LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen62023CJ0258_RES
Jurisprudence CJUE62023CJ0258_RES

Arrêt de la Cour (grande chambre) du 16 juillet 2026.#IMI – Imagens Médicas Integradas S.A. e.a. contre Autoridade da Concorrência.#Renvoi préjudiciel – Concurrence – Ententes – Abus de position dominante – Articles 101 et 102 TFUE – Mise en œuvre par les autorités nationales de concurrence – Décision d’une autorité nationale de concurrence ordonnant une inspection – Perquisition dans les locaux des entreprises concernées – Saisie de documents professionnels issus de communications par courrier électronique – Mandat émis par le ministère public – Articles 7 et 8 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Droit au respect de la vie privée et des communications – Droit à la protection des données personnelles – Exigences procédurales – Absence d’autorisation préalable par un juge.#Affaires jointes C-258/23 à C-260/23.

CELEX62023CJ0258_RES
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 16 juillet 2026

Texte intégral

Affaire C‑258/23

IMI - Imagens Médicas Integradas S.A.

contre

Autoridade da Concorrência

(demande de décision préjudicielle, introduite par Tribunal da Concorrência, Regulação e Supervisão)

Arrêt de la Cour (grande chambre) du 16 juillet 2026

« Renvoi préjudiciel – Concurrence – Ententes – Abus de position dominante – Articles 101 et 102 TFUE – Mise en œuvre par les autorités nationales de concurrence – Décision d’une autorité nationale de concurrence ordonnant une inspection – Perquisition dans les locaux des entreprises concernées – Saisie de documents professionnels issus de communications par courrier électronique – Mandat émis par le ministère public – Articles 7 et 8 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Droit au respect de la vie privée et des communications – Droit à la protection des données personnelles – Exigences procédurales – Absence d’autorisation préalable par un juge »

1. Questions préjudicielles – Recevabilité – Nécessité d’une décision préjudicielle et pertinence des questions soulevées – Appréciation par le juge national – Présomption de pertinence des questions posées

(Art. 267 TFUE)

(voir points 47, 48, 58)

2. Questions préjudicielles – Recevabilité – Nécessité de fournir à la Cour suffisamment de précisions sur le contexte factuel et réglementaire – Indication des raisons justifiant la nécessité d’une réponse aux questions préjudicielles

[Art. 267 TFUE ; règlement de procédure de la Cour, art. 94, c)]

(voir points 49-54)

3. Questions préjudicielles – Saisine de la Cour – Stade de la procédure opportun pour le renvoi – Appréciation par la juridiction nationale

(Art. 267 TFUE)

(voir point 57)

4. Droits fondamentaux – Charte des droits fondamentaux – Champ d’application – Mise en œuvre du droit de l’Union – Règlementation nationale relative aux inspections diligentées par une autorité nationale de concurrence – Inclusion

(Art. 101 et 102 TFUE ; charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 51, § 1)

(voir points 61, 62)

5. Droits fondamentaux – Charte des droits fondamentaux – Respect de la vie privée – Consécration aux articles 7 de la charte des droits fondamentaux et 8, paragraphe 1, de la convention européenne des droits de l’homme – Sens et portée identiques – Notion de communications – Courriers électroniques à caractère professionnel échangés entre employés et dirigeants d’une entreprise – Inclusion

(Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 7 et 52, § 3)

(voir points 64-73, disp. 1)

6. Questions préjudicielles – Compétence de la Cour – Identification des éléments de droit de l’Union pertinents – Reformulation des questions – Fourniture à la juridiction de renvoi de tous les éléments d’interprétation relevant du droit de l’Union

(Art. 267 TFUE)

(voir points 75, 76)

7. Droits fondamentaux – Charte des droits fondamentaux – Respect de la vie privée – Protection des données à caractère personnel – Limitations à l’exercice de ces droits – Inspections menées par une autorité nationale de concurrence dans des locaux d’une entreprise – Saisies de courriers électroniques effectuées sans autorisation préalable d’un juge – Admissibilité – Conditions – Limitation prévue par la loi – Respect du contenu essentiel des droits – Poursuite d’un objectif d’intérêt général – Respect du principe de proportionnalité – Nécessité d’un encadrement légal strict des pouvoirs de l’autorité de concurrence ainsi que de garanties adéquates contre les abus et l’arbitraire – Contrôle ex post effectif des mesures en cause

(Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, art. 7, 8 et 52, § 1)

(voir points 77-120, disp. 2)

Résumé

Saisie à titre préjudiciel, la Cour précise les conditions dans lesquelles une autorité nationale de concurrence peut procéder à la saisie sans autorisation préalable délivrée par un juge de courriers électroniques à caractère professionnel, lors d’une inspection dans les locaux d’entreprises soupçonnées d’avoir commis des infractions aux règles de concurrence, eu égard aux droits des personnes concernées au respect de la vie privée et à la protection des données à caractère personnel garantis par la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la « Charte »).

Dans le cadre d’enquêtes visant à déterminer l’existence de pratiques anticoncurrentielles, l’autorité de concurrence portugaise a jugé nécessaire de procéder à des inspections dans les locaux d’entreprises soupçonnées d’avoir enfreint les articles 101 et 102 TFUE.

Conformément à la législation nationale, l’autorité de concurrence a demandé une autorisation préalable au ministère public portugais, qui l’a habilitée à procéder, d’une part, à la saisie de tous les documents liés à des pratiques anticoncurrentielles et, d’autre part, à l’examen et à la copie des informations qu’ils contenaient.

Au cours de ces inspections, l’autorité de concurrence a examiné le courrier électronique des employés des entreprises concernées et a procédé à la saisie de fichiers informatiques considérés comme pertinents aux fins de ses enquêtes.

Les entreprises concernées ayant contesté la légalité des inspections devant la juridiction compétente (1), celle-ci nourrit des doutes quant à la conformité de ces saisies au droit au respect de la vie privée et des communications garanti par l’article 7 de la Charte. Elle a donc saisi la Cour à titre préjudiciel afin de déterminer, en substance, si une autorité de concurrence doit obtenir l’autorisation préalable non pas d’une autorité telle que le ministère public, mais d’un juge pour effectuer une inspection conduisant à la saisie de documents professionnels issus de communications par courrier électronique des employés des entreprises concernées.

Appréciation de la Cour

En premier lieu, la Cour constate que les courriers électroniques à caractère professionnel échangés entre les employés et les dirigeants d’une entreprise au moyen de la messagerie de celle-ci relèvent de la notion de « communications » au sens de l’article 7 de la Charte.

À cet égard, elle rappelle que cet article contient des droits correspondant à ceux garantis par l’article 8, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Or, il ressort de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme que les communications émanant de locaux professionnels peuvent se trouver comprises dans les notions de « vie privée » et de « correspondance » visées à l’article 8 de cette même convention. Partant, les saisies de courriers électroniques opérées au cours d’inspections dans les locaux d’une société commerciale constituent une limitation de l’exercice du droit correspondant consacré à l’article 7 de la Charte.

La Cour précise en outre que la qualification d’un courrier électronique de « professionnel », au vu de sa forme ou de son contenu, ne permet pas de le priver de la protection que l’article 7 de la Charte garantit aux communications. Cette protection s’étend également aux données à caractère personnel relatives au trafic générées par ces courriers électroniques.

En deuxième lieu, la Cour examine les conditions dans lesquelles une autorité nationale de concurrence peut procéder à la saisie de courriers électroniques échangés entre les employés et les dirigeants d’une entreprise, dans le cadre d’une inspection effectuée dans les locaux professionnels ou commerciaux d’entreprises soupçonnées d’avoir commis des infractions à l’article 101 ou à l’article 102 TFUE. Elle considère que l’article 7 de la Charte ainsi que son article 8, consacrant le droit à la protection des données à caractère personnel, lequel est étroitement lié au droit au respect de la vie privée et familiale, ne s’opposent pas à ce qu’une telle saisie soit effectuée sans autorisation préalable délivrée par un juge, à condition que certaines conditions soient remplies.

À cet égard, elle observe que l’article 52, paragraphe 1, de la Charte admet des limitations à l’exercice de droits consacrés par celle-ci, pour autant que ces limitations soient prévues par la loi, respectent le contenu essentiel de ces droits, répondent effectivement à des objectifs d’intérêt général reconnus par l’Union et respectent le principe de proportionnalité.

La Cour estime que la première de ces conditions apparaît satisfaite en l’espèce, dès lors que les mesures en cause au principal se fondent sur la loi portugaise sur la concurrence (2).

Concernant la deuxième condition, une telle saisie respecte le contenu essentiel des droits consacrés aux articles 7 et 8 de la Charte, dans la mesure où elle n’entraîne, en règle générale, ni la collecte sans limites de données à caractère personnel ni l’accès généralisé à celles-ci. De plus, ces données ne sauraient être employées à d’autres fins que l’identification de comportements anticoncurrentiels.

S’agissant de la troisième condition, la Cour relève que les pouvoirs d’investigation des autorités nationales de concurrence, y compris les inspections et les saisies de communications et d’autres documents et supports, visent à permettre à ces autorités d’accomplir leur mission consistant à garantir une concurrence non faussée dans le marché intérieur, laquelle constitue un objectif d’intérêt général reconnu par l’Union.

Quant à la quatrième condition, tenant au respect du principe de proportionnalité, la Cour estime, d’une part, que les saisies en cause répondent à l’exigence de nécessité. En effet, aucun autre moyen, aussi efficace et moins attentatoire aux droits au respect des communications et à la protection des données personnelles ne se présente comme une alternative satisfaisante aux saisies en cause pour la poursuite et la détection de pratiques anticoncurrentielles.

D’autre part, la limitation en cause présente un caractère proportionné, dès lors notamment que la saisie d’une correspondance professionnelle par une autorité nationale de concurrence est généralement encadrée par des garanties procédurales destinées à assurer la sécurité, l’intégrité et la confidentialité de telles données. De plus, les dispositions du droit de l’Union concernant la mise en œuvre des règles de concurrence n’exigent pas la délivrance par un juge d’une autorisation préalable à une inspection effectuée dans des locaux professionnels.

Ayant ainsi conclu que les articles 7 et 8 de la Charte ne s’opposent pas, en principe, à une réglementation telle que celle en cause dans l’affaire au principal, la Cour souligne, néanmoins, qu’une telle réglementation doit prévoir un encadrement légal strict des pouvoirs de l’autorité de concurrence ainsi que des garanties adéquates et suffisantes contre les abus et l’arbitraire, comme, notamment, un contrôle juridictionnel ex post effectif des mesures en cause. Ce contrôle doit fournir un redressement approprié aux personnes concernées, permettant aussi d’apprécier l’admissibilité des éléments de preuve recueillis.

La Cour relève, enfin, qu’il ne peut être exclu que les supports sur lesquels les courriels en cause étaient conservés et auxquels les inspecteurs ont pu accéder incluaient des téléphones portables, des ordinateurs ou d’autres supports informatiques appartenant aux dirigeants et aux employés des entreprises faisant l’objet de l’enquête. De tels dispositifs pouvant être utilisés simultanément à des fins privées et à des fins professionnelles ou commerciales, l’accès aux données conservées dans ceux-ci peut donner lieu à une ingérence grave, voire particulièrement grave, dans les droits fondamentaux en cause, car l’ensemble de ces données pourrait permettre de tirer des conclusions très précises concernant la vie privée de la personne concernée. Si tel est le cas, l’accès à ces données doit être soumis au contrôle préalable d’un juge ou d’une entité administrative indépendante qui dispose de toutes les attributions et présente toutes les garanties nécessaires en vue d’assurer une conciliation des différents intérêts légitimes et des droits en cause.


1 Tribunal da Concorrência, Regulação e Supervisão (tribunal de la concurrence, de la réglementation et de la supervision, Portugal).


2 Lei n.o 19/2012 que aprova o novo regime da concorrência, revogando as Leis n.os 18/2003, de 11 de junho, e 39/2006, de 25 de agosto, e procede à segunda alteração à Lei n.o 2/99, de 13 de janeiro (loi no 19/2012 qui approuve le nouveau régime de la concurrence, abrogeant les lois no 18/2003, du 11 juin, et no 39/2006, du 25 août, et procède au deuxième amendement de la loi no 2/99 du 13 janvier), du 8 mai 2012 (Diário da República, 1re série, no 89, du 8 août 2012).

Documents similaires

Jurisprudence CJUE62026TO0267

Ordonnance du président du Tribunal du 4 août 2026.#Christoph Klein contre Commission européenne.#Référé – Clause de sauvegarde – Dispositif médical – Demande de sursis à exécution – Demande de mesures provisoires – Défaut d’urgence.#Affaire T-267/26 R.

04/08/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0280(01)

Ordonnance du président du Tribunal du 3 août 2026.#Broadcom Inc. et VMware International Unlimited Company contre Commission européenne.#Référé – Concurrence – Article 18, paragraphe 3, du règlement (CE) no 1/2003 – Demande de renseignements – Demande de sursis à exécution et de mesures provisoires – Non-lieu à statuer partiel – Défaut de fumus boni juris – Mise en balance des intérêts.#Affaire T-280/26 R.

03/08/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0017

Jurisprudence CJUE — 62026TO0017

22/07/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0272

Ordonnance du président du Tribunal du 22 juillet 2026.#Marek Lovás contre Parquet européen.#Référé – Rejet du recours principal – Non-lieu à statuer.#Affaire T-272/26 R.

22/07/2026

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →