Jurisprudence CJUE62023CA0352

Affaire C-352/23, Changu: Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 12 septembre 2024 (demande de décision préjudicielle du Administrativen sad Sofia-grad – Bulgarie) – LF / Zamestnik-predsedatel na Darzhavna agentsia za bezhantsite (Renvoi préjudiciel – Politique d’asile et d’immigration – Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Champ d’application – Articles 1er, 4 et 7 – Directive 2011/95/UE – Champ d’application – Articles 2 et 3 – Protection nationale pour raisons humanitaires – Directive 2008/115/CE – Article 14 – Impossibilité de procéder à l’éloignement – Attestation – Droits du ressortissant d’un pays tiers en séjour irrégulier en cas de report de l’éloignement – Directive 2013/33/UE – Champ d’application – Conditions matérielles d’accueil)

CELEX62023CA0352
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 12 septembre 2024

Résumé IA

Cet arrêt clarifie l'application de la Charte des droits fondamentaux et des directives sur l'asile aux ressortissants de pays tiers bénéficiant d'une protection nationale pour raisons humanitaires. La Cour précise que ces personnes, lorsqu'elles se trouvent dans une situation de séjour irrégulier prolongé en raison de l'impossibilité de leur éloignement, peuvent relever du champ d'application du droit de l'Union et bénéficier des conditions matérielles d'accueil. L'arrêt détermine également les droits procéduraux et les conditions d'accueil applicables pendant la période de report de l'éloignement.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/6232

28.10.2024

Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 12 septembre 2024 (demande de décision préjudicielle du Administrativen sad Sofia-grad – Bulgarie) – LF / Zamestnik-predsedatel na Darzhavna agentsia za bezhantsite

(Affaire C-352/23 (1) , Changu (2) )

(Renvoi préjudiciel - Politique d’asile et d’immigration - Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne - Champ d’application - Articles 1er, 4 et 7 - Directive 2011/95/UE - Champ d’application - Articles 2 et 3 - Protection nationale pour raisons humanitaires - Directive 2008/115/CE - Article 14 - Impossibilité de procéder à l’éloignement - Attestation - Droits du ressortissant d’un pays tiers en séjour irrégulier en cas de report de l’éloignement - Directive 2013/33/UE - Champ d’application - Conditions matérielles d’accueil)

(C/2024/6232)

Langue de procédure: le bulgare

Juridiction de renvoi

Administrativen sad Sofia-grad

Parties à la procédure au principal

Partie requérante: LF

Partie défenderesse: Zamestnik-predsedatel na Darzhavna agentsia za bezhantsite

Dispositif

1)

La directive 2011/95/UE du Parlement européen et du Conseil, du 13 décembre 2011, concernant les normes relatives aux conditions que doivent remplir les ressortissants des pays tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d’une protection internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les personnes pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu de cette protection,

doit être interprétée en ce sens que :

elle ne s’oppose pas à ce qu’un État membre octroie un droit de séjour à un ressortissant d’un pays tiers pour des raisons qui ne présentent aucun lien avec l’économie générale et les objectifs de cette directive pour autant que ce droit de séjour se distingue clairement de la protection internationale accordée au titre de ladite directive.

2)

L’article 14, paragraphe 2, de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil, du 16 décembre 2008, relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier,

doit être interprété en ce sens que :

un État membre qui n’est pas en mesure de procéder à l’éloignement d’un ressortissant d’un pays tiers dans les délais fixés conformément à l’article 8 de cette directive doit délivrer à ce ressortissant une confirmation écrite du fait que, bien qu’il séjourne irrégulièrement sur le territoire de cet État membre, la décision de retour le concernant ne sera temporairement pas exécutée.

3)

Les articles 1er, 4 et 7 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, lus en combinaison avec la directive 2008/115, doivent être interprétés en ce sens qu’un État membre n’est pas tenu d’octroyer, pour des motifs humanitaires impérieux, un droit de séjour à un ressortissant d’un pays tiers qui réside actuellement de manière irrégulière sur son territoire, quelle que soit la durée du séjour de ce ressortissant sur ce territoire. Tant qu’il n’a pas été procédé à son éloignement, ce ressortissant peut toutefois se prévaloir des droits qui lui sont garantis tant par la charte des droits fondamentaux que par l’article 14, paragraphe 1, de cette directive. En outre, si ledit ressortissant dispose également de la qualité de demandeur de protection internationale, autorisé à demeurer sur le territoire de cet État membre, il peut également se prévaloir des droits consacrés par la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l’accueil des personnes demandant la protection internationale.


(1) JO C 314, du 04.09.2023.

(2) Le nom de la présente affaire est un nom fictif. Il ne correspond au nom réel d’aucune partie à la procédure.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/6232/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)