Jurisprudence CJUE62023CN0155

Affaire C-155/23: Recours introduit le 14 mars 2023 — Commission européenne/Hongrie

CELEX62023CN0155
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 14 mars 2023

Résumé IA

La Commission européenne conteste devant la CJUE la législation hongroise relative à la protection des mineurs, estimant qu'elle viole plusieurs libertés fondamentales du droit de l'Union. Cette affaire porte notamment sur les restrictions à la liberté d'expression et d'information, ainsi qu'au droit de l'enfant à une protection, dans le contexte de la lutte contre l'exposition des mineurs à des contenus jugés promouvant l'identité de genre différente du sexe de naissance.

Texte intégral

2.5.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 155/46


Recours introduit le 14 mars 2023 — Commission européenne/Hongrie

(Affaire C-155/23)

(2023/C 155/59)

Langue de procédure: le hongrois

Parties

Partie requérante: Commission européenne (représentants: J. Baquero Cruz et Tokár A., agents)

Partie défenderesse: la Hongrie

Conclusions

La Commission européenne conclut à ce qu’il plaise à la Cour:

1)

constater que, en ayant omis d’adopter toutes les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la directive (UE) 2019/1937 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union (1) et en ayant omis de communiquer lesdites dispositions à la Commission, la Hongrie a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu de l’article 26, paragraphes 1 et 3, de ladite directive;

2)

condamner la Hongrie à payer à la Commission une somme forfaitaire correspondant au montant le plus élevé des deux suivants: i) un montant journalier de 3 500 euros multiplié par le nombre de jours intervenus entre le jour suivant l’expiration du délai de transposition fixé dans cette directive et le jour de la régularisation de l’infraction, ou, à défaut de régularisation, le jour du prononcé de l’arrêt dans la présente instance; ii) une somme forfaitaire minimale de 980 000 euros;

3)

si le manquement constaté au point 1 se poursuit jusqu’à la date du prononcé de l’arrêt dans la présente instance, condamner la Hongrie à payer à la Commission une astreinte de 13 650 euros par jour de retard à compter de la date dudit arrêt jusqu’à la date à laquelle la Hongrie se sera conformée à ses obligations en vertu de la directive; et

4)

condamner la Hongrie aux dépens.

Moyens et principaux arguments

La directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil, du 23 octobre 2019, sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union établit un système efficace pour la protection des personnes qui travaillent au sein d’une organisation privée ou publique ou qui sont en contact avec ces organisations lorsqu’elles signalent des violations du droit de l’Union dans certains domaines. Conformément à l’article 26, paragraphe 1, de cette directive, les États membres étaient tenus de mettre en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la directive au plus tard le 17 décembre 2021. Conformément au paragraphe 3 de cet article, les États membres étaient également tenus de communiquer immédiatement à la Commission le texte de ces dispositions.

Le 27 janvier 2022, la Commission a adressé une lettre de mise en demeure à la Hongrie. Le 22 juillet 2022, la Commission lui a adressé un avis motivé. Néanmoins, les mesures de transposition n’ont pas encore été adoptées par la Hongrie ni notifiées à la Commission.


(1) JO 2019oL 305, p. 17.