Jurisprudence CJUE62023CN0446

Affaire C-446/23: Demande de décision préjudicielle présentée par le Tallinna Halduskohus (Estonie) le 17 juillet 2023 — Warmeston OÜ/AS Elering

CELEX62023CN0446
TypeJurisprudence CJUE
Datelundi 17 juillet 2023

Résumé IA

Cette affaire concerne l'interprétation de la directive 2012/27/UE relative à l'efficacité énergétique, notamment ses règles sur les systèmes d'obligations en matière d'économies d'énergie. La Cour est appelée à préciser si un État membre peut imposer des obligations de contribution financière à des entreprises pour financer un fonds dédié à l'efficacité énergétique, et dans quelle mesure ces mécanismes doivent respecter les principes de proportionnalité et de non-discrimination du droit de l'Union.

Texte intégral

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Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/15

9.10.2023

Demande de décision préjudicielle présentée par le Tallinna Halduskohus (Estonie) le 17 juillet 2023 — Warmeston OÜ/AS Elering

(Affaire C-446/23)

(C/2023/15)

Langue de procédure: l’estonien

Juridiction de renvoi

Tallinna Halduskohus

Parties dans la procédure au principal

Partie requérante: Warmeston OÜ

Partie défenderesse: AS Elering

Questions préjudicielles

1)

Comment convient-il d’interpréter la notion de projet (d’investissement) au sens des considérants 42 et 43 de la décision de la Commission du 6 décembre 2017 dans l’affaire SA.47354? Comment convient-il d’apprécier quels sont les coûts liés au projet et qui étaient de nature, potentiellement, à conduire ce dernier, à la date du 31 décembre 2016, à un stade de développement tel qu’il apparaissait fort probable qu’il serait mené à bonne fin (s’agissant d’un projet pour lequel des travaux ont débuté)?

a)

En particulier, peut-on considérer comme faisant partie d’un projet afférent à une installation de production d’électricité une installation autre qu’une installation productrice d’énergie (telle qu’une usine de granulés de bois)?

b)

La réponse à la question précédente dépend-elle du point de savoir si:

i.

cette installation autre qu’une installation productrice d’énergie est économiquement liée à l’installation de production d’électricité;

ii.

cette installation autre qu’une installation productrice d’énergie est liée sur le plan technique (énergétique) à l’installation de production d’électricité, c’est-à-dire s’il importe qu’elle conditionne l’exploitation, l’alimentation ou autre fonction similaire de l’installation de production d’électricité;

iii.

la construction de cette installation autre qu’une installation productrice d’énergie, considérée de manière isolée, était économiquement rentable et techniquement rationnelle (par exemple, elle a été en activité pendant plus de dix ans et, au cours de cette période, le maître d’ouvrage n’a entrepris aucune démarche pour la construction d’une installation de production d’électricité);

c)

En particulier, peut-on considérer comme faisant partie d’un projet afférent à une installation de production d’électricité une installation autre qu’une installation productrice d’énergie au seul motif qu’il est économiquement plus rentable d’exploiter cette dernière conjointement à une installation de production d’électricité?

d)

En particulier, faut-il examiner si l’installation autre qu’une installation productrice d’énergie fait partie intégrante du projet concernant une installation de production d’électricité (autrement dit, faut-il se demander si le maître d’ouvrage aurait réalisé cette installation autre qu’une installation productrice d’énergie s’il n’avait pas parallèlement envisagé d’installation de production d’électricité), ou inversement?

2)

Pour déterminer s’il est possible de considérer que les travaux ont débuté au sens du considérant 42 de la décision de la Commission du 6 décembre 2017 dans l’affaire SA.47354, faut-il tenir compte uniquement de la prise formelle d’engagements inconditionnels et contraignants (par leur signature, par exemple) ou faut-il en plus examiner sur le fond, dans chaque cas, si le projet se trouvait à un stade de développement tel qu’il apparaissait fort probable qu’il serait mené à bonne fin et si l’abandon du projet aurait également eu des conséquences néfastes, matériellement, pour l’entreprise?

a)

En particulier, faut-il évaluer le stade de développement d’un projet d’investissement au regard de chacun des cas de figure relevant de la notion de début des travaux, y compris dans l’hypothèse où les travaux de construction ont débuté?

b)

En particulier, comment faut-il évaluer sur le fond les engagements pris? Peut-on tenir compte de la part que représentent les investissements réalisés, les engagements pris, les travaux de constructions effectués et les dépenses engagées dans la valeur totale du projet? Est-il également déterminant de savoir si les engagements pris portent sur l’installation de production d’électricité ou sur les infrastructures du projet?

c)

En particulier, est-il possible de considérer que les travaux ont débuté dans une situation où, à une date antérieure au 31 décembre 2016, l’entreprise a pris des engagements/réalisé des investissements/commencé des travaux de construction/acquis des équipements, mais où le montant des dépenses est si faible au regard de l’ampleur du projet global que l’on ne saurait considérer que le projet se trouve à un stade de développement tel qu’il apparaît fort probable qu’il sera mené à bonne fin? Quelle est la part des dépenses dans la valeur totale du projet qui peut raisonnablement être reconnue comme suffisante pour considérer que le projet se trouve à un stade de développement tel qu’il apparaît fort probable qu’il sera mené à bonne fin?

d)

En particulier, pour déterminer s’il est possible de considérer que les travaux ont débuté, un État membre est-il tenu d’établir l’existence d’un effet incitatif ou celle-ci doit-elle être présumée sur le fondement de la décision de la Commission du 6 décembre 2017 dans l’affaire SA.47354?


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/15/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)