Jurisprudence CJUE62023CN0289

Affaire C-289/23, Corván: Demande de décision préjudicielle présentée par le Juzgado de lo Mercantil n° 1 de Alicante (Espagne) le 25 avril 2023 — Agencia Estatal de la Administración Tributaria/A

CELEX62023CN0289
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 25 avril 2023

Résumé IA

Cette affaire préjudicielle concerne l'interprétation de la directive TVA en matière de déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée. La Cour de justice est interrogée sur les conditions dans lesquelles une autorité fiscale peut refuser le droit à déduction lorsque l'opération économique sous-jacente est considérée comme fictive. La décision précisera les obligations de vérification des autorités fiscales et les droits des opérateurs économiques dans le cadre des fraudes présumées à la TVA.

Texte intégral

18.9.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 329/6


Demande de décision préjudicielle présentée par le Juzgado de lo Mercantil no 1 de Alicante (Espagne) le 25 avril 2023 — Agencia Estatal de la Administración Tributaria/A

(Affaire C-289/23, Corván (1))

(2023/C 329/08)

Langue de procédure: l’espagnol

Juridiction de renvoi

Juzgado de lo Mercantil no 1 de Alicante

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: Agencia Estatal de la Administración Tributaria

Partie défenderesse: A

Questions préjudicielles

1)

Doutes concernant l’interprétation de l’article 23, paragraphe 2, de la directive (UE) 2019/1023 (2) du Parlement européen et du Conseil, du 20 juin 2019, relative aux cadres de restructuration préventive, à la remise de dettes et aux déchéances, et aux mesures à prendre pour augmenter l’efficacité des procédures en matière de restructuration, d’insolvabilité et de remise de dettes, et modifiant la directive (UE) 2017/1132 (directive sur la restructuration et l’insolvabilité).

1.1.

L’article 23, paragraphe 2, de la directive doit-il être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une législation nationale qui empêche l’accès à la remise de dettes au sens de l’article 487, paragraphe 1, point 2, du Texto refundido de la Ley Concursal (texte de refonte de la loi sur l’insolvabilité, ci-après le «TRLC»), dans la mesure où cette restriction n’était pas prévue dans la législation qui reconnaissait le droit à la remise avant la transposition de la directive et a été introduite ex novo par le législateur? En particulier, le législateur national peut-il, lors de la transposition de la directive, imposer des restrictions à l’accès à la remise plus importantes que celles prévues par la législation antérieure, surtout lorsque ces restrictions ne correspondent à aucune des circonstances prévues à l’article 23, paragraphe 2, de la directive?

1.2.

Dans l’hypothèse où la Cour répondrait par la négative à la question précédente, l’article 23, paragraphe 2, de la directive 2019/1023 doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une réglementation nationale qui exclut l’accès à la remise lorsque, au cours des dix années précédant la demande de remise, [le débiteur] a été sanctionné par une décision administrative définitive pour une infraction grave ou très grave en matière de fiscalité, ou une infraction à la sécurité sociale ou à l’ordre social, ou lorsque, dans la même période, une décision définitive d’extension de responsabilité a été prise, à moins qu’à la date d’introduction de la demande de remise, il se soit acquitté de l’intégralité des dettes relevant de sa responsabilité (article 487, paragraphe 1, point 2, TRLC), dans la mesure où cette cause implique la modification du système de classement des créances relatives à l’insolvabilité?

1.3.

Dans l’hypothèse où la Cour répondrait par la négative à la question précédente, l’article 23, paragraphe 2, de la directive doit-il être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une législation nationale qui exclut l’accès à la remise au sens de l’article 487, paragraphe 1, point 2, TRLC lorsque […] une décision définitive d’extension de responsabilité a été prise, à moins qu’à la date d’introduction de la demande de remise, [le débiteur] se soit acquitté de l’intégralité des dettes relevant de sa responsabilité, dans la mesure où cette circonstance ne permet pas d’établir la mauvaise foi du débiteur? Le fait que l’insolvabilité n’ait pas été déclarée frauduleuse a-t-il une quelconque importance à cet égard?

1.4.

Dans l’hypothèse où la Cour répondrait par la négative à la question précédente, l’article 23, paragraphe 2, de la directive doit-il être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une législation nationale qui exclut l’accès à la remise au sens de l’article 487, paragraphe 1, point 2, TRLC pour les infractions ou les décisions d’extension de la responsabilité qui ont été commises ou prises au cours des dix années précédant la demande de remise sans tenir compte de la date du fait générateur de responsabilité et du retard éventuel dans l’adoption de la décision d’extension de responsabilité?

1.5.

Dans l’hypothèse où la Cour répondrait par la négative aux questions précédentes, l’article 23, paragraphe 2, de la directive doit-il être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une législation nationale qui empêche l’accès à la remise au sens de l’article 487, paragraphe 1, point 2, TRLC, dans la mesure où cette restriction n’a pas été dûment justifiée par le législateur national?

2)

Doutes quant à l’interprétation de l’article 23, paragraphe 4, de la directive 2019/1023.

2.1.

L’article 23, paragraphe 4, de la directive doit-il être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une disposition telle que celle prévue à l’article 487, paragraphe 1, point 2, TRLC, qui prévoit des causes empêchant l’accès à la remise qui ne figurent pas dans la liste de cet article 23, paragraphe 4? En particulier, la liste des causes figurant à l’article 23, paragraphe 4, doit-elle être interprétée comme une liste fermée ou, au contraire, comme une liste ouverte?

2.2.

Dans la mesure où la liste est ouverte et où le législateur national peut prévoir d’autres exceptions que celles prévues à la directive, l’article 23, paragraphe 4, de la directive s’oppose-t-il à une législation nationale qui établit une règle générale de non-remise de dettes tirées de créances de droit public, sauf dans des circonstances et pour des montants très limités, indépendamment de la nature et des circonstances des dettes spécifiques de droit public? En particulier, est-il pertinent en l’espèce que la législation antérieure, telle qu’interprétée par la jurisprudence du Tribunal Supremo [Cour suprême], permettait une remise pour certaines créances de droit public et que la règle de transposition ait servi à restreindre le champ d’application de la remise?

2.3.

Dans l’hypothèse où la Cour répondrait par la négative à la question précédente, faut-il considérer que l’article 23, paragraphe 4, de la directive s’oppose à une disposition nationale telle que celle prévue à l’article 489, paragraphe 1, point 5, TRLC, qui établit une règle générale d’exclusion de la remise de dettes tirées de créances de droit public (avec certaines exceptions qui font l’objet de la question suivante) dans la mesure où elle accorde un traitement privilégié aux créanciers publics par rapport aux autres créanciers?

2.4.

En particulier, et en relation avec la question précédente, est-il pertinent que la législation prévoie une certaine remise de dettes tirées de créances de droit public, mais seulement en ce qui concerne certaines dettes et dans des limites spécifiques qui ne sont pas en rapport avec le montant réel de la dette?

2.5.

Enfin, l’article 23, paragraphe 4, de la directive 2019/1023 doit-il être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une disposition telle que celle prévue à l’article 489, paragraphe 1, point 5, TRLC, dans la mesure où la remise de dettes est justifiée par la pertinence particulière de leur acquittement pour une société juste et solidaire, fondée sur l’État de droit, et qu’elle se réfère de manière générale aux créances de droit public sans tenir compte de la spécificité de la créance? En particulier, est-il pertinent à cet égard que la justification générale soit utilisée tant pour les dettes énumérées à l’article 23, paragraphe 4, de la directive que pour des circonstances ou des dettes qui n’y sont pas énumérées?


(1) Le nom de la présente affaire est un nom fictif. Il ne correspond au nom réel d’aucune partie à la procédure.

(2) JO 2019, L 172, p. 18.