Jurisprudence CJUE62023TJ0104

Jurisprudence CJUE — 62023TJ0104

CELEX62023TJ0104
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 13 novembre 2024

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ARRÊT DU TRIBUNAL (quatrième chambre)

13 novembre 2024 (*)

« Accès aux documents – Règlement (CE) no 1049/2001 – Documents préparatoires de la Commission relatifs à une demande de révision interne du règlement d’exécution (UE) 2021/2049 en ce qui concerne le renouvellement de l’approbation de la substance active cyperméthrine – Refus partiel d’accès – Article 4, paragraphe 2, du règlement no 1049/2001 – Exception relative à la protection des procédures juridictionnelles »

Dans l’affaire T‑104/23,

Pesticide Action Network Europe (PAN Europe), établie à Bruxelles (Belgique), représentée par Me A. Bailleux, avocat,

partie requérante,

contre

Commission européenne, représentée par MM. M. Burón Pérez et G. Gattinara, en qualité d’agents,

partie défenderesse,

LE TRIBUNAL (quatrième chambre),

composé de M. R. da Silva Passos, président, Mmes I. Reine et T. Pynnä (rapporteure), juges,

greffier : M. V. Di Bucci,

vu la phase écrite de la procédure,

vu l’ordonnance du 10 novembre 2023 par laquelle le Tribunal a ordonné à la Commission de produire intégralement les huit documents auxquels elle avait partiellement ou intégralement refusé l’accès et la production de ces documents par la Commission le 24 novembre 2023,

vu l’absence de demande de fixation d’une audience présentée par les parties dans le délai de trois semaines à compter de la signification de la clôture de la phase écrite de la procédure et ayant décidé, en application de l’article 106, paragraphe 3, du règlement de procédure du Tribunal, de statuer sans phase orale de la procédure,

rend le présent

Arrêt

1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, Pesticide Action Network Europe (PAN Europe), demande l’annulation de la décision C(2022) 9583 de la Commission, du 12 décembre 2022, par laquelle celle‑ci lui a refusé partiellement l’accès à certains documents (ci-après la « décision attaquée), demandés en vertu du règlement (CE) no 1049/2001 du Parlement européen et du Conseil, du 30 mai 2001, relatif à l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission (JO 2001, L 145, p. 43).

Antécédents du litige

2 La requérante est une association sans but lucratif de droit belge ayant pour mission de réduire graduellement l’utilisation de pesticides et de les remplacer par leurs alternatives agroécologiques.

3 Le 24 novembre 2021, la Commission européenne a adopté le règlement d’exécution (UE) 2021/2049 renouvelant l’approbation de la substance active « cyperméthrine » comme substance dont la substitution est envisagée, conformément au règlement (CE) no 1107/2009 du Parlement européen et du Conseil concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, et modifiant l’annexe du règlement d’exécution (UE) no 540/2011 de la Commission (JO 2021, L 420, p. 6).

4 Le 20 janvier 2022, la requérante a présenté à la Commission une demande de réexamen interne (ci‑après la « demande de réexamen interne »), conformément à l’article 10 du règlement (CE) no 1367/2006 du Parlement européen et du Conseil, du 6 septembre 2006, concernant l’application aux institutions et organes de la Communauté européenne des dispositions de la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement (JO 2006, L 264, p. 13).

5 Le 18 février 2022, la Commission a demandé l’assistance technique et scientifique de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour la préparation de la réponse à la demande de réexamen interne. Le 15 mars 2022, l’EFSA a rendu un rapport technique qui a été mis à la disposition du public.

6 Par une lettre du 23 juin 2022, le membre de la Commission chargé de la santé et de la sécurité alimentaire a informé la requérante qu’il avait soigneusement évalué les allégations de cette dernière dans la demande de réexamen interne et que celle-ci n’était pas fondée. En annexe à cette lettre était jointe l’évaluation détaillée des motifs de réexamen interne (ci‑après l’« évaluation détaillée »).

7 Par un courriel du 23 juin 2022, la requérante a adressé à la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission (ci‑après la « DG de la santé ») une demande d’accès aux documents au titre du règlement no 1049/2001 (ci‑après la « demande initiale »), qui portait sur les documents se rapportant à la demande de réexamen interne préparés par la Commission et échangés au sein de celle‑ci.

8 Par sa réponse du 23 août 2022 (ci-après la « réponse initiale »), la DG de la santé a informé la requérante qu’elle avait identifié 35 documents concernés par la demande initiale. Sur les 35 documents identifiés, elle a accordé à la requérante un accès complet à deux documents et un accès partiel à 18 autres, à l’exception des données personnelles des personnes physiques concernées. Aucun accès n’a été accordé aux quinze documents restants, sur le fondement de deux exceptions énoncées à l’article 4 du règlement no 1049/2001, à savoir l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles (article 4, paragraphe 2, deuxième tiret), et celle relative à la protection du processus décisionnel (article 4, paragraphe 3, second alinéa).

9 Le 31 août 2022, la requérante a introduit un recours tendant à l’annulation de la décision de la Commission du 23 juin 2022 rejetant sa demande de réexamen interne (ci-après l’« affaire T‑536/22 »).

10 Le 2 septembre 2022, la requérante a déposé une demande confirmative, en vertu de l’article 7, paragraphe 2, du règlement no 1049/2001, tendant à ce que la Commission divulgue intégralement les documents restants (ci-après la « demande confirmative »).

11 Le 23 septembre 2022, la requérante a présenté une autre demande d’accès aux documents par laquelle elle a sollicité l’accès à toutes les communications entre les États membres et la Commission au sein du Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed (comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, ci-après le « Scopaff ») ainsi que toutes les communications présentant la position des États membres à l’égard du potentiel renouvellement de la cyperméthrine et d’une autre substance.

12 Le 28 novembre 2022, en réponse à la demande d’accès aux documents du 23 septembre 2022, la Commission a informé la requérante qu’elle avait recensé 135 documents relevant du champ d’application de la demande et a expliqué qu’un accès ne pouvait être donné à aucun d’entre eux, étant donné qu’ils relevaient entièrement de l’exception relative à la protection du processus décisionnel de l’institution prévue à l’article 4, paragraphe 3, deuxième alinéa, du règlement no 1049/2001. La requérante n’a pas introduit, dans le délai imparti, de demande confirmative tendant à ce que la Commission révise sa position sur les 135 documents identifiés.

13 Par une décision du 12 décembre 2022, en réponse à la demande confirmative formulée le 2 septembre 2022, la Commission a identifié 15 documents couverts par cette demande. La Commission a décidé de donner un accès supplémentaire et partiel à sept documents, à l’exception des données personnelles des personnes concernées en vertu de l’article 4, paragraphe 1, sous b), du règlement no 1049/2001. Elle a également accordé à la requérante l’accès partiel à trois documents avec des passages occultés, en se fondant sur le motif de la protection des données à caractère personnel prévue à l’article 4, paragraphe 1, sous b), de ce règlement, de la protection des procédures juridictionnelles prévue à l’article 4, paragraphe 2, deuxième tiret, dudit règlement et de la protection du processus décisionnel prévue à l’article 4, paragraphe 3, second alinéa du même règlement. L’accès aux cinq documents restants a été refusé sur le fondement des articles susmentionnés.

Procédure et conclusions des parties

14 La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision attaquée ;

– condamner la Commission aux dépens.

15 La Commission conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours ;

– condamner la requérante aux dépens.

En droit

16 La requérante soulève trois moyens à l’appui de son recours. Par le premier moyen, elle fait valoir que la décision attaquée viole l’article 4, paragraphe 2, deuxième tiret, du règlement no 1049/2001, concernant l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles. Par le deuxième moyen, elle fait valoir que la décision attaquée viole l’article 4, paragraphe 3, second alinéa, du règlement no 1049/2001, concernant l’exception relative à la protection du processus décisionnel. En outre, dans la réplique, la requérante a soulevé un troisième moyen relatif aux échanges au sein du Scopaff.

Sur le troisième moyen, relatif aux échanges au sein du Scopaff

17 Dans la réplique, la requérante soutient que les échanges au sein du Scopaff, mentionnés au point 11 ci-dessus, qui sont en lien avec sa demande de réexamen interne devraient être considérés comme relevant de sa demande initiale, qui était formulée de manière large, et que cette inclusion dans la demande initiale est étayée par la justification de cette demande.

18 La requérante indique que certains documents relatifs à une réunion du Scopaff des 14 et 15 juillet 2022, en particulier, relèveraient de toute évidence du champ de la décision attaquée. Elle explique qu’elle n’aurait pas explicitement mentionné les échanges au sein du Scopaff dans les demandes initiale et confirmative, puisque le Tribunal n’avait pas encore adopté l’arrêt du 14 septembre 2022, Pollinis France/Commission (T‑371/20 et T‑554/20, EU:T:2022:556) dans lequel le Tribunal, au point 99 dudit arrêt, précise que « s’agissant de l’accès du public aux documents inhérents aux travaux des comités de comitologie, la Commission ne saurait considérer que le cadre juridique pertinent exclut, par principe, l’accès du public aux positions individuelles des États membres ».

19 La Commission conteste l’argumentation de la requérante. En tout état de cause, ce moyen serait irrecevable comme étant nouveau au sens de l’article 84, paragraphe 1, du règlement de procédure.

20 Au regard du fait que le champ de la demande initiale, tel que la Commission l’a compris dans la décision du 12 décembre 2022, a été contesté par la requérante, il y a lieu d’examiner le contenu de cette demande afin de pouvoir apprécier le bien-fondé de l’argumentation développé dans le cadre du présent moyen.

21 Dans sa demande initiale, la requérante a demandé à « recevoir les documents suivants relatifs à [sa] demande de réexamen interne du règlement d’exécution (UE) 2021/2049 de la Commission renouvelant l’approbation de la substance active “cyperméthrine ”[…] :

– toutes les communications internes au sein de la Commission […] (entre les services ou les directions générales et entre les administrations et les cabinets) ;

– les procès-verbaux de toutes les réunions de la Commission […], les notes des appels téléphoniques relatifs à notre demande ;

– toutes les communications entre la Commission […] et l’EFSA ;

– toutes les autres communications interinstitutionnelles ;

– toutes les communications externes avec les parties prenantes ».

22 Ainsi formulé, le champ de la demande initiale ne couvre pas expressément les échanges au sein du Scopaff. En outre, dans la demande confirmative, la requérante ne prétend pas non plus que lesdits échanges auraient dû être identifiés par la Commission comme relevant de la demande initiale. Ceci est confirmé par le fait que la requérante a présenté une autre demande d’accès concernant les échanges au sein du Scopaff (voir point 11 ci-dessus). La requérante n’est donc pas fondée à soutenir que l’identification des documents demandés aurait dû comprendre les échanges au sein du Scopaff.

23 Partant, la demande initiale ne vise pas les échanges au sein du Scopaff, mais uniquement les documents se rapportant à la demande de réexamen interne préparés par la Commission et échangés au sein de celle-ci (point 7 ci-dessus). Le fait que, entretemps, le Tribunal ait adopté l’arrêt du 14 septembre 2022, Pollinis France/Commission (T‑371/20 et T‑554/20, EU:T:2022:556), en concluant qu’il était possible de donner accès aux documents faisant état de la position individuelle des États membres au sein du Scopaff (arrêt du 14 septembre 2022, Pollinis France/Commission, T‑371/20 et T‑554/20, EU:T:2022:556, point 107) ne saurait changer le fait que, en l’espèce, les échanges au sein du Scopaff n’entrent pas dans le champ de la demande initiale de la requérante.

24 Il résulte de ce qui précède que le troisième moyen, relatif aux échanges au sein du Scopaff, à supposer qu’il soit recevable, doit être rejeté.

25 Ainsi, le présent recours vise la décision du 12 décembre 2022 de la Commission, dans la mesure où elle n’accorde qu’un accès partiel aux documents nos 14, 19 et 25, et refuse l’accès aux documents nos 20, 21, 23, 24 et 29, tels que cités dans le tableau en annexe de cette décision (ci-après les « documents litigieux »).

Sur le premier moyen, relatif à l’exception visant la protection des procédures juridictionnelles

26 Le premier moyen, par lequel la requérante fait valoir que la décision attaquée viole l’article 4, paragraphe 2, deuxième tiret, du règlement no 1049/2001, portant sur l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles, comporte, en substance, trois branches.

27 Premièrement, la requérante soutient qu’aucune procédure juridictionnelle n’aurait été engagée au moment où elle a présenté la demande initiale. Selon elle, le fait qu’elle ait déclaré sur son site Internet qu’elle formerait un recours contre une décision rejetant sa demande de réexamen interne saurait difficilement être considéré comme équivalent à l’ouverture d’une procédure juridictionnelle. Certes, lorsque la décision attaquée a été adoptée, la requérante avait déjà initié un recours. Cependant, aucune demande confirmative n’aurait été nécessaire si la Commission n’avait pas invoqué illégalement cette exception dans sa réponse initiale.

28 Deuxièmement, la requérante allègue que l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles ne s’appliquerait pas au type de documents qu’elle a demandés, puisque ces documents n’auraient pas été rédigés dans le cadre d’une procédure juridictionnelle ou en vue de défendre la Commission. Ils portent, selon la requérante, sur la préparation d’un acte administratif qui la concerne.

29 Troisièmement, la requérante fait valoir que les informations demandées auraient trait à des émissions dans l’environnement, au sens de l’article 6, paragraphe 1, du règlement no 1367/2006. Selon elle, l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles ne s’applique pas si un intérêt public supérieur justifie la divulgation du document visé. En particulier, cette exception devrait être interprétée de manière stricte dans la mesure où l’information demandée a trait aux émissions dans l’environnement.

30 La Commission conteste l’argumentation de la requérante.

Considérations générales sur le droit d’accès du public aux documents

31 Conformément à son considérant 1, le règlement no 1049/2001 s’inscrit dans la volonté exprimée à l’article 1er, deuxième alinéa, TUE de marquer une nouvelle étape dans le processus créant une « union sans cesse plus étroite entre les peuples de l’Europe », dans laquelle les décisions sont prises dans le plus grand respect possible du principe d’ouverture et le plus près possible des citoyens (arrêts du 1er juillet 2008, Suède et Turco/Conseil, C‑39/05 P et C‑52/05 P, EU:C:2008:374, point 34, et du 4 septembre 2018, ClientEarth/Commission, C‑57/16 P, EU:C:2018:660, point 73).

32 Cet objectif fondamental de l’Union est également reflété, d’une part, à l’article 15, paragraphe 1, TFUE, qui prévoit, notamment, que les institutions, les organes et les organismes de l’Union œuvrent dans le plus grand respect possible du principe d’ouverture, principe également réaffirmé à l’article 10, paragraphe 3, TUE et à l’article 298, paragraphe 1, TFUE, ainsi que, d’autre part, par la consécration du droit d’accès aux documents à l’article 42 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (voir arrêt du 4 septembre 2018, ClientEarth/Commission, C‑57/16 P, EU:C:2018:660, point 74 et jurisprudence citée).

33 Ce droit d’accès aux documents est soumis à certaines limites fondées sur des raisons d’intérêt public ou privé. Conformément à son considérant 11, le règlement no 1049/2001 prévoit, à son article 4, un régime autorisant les institutions à refuser l’accès à un document dans le cas où la divulgation de ce dernier porterait atteinte à l’un des intérêts protégés par cet article (voir arrêt du 17 octobre 2013, Conseil/Access Info Europe, C‑280/11 P, EU:C:2013:671, point 29 et jurisprudence citée ; arrêt du 27 février 2014, Commission/EnBW, C‑365/12 P, EU:C:2014:112, point 85 ; voir, également, arrêt du 22 janvier 2020, PTC Therapeutics International/EMA, C‑175/18 P, EU:C:2020:23, point 55 et jurisprudence citée).

34 De telles exceptions dérogeant au principe de l’accès le plus large possible du public aux documents, elles doivent être interprétées et appliquées strictement (voir arrêt du 4 septembre 2018, ClientEarth/Commission, C‑57/16 P, EU:C:2018:660, point 78 et jurisprudence citée).

35 Ainsi, d’une part, lorsque l’institution concernée décide de refuser l’accès à un document dont la communication lui a été demandée, il lui incombe, en principe, de fournir des explications quant aux questions de savoir de quelle manière l’accès à ce document pourrait porter concrètement et effectivement atteinte à l’intérêt protégé par une exception prévue à l’article 4 du règlement no 1049/2001 que cette institution invoque. En outre, le risque d’une telle atteinte doit être raisonnablement prévisible et non purement hypothétique (voir arrêt du 21 juillet 2011, Suède/MyTravel et Commission, C‑506/08 P, EU:C:2011:496, point 76 et jurisprudence citée).

36 D’autre part, lorsque l’institution applique l’une des exceptions prévue à l’article 4 du règlement no 1049/2001, il lui incombe de mettre en balance l’intérêt spécifique devant être protégé par la non-divulgation du document concerné et, notamment, l’intérêt général à ce que ce document soit rendu accessible, eu égard aux avantages découlant d’une transparence accrue (voir arrêts du 17 octobre 2013, Conseil/Access Info Europe, C‑280/11 P, EU:C:2013:671, point 32 et jurisprudence citée, et du 3 juillet 2014, Conseil/in’t Veld, C‑350/12 P, EU:C:2014:2039, point 53 et jurisprudence citée).

37 Il incombe toutefois au demandeur d’invoquer de manière concrète des circonstances fondant un tel intérêt public supérieur justifiant la divulgation des documents concernés (arrêts du 14 novembre 2013, LPN et Finlande/Commission, C‑514/11 P et C‑605/11 P, EU:C:2013:738, point 94, et du 16 juillet 2015, ClientEarth/Commission, C‑612/13 P, EU:C:2015:486, point 90).

38 Ainsi, en matière d’accès aux documents, la jurisprudence a établi que le principe de proportionnalité exigeait que les dérogations ne dépassent pas les limites de ce qui était approprié et nécessaire pour atteindre le but recherché (arrêt du 20 septembre 2016, PAN Europe/Commission, T‑51/15, non publié, EU:T:2016:519, point 21).

39 Le bien-fondé de l’application de l’une des exceptions prévues à l’article 4 du règlement no 1049/2001 doit se faire au regard des faits existant à la date de l’adoption de la décision refusant l’accès aux documents sur le fondement de cette exception. En effet, la légalité d’un acte de l’Union doit être appréciée en fonction des éléments de fait et de droit existant à la date où l’acte a été adopté (voir arrêt du 6 février 2020, Compañía de Tranvías de la Coruña/Commission, T‑485/18, EU:T:2020:35, point 36 et jurisprudence citée).

40 En ce qui concerne, en particulier, l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles, l’article 4, paragraphe 2, deuxième tiret, du règlement no 1049/2001 prévoit que les institutions refusent l’accès à un document dans le cas où sa divulgation porterait atteinte à la protection des procédures juridictionnelles, à moins qu’un intérêt public supérieur ne justifie la divulgation du document en cause.

41 À cet égard, il y a lieu de rappeler que le principe d’égalité des armes ainsi que la bonne administration de la justice sont au cœur de l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles. Or, le besoin d’assurer l’égalité des armes devant le juge justifie la protection non seulement des documents rédigés pour les seuls besoins d’un litige particulier, tels les mémoires, mais aussi des documents dont la divulgation est susceptible de compromettre, dans le cadre d’un litige particulier, l’égalité en question qui constitue un corollaire de la notion même de procès équitable. Toutefois, pour que cette exception puisse s’appliquer, il faut que les documents demandés, au moment de la prise de la décision refusant l’accès auxdits documents, aient un lien pertinent avec un litige pendant devant le juge de l’Union, pour lequel l’institution concernée invoque l’exception, et que leur divulgation, bien que lesdits documents n’aient pas été élaborés dans le cadre d’une procédure juridictionnelle pendante, porte atteinte au principe d’égalité des armes et potentiellement à la capacité de défense de l’institution concernée dans ladite procédure. En d’autres termes, il faut que les documents divulguent la position de l’institution concernée sur des questions litigieuses soulevées dans la procédure juridictionnelle invoquée. (arrêt du 15 septembre 2016, Philip Morris/Commission, T‑796/14, EU:T:2016:483, point 88).

42 Dans l’arrêt du 15 septembre 2016, Philip Morris/Commission (T‑796/14, EU:T:2016:483), le Tribunal a précisé que l’intégrité de la procédure juridictionnelle concernée et l’égalité des armes entre les parties pourraient être sérieusement mises à mal si des parties bénéficiaient d’un accès privilégié à des informations internes de l’autre partie ayant un rapport étroit avec les aspects juridiques d’un litige pendant ou potentiel, mais imminent (arrêt du 15 septembre 2016, Philip Morris/Commission, T‑796/14, EU:T:2016:483, point 90).

43 C’est au regard de ces éléments de droit qu’il y a lieu d’examiner le premier moyen invoqué par la requérante au soutien de son recours.

Sur la première branche du premier moyen, relative à l’existence d’une procédure juridictionnelle

44 Il ressort de la jurisprudence rappelée aux points 39 et 41 ci-dessus que l’existence d’un lien entre les documents demandés et une procédure juridictionnelle pendante est appréciée à la date d’adoption de la décision refusant l’accès aux documents. Dès lors, l’argument de la requérante, selon lequel aucune procédure juridictionnelle n’aurait été engagée au moment où elle a présenté la demande initiale (voir point 27 ci-dessus), doit être rejeté comme étant inopérant.

45 En outre, la requérante fait valoir qu’aucune procédure juridictionnelle n’était en cours au moment de la réponse initiale et qu’aucune demande confirmative n’aurait été nécessaire si la Commission n’avait pas invoqué illégalement cette exception dans ladite réponse.

46 À cet égard, il y a lieu de rappeler que, suivant une jurisprudence constante, en vertu de l’article 8 du règlement no 1049/2001, la réponse à la demande initiale ne constitue qu’une première prise de position, conférant au demandeur la possibilité d’inviter, en l’espèce, le secrétaire général de la Commission à réexaminer la position en cause. Par conséquent, seule la mesure adoptée par le secrétaire général de la Commission, ayant la nature d’une décision et remplaçant intégralement la prise de position précédente, est susceptible de produire des effets juridiques de nature à affecter les intérêts du demandeur et, partant, de faire l’objet d’un recours en annulation (voir arrêt du 28 mars 2017, Deutsche Telekom/Commission, T‑210/15, EU:T:2017:224, points 80 et 81 et jurisprudence citée).

47 Il s’ensuit que l’argument fondé sur l’illégalité de la réponse initiale est inopérant aux fins du contrôle juridictionnel de la décision attaquée et ne saurait prospérer.

48 À la date de l’adoption de la décision attaquée, la requérante avait déjà initié le recours dans l’affaire T‑536/22, tendant à l’annulation de la décision rejetant la demande de réexamen interne (voir point 9 ci-dessus). Dès lors, les documents litigieux présentaient un lien avec un litige pendant devant le juge de l’Union.

49 En outre, conformément à la jurisprudence mentionnée au point 42 ci-dessus, l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles pouvait également être invoquée au moment de l’adoption de la réponse initiale, même si celle-ci a précédé l’introduction de la procédure juridictionnelle, dans la mesure où les informations figurant dans les documents demandés avaient un rapport étroit avec les aspects juridiques d’un litige imminent. Dès lors que la requérante avait présenté la demande de réexamen interne et déclaré sur son site Internet son intention de former un recours contre une décision rejetant cette demande, une procédure juridictionnelle paraissait imminente.

50 Il s’ensuit que la première branche du premier moyen, relative à l’existence d’une procédure juridictionnelle, doit être rejetée.

Sur la deuxième branche du premier moyen, relative à l’application de l’exception au type de documents demandés

51 La requérante fait valoir que l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles ne s’appliquerait pas au type de documents qu’elle a demandés, puisque lesdits documents n’auraient pas été rédigés dans le cadre d’une procédure juridictionnelle ou en vue de défendre la Commission.

52 À cet égard, il y a lieu de rappeler que, selon la jurisprudence, pour déterminer si un document tombe sous le coup d’une des exceptions au droit d’accès aux documents, seul importe le contenu du document demandé (arrêt du 29 octobre 2020, Intercept Pharma et Intercept Pharmaceuticals/EMA, C‑576/19 P, EU:C:2020:873, point 36).

53 Il ressort de l’examen des documents litigieux que les huit documents concernent la préparation de l’évaluation détaillée annexée à la lettre de la commissaire du 23 juin 2022, par laquelle la demande de réexamen interne de la requérante a été rejetée. Plus précisément, les documents nos 20, 23, 24 et 29 sont différents projets de l’évaluation détaillée et les documents nos 14, 19, 21 et 25 consistent en des échanges de courriels, de commentaires et de notes entre la DG de la santé, la direction générale de l’environnement et le service juridique aux fins de la préparation de cette réponse. Les documents litigieux contiennent des positions internes et préliminaires des services de la Commission sur la façon de répondre à la demande de réexamen interne.

54 Par son recours dans l’affaire T‑536/22, la requérante visait l’annulation de la décision de rejet de la demande de réexamen interne. Partant, les documents litigieux contiennent des informations internes ayant un rapport étroit avec les aspects juridiques de cette affaire.

55 L’argument selon lequel les documents litigieux n’auraient pas été rédigés dans le cadre d’une procédure juridictionnelle ou en vue de défendre la Commission doit donc être rejeté.

56 La requérante fait encore valoir que la décision attaquée ne fournirait aucune explication quant à la raison pour laquelle certains documents ne devraient pas lui être divulgués. En effet, la requérante ne comprend pas en quoi les opinions préliminaires de la Commission pourraient porter atteinte à la situation juridique de cette dernière.

57 À cet égard, il convient de relever que la décision attaquée comporte une explication concrète selon laquelle la divulgation au public des documents litigieux révèlerait des opinions internes et préliminaires critiques émanant des services de la Commission impliqués dans cette affaire, opinions qui sont prépondérantes et pertinentes dans l’affaire devant le Tribunal. Aussi il ressort de la décision attaquée que, au regard de l’objet de l’affaire devant le Tribunal, qui concerne la légalité du rejet de la Commission de la demande de réexamen interne, la divulgation des positions internes sur de « possibles défauts en vue de prévoir des problèmes » au cours de la préparation de la réponse de la Commission pourrait compromettre le principe d’égalité des armes et le climat de sérénité dans lequel l’échange d’arguments des parties doit avoir lieu au cours de la procédure juridictionnelle.

58 Ainsi, il y a lieu de constater que la requérante était à même de comprendre les raisons précises pour lesquelles la Commission a considéré, en l’espèce, qu’une divulgation des documents litigieux pouvait porter atteinte à la procédure juridictionnelle devant le Tribunal. L’argument selon lequel la décision attaquée ne fournit pas d’explication quant à la raison pour laquelle les documents litigieux ne doivent pas être divulgués à la requérante, doit donc être rejeté.

59 Il résulte de l’ensemble des considérations qui précèdent que la deuxième branche du premier moyen doit être rejetée.

Sur la troisième branche du premier moyen, relative à la notion d’« informations ayant trait à des émissions dans l’environnement » et à l’existence d’un intérêt public supérieur

60 La requérante fait valoir qu’il existerait un intérêt public supérieur à la divulgation des documents litigieux, fondé sur le fait qu’il s’agit d’informations ayant trait à des émissions dans l’environnement. À cet égard, de telles informations portant sur des émissions dans l’environnement justifieraient une interprétation particulièrement stricte de l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles.

61 La requérante soutient que la demande initiale aurait trait à des informations permettant au public de contrôler si l’évaluation des émissions effectives ou prévisibles, sur la base de laquelle l’autorité compétente a autorisé la substance en cause, était correcte ainsi que les données relatives aux incidences de ces émissions sur l’environnement. En effet, la demande de réexamen interne, qui fait l’objet des documents litigieux, expose plusieurs raisons ainsi que des éléments scientifiques expliquant pourquoi la Commission n’aurait pas dû renouveler l’approbation de la substance active « cyperméthrine ».

62 Selon la requérante, l’intérêt qu’aurait la Commission à défendre ses actes serait moins important que la nécessité de comprendre pourquoi une substance active, à l’égard de laquelle l’EFSA avait relevé plusieurs « sujets de préoccupation », a néanmoins vu son approbation renouvelée.

63 Certes, conformément à l’article 6, paragraphe 1 du règlement no 1367/2006, concernant l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles prévue à l’article 4, paragraphe 2, deuxième tiret, du règlement no 1049/2001, les motifs de refus doivent être interprétés de manière stricte, compte tenu de l’intérêt public que présente la divulgation et du fait de savoir si les informations demandées ont trait à des émissions dans l’environnement.

64 En outre, il y a lieu d’inclure dans la notion d’« informations [ayant] trait à des émissions dans l’environnement » les informations permettant au public de contrôler si l’évaluation des émissions effectives ou prévisibles, sur la base de laquelle l’autorité compétente a autorisé le produit ou la substance en cause, est correcte, ainsi que les données relatives aux incidences de ces émissions sur l’environnement. En effet, il ressort en substance du considérant 2 du règlement no 1367/2006 que l’accès aux informations environnementales garanti par ce règlement vise notamment à favoriser une participation plus efficace du public au processus décisionnel de manière à renforcer l’obligation des instances compétentes de rendre des comptes dans le cadre de la prise de décision en vue de sensibiliser l’opinion publique et d’obtenir son adhésion aux décisions adoptées. Or, pour pouvoir s’assurer que les décisions prises par les autorités compétentes en matière environnementale sont fondées et participer efficacement au processus décisionnel en matière environnementale, le public doit avoir accès aux informations lui permettant de vérifier si les émissions ont été correctement évaluées et doit être mis en mesure de raisonnablement comprendre la manière dont l’environnement risque d’être affecté par lesdites émissions (arrêt du 23 novembre 2016, Commission/Stichting Greenpeace Nederland et PAN Europe, C‑673/13 P, EU:C:2016:889, point 80).

65 Toutefois, s’il n’y a pas lieu de retenir une interprétation restrictive de la notion d’« informations [ayant] trait à des émissions dans l’environnement », cette notion ne saurait pour autant inclure toute information présentant un quelconque lien, même direct, avec des émissions dans l’environnement. En effet, si ladite notion était interprétée comme couvrant de telles informations, elle épuiserait en grande partie la notion d’« information environnementale » au sens de l’article 2, paragraphe 1, sous d), du règlement no 1367/2006 (arrêt du 23 novembre 2016, Commission/Stichting Greenpeace Nederland et PAN Europe, C‑673/13 P, EU:C:2016:889, point 81).

66 Il ressort également de la jurisprudence que la notion d’informations « qui ont trait à des émissions dans l’environnement », au sens de l’article 6, paragraphe 1, du règlement no 1367/2006, n’est pas limitée aux informations permettant d’évaluer les émissions en tant que telles, mais vise également les informations relatives aux incidences de ces émissions (arrêt du 7 mars 2019, Tweedale/EFSA, T‑716/14, EU:T:2019:141, point 92).

67 En l’espèce, la requérante semble déduire la possibilité qu’existent des informations sur les émissions dans l’environnement du fait qu’elle a déposé une demande de réexamen interne au titre du règlement no 1367/2006 et que, dans cette procédure de réexamen, des échanges ont eu lieu avec l’EFSA.

68 Au sens de la jurisprudence mentionnée au point 65 ci-dessus, la notion d’« informations [ayant] trait à des émissions dans l’environnement » ne saurait inclure toute information présentant un quelconque lien avec de telles émissions. Par conséquent, le seul fait qu’il s’agit d’une procédure en vue d’annuler l’approbation de la substance active cyperméthrine n’implique pas, en tant que tel, que les documents litigieux contiennent des informations ayant trait à des émissions dans l’environnement.

69 Toutefois, il y a lieu de relever que, comme indiqué au point 53 ci-dessus, les documents litigieux comprennent uniquement les positions exprimées par les services de la Commission sur la façon de répondre à la demande de réexamen interne. Partant, lesdits documents ne contiennent que des informations qui ont été incluses dans la version finale de l’évaluation détaillée transmise à la requérante (voir point 6 ci-dessus) et qui permettraient au public de vérifier si des émissions dans l’environnement ont été correctement évaluées, au sens de la jurisprudence citée au point 64 ci-dessus. C’est donc à juste titre que la Commission a indiqué dans la décision attaquée qu’« aucune évaluation contenant de (nouvelles) informations environnementales indépendantes ou des informations ayant trait à des émissions dans l’environnement n’est actuellement menée et n’a effectivement été menée dans l’affaire en cause ».

70 En outre, concernant la demande de la Commission à l’EFSA d’examiner les informations scientifiques fournies par la requérante, il y a lieu de constater que le résultat de cette analyse, à savoir le rapport technique de l’EFSA du 15 mars 2022, a été transmis à la requérante. Selon la Commission, l’intégralité de la correspondance entre elle et l’EFSA concernant l’évaluation des informations scientifiques soumises par la requérante dans la demande de réexamen interne a été divulguée, seules les données à caractère personnel ayant été expurgées en réponse à la demande initiale. Ainsi, la requérante a eu accès aux analyses des éléments scientifiques de l’affaire, ce qui lui permettait de contrôler les données relatives aux incidences des émissions dans l’environnement et de comprendre les raisons sous-tendant le renouvellement de l’approbation de la cyperméthrine.

71 Il résulte des considérations qui précèdent que la requérante n’a pas établi l’existence d’un intérêt public qui justifierait de lui donner accès aux documents en cause.

72 Un tel constat n’est pas susceptible d’être remis en cause par les arguments suivants invoqués par la requérante.

73 D’une part, la requérante affirme, pour la première fois devant le Tribunal, que toute personne a le droit d’accéder au dossier qui la concerne, conformément à l’article 41, paragraphe 2, point b) de la charte des droits fondamentaux. Selon elle, ce droit justifierait une interprétation particulièrement stricte de l’exception relative à la protection des procédures juridictionnelles. D’autre part, la requérante souligne que la divulgation des documents litigieux serait le signe que sa demande a fait l’objet d’un examen ouvert, approfondi et impartial.

74 À cet égard, il convient de rappeler que, aux termes de l’article 1er TUE, ce traité « marque une nouvelle étape dans le processus créant une union sans cesse plus étroite entre les peuples de l’Europe, dans laquelle les décisions sont prises dans le plus grand respect possible du principe d’ouverture et le plus près possible des citoyens ». L’article 10, paragraphe 3, TUE, prévoit que tout citoyen a le droit de participer à la vie démocratique de l’Union et que les décisions sont prises aussi ouvertement et aussi près que possible des citoyens. De même, l’article 15, paragraphe 1, TFUE, énonce que, « [a]fin de promouvoir une bonne gouvernance, et d’assurer la participation de la société civile, les institutions, organes et organismes de l’Union œuvrent dans le plus grand respect possible du principe d’ouverture ». L’ensemble de ces dispositions confirme que le principe d’ouverture, bien qu’il soit d’une importance fondamentale pour l’ordre juridique de l’Union, n’est pourtant pas absolu (arrêt du 25 janvier 2023, De Capitani/Conseil, T‑163/21, EU:T:2023:15, points 55 et 56).

75 Il ressort du considérant 11 du règlement no 1049/2001 que ledit règlement organise un régime d’exception autorisant les institutions à refuser l’accès à un document dans le cas où la divulgation de ce dernier porterait atteinte à l’un des intérêts protégés par cet article. Cependant, le caractère fondamental du principe d’ouverture implique que les exceptions qui y dérogent soient interprétées et appliquées strictement. Ainsi, le droit d’accès aux documents des institutions peut être soumis à certaines limites fondées sur des raisons d’intérêt public ou privé dès lors qu’elles respectent les conditions édictées par la réglementation en vigueur (voir, en ce sens, arrêt du 26 juillet 2023, Troy Chemical Company/Commission, T‑662/21, non publié, EU:T:2023:442, points 82 à 84).

76 En l’espèce, il doit être admis que les conditions requises pour l’application de l’exception relative à la protection de procédures juridictionnelles, telle que visée à l’article 4, paragraphe 2, deuxième tiret, du règlement no 1049/2001, étaient remplies s’agissant des documents litigieux, sans que cela soit contraire au principe d’ouverture. Ainsi, il y a lieu de rejeter les arguments mentionnés au point 73 ci-dessus et la troisième branche du premier moyen dans son ensemble.

77 Pour toutes ces raisons, la Commission pouvait valablement refuser l’accès aux documents litigieux, en se fondant sur l’article 4, paragraphe 2, deuxième tiret, du règlement no 1049/2001. Il y a donc lieu de rejeter le premier moyen.

78 Selon la jurisprudence, pour que la décision attaquée soit fondée en droit, il suffit que l’une des exceptions que la Commission a opposées pour refuser l’accès aux documents demandés l’ait été à juste titre (arrêts du 11 juillet 2018, ClientEarth/Commission, T‑644/16, non publié, EU:T:2018:429, point 78, et du 25 novembre 2020, Bronckers/Commission, T‑166/19, EU:T:2020:557, point 78).

79 Par conséquent, il convient de rejeter le recours, sans qu’il soit besoin d’examiner le bien-fondé du deuxième moyen, en ce qu’il est tiré d’une violation de l’article 4, paragraphe 3, second alinéa, du règlement no 1049/2001 concernant l’exception relative à la protection du processus décisionnel.

Sur les dépens

80 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens. La requérante ayant succombé, il y a lieu de la condamner aux dépens, conformément aux conclusions de la Commission.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (quatrième chambre)

déclare et arrête :

1) Le recours est rejeté.

2) Pesticide Action Network Europe (PAN Europe) est condamnée aux dépens.

da Silva Passos

Reine

Pynnä

Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 13 novembre 2024.

Signatures


* Langue de procédure : l’anglais.