire pour être considéré comme individuellement concerné par un règlement instituant des droits antidumping et qu’il n’est donc pas exclu que d’autres éléments puissent, à cet effet, être pris en considération par le juge de l’Union (arrêt du 28 février 2002, BSC Footwear Supplies e.a./Conseil, T‑598/97, EU:T:2002:52, point 56).

62 Toutefois, la situation des membres de la requérante n’est aucunement semblable à la situation tout à fait particulière dans laquelle se trouvait la partie requérante dans l’affaire ayant donné lieu à l’arrêt du 16 mai 1991, Extramet Industrie/Conseil (C‑358/89, EU:C:1991:214).

63 Premièrement, la requérante ne prétend pas que ses membres, pris individuellement ou collectivement, sont les importateurs les plus importants du produit concerné dans la présente affaire.

64 Deuxièmement, en ce qui concerne la prétendue dépendance aux importations du produit concerné dans la présente affaire en provenance de l’Inde et d’Indonésie, la requérante a avancé un argument tiré de la proportion que représentent ces importations dans les totaux des besoins en approvisionnement de ses membres qui l’ont mandatée, à savoir de 25 à 85 %, et a soutenu que ce pourcentage est plus important que celui d’autres importateurs. Cependant, ces pourcentages, qui ne se fondent que sur des déclarations de deux de ses membres, ne sont pas étayés. À supposer même que ces proportions d’importation de ces membres de la requérante correspondent à la réalité, la requérante ne démontre pas que ces dernières sont nettement plus importantes que celles des autres importateurs. La possibilité que la proportion d’importation du produit concerné dans la présente affaire dans les totaux des besoins en approvisionnement des autres importateurs de l’Union soit la même, voire plus grande, n’est donc aucunement exclue (voir, en ce sens, ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 49).

65 La requérante n’a pas non plus établi l’existence alléguée de contrats de fourniture avec les entreprises soumis aux droits antidumping en cause, qui les lieraient pour une durée variant de moyenne à longue avec l’impossibilité de diminution de volumes de fourniture à partir de ces sources, au profit d’autres sources d’approvisionnement.

66 Contrairement à ce qui était le cas de la partie requérante dans l’affaire ayant donné lieu à l’arrêt du 16 mai 1991, Extramet Industrie/Conseil (C‑358/89, EU:C:1991:214), il existe, ainsi que l’atteste le considérant 164 du règlement attaqué, des sources alternatives d’approvisionnement en produit concerné dans la présente affaire. En particulier, il existe, hormis la production de l’Union, des importations non seulement en provenance de l’Inde et d’Indonésie, mais également en provenance de l’Afrique du Sud, de la Corée ou de Taïwan. De plus, il n’a pas été allégué que les fournisseurs de l’Union seraient des concurrents de la requérante sur le marché des produits transformés, circonstance qui serait de nature à caractériser une situation particulière à l’instar de celle ayant donné lieu à l’arrêt du 16 mai 1991, Extramet Industrie/Conseil (C‑358/89, EU:C:1991:214).

67 Quant à l’argument de la requérante tiré d’une prétendue pénurie du produit concerné dans la présente affaire sur le marché mondial, couplée à une hausse des prix (points 36 et 37 ci-dessus), il convient de constater, à la supposer établie, qu’elle concerne l’ensemble des importateurs et acheteurs de ce produit dans l’Union et n’est pas de nature à constituer un indice en faveur de l’individualisation des membres de la requérante.

68 Par conséquent, la requérante n’a pas démontré la dépendance de ses membres aux importations du produit concerné dans la présente affaire dans une mesure qui les individualiserait par rapport aux autres importateurs.

69 Troisièmement, la requérante ne précise pas spécifiquement les conséquences des droits antidumping en cause sur les activités économiques de ses membres. Elle se borne à alléguer que les importations du produit concerné dans la présente affaire sont nécessaires et requises et elle fait état d’une augmentation soudaine des niveaux de prix qui accompagne la pénurie de ce produit sur le marché mondial.

70 Il en découle que la requérante n’a pas démontré que l’institution des droits antidumping en cause aurait des conséquences sérieuses sur les activités économiques de ses membres de nature à les individualiser au regard du règlement attaqué par rapport à toute autre personne au sens de l’arrêt du 16 mai 1991, Extramet Industrie/Conseil (C‑358/89, EU:C:1991:214).

71 En outre, d’une part, l’enchérissement des produits en cause ou le besoin de modifier les chaînes d’approvisionnement ne sont que des conséquences habituelles de tout règlement instituant des droits antidumping définitifs, pesant de la même manière sur tous les importateurs, spécialisés dans l’importation et la revente des produits en cause (voir, en ce sens, ordonnances du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 56, et du 7 mars 2014, FESI/Conseil, T‑134/10, non publiée, EU:T:2014:143, point 69). D’autre part, les mesures antidumping instituées à l’encontre de l’Inde et d’Indonésie ne visent pas à fermer le marché de l’Union aux pays concernés, mais à relever les prix à un niveau équitable.

72 L’action de la Commission n’a donc pas été déterminée par la situation des membres de la requérante. Il s’ensuit que la requérante n’a pas prouvé que le règlement attaqué affectait ses membres autrement qu’en leur seule qualité objective d’importateurs du produit concerné dans la présente affaire, au même titre que tout autre opérateur économique se trouvant dans une situation identique.

73 Par conséquent, ni les membres de la requérante ni la requérante elle-même, en sa qualité de représentante de ceux-ci, ne sont individuellement concernés par le règlement attaqué.

Sur l’existence de mesures d’exécution du règlement attaqué à l’égard des membres de la requérante

74 Conformément à une jurisprudence constante, les règlements instituant des droits antidumping définitifs, tels que le règlement attaqué, sont des actes réglementaires (ordonnances du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 65, et du 14 septembre 2021, Far Polymers e.a./Commission, T‑722/20, non publiée, EU:T:2021:598, point 56). En l’espèce, les parties s’opposent cependant quant à la question de savoir si le règlement attaqué comporte des mesures d’exécution à l’égard des membres de la requérante.

75 La Commission soutient que la requérante ne saurait se prévaloir de l’article 263, quatrième alinéa, dernier membre de phrase, TFUE, dans la mesure où le règlement attaqué comporterait des mesures d’exécution. En effet, lorsqu’un acte réglementaire comporte de telles mesures, le contrôle juridictionnel de sa légalité au regard du droit de l’Union, serait assuré indépendamment de la question de savoir si lesdites mesures émanent de l’Union ou des États membres. Les personnes physiques ou morales ne pouvant pas, en raison des conditions de recevabilité prévues par cette disposition, attaquer directement devant le juge de l’Union un acte réglementaire de l’Union seraient protégées par la possibilité d’attaquer les mesures d’exécution que cet acte comporte. Aux fins de cette appréciation, contrairement à ce qu’allèguerait la requérante, il serait dénué de pertinence de savoir si ces mesures ont ou non un caractère mécanique.

76 Si les États membres doivent, en principe, appliquer les mesures adoptées dans le cadre de la politique commerciale commune aux fins de la mise en œuvre uniforme du tarif douanier commun, il n’en resterait pas moins que ces mesures d’exécution, appliquées à la situation individuelle de l’importateur concerné, seraient les seules à matérialiser les effets du règlement attaqué.

77 En effet, il ressortirait également de la jurisprudence que toute marchandise importée doit faire l’objet d’une déclaration en douane. Les notifications douanières relatives aux importations de produits visés par les règlements instituant des droits antidumping pourraient être considérées comme des mesures d’exécution. Selon la Commission, si l’importateur concerné estime, sur la base de ces mesures d’exécution, avoir indûment fait l’objet de l’imposition de tels droits, il peut contester la détermination de ces droits au niveau national, selon la procédure de recours mise en place par l’État membre en cause, avec la possibilité de saisir la Cour par une question préjudicielle.

78 La requérante considère que, aux fins de savoir si un acte réglementaire comporte des mesures d’exécution, il y a lieu de s’attacher à la position de la personne invoquant le droit de recours au titre de l’article 263, quatrième alinéa, dernier membre de phrase, TFUE. Or, le règlement (UE) no 952/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 9 octobre 2013, établissant le code des douanes de l’Union (JO 2013, L 269, p. 1, ci-après le « nouveau code des douanes »), aurait, en raison de l’introduction des principes de la communication électronique et de l’utilisation des systèmes électroniques, considérablement réduit l’implication des agents des douanes. Ainsi, la conclusion figurant au point 71 de l’ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil (T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53), selon laquelle en vertu du règlement (CEE) no 2913/92 du Conseil, du 12 octobre 1992, établissant le code des douanes communautaire (JO 1992, L 302, p. 1, ci-après l’« ancien code des douanes »), le montant des droits doit être communiqué au débiteur selon les modalités appropriées dès qu’il a été pris en compte, c’est-à-dire établi par les autorités nationales, de sorte que cette communication constitue, à l’égard dudit débiteur, une mesure d’exécution du règlement attaqué prise à son égard par les autorités nationales, n’est plus valable.

79 En premier lieu, dans les arrêts du 9 juin 2021, Puma e.a./Commission (T‑781/16, non publié, EU:T:2021:328, point 47), et du 9 juin 2021, Roland/Commission (T‑132/18, non publié, EU:T:2021:329, point 46), le Tribunal aurait jugé que, d’une part, le règlement attaqué dans lesdites affaires produit directement des effets sur la situation juridique des parties requérantes dans la mesure où il détermine le droit antidumping que celles-ci, en leur qualité d’importatrices, devraient payer et que, d’autre part, ledit règlement oblige les États membres, notamment leurs autorités douanières, à percevoir ledit droit sans leur laisser une quelconque marge d’appréciation, de sorte que lesdites requérantes sont directement concernées par ce règlement. De l’avis de la requérante, ceci exclut la possibilité d’une quelconque mesure d’exécution de la part de ces autorités au niveau national.

80 En deuxième lieu, il découlerait, d’une part, des règles figurant dans le nouveau code des douanes que si aucun contrôle n’est effectué par les autorités douanières nationales, ce qui aurait été le cas pour les importations effectuées par les membres de la requérante, ces autorités ne réalisent aucun acte d’exécution des règlements antidumping.

81 En effet, les articles 101, 102 et 104 du nouveau code des douanes, concernant, respectivement, la détermination du montant des droits à l’importation, la notification de la dette douanière et la prise en compte du montant des droits à l’importation exigibles, ne sauraient être lus indépendamment des règles relatives à la communication électronique et aux contrôles douaniers types basés sur des méthodes d’évaluation des risques. Ce serait l’importateur qui détermine les éléments sur lesquels repose le calcul des droits de douane à payer.

82 À moins que les douanes ne décident de contrôler une déclaration ou les marchandises faisant l’objet d’une telle déclaration, le montant des droits de douane et leur paiement seraient déterminés par l’importateur sans intervention des autorités douanières.

83 D’autre part, contrairement à ce qui serait le cas des importateurs ordinaires, la requérante, en tant qu’association d’importateurs n’aurait aucune qualité pour initier un tel contrôle devant les juridictions des États membres. En effet, en vertu de l’article 44 du nouveau code des douanes, seuls les importateurs seraient en mesure d’activer le mécanisme pertinent devant les autorités douanières nationales, pour s’opposer au paiement des droits antidumping, ou de demander leur remboursement, et ensuite de contester toute décision négative des autorités douanières devant les juridictions nationales qui, à leur tour, pourraient interroger la Cour à titre préjudiciel. Ainsi, l’irrecevabilité du présent recours conduirait à la violation du droit de la requérante à une protection juridictionnelle effective.

84 En troisième lieu, la requérante estime que la jurisprudence issue de l’arrêt du 9 mars 1994, TWD Textilwerke Deggendorf (C‑188/92, EU:C:1994:90), concernant la question de savoir si le fait de ne pas avoir formé de recours au titre de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE, contre un acte implique que le requérant ne peut pas soulever la question de la validité de cet acte devant une juridiction nationale est sans conséquence sur la qualité pour agir à l’égard des actes réglementaires au titre de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE.

85 Il ressortirait de l’arrêt du 12 décembre 1996, Accrington Beef e.a. (C‑241/95, EU:C:1996:496, point 15), que l’« effet d’éviction » relevé dans l’arrêt du 9 mars 1994, TWD Textilwerke Deggendorf (C‑188/92, EU:C:1994:90), ne s’applique pas lorsqu’il n’est pas manifeste qu’un recours de la partie requérante, fondé sur l’article 263, quatrième alinéa, TFUE, à l’encontre dudit règlement, aurait été recevable. La Cour aurait confirmé cette solution dans l’arrêt du 18 octobre 2018, Rotho Blaas (C‑207/17, EU:C:2018:840, points 38 et 39), dans lequel elle aurait jugé que « c’est en vertu d’actes pris par les autorités nationales compétentes que le paiement des droits antidumping institués par les règlements litigieux est imposé aux opérateurs concernés [...] Il ne saurait, partant, être considéré que les règlements litigieux ne comportaient manifestement pas de mesures d’exécution au sens de l’article 263, quatrième alinéa, dernier membre de phrase, TFUE ».

86 Par conséquent, il serait erroné de considérer que cette disposition ne s’applique que s’il est « manifeste » qu’un acte réglementaire ne nécessite pas de mesures d’exécution. En effet, dans certains cas de figure, il serait « possible », mais pas « évident » ou « manifeste », qu’un requérant ait qualité pour agir en vertu de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE. Dans ce cas, il résulterait des arrêts du 12 décembre 1996, Accrington Beef e.a. (C‑241/95, EU:C:1996:496), et du 18 octobre 2018, Rotho Blaas (C‑207/17, EU:C:2018:840), que le fait que le requérant tente de revendiquer la qualité pour agir en vertu de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE, ne saurait avoir aucune incidence sur la recevabilité d’une question préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE. Toute autre interprétation conduirait à une situation dans laquelle pratiquement aucun acte réglementaire ne pourrait être contesté au titre de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE, au motif qu’il serait toujours possible de faire valoir que l’application d’actes réglementaires implique l’exercice d’une certaine autorité administrative. Si cet exercice devait toujours être considéré comme constituant une mesure d’exécution, l’article 263 TFUE serait vidé de son sens au regard des actes réglementaires. Une telle interprétation serait également contraire aux intentions des rédacteurs du traité, qui auraient introduit la qualité pour agir en vertu de l’article 263, quatrième alinéa, dernier membre de phrase, TFUE, en réponse à l’appel à l’action lancé par la Cour dans l’arrêt du 25 juillet 2002, Unión de Pequeños Agricultores/Conseil (C‑50/00 P, EU:C:2002:462, point 45).

87 À cet égard, il est de jurisprudence constante que l’existence de mesures d’exécution du règlement attaqué, au regard de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE, doit être examinée à la lumière de l’objectif que cette disposition poursuit, à savoir permettre à une personne physique ou morale d’introduire un recours contre des actes de portée générale qui ne sont pas des actes législatifs, la concernant directement, et qui ne comportent pas de mesures d’exécution, en évitant ainsi les cas où une telle personne devrait enfreindre le droit pour avoir accès à un juge (ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 66 ; voir également, en ce sens, arrêt du 18 octobre 2018, Internacional de Productos Metálicos/Commission, C‑145/17 P, EU:C:2018:839, point 49, et ordonnance du 14 septembre 2021, Far Polymers e.a./Commission, T‑722/20, non publiée, EU:T:2021:598, points 58 et 59).

88 Il convient donc d’examiner si l’acte réglementaire de l’Union est mis en œuvre par un autre acte, qui est susceptible de faire l’objet d’un recours de la part de son destinataire soit devant le Tribunal, soit devant les juridictions des États membres (voir, en ce sens, arrêt du 18 octobre 2018, Internacional de Productos Metálicos/Commission, C‑145/17 P, EU:C:2018:839, points 50 et 51, et ordonnance du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 67).

89 Contrairement à ce que soutient, en substance, la requérante, l’examen en cause ne consiste pas à vérifier si le règlement attaqué comporte manifestement des mesures d’exécution.

90 Il ressort, certes, de la jurisprudence rendue en réponse à des questions préjudicielles, citée par la requérante, que la Cour a pu considérer que les actes litigieux ne comportaient manifestement pas de mesures d’exécution (arrêt du 18 octobre 2018, Rotho Blaas, C‑207/17, EU:C:2018:840, point 39). Toutefois, ainsi qu’il est d’ailleurs rappelé au point 28 de l’arrêt du 18 octobre 2018, Rotho Blaas (C‑207/17, EU:C:2018:840), cette vérification correspond au critère de la recevabilité non des recours en annulation formés en vertu de l’article 263 TFUE, mais des questions préjudicielles en appréciation de validité, lesquelles sont irrecevables dans l’hypothèse où un recours direct devant le Tribunal contre l’acte dont la validité est en cause aurait été manifestement recevable. Il ressort en effet de la jurisprudence que, dans l’hypothèse où il pourrait être considéré qu’une personne aurait été, sans aucun doute, recevable à demander l’annulation de l’acte en cause – notamment parce qu’il ne comportait manifestement pas de mesures d’exécution – cette personne serait empêchée d’exciper de son invalidité devant la juridiction nationale compétente (voir, en ce sens, arrêts du 9 mars 1994, TWD Textilwerke Deggendorf, C‑188/92, EU:C:1994:90, point 23, et du 16 avril 2015, TMK Europe, C‑143/14, EU:C:2015:236, point 18). Cette jurisprudence, destinée à favoriser l’accès au prétoire du juge préjudiciel, ne saurait donc être transposée à l’analyse, par le juge du recours en annulation, de la recevabilité des actions intentées devant lui, qui reste subordonnée, s’agissant d’un acte réglementaire affectant directement, mais pas individuellement, la partie requérante, à la condition qu’il soit établi qu’il n’existe pas de mesures d’exécution.

91 Il convient ainsi de déterminer en l’espèce, conformément à la jurisprudence selon laquelle il y a lieu de s’attacher à la position de la personne invoquant le droit de recours et de se référer exclusivement à l’objet du recours (arrêt du 19 décembre 2013, Telefónica/Commission, C‑274/12 P, EU:C:2013:852, points 30 et 31 ; ordonnances du 12 janvier 2017, Amrita e.a./Commission, C‑280/16 P, non publiée, EU:C:2017:9, points 36 et 37, et du 14 septembre 2021, Far Polymers e.a./Commission, T‑722/20, non publiée, EU:T:2021:598, point 61), si le règlement attaqué, dont l’objet est d’imposer des droits antidumping qui devront être payés par les importateurs, comporte des mesures d’exécution à l’égard des membres de la requérante, lesquels sont des importateurs du produit concerné dans la présente affaire.

92 Il ressort d’une jurisprudence constante, initiée sur le fondement des dispositions de l’ancien code des douanes et reprise en application des dispositions du nouveau code des douanes, applicable en l’espèce, que les règlements imposant des droits antidumping définitifs comportent des mesures d’exécution à l’égard des importateurs débiteurs de ces droits consistant en la communication ou en la notification à l’importateur de la dette douanière résultant de ces droits (arrêt du 18 octobre 2018, Rotho Blaas, C‑207/17, EU:C:2018:840, points 38 et 39 ; ordonnances du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 72, et du 14 septembre 2021, Far Polymers e.a./Commission, T‑722/20, non publiée, EU:T:2021:598, point 66).

93 Pour mettre en œuvre l’article 14, paragraphe 1, du règlement de base, en vertu duquel les droits antidumping définitifs sont perçus par les États membres (ordonnance du 14 septembre 2021, Far Polymers e.a./Commission, T‑722/20, non publiée, EU:T:2021:598, point 64), l’article 101, paragraphe 1, du nouveau code des douanes prévoit que « [l]e montant des droits à l’importation ou à l’exportation exigibles est déterminé par les autorités douanières compétentes pour le lieu où la dette douanière a pris naissance » sans que soit prévue à cet égard d’exception pour les droits antidumping définitifs. En outre, conformément à l’article 104, paragraphe 1, de ce code, les autorités douanières visées à son article 101 prennent en compte, conformément à la législation nationale, le montant des droits à l’importation ou à l’exportation exigibles déterminé conformément à cette dernière disposition. Enfin, l’article 102 dudit code dispose, en son paragraphe 1, que la dette douanière est notifiée au débiteur par les autorités douanières, sous la forme prescrite au lieu où la dette douanière est née , et précise, en son paragraphe 2, que, lorsque le montant des droits exigibles correspond au montant mentionné dans la déclaration en douane, l’octroi de la mainlevée des marchandises par les autorités douanières vaut décision notifiant la dette douanière au débiteur.

94 Contrairement à ce que prétend la requérante, il ne saurait, dès lors, être déduit de la modification de la réglementation douanière que, sous l’empire du nouveau code des douanes, applicable en l’espèce, les règlements imposant des droits antidumping définitifs ne comportent plus de mesures d’exécution à l’égard des importateurs. Il en est d’autant plus ainsi que les dispositions du nouveau code des douanes, rappelées au point 93 ci-dessus, ne diffèrent guère de celles antérieurement en vigueur. En effet, la détermination des montants des droits par les autorités douanières nationales, la communication de ces montants au débiteur par lesdites autorités ainsi que la circonstance selon laquelle l’octroi de la mainlevée des marchandises vaut communication de la dette douanière au débiteur en cas de correspondance entre le montant de cette dette et celui déclaré par l’importateur étaient déjà prévues par les articles 217 et 221 de l’ancien code des douanes.

95 Ces considérations ne sont pas remises en cause par l’argumentation de la requérante selon laquelle une telle analyse ne tiendrait pas compte de l’introduction dans le nouveau code des douanes de « systèmes électroniques » aux fins de la mise en œuvre dudit code.

96 Il ressort certes de l’article 6, paragraphe 1, du nouveau code des douanes, que les « échange[s] d’informations telles que des déclarations, demandes ou décisions entre les autorités douanières et entre les opérateurs économiques et les autorités douanières […], en vertu de la législation douanière, sont effectués en utilisant un procédé informatique de traitement des données ».

97 Toutefois, ainsi qu’il ressort des termes mêmes de cette disposition et ainsi qu’il résulte également des dispositions du nouveau code des douanes mentionnées au point 93 ci-dessus, cette informatisation concerne les échanges entre les opérateurs économiques et les autorités douanières et n’implique pas en tant que telle, en tout état de cause, que l’importation des produits et le paiement des droits antidumping fassent désormais uniquement intervenir les opérateurs économiques sans intervention ultérieure des autorités douanières nationales.

98 En effet, le règlement attaqué ne peut déployer ses effets qu’à la suite d’une déclaration en douane établie par l’importateur (voir, a contrario, arrêt du 14 janvier 2016, Doux/Commission, T‑434/13, non publié, EU:T:2016:7, points 60 à 64), elle-même nécessairement suivie d’une mesure adoptée par les autorités douanières nationales. Il est vrai que celle-ci se borne, le plus souvent et en l’absence de contrôle, à la communication électronique consistant en la génération par le système douanier électronique, qui relève de la responsabilité des autorités douanières nationales, d’une décision d’acceptation de la déclaration en douane introduite, acceptation prenant la forme de l’attribution d’un code valant octroi de la mainlevée et permettant la mise en libre pratique des marchandises concernées et que l’intervention desdites autorités sous la forme d’un contrôle, suivi dans ce cas d’une communication des résultats de la vérification et d’un éventuel montant rectifié des droits à payer, est plus occasionnelle. Toutefois, même lorsque l’action des autorités nationales se limite à ladite communication électronique, il n’en demeure pas moins qu’un acte est ainsi adopté par ces autorités. L’absence de contrôle des marchandises de la requérante, que cette dernière fait valoir en l’espèce, est, dès lors, dépourvue de pertinence.

99 Est également indifférente la circonstance, alléguée par la requérante, selon laquelle les autorités douanières nationales ne disposent d’aucune marge d’appréciation dans leur mise en œuvre du règlement attaqué dans l’hypothèse où elles n’opteraient pas pour un contrôle. En vertu d’une jurisprudence constante, l’absence de pouvoir d’appréciation est un critère qui doit être examiné afin de constater si la condition de l’affectation directe d’une partie requérante est remplie, laquelle constitue, conformément au libellé de l’article 263, quatrième alinéa, TFUE, une condition distincte de l’exigence d’un acte ne comportant pas de mesures d’exécution (voir, en ce sens, arrêt du 18 octobre 2018, Internacional de Productos Metálicos/Commission, C‑145/17 P, EU:C:2018:839, point 54 et jurisprudence citée ; ordonnances du 21 janvier 2014, Bricmate/Conseil, T‑596/11, non publiée, EU:T:2014:53, point 74 et jurisprudence citée, et du 14 septembre 2021, Far Polymers e.a./Commission, T‑722/20, non publiée, EU:T:2021:598, point 70).

100 En outre, déduire de l’automatisation instaurée par le nouveau code des douanes que le règlement attaqué ne comporte pas de mesures d’exécution reviendrait à subordonner l’appréciation du critère juridique de l’absence de mesures d’exécution d’un acte à des circonstances purement techniques. Au demeurant, le fait que la procédure régulière de dédouanement à l’importation soit ainsi simplifiée ne signifie pas qu’aucune mesure n’est prise par les autorités douanières (voir, en ce sens, ordonnances du 14 juillet 2015, Forgital Italy/Conseil, C‑84/14 P, non publiée, EU:C:2015:517, point 61, et du 5 février 2013, BSI/Conseil, T‑551/11, non publiée, EU:T:2013:60, point 49).

101 Enfin, il convient de relever qu’il ressort de l’article 44 du nouveau code des douanes, comme d’ailleurs des dispositions antérieurement en vigueur (articles 243 à 245 de l’ancien code des douanes), que les décisions relatives à l’application de la législation douanière prises par les autorités douanières peuvent faire l’objet d’un recours, conformément à la procédure instituée à cette fin par l’État membre en cause en application de cette disposition. Dans le cadre de ce recours, il est possible d’exciper, le cas échéant, de l’illégalité du règlement instituant les droits antidumping devant les juridictions nationales, qui pourraient recourir, avant de statuer, aux dispositions de l’article 267 TFUE (voir, en ce sens, ordonnance du 14 septembre 2021, Far Polymers e.a./Commission, T‑722/20, non publiée, EU:T:2021:598, points 67 et 68 et jurisprudence citée).

102 Ne saurait non plus prospérer l’argument de la requérante selon lequel l’impossibilité de cette dernière, en tant qu’association, de contester devant les autorités et juridictions nationales des règlements instituant des droits antidumping conduirait à une violation de son droit à un recours juridictionnel effectif. En effet, pour autant que la requérante agit pour représenter ses membres, importateurs indépendants, ceux-ci peuvent, ainsi que le constate la requérante elle-même, saisir eux-mêmes les autorités et les juridictions des États-membres, de sorte qu’il n’existe pas de risque de violation du droit à un recours juridictionnel effectif (voir, en ce sens, ordonnance du 7 mars 2014, FESI/Conseil, T‑134/10, non publiée, EU:T:2014:143, point 38).

103 Il résulte de tout ce qui précède que le règlement attaqué comporte des mesures d’exécution à l’égard des membres de la requérante.

104 Il s’ensuit que les membres de la requérante n’ont pas qualité pour agir contre le règlement attaqué et que, par conséquent, la requérante, représentante des intérêts de ses membres, n’est pas recevable à agir à ce titre, conformément à la jurisprudence citée au point 18 ci-dessus et, plus particulièrement, à la première situation mentionnée à ce point.

Sur la recevabilité du recours de la requérante aux fins de la défense de ses propres intérêts

105 La Commission soutient que, dans la mesure où la requérante est une association professionnelle, elle doit établir, pour être recevable à agir en tant que telle, que le rôle qu’elle a joué dans le cadre de la procédure ayant conduit à l’adoption du règlement attaqué justifie la recevabilité de son recours, alors même que ses membres ne sont pas directement et individuellement concernés par ledit acte, notamment lorsque sa position de négociatrice a été affectée par ce dernier.

106 En l’espèce, la requérante ne se serait pas fait connaître dans les délais fixés par l’avis d’ouverture aux parties intéressées pour participer à l’enquête, mais uniquement à partir du 11 juin 2021, c’est-à-dire à la suite de la divulgation des faits et des considérations essentielles sur la base desquels le droit antidumping provisoire a été institué, soit près de neuf mois après l’ouverture de l’enquête, à un stade très tardif de la procédure. Son intervention n’aurait pas joué un rôle significatif dans le résultat de l’enquête. L’un des membres de la requérante, LSI, aurait formulé les mêmes observations que la requérante et en même temps que cette dernière (voir point 25 ci‑dessus). En outre, le fait que la requérante ait participé à l’enquête ayant abouti au règlement attaqué et ait communiqué, au nom de ses membres, des observations à la Commission durant cette enquête ne conférerait à la requérante aucun rôle particulier dans cette procédure.

107 Quant à la requérante, elle se réfère à son objectif, tel qu’il découle de ses statuts, à sa participation à l’adoption du règlement attaqué et à l’arrêt du 2 février 1988, Kwekerij van der Kooy e.a./Commission (67/85, 68/85 et 70/85, EU:C:1988:38, points 21 à 24).

108 À cet égard, premièrement, il y a lieu de rappeler que le rôle joué par une association, dans le cadre d’une procédure ayant conduit à l’adoption d’un acte, au sens de l’article 263 TFUE, peut justifier la recevabilité du recours introduit par cette association, alors même que ses membres ne sont pas directement et individuellement concernés par ledit acte, notamment lorsque sa position de négociatrice a été affectée par ce dernier (voir, en ce sens, arrêts du 2 février 1988, Kwekerij van der Kooy e.a./Commission, 67/85, 68/85 et 70/85, EU:C:1988:38, points 21 et 22 ; du 24 mars 1993, CIRFS e.a./Commission, C‑313/90, EU:C:1993:111, points 29 et 30, et du 13 mars 2018, European Union Copper Task Force/Commission, C‑384/16 P, EU:C:2018:176, point 88 et jurisprudence citée).

109 L’application de la jurisprudence citée au point 108 ci-dessus suppose que l’association en question se trouve dans une situation particulière dans laquelle elle occupe une position de négociatrice clairement circonscrite et intimement liée à l’objet même de la décision attaquée, la mettant dans une situation de fait qui la caractérise par rapport à toute autre personne (voir, en ce sens, arrêt du 9 juillet 2009, 3F/Commission, C‑319/07 P, EU:C:2009:435, point 87, et ordonnance du 29 mars 2012, Asociación Española de Banca/Commission, T‑236/10, EU:T:2012:176, point 43 et jurisprudence citée).

110 Dans l’arrêt du 2 février 1988, Kwekerij van der Kooy e.a./Commission (67/85, 68/85 et 70/85, EU:C:1988:38, points 20 à 24), la Cour a reconnu la qualité pour agir d’un organisme professionnel d’intérêt général, le Landbouwschap, qui avait non seulement participé activement à la procédure, notamment en soumettant des observations écrites à la Commission, mais aussi négocié, dans l’intérêt des professionnels concernés, des tarifs du gaz, qui avaient ensuite été considérés par la Commission comme étant des aides incompatibles avec le marché intérieur, et qui figurait, à ce titre, parmi les signataires de l’accord ayant établi les tarifs contestés par la Commission.

111 Dans l’arrêt du 24 mars 1993, CIRFS e.a./Commission (C‑313/90, EU:C:1993:111, points 29 et 30), la Cour a reconnu la qualité pour agir d’une association professionnelle, le Comité international de la rayonne et des fibres synthétiques (CIRFS), qui avait non seulement participé activement à la procédure, mais également joué un rôle de négociatrice dans le cadre de l’institution de la « discipline » visant à encadrer l’octroi des aides en cause à l’industrie concernée.

112 Or, la requérante n’a aucunement démontré en quoi aurait consisté son prétendu rôle de « négociatrice ». Elle ne s’est d’ailleurs pas explicitement désignée comme négociatrice. Elle n’a fait que renvoyer à l’arrêt du 2 février 1988, Kwekerij van der Kooy e.a./Commission (67/85, 68/85 et 70/85, EU:C:1988:38, points 21 à 24). En tout état de cause, quant à son rôle au cours de la procédure ayant conduit à l’adoption du règlement attaquée, il ne saurait être assimilé à celui du Landbouwschap ou du CIRFS dans les affaires mentionnées aux points 110 à 111 ci-dessus. En effet, il a été jugé que la situation d’une association représentative aux termes du règlement de base n’est pas comparable à la situation exceptionnelle d’un négociateur agissant formellement au nom de ses membres (arrêt du 28 février 2019, Conseil/Growth Energy et Renewable Fuels Association, C‑465/16 P, EU:C:2019:155, point 105).

113 Deuxièmement, pour autant que par ses arguments tirés de sa participation à la procédure ayant conduit à l’adoption du règlement attaqué la requérante entend poursuivre la défense de ses propres intérêts, il convient de les rejeter pour les mêmes motifs que ceux figurant aux points 52 à 57 ci-dessus.

114 Par ailleurs, il ne saurait être considéré que la requérante, en tant que telle, est directement concernée par le règlement attaqué pour autant qu’il impose des droits antidumping. En effet, l’imposition des droits antidumping n’a pas modifié la situation juridique de la requérante, à titre individuel, puisque, notamment, elle ne l’assujettit à aucune obligation, cette association n’étant pas tenue de s’acquitter à titre individuel dudit droit (voir, en ce sens, arrêt du 28 février 2019, Conseil/Growth Energy et Renewable Fuels Association, C‑465/16 P, EU:C:2019:155, point 105). En outre, la requérante elle-même n’a soutenu être directement affectée par le règlement attaqué qu’en tant que représentante de ses membres. Or, en l’absence de son affectation directe, condition indispensable en vertu de l’article 263, quatrième alinéa, deuxième et troisième membres de la phrase, TFUE, la requérante ne saurait avoir qualité pour agir.

115 Il s’ensuit qu’il y a lieu de rejeter le présent recours comme irrecevable.

Sur la demande d’intervention

116 Conformément à l’article 144, paragraphe 3, du règlement de procédure, lorsque la partie défenderesse dépose une exception d’irrecevabilité ou d’incompétence, visée à l’article 130, paragraphe 1, dudit règlement, il n’est statué sur la demande d’intervention qu’après le rejet ou la jonction de l’exception au fond.

117 En l’espèce, le recours étant rejeté dans son ensemble comme irrecevable, il n’y a pas lieu de statuer sur la demande d’intervention présentée par Eurofer, conformément à l’article 142, paragraphe 2, du règlement de procédure.

Sur les dépens

118 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

119 La requérante ayant succombé, il y a lieu de la condamner à supporter ses propres dépens ainsi que ceux exposés par la Commission, conformément aux conclusions de cette dernière.

120 En outre, en application de l’article 144, paragraphe 10, du règlement de procédure, lorsqu’il est mis fin à l’instance dans l’affaire principale avant qu’il ne soit statué sur une demande d’intervention, le demandeur en intervention et les parties principales supportent chacun leurs propres dépens afférents à la demande d’intervention. Par conséquent, la requérante, la Commission et Eurofer doivent supporter leurs propres dépens afférents à la demande d’intervention.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (troisième chambre)

ordonne :

1) Le recours est rejeté comme irrecevable.

2) Il n’y a plus lieu de statuer sur la demande d’intervention de l’Association Européenne de l’Acier (Eurofer).

3) European Association of Non-Integrated Metal Importers & distributors (Euranimi) est condamnée aux dépens.

4) Euranimi, la Commission européenne et Eurofer supporteront chacune leurs propres dépens afférents à la demande d’intervention de cette dernière.

Fait à Luxembourg, le 7 février 2023.

Le greffier

Le président

E. Coulon

F. Schalin


* Langue de procédure : l’anglais.