Jurisprudence CJUE62023CN0269

Affaire C-269/23 P: Pourvoi formé le 25 avril 2023 par Hengshi Egypt Fiberglass Fabrics SAE et Jushi Egypt for Fiberglass Industry SAE contre l’arrêt du Tribunal (première chambre élargie) rendu le 1er mars 2023 dans l’affaire T-480/20, Hengshi Egypt Fiberglass Fabrics et Jushi Egypt for Fiberglass Industry/Commission

CELEX62023CN0269
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 25 avril 2023

Résumé IA

Ce pourvoi concerne un recours contre un arrêt du Tribunal de l'UE relatif à des mesures antidumping sur les tissus de verre en provenance d'Égypte. L'affaire porte sur l'évaluation des preuves et l'appréciation des faits par le Tribunal dans le cadre du contrôle juridictionnel des actes de la Commission. La décision de la Cour clarifiera les conditions de recevabilité et les limites du contrôle exercé par le juge de l'Union en matière commerciale.

Texte intégral

19.6.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 216/33


Pourvoi formé le 25 avril 2023 par Hengshi Egypt Fiberglass Fabrics SAE et Jushi Egypt for Fiberglass Industry SAE contre l’arrêt du Tribunal (première chambre élargie) rendu le 1er mars 2023 dans l’affaire T-480/20, Hengshi Egypt Fiberglass Fabrics et Jushi Egypt for Fiberglass Industry/Commission

(Affaire C-269/23 P)

(2023/C 216/43)

Langue de procédure: l’anglais

Parties

Parties requérantes: Hengshi Egypt Fiberglass Fabrics et Jushi Egypt for Fiberglass Industry (représentants: B. Servais et V. Crochet, avocats)

Autres parties à la procédure: Commission européenne et Tech-Fab Europe eV

Conclusions

Les parties requérantes concluent à ce qu’il plaise à la Cour:

annuler l’arrêt attaqué,

accueillir la première branche du premier moyen ainsi que les deuxième, quatrième et cinquième moyens du recours en annulation introduit par Hengshi Egypt Fiberglass Fabrics SAE et Jushi Egypt for Fiberglass Industry SAE, et

condamner la partie défenderesse et toute partie intervenante aux dépens, incluant ceux encourus en première instance.

Moyens et principaux arguments

Dans l’arrêt attaqué, le Tribunal a rejeté le recours en annulation introduit par les parties requérantes contre le règlement d’exécution (UE) 2020/776 (1) de la Commission, du 12 juin 2020, instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains tissus en fibres de verre tissées et/ou cousues originaires de la République populaire de Chine et d’Égypte et modifiant le règlement d’exécution (UE) 2020/492 de la Commission instituant des droits antidumping définitifs sur les importations de certains tissus en fibres de verre tissées et/ou cousues originaires de la République populaire de Chine et d’Égypte.

À l’appui du présent recours, les requérantes invoquent cinq moyens, selon lesquels le Tribunal a commis une erreur de droit:

en établissant que la Commission n’a pas violé l’article 1er, paragraphe 1, ainsi que les articles 5 et 6 du règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil, du 8 juin 2016, relatif à la défense contre les importations qui font l’objet de subventions de la part de pays non membres de l’Union européenne (JO 2016, L 176, p. 55, ci-après le «règlement de base»), lorsqu’elle a adopté sa méthode pour calculer la marge de subvention des requérantes;

en concluant que la Commission n’a pas violé l’article 2, sous a) et b), et l’article 3, point 1, sous a), du règlement de base lorsqu’elle a attribué les contributions financières accordées par les gouvernements et les organismes publics liés au gouvernement de la République populaire de Chine aux pouvoirs publics du pays d’origine ou d’exportation, à savoir le gouvernement de la République arabe d’Égypte;

en constatant que la Commission n’a pas violé l’article 4, paragraphes 2 et 3, du règlement de base lorsqu’elle a conclu que les pouvoirs publics égyptiens ont la qualité d’autorités ayant accordé les financements préférentiels qui ont été accordés par les pouvoirs publics chinois;

en concluant que la Commission n’a pas violé l’article 3, point 1, sous a), ii), et point 2, ainsi que l’article 5 du règlement de base lorsqu’elle a calculé le montant de l’avantage conféré à Jushi en vertu du régime de remise de droits; et

en déterminant que la Commission n’a pas violé l’article 3, paragraphe 2, et l’article 4, paragraphe 2, sous c), du règlement de base lorsqu’elle a établi que le traitement fiscal des pertes de change conférait un avantage aux requérantes et constituait une subvention spécifique.

En ce qui concerne le premier moyen, les parties requérantes soutiennent, en substance, que le Tribunal a commis une erreur de droit lorsqu’il a considéré que l’utilisation par la Commission de leur chiffre d’affaires total cumulé, tous produits confondus, en tant que dénominateur approprié pour le calcul du bénéfice exprimé en pourcentage (à savoir du montant des subventions passibles des mesures compensatoires) n’était pas entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

En ce qui concerne le deuxième moyen, les parties requérantes soutiennent, en substance, que le Tribunal a commis une erreur de droit lorsqu’il a conclu que le règlement de base n’exclut pas que, même si la contribution financière ne provient pas directement des pouvoirs publics du pays d’origine ou d’exportation, cette contribution puisse leur être imputée, en vertu de l’article 2, sous b), et de l’article 3, point 1, du règlement de base.

En ce qui concerne le troisième moyen, les parties requérantes soutiennent, en substance, que le Tribunal a commis une erreur de droit lorsqu’il a conclu que les pouvoirs publics égyptiens ont la qualité d’autorités ayant accordé les financements préférentiels qui ont été accordés par les pouvoirs publics chinois. Le Tribunal aurait dû conclure, au lieu de cela, que la Commission avait violé l’article 4, paragraphes 2 et 3, du règlement de base, parce que c’étaient les entités chinoises ayant accordé les contributions financières qui constituaient l’autorité accordant les subventions.

En ce qui concerne le quatrième moyen, les parties requérantes soutiennent, en substance, que le Tribunal a commis une erreur de droit en concluant que la seule situation comparable afin de déterminer si Jushi a reçu un avantage est celle d’une entreprise établie, comme Jushi, dans la dans la zone économique du canal de Suez (ci-après la «ZCS») qui vend des produits contenant de matériaux qui ont bénéficié d’une exonération des droits de douane à une entreprise installée hors de la ZCS.

En ce qui concerne le cinquième moyen, les parties requérantes soutiennent, en substance, que le Tribunal a commis une erreur de droit en concluant que la Commission n’avait pas considéré que le traitement fiscal en soi constituait une subvention susceptible de faire l’objet d’une mesure compensatoire et que les requérantes en première instance n’avait apporté aucun élément de preuve qui pourrait priver de plausibilité les appréciations des faits retenues par la Commission dans le règlement d’exécution attaqué, en ce qui concerne le fait que le traitement fiscal en question profitait à toutes les entreprises ayant des passifs en devises étrangères.


(1) JO 2020, L 189, p. 1.