Jurisprudence CJUE62022TO0433

Jurisprudence CJUE — 62022TO0433

CELEX62022TO0433
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 6 juin 2023

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ORDONNANCE DU TRIBUNAL (septième chambre)

6 juin 2023 (*)

« Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne verbale STORK – Marque nationale verbale antérieure GOLDEN STORK ‑ Motif relatif de refus – Risque de confusion ‑ Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 ‑ Recours manifestement dépourvu de tout fondement en droit »

Dans l’affaire T‑433/22,

Spreewood Distillers GmbH, établie à Schlepzig (Allemagne), représentée par Mes O. Spieker et D. Mienert, avocats,

partie requérante,

contre

Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par MM. N. Lamsters et T. Frydendahl, en qualité d’agents,

partie défenderesse,

l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO ayant été

Radgonske gorice d.o.o., établie à Gornja Radgona (Slovénie),

LE TRIBUNAL (septième chambre),

composé de Mme K. Kowalik‑Bańczyk, présidente, MM. E. Buttigieg (rapporteur) et I. Dimitrakopoulos, juges,

greffier : M. V. Di Bucci,

rend la présente

Ordonnance

1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, Spreewood Distillers GmbH, demande l’annulation de la décision de la cinquième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 10 mai 2022 (affaire R 1782/2021‑5) (ci‑après la « décision attaquée »).

Antécédents du litige

2 Le 20 décembre 2019, la requérante a présenté à l’EUIPO une demande d’enregistrement de marque de l’Union européenne pour le signe verbal STORK.

3 La marque demandée désignait les produits et les services relevant des classes 32, 33 et 35 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondant, pour chacune de ces classes, à la description suivante :

– classe 32 : « Boissons sans alcool ; sirops et autres préparations pour faire des boissons ; boissons aux fruits ; jus ; extraits de fruits sans alcool ; boissons à base de jus de fruits sans alcool ; jus de fruits gazeux ; boissons sans alcool ; apéritifs sans alcool ; jus de raisin ; moût de raisin ; bières ; bières ; cocktails à base de bière ; poudres pour boissons gazeuses ; pastilles pour boissons gazeuses ; cocktails sans alcool ; boissons énergétiques ; produits pour la fabrication d’eaux gazeuses ; essences pour la préparation de boissons ; nectars de fruits ; mélanges de jus de fruits, en particulier jus de raisin coupé d’eau gazeuse ; jus végétaux [boissons] ; boissons isotoniques ; eaux gazeuses ; limonades ; sirops pour limonades ; eaux minérales [boissons] ; eaux minérales [boissons] ; moûts ; préparations pour faire des boissons ; smoothies [boissons de fruits ou de légumes mixés] ; sorbets [boissons] ; eaux de table ; eaux [boissons] ; vin de raisin sec [sans alcool] ; vin mousseux sans alcool ; secco sans alcool ; vin sans alcool ; moût sans alcool, en particulier moût de raisin sans alcool ; mousseux désalcoolisé ; secco désalcoolisé ; vins sans alcool ; moût désalcoolisé, en particulier moût de raisin désalcoolisé » ;

– classe 33 : « Boissons alcoolisées (à l’exception des bières) ; vin ; boissons alcoolisées (à l’exception des bières), en particulier vins mousseux ; boissons alcooliques, en particulier prosecco (à l’exception des bières) ; vin à faible teneur en alcool ; vins vinés ; vins tranquilles ; vins de cuisine ; vins perlés ; vins effervescents ; prosecco ; secco ; secco pétillant ; vins effervescents ; boissons mousseuses ; piquette ; vins de fruits ; hydromel ; hydromel ; boissons contenant du mousseux ; boissons à base de vin ; apéritifs, digestifs et cocktails à base de spiritueux ; apéritifs, digestifs et cocktails à base de vin ; apéritifs, digestifs et cocktails à base de prosecco ; apéritifs, digestifs et cocktails à base de mousseux ; boissons alcoolisées prémélangées autres qu’à base de bière ; essences alcooliques ; extraits alcooliques ; extraits de fruits à l’alcool ; boissons alcoolisées contenant des fruits ; moût alcoolique, en particulier moût de raisin contenant de l’alcool ; moût (fermenté), en particulier moût de raisin fermenté ; vin de raisin sec [alcoolisé] ; boissons aromatisées contenant du vin ; spiritueux doux ; spiritueux ; boissons distillées ; eaux-de-vie ; brandy ; alcools de fruits ; eaux-de-vie ; brandies ; cognac ; whisky ; genièvre [eau-de-vie] ; rhum ; liqueurs ; vins vinés ; digestifs ; alcools digestifs ; extraits de liqueurs spiritueuses ; brandy pour la cuisine » ;

– classe 35 : « Publicité, services de publicité, de marketing et de promotion ; manifestations d’information sur des aliments et boissons, en particulier boissons alcoolisées [à l’exception des bières], à des fins de vente ; gestion des affaires commerciales ; renseignements sur des affaires commerciales en relation avec des boissons alcooliques [à l’exception des bières] ; rassemblement de produits en rapport avec des boissons alcooliques [à l’exception des bières] pour des tiers à des fins de présentation et de vente ; services d’importation et d’exportation ; services de commande ; services d’acquisition pour le compte de tiers ainsi que services de vente au détail et en gros, en particulier via l’internet, avec les produits suivants : appareils et récipients pour le ménage et la cuisine, notamment refroidisseurs pour bouteilles de vin, ustensiles et récipients pour le ménage ou la cuisine, en particulier refroidisseurs pour bouteilles de mousseux, ustensiles et récipients pour le ménage ou la cuisine, en particulier refroidisseurs pour bouteilles de prosecco, dispositifs pour tenir les bouteilles au frais, ouvre-bouteilles, tire-bouchons, tire-bouchon, découpe-capsules pour bouteilles de vin, découpe-capsules pour bouteilles de mousseux, découpe-capsules pour bouteilles de prosecco, fermetures de bouteilles en verre, bouchons de bouteille, pompes à vide pour bouteilles de vin, décanteurs, brocs, verres, filtres pour le vin, supports pour biberons, notamment pour bouteilles de vin, supports pour biberons, en particulier pour bouteilles de mousseux, supports pour biberons, en particulier pour bouteilles de prosecco, dessous de carafe en liège, dessous pour bouteilles, dessous pour bouteilles de vin, dessous pour bouteilles de mousseux, dessous pour bouteilles de prosecco, dessous en métaux précieux pour bouteilles, collerettes antigouttes, spécialement adaptées pour une utilisation autour du col de la bouteille, pour empêcher les gouttes, huiliers, ménagères (huiliers et vinaigriers) en métaux précieux, burettes, supports pour huiliers et vinaigriers ; services d’acquisition pour le compte de tiers ainsi que services de vente au détail et en gros, en particulier via l’internet, avec les produits suivants : boissons non alcoolisées, sirops et autres préparations pour faire ces boissons, boissons de fruits, jus de fruits, extraits de fruits sans alcool, boissons de fruits non alcooliques, jus de fruits, avec gaz, boissons sans alcool, apéritifs, sans alcool, jus de raisin, moût de raisin, bières, bières, cocktails à base de bière, poudres pour boissons gazeuses, pastilles pour boissons gazeuses, cocktails, sans alcool, boissons énergétiques, produits pour la fabrication d’eaux gazeuses, essences pour la préparation de boissons, boissons de fruits, nectars de fruits non alcoolisés, jus de fruits, mélanges de jus de fruits, en particulier jus de raisin coupé d’eau gazeuse, jus végétaux [boissons], boissons isotoniques, eaux gazeuses, limonades, sirops pour limonades, eaux, minérales et gazeuses et autres boissons non alcooliques, eaux minérales [boissons], de moûts, préparations pour faire des boissons, boissons de fruits ou de légumes mixés (smoothies), sorbets [boissons], eaux de table, eaux [boissons], vin de raisin sec [sans alcool], vin mousseux sans alcool, secco sans alcool, vin sans alcool, moût sans alcool, notamment moût de raisin sans alcool, mousseux désalcoolisé, secco désalcoolisé, vins désalcoolisés, moût désalcoolisé, notamment moût de raisin désalcoolisé, boissons alcooliques (à l’exception des bières), notamment vins, boissons alcooliques (à l’exception des bières), en particulier vins mousseux, boissons alcooliques (à l’exception des bières), en particulier prosecco, vin à faible teneur en alcool, vins enrichis en alcool, vins tranquilles, vins de cuisine, vins perlés, crémants, prosecco, secco, secco pétillant, vins mousseux et boissons mousseuses, piquette, vins à base de fruits, hydromel, hydromel, boissons contenant du mousseux, boissons vinées, apéritifs, digestifs et cocktails à base de spiritueux, apéritifs, digestifs et cocktails à base de vin, apéritifs, digestifs et cocktails à base de prosecco, apéritifs, digestifs et cocktails à base de mousseux, boissons mélangées alcooliques [à l’exception des boissons mélangées à base de bière], essences alcooliques, extraits alcooliques, extraits de fruits avec de l’alcool, boissons alcooliques contenant des fruits, moût alcoolique, en particulier moût de raisin contenant de l’alcool, jus de fruits fermentés, en particulier moût de raisin fermenté, vin de raisin sec [alcoolisé], boissons aromatisées contenant du vin, spiritueux doux, spiritueux, boissons distillées, eaux de vie, vin brûlé, alcools de fruits, schnaps, brandy, cognac, whisky, gin, rhum, liqueurs et vins liquoreux, liqueurs digestives et schnaps digestifs, extraits de liqueurs spiritueuses, vin brûlé pour la cuisson ».

4 Le 17 avril 2020, l’intervenante, Radgonske gorice d.o.o, a formé opposition à l’enregistrement de la marque demandée pour les produits et services visés au point 3 ci-dessus.

5 L’opposition était, notamment, fondée sur la marque verbale slovène antérieure GOLDEN STORK, déposée le 4 mars 2019 et enregistrée le 6 août 2019 sous le numéro 201970225, désignant notamment les produits et services relevant des classes 33 et 35 et correspondant, pour chacune de ces classes, à la description suivante :

– classe 33 : « Vins mousseux ; vin de raisin effervescent ; vin de fruit effervescent ; vins blancs effervescents ; vins rouges effervescents ; vins mousseux naturels ; boissons contenant du vin [spritzers] ; refroidisseurs de vin [boissons] ; vin ; vin blanc ; vin rouge ; vins rosés ; vin de raisin ; vins vinés ; vins sucrés ; vins de table ; vin à faible teneur en alcool ; piquette ; vin de fruit ; vin de fraise ; vin de cuisine ; vins chauds ; boissons à base de vin ; punch de vin ; cidre ; poiré ; boissons alcoolisées contenant des fruits ; boissons alcoolisées (à l’exception de la bière) ; boissons gazeuses alcoolisées à l’exception de la bière ; extraits de fruits alcooliques ; boissons énergétiques alcoolisées ; boissons à faible teneur en alcool ; spiritueux ; boissons distillées ; whisky ; rhum ; aquavit ; spiritueux fermentés ; apéritifs ; cocktails ; bitters ; liqueurs ; liqueurs de crème ; hydromel ; extraits alcooliques ; kirsch ; whisky écossais ; whisky de malt ; gin ; liqueurs à base de whisky écossais ; anisette [liqueur] ; liqueurs de menthe poivrée ; vermouth ; digestifs [liqueurs et spiritueux] » ;

– classe 35 : « Services de vente au détail concernant les boissons alcoolisées (à l’exception des bières) ; services de vente en gros concernant les boissons alcoolisées (à l’exception des bières) ; services de vente au détail concernant les préparations pour faire des boissons alcoolisées ; services de vente en gros concernant les préparations pour faire des boissons alcoolisées ; services de vente au détail concernant les boissons non alcoolisées ; services de vente en gros concernant les boissons non alcoolisées ; services de vente au détail d’aliments ; services publicitaires pour la promotion des boissons ; services publicitaires pour la promotion de la vente de boissons ; publicité ; publipostage ; publicité radiophonique ; publicité télévisée ; publicité en ligne sur un réseau informatique ; marketing ; marketing direct ; étude de marché ; location d’espaces publicitaires ; location de temps publicitaire sur tout moyen de communication ; publicité extérieure ; diffusion d’annonces publicitaires ; services de relations publiques ; gestion des affaires commerciales ; administration commerciale ; travaux de bureau ; services de secrétariat ; sondage d’opinion ; décoration de vitrines ; distribution d’échantillons ; organisation de foires commerciales à des fins commerciales ou publicitaires ; organisation d’expositions à buts commerciaux ou de publicité ; services de présentation de marchandisage commercial ; services d’importation et d’exportation ».

6 Les motifs invoqués à l’appui de l’opposition étaient ceux visés à l’article 8, paragraphe 1, sous a) et b), du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1).

7 Le 18 août 2021, la division d’opposition a fait droit à l’opposition sur le fondement de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.

8 Le 18 octobre 2021, la requérante a formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de la division d’opposition.

9 Par la décision attaquée, la chambre de recours a confirmé la décision de la division d’opposition et a rejeté le recours au motif qu’il existait un risque de confusion pour l’ensemble des produits et des services en cause.

Conclusions des parties

10 La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision attaquée ;

– condamner l’EUIPO aux dépens.

11 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours ;

– condamner la requérante aux dépens dans l’hypothèse où une audience serait tenue.

En droit

12 Aux termes de l’article 126 du règlement de procédure du Tribunal, lorsqu’un recours est manifestement irrecevable ou manifestement dépourvu de tout fondement en droit, le Tribunal peut, sur proposition du juge rapporteur, à tout moment décider de statuer par voie d’ordonnance motivée, sans poursuivre la procédure.

13 En l’espèce, le Tribunal s’estime suffisamment éclairé par les pièces du dossier et décide, en application de cet article, de statuer sans poursuivre la procédure [ordonnance du 6 octobre 2015, GEA Group/OHMI (engineering for a better world), T‑545/14, EU:T:2015:789, point 13].

14 La requérante invoque un moyen unique tiré de la violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.

15 Aux termes de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, sur opposition du titulaire d’une marque antérieure, la marque demandée est refusée à l’enregistrement lorsque, en raison de son identité ou de sa similitude avec une marque antérieure et en raison de l’identité ou de la similitude des produits ou des services que les deux marques désignent, il existe un risque de confusion dans l’esprit du public du territoire sur lequel la marque antérieure est protégée. Le risque de confusion comprend le risque d’association avec la marque antérieure. Par ailleurs, en vertu de l’article 8, paragraphe 2, sous a), ii), du règlement 2017/1001, il convient d’entendre par marques antérieures les marques enregistrées dans un État membre.

16 Constitue un risque de confusion le risque que le public puisse croire que les produits ou les services en cause proviennent de la même entreprise ou d’entreprises liées économiquement. Le risque de confusion doit être apprécié globalement, selon la perception que le public pertinent a des signes et des produits ou des services en cause, et en tenant compte de tous les facteurs pertinents en l’espèce, notamment de l’interdépendance de la similitude des signes et de celle des produits ou des services désignés [voir arrêt du 9 juillet 2003, Laboratorios RTB/OHMI – Giorgio Beverly Hills (GIORGIO BEVERLY HILLS), T‑162/01, EU:T:2003:199, points 30 à 33 et jurisprudence citée].

17 Lorsque la protection de la marque antérieure s’étend à l’ensemble de l’Union européenne, il y a lieu de prendre en compte la perception des marques en conflit par le consommateur des produits et des services en cause sur ce territoire. Toutefois, il convient de rappeler que, pour refuser l’enregistrement d’une marque de l’Union européenne, il suffit qu’un motif relatif de refus au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 existe dans une partie de l’Union [voir, en ce sens, arrêt du 14 décembre 2006, Mast-Jägermeister/OHMI – Licorera Zacapaneca (VENADO avec cadre e.a.), T‑81/03, T‑82/03 et T‑103/03, EU:T:2006:397, point 76 et jurisprudence citée].

Sur le public pertinent

18 Il y a lieu de rappeler que, dans le cadre de l’appréciation globale du risque de confusion, il convient de prendre en compte le consommateur moyen de la catégorie de produits concernée, normalement informé et raisonnablement attentif et avisé. Il y a également lieu de prendre en considération le fait que le niveau d’attention du consommateur moyen est susceptible de varier en fonction de la catégorie de produits ou de services en cause [voir arrêt du 13 février 2007, Mundipharma/OHMI – Altana Pharma (RESPICUR), T‑256/04, EU:T:2007:46, point 42 et jurisprudence citée].

19 En l’espèce, la chambre de recours a constaté que le public pertinent était composé du grand public et de professionnels slovènes dont le niveau d’attention pouvait varier de moyen à élevé. À cet égard, la chambre de recours a relevé que le public pertinent aura, d’une part, un niveau d’attention moyen pour les produits compris dans les classes 32 et 33 et pour les services de vente au détail relevant de la classe 35 et, d’autre part, un niveau d’attention élevé pour les autres services compris dans la classe 35. De plus, elle a souligné que, dès lors que la marque antérieure GOLDEN STORK était une marque slovène, le territoire pertinent était celui de la Slovénie. Ces conclusions ne sont pas contestées par la requérante.

Sur la comparaison des produits et des services

20 Pour apprécier la similitude entre les produits et les services en cause, il y a lieu de tenir compte de tous les facteurs pertinents qui caractérisent le rapport entre eux [voir arrêt du 14 mai 2013, Sanco/OHMI – Marsalman (Représentation d’un poulet), T‑249/11, EU:T:2013:238, point 21 et jurisprudence citée].

21 La requérante soutient que les produits et les services en cause ne sont pas similaires. À cet égard, elle relève que la marque antérieure GOLDEN STORK n’est pas enregistrée pour les produits en cause compris dans la classe 32 et que les produits relevant de cette même classe, à savoir les boissons sans alcool et les bières, dont elle demande l’enregistrement sont très différents de ceux pour lesquels la marque verbale slovène antérieure est enregistrée. De plus, elle estime que la chambre de recours a conclu erronément à la similitude à divers degrés des services en cause compris dans la classe 35, en particulier pour les « services de marketing et de promotion » et les « services d’acquisition pour le compte de tiers », au motif que la définition des services couverts par la marque antérieure GOLDEN STORK est exceptionnellement large.

22 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

23 Tout d’abord, il y a lieu de relever que l’argument de la requérante tiré de la circonstance que la marque antérieure GOLDEN STORK n’est pas enregistrée pour les produits relevant de la classe 32 n’est pas susceptible de remettre en cause l’appréciation de la similitude des produits et des services en cause. En effet, il convient de relever, à l’instar de l’EUIPO et ainsi que le souligne la requérante, qu’il ressort de l’article 33, paragraphe 7, du règlement 2017/1001, que des produits et des services ne sont pas considérés comme similaires au motif qu’ils apparaissent dans la même classe de la classification de Nice, de même qu’ils ne sont pas considérés comme différents au motif qu’ils apparaissent dans des classes différentes de ladite classification.

24 À cet égard, il y a également lieu de relever, ainsi que le font valoir la chambre de recours et l’EUIPO, qu’il est de jurisprudence constante que des services de vente peuvent être considérés comme étant similaires aux produits sur lesquels ils portent [voir, en ce sens, arrêts du 19 décembre 2019, El Corte Inglés/EUIPO – Lloyd Shoes (LLOYD), T‑729/18, non publié, EU:T:2019:889, points 35 et 36 et jurisprudence citée, et du 25 novembre 2020, BRF Singapore Foods/EUIPO – Tipiak (Sadia), T‑309/19, non publié, EU:T:2020:565, point 141 et jurisprudence citée], en raison principalement de leur caractère complémentaire. En l’espèce, ainsi que l’a soulevé la chambre de recours au point 47 de la décision attaquée, les produits visés par la marque demandée, relevant de la classe 32, sont inclus dans les catégories générales de « boissons non alcoolisées » et de « préparations pour faire des boissons alcoolisées » qui font l’objet des services de vente en détail relevant de la classe 35 pour lesquels la marque antérieure GOLDEN STORK est enregistrée. Par conséquent, c’est à juste titre que la chambre de recours a conclu que les produits contestés et les services de vente au détail et ceux en gros visés par la marque antérieure étaient similaires à un degré moyen.

25 Ensuite, force est de constater que la requérante n’a avancé aucun autre argument visant à démontrer que la conclusion à laquelle était parvenue la chambre de recours au point 47 de la décision attaquée était erronée.

26 Enfin, s’agissant de l’argument de la requérante visant à contester la conclusion de la chambre de recours selon laquelle les services en cause compris dans la classe 35 visés par la marque demandée et ceux relevant de cette même classe couverts par la marque antérieure GOLDEN STORK étaient similaires à des degrés divers ou identiques eu égard à la définition large qui leur était donnée, il y a lieu de relever, ainsi que le souligne l’EUIPO, qu’il est dénué de tout fondement en droit. En effet, s’agissant des services en cause compris dans la classe 35, force est de constater que la requérante n’explicite pas les raisons pour lesquelles les « services de marketing et de promotion » et ceux de « manifestations d’information sur des aliments et boissons, en particulier les boissons alcoolisées [à l’exception des bières], à des fins de vente » désignés par la marque demandée ne devraient pas être inclus dans les services de « publicité » désignés par la marque antérieure. Dans ces conditions, ces services doivent être regardés comme étant identiques. En outre, elle n’explique pas non plus la raison pour laquelle elle considère que les « services d’acquisition pour le compte de tiers » sont faiblement similaires aux services de « gestion des affaires commerciales » désignés par la marque antérieure. Quant aux autres services relevant de la classe 35, elle se borne à relever que « toute convergence » entre ces services serait « dénuée de pertinence », sans pour autant expliquer la raison pour laquelle elle considère que lesdits services ne seraient pas similaires.

27 Il s’ensuit que c’est sans commettre d’erreur que la chambre de recours, conformément à la jurisprudence rappelée au point 20 ci-dessus, a conclu, ainsi que le fait valoir l’EUIPO, à l’identité ou à la similitude à divers degrés des produits et des services en cause compris dans les classes 33 et 35 visés par la marque demandée et couverts par la marque antérieure GOLDEN STORK.

Sur la comparaison des marques en conflit

28 L’appréciation globale du risque de confusion doit, en ce qui concerne la similitude visuelle, phonétique ou conceptuelle des signes en conflit, être fondée sur l’impression d’ensemble produite par ceux-ci, en tenant compte, notamment, de leurs éléments distinctifs et dominants. La perception des marques qu’a le consommateur moyen des produits ou des services en cause joue un rôle déterminant dans l’appréciation globale dudit risque. À cet égard, le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à un examen de ses différents détails (voir arrêt du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P, EU:C:2007:333, point 35 et jurisprudence citée).

29 La chambre de recours a considéré que les marques en conflit étaient moyennement similaires sur les plans visuel et phonétique dans la mesure où la marque contestée STORK était entièrement incluse dans la marque antérieure GOLDEN STORK. De plus, sur le plan conceptuel, elle a notamment considéré que les marques en conflit n’étaient pas similaires, pour la partie du public pertinent comprenant la signification du mot « golden » et non celle du mot « stork »,.

30 La requérante fait valoir que les marques en conflit sont totalement différentes. Sur le plan visuel, elle considère, d’une part, que la chambre de recours n’a pas tenu compte du fait que les marques en conflit étaient différentes en raison du nombre de mots et de lettres qui les composaient et, d’autre part, que le fait qu’elles aient en commun le même élément verbal « stork » ne suffisait pas à établir une similitude visuelle entre elles. Sur le plan phonétique, elle soutient que la chambre de recours a commis une erreur en ne tenant pas compte des différences de prononciation des marques en conflit en raison de leur nombre de syllabes respectif et de l’accentuation qui leur sera donnée. De plus, elle estime que l’élément verbal « stork », commun aux deux marques en conflit, ne suffit pas pour conclure à l’existence d’une similitude phonétique entre elles.

31 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

32 À titre liminaire, il convient de relever que la requérante ne conteste pas la conclusion de la chambre de recours aux points 65 et 69 de la décision attaquée selon laquelle l’élément verbal « stork » commun aux marques en conflit a un caractère distinctif moyen et l’élément verbal « golden », composant la marque antérieure, a un caractère distinctif faible, voire inexistant pour la partie du public pertinent en mesure d’en comprendre la signification anglaise et un caractère distinctif moyen pour la partie du public pertinent qui n’en saisira pas le sens.

33 Sur la comparaison visuelle, il y a tout d’abord lieu de constater que la marque demandée STORK et la marque antérieure GOLDEN STORK ont en commun l’élément verbal « stork ». À cet égard, il convient également de tenir compte du fait que l’élément verbal « stork » qui compose à lui seul la marque demandée est entièrement inclus dans la marque antérieure susvisée. Or, selon la jurisprudence et ainsi que le fait valoir l’EUIPO, une telle circonstance est, par elle-même et en principe, de nature à créer une forte ressemblance tant visuelle que phonétique entre les marques en conflit [voir, en ce sens, arrêt du 8 juin 2022, Polo Club Düsseldorf/EUIPO – Company Bridge and Life (POLO CLUB DÜSSELDORF EST. 1976), T‑355/21, non publié, EU:T:2022:348, point 45 et jurisprudence citée].

34 Par conséquent, la chambre de recours n’a pas commis d’erreur en concluant, au point 75 de la décision attaquée, que les marques en conflit présentaient un degré de similitude moyen sur le plan visuel.

35 Sur la comparaison phonétique, force est de constater que les marques en conflit coïncident sur la prononciation de l’élément verbal « stork », de sorte que c’est sans commettre d’erreur que la chambre de recours a pu considérer, au point 77 de la décision attaquée, qu’elles étaient phonétiquement similaires à un degré moyen.

36 Sur la comparaison conceptuelle, il n’est pas contesté qu’une partie du public pertinent est susceptible de comprendre la signification du mot « golden » sans nécessairement comprendre celle du mot « stork ». Il est, en outre, constant entre les parties que, pour cette partie du public pertinent, les marques en conflit ne sont pas conceptuellement similaires.

37 Il s’ensuit que la requérante n’est pas fondée à remettre en cause les appréciations de la chambre de recours relatives à la comparaison des marques en conflit.

Sur le risque de confusion

38 L’appréciation globale du risque de confusion implique une certaine interdépendance des facteurs pris en compte et, notamment, de la similitude des marques et de celle des produits ou des services désignés. Ainsi, un faible degré de similitude entre les produits ou les services désignés peut être compensé par un degré élevé de similitude entre les marques, et inversement (arrêts du 29 septembre 1998, Canon, C‑39/97, EU:C:1998:442, point 17, et du 14 décembre 2006, VENADO avec cadre e.a., T‑81/03, T‑82/03 et T‑103/03, EU:T:2006:397, point 74).

39 La chambre de recours a conclu à l’existence d’un risque de confusion dans l’esprit du public pertinent, y compris lorsque ce public possédait un niveau d’attention élevé et malgré l’absence de similitude conceptuelle pour une partie de ce public, compte tenu de l’identité ou de la similitude à divers degrés des produits et des services en cause et du degré moyen de similitude visuelle et phonétique.

40 La requérante soutient qu’il n’existe pas de risque de confusion entre les marques en conflit compte tenu de leurs différences sur les plans visuel, phonétique et conceptuel, et du fait que les produits et services en cause ne sont pas similaires de sorte que le public pertinent ne sera pas à même de croire qu’ils proviennent de la même entreprise.

41 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

42 En l’espèce, il convient de relever que les marques en conflit ne sont pas similaires sur le plan conceptuel au seul motif que le mot « golden » de la marque antérieure est susceptible de véhiculer un message élogieux des produits en cause, ce qui n’est pas contesté par la requérante, et que la marque demandée ne véhicule aucun concept. Dans ces conditions, eu égard au fait que le mot « golden » n’est que faiblement distinctif à l’égard des produits en cause, il convient de considérer que l’absence de similitude conceptuelle en l’espèce ne permet pas, à elle seule, d’exclure l’existence d’un risque de confusion.

43 Par ailleurs, comme cela a déjà été précédemment constaté, la chambre de recours a conclu à bon droit à l’identité ou à la similitude à divers degrés des produits et des services en cause ainsi qu’au degré moyen de similitude des signes en conflit sur les plans visuel et phonétique. En outre, la requérante ne conteste pas que la marque antérieure possède un caractère distinctif moyen.

44 Dans ces conditions, le public pertinent, y compris lorsqu’il est doté d’un niveau d’attention élevé, sera susceptible de croire que les produits et services en cause proviennent de la même entreprise, de sorte que c’est à juste titre que la chambre de recours a considéré, au point 91 de la décision attaquée, qu’il existait un risque de confusion pour lesdits produits et services sur le territoire pertinent slovène.

45 Au vu de l’ensemble des considérations qui précèdent, le moyen unique invoqué par la requérante au soutien de ses conclusions doit être écarté, il y a dès lors lieu de rejeter le recours dans son intégralité comme étant manifestement dépourvu de tout fondement en droit.

Sur les dépens

46 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

47 Bien que la requérante ait succombé, l’EUIPO n’a conclu à la condamnation de celle-ci aux dépens qu’en cas de tenue de l’audience. En l’absence d’organisation d’une audience, il convient de décider que chaque partie supportera ses propres dépens.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (septième chambre)

ordonne :

1) Le recours est rejeté.

2) Chaque partie supportera ses propres dépens.

Fait à Luxembourg, le 6 juin 2023.

Le greffier

La présidente

V. Di Bucci

K. Kowalik-Bańczyk


* Langue de procédure : l’anglais.