Jurisprudence CJUE62023CN0244

Affaire C-244/23 P: Pourvoi formé le 17 avril 2023 par la Commission européenne contre l’arrêt du Tribunal (huitième chambre élargie) rendu le 8 février 2023 dans l’affaire T-522/20, Carpatair/Commission

CELEX62023CN0244
TypeJurisprudence CJUE
Datelundi 17 avril 2023

Résumé IA

Il s'agit d'un pourvoi de la Commission européenne contestant un arrêt du Tribunal de l'Union européenne relatif à une affaire de droit de la concurrence et d'aides d'État. Ce recours porte sur l'interprétation des règles applicables aux compensations de service public dans le secteur du transport aérien, notamment concernant les liaisons régionales. La décision de la Cour de justice apportera des précisions importantes sur les conditions de compatibilité de ces aides avec le marché intérieur.

Texte intégral

3.7.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 235/16


Pourvoi formé le 17 avril 2023 par la Commission européenne contre l’arrêt du Tribunal (huitième chambre élargie) rendu le 8 février 2023 dans l’affaire T-522/20, Carpatair/Commission

(Affaire C-244/23 P)

(2023/C 235/20)

Langue de procédure: l’anglais

Parties

Partie requérante: Commission européenne (représentants: I. Georgiopoulos, F. Tomat, agents)

Autres parties à la procédure: Carpatair SA, Wizz Air Hungary Légiközlekedési Zrt. (Wizz Air Hungary Zrt.), Societatea Naţională «Aeroportul Internațional Timișoara — Traian Vuia» SA (AITTV)

Conclusions

annuler l’arrêt du Tribunal (huitième chambre élargie) du 8 février 2023, Carpatair/Commission, T-522/20, dans la mesure où il a accueilli le deuxième moyen avancé dans cette affaire et considéré que la Commission avait commis une erreur de droit en concluant que les accords conclus en 2008 et 2010 entre Societatea Națională «Aeroportul Internațional Timișoara — Traian Vuia» SA (AITTV) et Wizz Air Hungary Légiközlekedési Zrt. (Wizz Air Hungary Zrt.) ne conféraient aucun avantage à Wizz Air;

rejeter le second moyen avancé dans l’affaire T-522/20; et

condamner Carpatair SA aux dépens des deux instances.

Moyens et principaux arguments

Par le jugement attaqué, le Tribunal a annulé la décision (UE) 2021/1428 de la Commission, du 24 février 2020, concernant l’aide d’État SA.31662 — C/2011 (ex NN/2011) mise à exécution par la Roumanie en faveur de l’aéroport international de Timișoara — Wizz Air (1), dans la mesure où la Commission a conclu que les redevances aéroportuaires des publications d’information aéronautique de 2010 et les accords conclus entre Societatea Națională «Aeroportul Internațional Timișoara — Traian Vuia» SA (AITTV) et Wizz Air Hungary Légiközlekedési Zrt. (Wizz Air Hungary Zrt.) en 2008 (en ce compris les accords modificatifs de 2010) ne constituaient pas une aide d’État.

La Commission fait valoir un moyen unique à l’appui de son pourvoi.

Moyen: Aux points 179 à 201 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a commis une erreur de droit dans l’interprétation de l’article 107, paragraphe 1, TFUE, a manqué à son obligation de motivation du fait d’une motivation inadéquate et contradictoire, et a fait une présentation et une interprétation erronées de la décision litigieuse. Ce moyen est divisé en cinq branches:

Première branche: Aux points 186 à 192 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a commis une erreur de droit dans l’interprétation de l’article 107, paragraphe 1, TFUE, en particulier en ce qui concerne l’application du principe de l’opérateur en économie de marché. Le Tribunal a commis une erreur de droit en considérant que l’absence d’évaluation préalable est en soi un élément décisif de l’application de ce principe.

Deuxième branche: Aux points 186 à 192 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a commis une erreur de droit dans l’interprétation de l’article 107, paragraphe 1, TFUE, en particulier en ce qui concerne l’application du principe de l’opérateur en économie de marché, en ce qu’il rejette la pertinence de l’analyse de rentabilité ex ante reconstituée ex post sur la base des données disponibles et des développements prévisibles à l’époque où la décision d’adopter la mesure a été prise.

Troisième branche: Aux points 179 à 185 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a commis une erreur de droit dans l’interprétation de l’article 107, paragraphe 1, TFUE, en particulier en ce qui concerne l’application du principe de l’opérateur en économie de marché et le type de preuves nécessaire à l’application de ce principe. En outre, aux points 182 et 184 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a manqué à son obligation de motivation du fait d’une motivation inadéquate et contradictoire.

Quatrième branche: Aux points 186 à 192 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a commis une erreur de droit dans l’interprétation de l’article 107, paragraphe 1, TFUE, en particulier en ce qui concerne l’application du principe de l’opérateur en économie de marché et la pertinence de facteurs apparaissant après l’adoption d’une mesure. Le Tribunal n’a pas établi de distinction entre les facteurs apparaissant après l’adoption d’une mesure et les études et analyses économiques effectuées après l’adoption de cette mesure mais fondées sur des informations qui étaient disponibles et des développements qui étaient prévisibles au moment où la décision d’adopter la mesure a été prise. En outre, aux points 196 et 197 de l’arrêt attaqué, le Tribunal fait une présentation et une interprétation erronées de la décision (UE) 2021/1428 de la Commission, du 24 février 2020, sur l’aide d’État SA.31662.

Cinquième branche: Aux points 193 et 195 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a commis une erreur de droit dans l’interprétation de l’article 107, paragraphe 1, TFUE, a manqué à son obligation de motivation du fait d’une motivation inadéquate et contradictoire, et a fait une présentation et une interprétation erronées de la décision (UE) 2021/1428 de la Commission, du 24 février 2020, sur l’aide d’État SA.31662.

Enfin, le Tribunal a étendu de manière inadmissible aux accords de modification de 2010 les conclusions tirées en relation avec les accords de 2008. Les constatations des points 170 à 198 de l’arrêt attaqué ne concernent que les accords de 2008. Pourtant, au point 199 des considérants et au point 1 du dispositif de cet arrêt, il est également question des accords de modification de 2010, alors que les références à ces accords ne sont étayées par aucune des constatations contenues dans l’arrêt attaqué. L’arrêt attaqué est donc vicié par un défaut de motivation.


(1) JO 2021, L 308, p. 1.