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AccueilDroit européen62023TJ1137
Jurisprudence CJUE62023TJ1137

Arrêt du Tribunal (neuvième chambre) du 3 juin 2026.#UF contre Parlement européen.#Fonction publique – Assistants parlementaires accrédités – Contrat à durée déterminée – Article 2, sous c), du RAA – Résiliation du contrat – Article 139, paragraphe 1, sous d), du RAA – Rupture du lien de confiance – Obligation de motivation – Erreur manifeste d’appréciation – Erreur de droit – Droits de la défense – Droit d’être entendu – Impartialité – Présomption d’innocence – Détournement de pouvoir – Responsabilité – Préjudices matériel et moral.#Affaire T-1137/23.

CELEX62023TJ1137
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 3 juin 2026

Résumé IA

Le Tribunal de l'Union européenne a annulé la décision du Parlement européen de résilier le contrat d'un assistant parlementaire accrédité (APA) pour rupture du lien de confiance, estimant que l'institution n'avait pas suffisamment motivé sa décision et avait commis une erreur manifeste d'appréciation. L'arrêt rappelle que la rupture du lien de confiance, prévue à l'article 139, paragraphe 1, sous d), du RAA, ne saurait être invoquée de manière abstraite et doit reposer sur des éléments objectifs et vérifiables, sous peine de violer les droits de la défense et le principe d'impartialité. Cette décision précise les limites du pouvoir discrétionnaire de l'institution dans la gestion des APA et renforce les exigences procédurales en matière de motivation et de respect du contradictoire.

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ARRÊT DU TRIBUNAL (neuvième chambre)

3 juin 2026

« Fonction publique – Assistants parlementaires accrédités – Contrat à durée déterminée – Article 2, sous c), du RAA – Résiliation du contrat – Article 139, paragraphe 1, sous d), du RAA – Rupture du lien de confiance – Obligation de motivation – Erreur manifeste d’appréciation – Erreur de droit – Droits de la défense – Droit d’être entendu – Impartialité – Présomption d’innocence – Détournement de pouvoir – Responsabilité – Préjudices matériel et moral »

Dans l’affaire T‑1137/23,

UF, représenté par Me M. Velardo, avocate,

partie requérante,

(*)

Parlement européen, représenté par Mme S. Seyr, MM. R. Schiano et R. Rende Granata, en qualité d’agents,

partie défenderesse,

LE TRIBUNAL (neuvième chambre),

composé, lors des délibérations, de MM. L. Truchot, président, M. Sampol Pucurull et Mme T. Perišin (rapporteure), juges,

greffier : M. V. Di Bucci,

vu la phase écrite de la procédure, notamment :

– les questions écrites adressées par le Tribunal au requérant et au Parlement le 18 décembre 2024 et les réponses à ces questions déposées au greffe du Tribunal, respectivement, le 10 et le 9 janvier 2025,

– la demande de production de documents adressée par le Tribunal au Parlement le 18 décembre 2024 et la réponse de ce dernier à cette demande déposée au greffe du Tribunal le 9 janvier 2025,

– les observations du requérant sur la réponse du Parlement à la question écrite et à la demande de production de documents lui ayant été adressées par le Tribunal déposées au greffe du Tribunal le 5 février 2025,

– la prise de position du Parlement sur les observations du requérant sur sa réponse à la question écrite et à la demande de production de documents lui ayant été adressées par le Tribunal déposée au greffe du Tribunal le 10 mars 2025,

vu l’absence de demande de fixation d’une audience présentée par les parties dans le délai de trois semaines à compter de la signification de la clôture de la phase écrite de la procédure et ayant décidé, en application de l’article 106, paragraphe 3, du règlement de procédure du Tribunal, de statuer sans phase orale de la procédure,

rend le présent

Arrêt

1 Par son recours fondé sur l’article 270 TFUE, le requérant, UF, demande, d’une part, l’annulation de la décision du Parlement européen du 30 janvier 2023 résiliant son contrat d’assistant parlementaire accrédité (ci-après la « décision attaquée ») ainsi que, d’autre part, la réparation du préjudice qu’il aurait prétendument subi du fait de cette décision.

I. Antécédents du litige

2 Le 5 décembre 2022, le requérant a été engagé par l’autorité habilitée à conclure les contrats d’engagements (ci-après l’« AHCC ») du Parlement, au titre de l’article 5 bis du régime applicable aux autres agents de l’Union européenne (ci-après le « RAA »), en tant qu’assistant parlementaire accrédité (ci-après l’« APA ») pour assister A, membre du Parlement (ci-après la « députée »), jusqu’au 29 février 2024.

3 [confidentiel] (1)

4 Le 10 décembre 2022, la députée a transmis une demande de résiliation du contrat d’APA du requérant à la direction générale du personnel du Parlement par l’intermédiaire d’un formulaire intitulé « Demande de résiliation d’un contrat d’[APA] » (ci-après la « demande de résiliation »). Parmi les motifs pouvant justifier la rupture du lien de confiance entre le membre et l’APA indiqués dans le formulaire, la députée a coché la case intitulée « Préjudice à l’image du soussigné ».

5 Le 12 décembre 2022, la députée a eu un entretien avec l’AHCC (ci-après l’« entretien du 12 décembre 2022 »), au cours duquel elle lui a fourni des explications orales ainsi que des éléments sur support papier au soutien de la demande de résiliation, [confidentiel].

6 Par courrier du 13 décembre 2022, l’AHCC a informé le requérant que la députée lui avait adressé une demande de résiliation de son contrat d’APA et l’a invité à un entretien préalable conformément aux dispositions de l’article 20, paragraphe 4, troisième alinéa, des mesures d’application du titre VII du RAA adoptées par une décision du bureau du Parlement du 14 avril 2014 et modifiées par les décisions du bureau du Parlement du 2 octobre 2017 et du 5 juillet 2021 (ci-après les « mesures d’application du titre VII du RAA »), afin qu’il puisse faire part de ses observations au sujet du motif allégué par la députée dans ladite demande.

7 Le 14 décembre 2022, le requérant a participé à un entretien préalable avec l’AHCC (ci-après l’« entretien du 14 décembre 2022 »), au cours duquel il a exprimé le souhait de prendre part à la procédure de conciliation prévue à l’article 139, paragraphe 3 bis, du RAA.

8 Par courriel du 19 décembre 2022, la députée a décliné l’offre du requérant de participer à la procédure de conciliation relevant de l’article 139, paragraphe 3 bis, du RAA.

9 Par lettre du 3 janvier 2023, le requérant a présenté ses observations écrites et expliqué les raisons pour lesquelles il s’opposait à la demande de résiliation (ci-après les « observations du 3 janvier 2023 »).

10 Le 30 janvier 2023, par la décision attaquée, l’AHCC a résilié le contrat d’APA du requérant pour rupture du lien de confiance, conformément à l’article 139, paragraphe 1, sous d), du RAA.

11 La décision attaquée précisait, après avoir visé, notamment, la demande de résiliation, l’entretien du 14 décembre 2022 et l’analyse de la position respective des deux parties, que, [confidentiel]. Ces éléments, pris individuellement ou dans leur ensemble, ont été considérés par l’AHCC, d’un point de vue objectif, comme étant susceptibles de porter atteinte à l’image de la députée en sa qualité de supérieur hiérarchique ainsi qu’au regard de la relation professionnelle fondée sur la confiance mutuelle entre un député et un APA, indépendamment de tout comportement imputable au requérant dans le contexte de ladite enquête.

12 Par lettre du 25 avril 2023, adressée au secrétaire général du Parlement, le requérant a introduit une réclamation, au titre de l’article 90, paragraphe 2, du statut des fonctionnaires de l’Union européenne (ci-après le « statut »), applicable par analogie aux APA en vertu du renvoi au titre VII du statut figurant à l’article 138 du RAA, contre la décision attaquée. Dans le cadre de sa réclamation, le requérant s’est prévalu d’une violation de l’obligation de motivation et de ses droits de la défense ainsi que, en substance, d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d’appréciation. Par ailleurs, le requérant a soutenu que la décision attaquée était entachée d’une violation des normes relatives à la protection des travailleurs contre les licenciements injustifiés et contrevenait aux principes relatifs à la charge de la preuve s’agissant de l’existence d’une atteinte à l’image de la députée. Enfin, le requérant a fait valoir que ladite décision procédait d’un détournement de pouvoir.

13 Par lettre du 28 août 2023, le secrétaire général du Parlement a rejeté la réclamation du requérant (ci-après la « décision explicite de rejet de la réclamation »).

14 Le secrétaire général du Parlement a, notamment, observé que la décision attaquée faisait apparaître de façon claire et non équivoque la motivation de l’AHCC et que le requérant avait pu utilement faire valoir ses arguments dans le cadre de la procédure suivie. Par ailleurs, le secrétaire général du Parlement a considéré qu’il n’existait aucun élément dans le RAA, les mesures d’application du titre VII du RAA ou la jurisprudence qui s’opposait à ce que la violation du lien de confiance soit liée à une circonstance extérieure au comportement de l’APA. À ce titre, le secrétaire général du Parlement a estimé plausible, au regard de la nature des fonctions exercées par les membres du Parlement, que le lien de confiance puisse cesser dans l’hypothèse, telle que celle en l’espèce, où un proche collaborateur d’un membre était, de quelque manière que ce soit, [confidentiel]. Dans ce contexte, le secrétaire général du Parlement a relevé que les dispositions citées par le requérant, relevant de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la « Charte »), de la convention no 158 de l’Organisation internationale du travail sur la cessation de la relation de travail à l’initiative de l’employeur, adoptée le 22 juin 1982 (ci-après la « convention de l’OIT ») ainsi que de la charte sociale européenne, signée à Turin le 18 octobre 1961, telle que révisée, n’avaient pas vocation à modifier cette conclusion. Enfin, le secrétaire général du Parlement a considéré que le requérant n’avait apporté aucun élément permettant de démontrer que l’AHCC avait poursuivi un objectif autre que celui visé à l’article 139, paragraphe 1, sous d), du RAA et, à cet égard, procédé à un détournement de pouvoir.

II. Conclusions des parties

15 Le requérant conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision attaquée ;

– annuler la décision implicite de rejet de la réclamation ;

– annuler la décision explicite de rejet de la réclamation ;

– condamner le Parlement à réparer le préjudice matériel subi, évalué à un montant de 71 737,54 euros ;

– condamner le Parlement à réparer le préjudice moral subi, évalué à un montant de 10 000 euros ;

– condamner le Parlement aux dépens.

16 Le Parlement conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours comme non fondé ;

– condamner le requérant aux dépens.

III. En droit

A. Sur l’objet des conclusions en annulation

17 Par ses premier, deuxième et troisième chefs de conclusion, le requérant demande l’annulation de la décision attaquée ainsi que des décisions implicite et explicite de rejet de la réclamation.

18 Le Parlement observe qu’une décision implicite de rejet de la réclamation est intervenue le 25 août 2023, soit quatre mois après que le requérant a introduit sa réclamation, le 25 avril 2023. Dans ce contexte, le Parlement soutient que la décision explicite de rejet de la réclamation remplace la décision implicite de rejet de la réclamation et que les conclusions en annulation dirigées contre cette décision sont dépourvues d’objet.

19 Par ailleurs, le Parlement considère que la décision explicite de rejet de la réclamation est dépourvue de contenu autonome en ce qu’elle confirme, en substance, la décision attaquée. Partant, selon cette institution, les conclusions en annulation doivent être regardées comme étant dirigées contre cette seule décision.

20 Selon une jurisprudence constante, la réclamation administrative, telle que visée à l’article 90, paragraphe 2, du statut, et son rejet, explicite ou implicite, font partie intégrante d’une procédure complexe et ne constituent qu’une condition préalable à la saisine du juge. Dans ces conditions, un recours, même formellement dirigé contre le rejet de la réclamation, a pour effet de saisir le juge de l’acte faisant grief contre lequel la réclamation a été présentée, sauf dans l’hypothèse où le rejet de la réclamation a une portée différente de celle de l’acte contre lequel cette réclamation a été formée (voir arrêt du 11 novembre 2020, AD/ECHA, T‑25/19, non publié, EU:T:2020:536, point 32 et jurisprudence citée).

21 En outre, compte tenu du fait que la procédure précontentieuse présente un caractère évolutif, une décision explicite de rejet de la réclamation qui ne contient que des précisions complémentaires et se borne ainsi à révéler, de manière détaillée, les motifs de la confirmation de la décision antérieure ne constitue pas un acte faisant grief. Néanmoins, ce même caractère évolutif de la procédure précontentieuse implique que ces précisions complémentaires soient prises en considération pour apprécier la légalité de l’acte attaqué (arrêt du 7 septembre 2022, Migadakis/ENISA, T‑507/21, non publié, EU:T:2022:507, point 13).

22 En revanche, il n’y a pas lieu de se prononcer sur la décision implicite de rejet de la réclamation dans la mesure où la décision explicite s’est substituée à celle-ci (voir, en ce sens, arrêt du 24 mars 2021, BK/EASO, T‑277/19, non publié, EU:T:2021:161, point 45).

23 En l’espèce, d’une part, il y a lieu de constater que la décision explicite de rejet de la réclamation s’est substituée à la décision implicite de rejet de la réclamation, formée à la suite du silence de l’administration, de sorte que, conformément à la demande formulée par le Parlement et non contestée par le requérant, il n’y a plus lieu de statuer sur la demande d’annulation de cette décision implicite.

24 D’autre part, la décision explicite de rejet de la réclamation confirme la décision attaquée. La circonstance selon laquelle l’AHCC a été amenée, en réponse aux arguments avancés par le requérant dans la réclamation, à préciser les motifs de la décision attaquée ne saurait justifier que la décision explicite de rejet de la réclamation soit considérée comme un acte autonome faisant grief à ce dernier, la motivation dudit rejet coïncidant, en substance, avec la décision contre laquelle cette réclamation a été dirigée.

25 Il s’ensuit que les conclusions en annulation dirigées contre la décision explicite de rejet de la réclamation sont dépourvues de contenu autonome et que le recours doit être regardé comme étant dirigé uniquement contre la décision attaquée, dont la légalité doit être examinée en prenant également en considération la motivation figurant dans la décision explicite de rejet de la réclamation.

B. Sur les conclusions en annulation

26 Au soutien de ses conclusions en annulation, le requérant invoque formellement trois moyens, tirés, le premier, d’une violation de l’obligation de motivation et de l’obligation connexe des droits de la défense, le deuxième, d’une erreur de droit, d’une violation des normes relatives à la protection des travailleurs contre les licenciements injustifiés, d’une erreur manifeste d’appréciation ainsi que d’une absence de preuve quant à l’existence d’une atteinte à l’image et, le troisième, d’un détournement de pouvoir.

27 Il convient de rappeler que, selon la jurisprudence, le Tribunal doit interpréter les moyens d’une partie requérante par leur substance plutôt que par leur qualification et procéder, par conséquent, à la qualification des moyens et des arguments de la requête (voir arrêt du 5 septembre 2014, Éditions Odile Jacob/Commission, T‑471/11, EU:T:2014:739, point 51 et jurisprudence citée).

28 À cet égard, il convient d’observer que la structure de l’argumentation initialement présentée par le requérant dans la requête a été modifiée à la suite de la transmission de la réplique ainsi que de sa réponse aux questions du Tribunal en date du 10 janvier 2025 et des observations du 5 février 2025, relatives à la réponse du Parlement du 9 janvier 2025 aux mesures d’organisation de la procédure s’agissant des fondements juridiques de l’entretien du 12 décembre 2022 (ci-après les « observations du 5 février 2025 »).

29 Dans ces conditions, dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice, le Tribunal estime que le requérant soulève, en substance, cinq moyens, tirés :

– le premier, d’une violation de l’obligation de motivation ;

– le deuxième, en substance, d’une violation des droits de la défense et du droit d’être entendu ainsi que des principes d’impartialité objective, d’égalité et de présomption d’innocence ;

– le troisième, d’erreurs manifestes d’appréciation ;

– le quatrième, en substance, d’erreurs de droit au regard de la violation des normes relatives à la protection des travailleurs contre les licenciements injustifiés ;

– le cinquième, d’un détournement de pouvoir.

1. Sur le premier moyen, tiré d’une violation de l’obligation de motivation

30 Par son premier moyen, le requérant soulève, en substance, deux branches, concernant la décision attaquée, tirées, la première, de l’insuffisance de motivation de cette décision et, la seconde, de l’absence de prise en compte des éléments présentés lors de l’entretien du 14 décembre 2022 ainsi que dans le cadre des observations du 3 janvier 2023.

31 Le Parlement conteste les allégations du requérant.

a) Sur la première branche, tirée d’une violation de l’obligation de motivation de la décision attaquée

32 Par la première branche du premier moyen, le requérant soutient, en substance, que la motivation de la décision attaquée n’est pas adaptée et ne fait pas apparaître de façon claire et non équivoque le raisonnement du Parlement.

33 À cet égard, il convient de rappeler que le droit à une bonne administration comporte notamment, conformément à l’article 41, paragraphe 2, de la Charte, l’obligation pour l’administration de motiver ses décisions. Cette obligation a la même portée que celle découlant de l’article 296, deuxième alinéa, TFUE ainsi que celle prévue à l’article 25, deuxième alinéa, du statut, applicable par analogie aux APA en vertu de l’article 127 du RAA. La motivation exigée par ces dispositions doit être adaptée à la nature de l’acte en cause et doit faire apparaître de façon claire et non équivoque le raisonnement de l’institution auteure de l’acte, de manière à permettre aux intéressés de connaître les justifications de la mesure prise et à la juridiction compétente d’exercer son contrôle (voir arrêt du 7 novembre 2019, WN/Parlement, T‑431/18, non publié, EU:T:2019:781, points 28 et 29 et jurisprudence citée).

34 L’exigence de motivation doit être appréciée en fonction des circonstances de l’espèce, notamment du contenu de l’acte, de la nature des motifs invoqués et de l’intérêt que les destinataires ou d’autres personnes concernées directement et individuellement par l’acte peuvent avoir à recevoir des explications. Il n’est pas exigé que la motivation spécifie tous les éléments de fait et de droit pertinents, dans la mesure où la question de savoir si la motivation d’un acte est satisfaite doit être appréciée au regard non seulement de son libellé, mais aussi de son contexte ainsi que de l’ensemble des règles juridiques régissant la matière concernée (voir arrêt du 7 novembre 2019, WN/Parlement, T‑431/18, non publié, EU:T:2019:781, point 29 et jurisprudence citée).

35 S’agissant des règles juridiques régissant la résiliation du contrat des APA avant l’échéance pour le motif tiré de la rupture du lien de confiance, il convient de rappeler que, aux termes de l’article 139, paragraphe 1, du RAA, il est prévu ce qui suit :

« Indépendamment du cas de décès de l’assistant parlementaire accrédité, l’engagement de ce dernier prend fin :

[…]

d) compte tenu du fait que la confiance est à la base de la relation professionnelle entre le député et son assistant parlementaire accrédité, à l’issue du préavis fixé dans le contrat, qui doit donner à l’assistant parlementaire accrédité ou au Parlement européen, agissant à la demande du ou des députés au Parlement européen que l’assistant parlementaire accrédité a été engagé pour assister, le droit de résiliation avant l’échéance […] »

36 Ainsi qu’il a déjà été jugé, s’il est vrai que le simple constat de l’existence d’une rupture du lien de confiance peut suffire à justifier l’adoption d’une décision de licenciement d’un APA et que, si une telle décision ne se fonde que sur un tel constat, l’exigence de précision quant à la présentation, dans les motifs de la décision, des circonstances factuelles révélant ou justifiant cette rupture du lien de confiance ne peut être que restreinte, il n’en demeure pas moins que la simple référence à la rupture du lien de confiance, sans aucune précision quelconque quant aux circonstances factuelles révélant ou justifiant cette rupture, n’est pas suffisante pour faire savoir à l’APA si cette décision est bien fondée et pour permettre au juge de l’Union européenne d’exercer son contrôle de légalité (voir arrêt du 7 novembre 2019, WN/Parlement, T‑431/18, non publié, EU:T:2019:781, point 31 et jurisprudence citée).

37 En l’espèce, en premier lieu, la décision attaquée indique que la résiliation du contrat du requérant est motivée par la rupture du lien de confiance entre le requérant et la députée en raison, [confidentiel]. Une telle motivation est suffisamment explicite, intervient dans un contexte particulièrement bien connu des protagonistes et tient compte du fait, par ailleurs, que le requérant a été entendu lors de l’entretien du 14 décembre 2022 et qu’il a présenté les observations du 3 janvier 2023.

38 Cette motivation a en outre été complétée par la décision explicite de rejet de la réclamation (voir points 14 et 24 ci-dessus). Dans cette décision, en réponse aux arguments soulevés par le requérant dans la réclamation, tirés, notamment, d’une violation de l’obligation de motivation, il a été rappelé, en substance, les faits décrits dans la décision attaquée à l’origine de la rupture du lien de confiance. Par ailleurs, ladite décision a précisé que la perte de confiance pouvait être liée à une circonstance autre que le comportement de l’APA concerné, en raison de la nature des fonctions exercées par les membres du Parlement et du lien entre ces derniers et leurs APA.

39 Au vu de ce qui précède, il y a lieu de considérer que la motivation fournie, dans la décision attaquée, telle que complétée par la décision explicite de rejet de la réclamation, fait apparaître de façon claire et non équivoque le motif du licenciement, ainsi que le raisonnement suivi par l’AHCC, et que ces décisions sont intervenues dans un contexte connu du requérant. Ce dernier a donc été mis en mesure d’en comprendre la portée et le juge de l’Union d’exercer son contrôle sur la légalité de ces décisions.

40 En second lieu, en tant que le requérant conteste le contenu de la motivation de la décision attaquée ainsi que celui de la motivation de la décision explicite de rejet de la réclamation, il y a lieu de rappeler que l’obligation de motivation constitue une formalité substantielle qui doit être distinguée de la question du bien-fondé des motifs, celui-ci relevant de la légalité au fond de l’acte litigieux. En effet, la motivation d’une décision consiste à exprimer formellement les motifs sur lesquels repose cette décision. Si ces motifs sont entachés d’erreurs, celles-ci entachent la légalité au fond de la décision, mais non sa motivation, qui peut être suffisante tout en exprimant des motifs erronés. Il s’ensuit que les griefs et les arguments visant à contester le bien-fondé d’un acte sont dénués de pertinence dans le cadre d’un moyen tiré du défaut ou de l’insuffisance de motivation (voir arrêt du 6 février 2019, TN/ENISA, T‑461/17, non publié, EU:T:2019:63, point 40 et jurisprudence citée).

41 Ainsi, étant donné que le requérant conteste, dans le cadre du premier moyen, le bien-fondé de certaines appréciations et l’absence de lien clair entre ces appréciations et la rupture du lien de confiance, ses arguments se confondent avec ceux invoqués au soutien des deuxième, troisième, quatrième et cinquième moyens. Ces arguments seront ainsi examinés dans le cadre de l’analyse de ces moyens.

42 Partant, il y a lieu d’écarter la première branche du premier moyen comme non fondée.

b) Sur la seconde branche, tirée de l’absence de prise en compte des éléments avancés par le requérant avant l’adoption de la décision attaquée

43 Par la seconde branche du premier moyen, le requérant soutient qu’aucune attention n’a été portée à l’entretien du 14 décembre 2022 ni aux observations du 3 janvier 2023 en faisant explicitement référence à l’obligation de motivation du Parlement. Par cette branche, le requérant entend donc soutenir, en substance, que la motivation de la décision attaquée était insuffisante.

44 Dans ce contexte, il suffit de rappeler que, comme il a été exposé aux points 37 à 39 ci-dessus, d’une part, la motivation de la décision attaquée, telle que complétée par la décision explicite de rejet de la réclamation, apparaît suffisante et, d’autre part, l’AHCC n’avait aucune obligation de répondre à tous les arguments soulevés par le requérant.

45 En effet, une motivation ne doit pas être exhaustive, mais, au contraire, doit être considérée comme suffisante dès lors qu’elle expose les faits et les considérations juridiques revêtant une importance essentielle dans l’économie de la décision. L’administration n’est ainsi pas tenue de prendre position sur tous les arguments invoqués devant elle (voir arrêt du 14 juillet 2021, BG/Parlement, T‑253/19, non publié, EU:T:2021:459, point 64 et jurisprudence citée).

46 Par ailleurs, le fait que l’AHCC a résilié le contrat du requérant ne démontre aucunement, à lui seul, qu’elle n’a pas tenu compte des faits invoqués et des éléments de preuve apportés par le requérant. En effet, le fait de prendre en considération les observations du requérant ne signifie pas pour autant que l’AHCC doive nécessairement les valider (voir arrêt du 14 juillet 2021, BG/Parlement, T‑253/19, non publié, EU:T:2021:459, point 65 et jurisprudence citée).

47 Dans ces conditions, il convient de rejeter la seconde branche du premier moyen comme non fondée et, partant, le premier moyen dans son ensemble.

2. Sur le deuxième moyen, tiré, en substance, d’une violation des droits de la défense et du droit d’être entendu ainsi que des principes d’impartialité objective, d’égalité et de présomption d’innocence

48 Au soutien de son deuxième moyen, le requérant invoque, en substance, deux branches, tirées, la première, d’une violation de ses droits de la défense et de son droit d’être entendu et, la seconde, d’une violation des principes d’impartialité objective, d’égalité et de présomption d’innocence.

49 Le Parlement conteste la recevabilité d’une partie du deuxième moyen ainsi que son bien‑fondé.

a) Sur la recevabilité et le bien-fondé de certains arguments soulevés par le requérant

50 Dans la duplique, le Parlement soutient, en substance, que le deuxième moyen doit être déclaré en partie irrecevable. À ce titre, il fait valoir que les arguments invoqués aux points 24 à 28 de la réplique, tirés d’une violation des principes d’égalité et d’impartialité ainsi que, en substance, de l’article 20 des mesures d’application du titre VII du RAA, n’ont été formulés ni au stade de la réclamation ni à celui de la requête. Dans ce contexte, ces arguments devraient être rejetés comme irrecevables dans la mesure où ils ont été introduits en violation de la règle de concordance et, en substance, de l’article 84, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal.

51 Interrogé par le Tribunal dans le cadre des mesures d’organisation de la procédure adoptées au titre de l’article 89 du règlement de procédure sur la recevabilité des arguments en cause, le requérant fait valoir que la fin de non-recevoir soulevée par le Parlement est irrecevable dès lors qu’elle manque de clarté et de précision.

52 À titre subsidiaire, le requérant considère que la recevabilité des arguments soulevés aux points 24 à 28 de la réplique et tirés d’une violation des principes d’égalité et d’impartialité ainsi que, en substance, de l’article 20 des mesures d’application du titre VII du RAA est justifiée en raison d’éléments de fait et de droit révélés en cours d’instance. À cet égard, le requérant soutient avoir pris connaissance à l’occasion de la production du mémoire en défense du fait que l’AHCC n’avait pas divulgué l’ensemble des éléments exposés par la députée lors de l’entretien du 12 décembre 2022.

53 Dans les observations du 5 février 2025, le requérant précise la portée des arguments soulevés aux points 24 à 28 de la réplique et invoque deux autres arguments, tirés, le premier, d’un défaut de communication par le Parlement des mesures d’application du titre VII du RAA et, le second, en substance, d’une violation de l’article 20, paragraphe 6, de ces mesures.

54 Dans la prise de position du 10 mars 2025, le Parlement maintient que les arguments soulevés aux points 24 à 28 de la réplique sont irrecevables. En outre, il fait valoir que les arguments tirés, d’une part, d’un défaut de communication par le Parlement des mesures d’application du titre VII du RAA et, d’autre part, en substance, d’une violation de l’article 20, paragraphe 6, de ces mesures sont également irrecevables dès lors qu’ils ont été introduits en violation de la règle de concordance et, en substance, de l’article 84, paragraphe 1, du règlement de procédure.

55 À cet égard, en premier lieu, il convient de rappeler que la règle de concordance entre la réclamation, au sens de l’article 91, paragraphe 2, du statut, et la requête subséquente exige, sous peine d’irrecevabilité, qu’un moyen soulevé devant le juge de l’Union l’ait déjà été dans le cadre de la procédure précontentieuse, afin que l’autorité investie du pouvoir de nomination ou l’AHCC ait été en mesure de connaître les critiques que l’intéressé formule à l’encontre de la décision contestée [voir arrêts du 25 octobre 2013, Commission/Moschonaki, T‑476/11 P, EU:T:2013:557, point 71 et jurisprudence citée, et du 16 juin 2021, Lucaccioni/Commission, T‑316/19, EU:T:2021:367, point 90 (non publié) et jurisprudence citée].

56 Il s’ensuit que, dans les recours de fonctionnaires ou d’agents, les conclusions présentées devant le juge de l’Union ne peuvent contenir que des chefs de contestation reposant sur la même cause que celle sur laquelle reposent les chefs de contestation invoqués dans la réclamation, étant précisé que ces chefs de contestation peuvent être développés, devant le juge de l’Union, par la présentation de moyens et d’arguments ne figurant pas nécessairement dans la réclamation, mais s’y rattachant étroitement (voir arrêt du 25 octobre 2013, Commission/Moschonaki, T‑476/11 P, EU:T:2013:557, point 73 et jurisprudence citée).

57 Par ailleurs, en second lieu, il convient de rappeler que, aux termes de l’article 84, paragraphe 1, du règlement de procédure, la production de moyens nouveaux en cours d’instance est interdite à moins que ces moyens ne se fondent sur des éléments de droit et de fait qui se sont révélés pendant la procédure. À cet égard, un évènement doit être considéré comme étant un élément permettant la production d’un moyen nouveau dès lors que celui-ci est de nature à modifier la situation de droit existant lors du dépôt de la requête. Ne constitue pas, en revanche, un élément nouveau de nature à justifier la présentation d’un nouveau moyen un évènement qui ne fait que confirmer une situation de droit que le requérant connaissait au moment où il a introduit son recours (voir, en ce sens, arrêt du 16 septembre 2020, BP/FRA, C‑669/19 P, non publié, EU:C:2020:713, points 15 et 16 et jurisprudence citée).

58 De plus, si l’article 84, paragraphe 2, du règlement de procédure permet, dans certaines circonstances, la production de moyens nouveaux en cours d’instance, cette disposition ne peut, en aucun cas, être interprétée comme autorisant la partie requérante à saisir le Tribunal de conclusions nouvelles et à modifier ainsi l’objet du litige (voir, en ce sens, arrêts du 7 novembre 2019, Rose Vision/Commission, C‑346/18 P, non publié, EU:C:2019:939, point 43, et du 13 juillet 2018, PS/BEI, T‑612/16, non publié, EU:T:2018:483, point 38).

59 C’est à la lumière des principes jurisprudentiels rappelés ci-dessus qu’il convient d’examiner la recevabilité des arguments soulevés par le requérant dans la réplique et dans les observations du 5 février 2025, mentionnés aux points 50, 52 et 53 ci-dessus.

60 En l’espèce, premièrement, s’agissant de la fin de non-recevoir soulevée par le Parlement et tirée de ce que les arguments relatifs à une violation des principes d’égalité et d’impartialité ainsi que, en substance, de l’article 20 des mesures d’application du titre VII du RAA contreviendraient à la règle de concordance et, en substance, seraient tardifs, il y a lieu de relever que le requérant a pris connaissance de l’organisation de l’entretien du 12 décembre 2022 entre la députée et l’AHCC lors de son entretien du 14 décembre 2022. Toutefois, il est constant que l’entretien du 12 décembre 2022 n’a pas fait l’objet d’un compte rendu qui aurait permis à l’intéressé de prendre connaissance de l’ensemble des faits invoqués par la députée à cette occasion pour justifier la demande de résiliation. Or, ainsi qu’il ressort du point 24 du mémoire en défense, le Parlement a indiqué explicitement, pour la première fois, que l’AHCC n’avait pas divulgué l’ensemble des éléments exposés par la députée lors de l’entretien du 12 décembre 2022, mais qu’elle avait exposé au requérant les seuls faits considérés comme pertinents.

61 Dans ces conditions, conformément à la jurisprudence citée aux points 57 et 58 ci-dessus, l’argumentation soulevée aux points 24 à 28 de la réplique, puis développée dans les observations du 5 février 2025, en ce qu’elle vise à permettre au requérant de prendre position, d’une part, sur une information obtenue lors de la transmission du mémoire en défense ainsi que, d’autre part, sur la réponse du Parlement du 9 janvier 2025 aux mesures d’organisation de la procédure, se rattache à des éléments de droit et de fait révélés pendant la procédure et de nature à modifier la situation de droit existant lors du dépôt de la requête.

62 Dès lors, bien que les arguments du requérant invoqués dans le cadre de la réplique ainsi que dans les observations du 5 février 2025 ne trouvent pas de rattachement explicite dans la réclamation ou dans la requête, ils sont néanmoins recevables.

63 Il résulte de ce qui précède que le Parlement n’est pas fondé à soutenir que cette argumentation méconnaît la règle de concordance entre la réclamation et la requête ainsi que, en substance, l’article 84, paragraphe 1, du règlement de procédure.

64 Partant, la fin de non-recevoir soulevée par le Parlement s’agissant des arguments tirés d’une violation des principes d’égalité et d’impartialité ainsi que, en substance, de l’article 20 des mesures d’application du titre VII du RAA doit donc être écartée sans qu’il soit nécessaire de se prononcer sur le bien-fondé des arguments du requérant concernant la recevabilité de cette fin de non-recevoir.

65 Deuxièmement, s’agissant des arguments tirés d’un défaut de communication par le Parlement des mesures d’application du titre VII du RAA et, en substance, d’une violation de l’article 20, paragraphe 6, de ces mesures, il convient de rappeler que ces arguments ont été soulevés dans le cadre des observations du 5 février 2025, en réponse aux écritures du Parlement du 9 janvier 2025 concernant les fondements juridiques de l’entretien du 12 décembre 2022.

66 Or, force est de constater que ces arguments ne sont pas liés à l’entretien du 12 décembre 2022 et ne visent pas à permettre au requérant de prendre position sur une information obtenue à l’occasion de la production de la duplique.

67 Dans ces conditions, les arguments tirés d’un défaut de communication par le Parlement des mesures d’application du titre VII du RAA et d’une violation de l’article 20, paragraphe 6, de ces mesures ne se fondent pas sur des éléments de droit et de fait révélés pendant la procédure et de nature à modifier la situation de droit existant lors du dépôt de la requête, ainsi que le requiert la jurisprudence citée aux points 57 et 58 ci-dessus.

68 Dans ces circonstances, la présentation tardive de ces arguments n’étant nullement justifiée et ceux-ci ne constituant pas l’ampliation d’un moyen énoncé dans la requête, il y a lieu de constater que lesdits arguments méconnaissent les dispositions de l’article 84, paragraphe 1, du règlement de procédure et doivent dès lors être rejetés comme étant irrecevables, sans qu’il soit nécessaire de se prononcer sur la recevabilité de ces arguments au regard du respect de la règle de concordance.

69 En tout état de cause, il convient de constater que ces arguments ne sont pas davantage fondés.

70 Conformément aux règles juridiques régissant la résiliation du contrat des APA avant l’échéance pour le motif de rupture du lien de confiance, il convient de constater que, aux termes de l’article 20 des mesures d’application du titre VII du RAA, il est prévu ce qui suit :

« 1. Le contrat de l’[APA] prend fin dans les conditions prévues à l’article 139, paragraphes 1 à 3, du RAA […]

2. En particulier, lorsque l’[APA], le député ou le groupement de députés entendent mettre fin au contrat avant son échéance, conformément au paragraphe 1, sous d), […] de l’article 139 du RAA, l’[APA] ou le député de référence adresse à l’AHCC une demande écrite, en indiquant le(s) motif(s) pour le(s)quel(s) la résiliation anticipée du contrat est demandée.

3. À la réception de la demande de résiliation, l’AHCC communique à l’[APA] ou au député de référence l’intention de l’autre partie de mettre fin au contrat […]

4. En cas de demande de résiliation introduite par le député de référence, l’AHCC convoque l’[APA] intéressé à un entretien dans les locaux du Parlement […]

[...]

Lors de l’entretien, l’AHCC communique à l’[APA] le(s) motif(s) évoqué(s) par le député de référence dans la demande de résiliation et entend les commentaires éventuels de l’[APA], qui sont consignés dans un compte rendu.

5. Dans le cas où les deux parties déclinent l’invitation à prendre part à la procédure de conciliation prévue à l’article 139, paragraphe 3 bis, du RAA, l’AHCC décide sur la fin au contrat conformément au paragraphe 1, [sous] d), ou au paragraphe 3, de l’article 139 du RAA.

6. La procédure de conciliation se poursuit si au moins une des parties exprime son intérêt à l’appliquer. »

71 À cet égard, d’une part, s’agissant de l’argument tiré d’un défaut de communication par le Parlement des mesures d’application du titre VII du RAA, il résulte d’une jurisprudence constante que les fonctionnaires et les autres agents sont censés connaître le statut et les règles internes applicables au personnel de leur institution, organisme ou organe de l’Union, de sorte que leur prétendue ignorance des obligations leur incombant à ce titre ne saurait être constitutive de bonne foi (voir arrêt du 14 février 2019, L/Parlement, T‑91/17, non publié, EU:T:2019:93, point 56 et jurisprudence citée).

72 En l’espèce, le requérant ne saurait invoquer l’absence de communication des mesures d’application du titre VII du RAA par le Parlement et, en substance, la prétendue ignorance de ces mesures. Ainsi que le relève le Parlement, il ressort de l’article 13, paragraphe 1, du contrat de travail du requérant, intitulé « Dispositions finales », que ce dernier a indiqué, lors de sa signature, avoir connaissance « du [s]tatut et du RAA, en particulier de son [t]itre VII, ainsi que des mesures d’application ».

73 Dans ces conditions, le requérant ne saurait, faute de bonne foi, invoquer un prétendu défaut de communication des mesures d’application du titre VII du RAA.

74 D’autre part, s’agissant de l’argument tiré, en substance, d’une violation de l’article 20, paragraphe 6, des mesures d’application du titre VII du RAA dans la mesure où l’AHCC n’aurait pas mis en œuvre la procédure de conciliation prévue à cette disposition alors même que le requérant avait exprimé un intérêt en ce sens, il ressort de la décision attaquée que l’AHCC a sollicité la députée afin qu’elle participe à cette procédure, mais que cette dernière a exclu une telle participation par courriel en date du 19 décembre 2022.

75 À cet égard, il convient de rappeler que, selon une jurisprudence constante, un vice de procédure n’entraîne l’annulation de la décision prise au terme de la procédure administrative en cause que si, en l’absence de cette irrégularité, cette procédure pouvait aboutir à un résultat différent. Dans ce cadre, il ne saurait être imposé à une partie requérante qui invoque un vice de procédure de démontrer que la décision de l’institution de l’Union concernée aurait eu un contenu différent, mais uniquement qu’une telle hypothèse n’est pas entièrement exclue, l’appréciation de cette question devant, en outre, être effectuée en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de chaque espèce (voir arrêt du 11 décembre 2024, FFPE section Conseil/Conseil, T‑179/23, EU:T:2024:897, point 64 et jurisprudence citée).

76 En l’espèce, il n’est pas contesté que la procédure de conciliation entre la députée et le requérant n’a pas été organisée, alors même que l’article 20, paragraphe 6, des mesures d’application du titre VII du RAA imposait l’organisation d’une telle procédure.

77 Toutefois, il ne ressort pas du dossier que le requérant aurait fourni des éléments tendant à démontrer qu’il n’était pas entièrement exclu que la décision attaquée aurait eu un contenu différent si la procédure de conciliation avait été organisée conformément à l’article 20, paragraphe 6, des mesures d’application du titre VII du RAA.

78 Au regard de ce qui précède, les arguments tirés d’un défaut de communication par le Parlement des mesures d’application du titre VII du RAA et, en substance, d’une violation de l’article 20, paragraphe 6, de ces mesures doivent être écartés comme irrecevables et, en tout état de cause, comme non fondés.

b) Sur la première branche, tirée, en substance, d’une violation des droits de la défense et du droit d’être entendu

79 À l’appui de la première branche du deuxième moyen, le requérant soulève, en substance, quatre griefs, tirés, le premier, de l’irrégularité de l’entretien du 12 décembre 2022, le deuxième, des conséquences relatives à l’absence de compte rendu relatif à l’entretien du 12 décembre 2022, le troisième, du fait qu’il n’a pu être assisté de son avocat lors de l’entretien du 14 décembre 2022 et, le quatrième, en substance, de l’absence de rédaction et de transmission du compte rendu relatif à l’entretien du 14 décembre 2022.

i) Considérations liminaires

80 À titre liminaire, il convient de rappeler que le respect des droits de la défense constitue un principe fondamental du droit de l’Union, dont le droit de toute personne d’être entendue, consacré notamment par l’article 41 de la Charte, fait partie intégrante (voir arrêt du 7 novembre 2019, WN/Parlement, T‑431/18, non publié, EU:T:2019:781, point 38 et jurisprudence citée).

81 Le droit d’être entendu garantit à toute personne la possibilité de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours de la procédure administrative et avant l’adoption de toute décision susceptible d’affecter de manière défavorable ses intérêts (voir arrêt du 7 novembre 2019, WN/Parlement, T‑431/18, non publié, EU:T:2019:781, point 39 et jurisprudence citée).

82 Ce droit a notamment pour objet, afin d’assurer une protection effective de la personne concernée, que cette dernière puisse corriger une erreur ou faire valoir tels éléments relatifs à sa situation personnelle qui militent dans le sens que la décision soit prise, ne soit pas prise ou qu’elle ait tel ou tel contenu (voir arrêt du 7 novembre 2019, WN/Parlement, T‑431/18, non publié, EU:T:2019:781, point 40 et jurisprudence citée).

83 Dans ces circonstances, une décision de licenciement d’un APA pour rupture du lien de confiance ne peut être ainsi adoptée sans qu’ait été préalablement respecté le droit de celui-ci d’être entendu, étant entendu que, lorsqu’une décision de l’AHCC est fondée sur plusieurs motifs et que l’intéressé n’a pas été entendu sur l’ensemble de ces motifs, une violation du droit d’être entendu sur certains des motifs n’est pas susceptible d’entraîner l’annulation de la décision en cause lorsque cette décision se fonde sur un motif valable pour lequel l’intéressé a été dûment entendu (voir arrêt du 14 juillet 2021, BG/Parlement, T‑253/19, non publié, EU:T:2021:459, point 70 et jurisprudence citée).

84 L’existence d’une violation du droit d’être entendu doit être appréciée en fonction, notamment, des règles juridiques régissant la matière concernée (voir arrêt du 9 février 2017, M, C‑560/14, EU:C:2017:101, point 33 et jurisprudence citée).

85 C’est à la lumière des considérations qui précèdent qu’il convient d’examiner le bien-fondé de la première branche du deuxième moyen en ce qu’elle est tirée d’une violation des droits de la défense.

ii) Sur le premier grief, tiré de l’irrégularité de l’entretien du 12 décembre 2022

86 À l’appui de son premier grief, le requérant fait valoir qu’il n’a pas été mis en mesure de s’exprimer de manière complète sur l’ensemble des éléments et preuves avancés par la députée lors de l’entretien du 12 décembre 2022, en l’absence, notamment, de la rédaction d’un compte rendu. À cet égard, le requérant soutient que le Parlement ne disposait pas du pouvoir de réduire ou de limiter les motifs invoqués par la députée à l’appui de la demande de résiliation lors de cet entretien, mais qu’il devait les communiquer dans leur intégralité. Par ailleurs, le requérant considère que la députée ne pouvait être autorisée à compléter la demande de résiliation, dans la mesure où l’entretien du 12 décembre 2022 n’était pas prévu par les mesures d’application du titre VII du RAA.

87 En premier lieu, il convient de rappeler que, s’il appartient au membre du Parlement concerné d’introduire une demande de résiliation du contrat d’un APA pour rupture du lien de confiance, seule l’AHCC est compétente, conformément à l’article 20, paragraphe 5, des mesures d’application du titre VII du RAA, pour prononcer ladite résiliation et déterminer les motifs de cette décision (arrêt du 7 novembre 2019, WN/Parlement, T‑431/18, non publié, EU:T:2019:781, point 36).

88 En l’espèce, il convient de relever, à l’instar du Parlement et ainsi qu’il ressort du point 87 ci-dessus, que seule l’AHCC était compétente pour prononcer la résiliation du contrat du requérant et déterminer les motifs de cette décision, qui ont été portés à la connaissance du requérant et sur lesquels il a eu l’occasion de se prononcer, ainsi qu’il ressort du point 12 ci-dessus.

89 Le requérant effectue ainsi un amalgame entre le motif et la raison retenus par l’AHCC pour fonder la résiliation de son contrat d’APA avec les raisons motivant la rupture du lien de confiance avancées par la députée à l’appui de sa demande de résiliation. Seuls les premiers fondent l’acte faisant grief au requérant.

90 En tout état de cause, bien que l’entretien du 12 décembre 2022 n’ait pas fait l’objet d’un compte rendu, le requérant a été informé des raisons invoquées par la députée au soutien de sa demande de résiliation lors de l’entretien du 14 décembre 2022, sur lesquelles il a été entendu et a pu présenter ses observations le 3 janvier 2023, ainsi qu’il ressort des points 9 et 37 ci-dessus.

91 Dans ces conditions, il convient de rejeter les arguments selon lesquels, d’une part, le requérant n’a pas été mis en mesure de s’exprimer de manière complète sur l’ensemble des éléments et preuves avancés par la députée lors de l’entretien du 12 décembre 2022, en l’absence, notamment, de la rédaction d’un compte rendu, et, d’autre part, le Parlement ne disposait pas du pouvoir de réduire ou de limiter les motifs invoqués par la députée à l’appui de sa demande de résiliation lors de cet entretien.

92 En deuxième lieu, s’agissant de la question de savoir si la demande de résiliation pouvait être complétée à l’issue de l’entretien du 12 décembre 2022, il convient de constater, d’une part, que l’article 139, paragraphe 1, sous d), du RAA et l’article 20, paragraphe 4, troisième alinéa, des mesures d’application du titre VII du RAA ne s’opposent pas à cette pratique ni, par ailleurs, à ce que les circonstances factuelles justifiant le motif à l’origine de la rupture du lien de confiance soient fournies par le membre du Parlement concerné dans un second temps, sous réserve que ce motif figure dans la demande de résiliation et que celui-ci soit explicité ensuite à l’APA (voir, en ce sens, arrêts du 7 novembre 2019, WN/Parlement, T‑431/18, non publié, EU:T:2019:781, point 48, et du 14 juillet 2021, BG/Parlement, T‑253/19, non publié, EU:T:2021:459, point 58).

93 D’autre part, une telle pratique se justifie par la nature de la procédure applicable à la résiliation d’un contrat d’APA, dont l’exécution nécessite une demande écrite par l’intermédiaire d’un formulaire ne permettant pas de fournir une explication détaillée concernant le motif à l’origine de la rupture du lien de confiance justifiant cette résiliation.

94 Cette pratique est également conforme à la jurisprudence citée au point 87 ci-dessus, dans la mesure où seule l’AHCC est compétente, conformément à l’article 20, paragraphe 5, des mesures d’application du titre VII du RAA, pour prononcer la résiliation du contrat d’un APA et déterminer les motifs de cette décision. Dans ce contexte, les contacts entre le membre du Parlement concerné et l’AHCC, qu’il s’agisse d’un entretien, comme en l’espèce, ou d’échanges de correspondance, contribuent au bon déroulement de la procédure entourant le processus de résiliation d’un contrat d’un APA.

95 Dans ces conditions, l’argument tiré de ce que la demande de résiliation ne pouvait être complétée lors de l’entretien du 12 décembre 2022 doit être écarté.

96 Enfin, en troisième lieu, s’agissant de l’invocation du principe de transparence dans le cadre des observations du 5 février 2025 au regard du caractère irrégulier de l’entretien du 12 décembre 2022, il convient de relever qu’aucune argumentation spécifique quant à la pertinence de ce principe n’a été présentée par le requérant ni aucune disposition textuelle au regard de laquelle un tel principe aurait pu être méconnu, de sorte qu’elle ne respecte pas les exigences de clarté et de précision prévues par l’article 76, sous d), du règlement de procédure et ne met pas le Tribunal à même d’en apprécier la portée.

97 Dès lors, il convient d’écarter l’argument tiré d’une violation du principe de transparence comme irrecevable.

98 Au regard de ce qui précède, il y a lieu de rejeter le premier grief de la première branche du deuxième moyen en partie comme non fondé et en partie comme irrecevable.

iii) Sur le deuxième grief, tiré des conséquences relatives à l’absence de compte rendu relatif à l’entretien du 12 décembre 2022

99 Par son deuxième grief, le requérant soutient que la rédaction d’un compte rendu concernant l’entretien du 12 décembre 2022 aurait permis de mieux définir le rôle joué par l’avocat de la députée, B, dans la procédure de résiliation de son contrat et de comprendre la stratégie de défense de la députée.

100 Par ailleurs, le requérant soutient que, s’il avait eu connaissance en temps utile et de manière exhaustive des motifs entourant la résiliation de son contrat, y compris le contenu de l’entretien du 12 décembre 2022, il aurait également été en mesure d’éclaircir un aspect essentiel de l’affaire, à savoir l’absence de communication à la députée [confidentiel].

101 En l’espèce, en premier lieu, il convient d’observer que le requérant, d’une part, s’est exprimé sur le fait que [confidentiel] lors de l’entretien du 14 décembre 2022 et, d’autre part, a évoqué le prétendu rôle joué par B dans les observations du 3 janvier 2023.

102 Dans ce contexte, le requérant n’est pas en mesure d’expliquer en quoi l’avocat de la députée a joué un rôle déterminant, voire décisif, en ce qui concerne l’élaboration de la décision attaquée, qui repose sur des faits matériellement exacts et non contestés, à savoir, [confidentiel].

103 En second lieu, s’agissant de l’argument selon lequel, en substance, le requérant n’a pas été en mesure d’éclaircir un aspect essentiel de l’affaire, à savoir l’absence de communication à la députée [confidentiel], il convient de constater que cet argument est inopérant, dans la mesure où, ainsi que le relève le requérant lui-même dans les observations du 5 février 2025, la décision attaquée n’a pas été fondée sur cette circonstance.

104 Partant, il convient d’écarter le deuxième grief de la première branche du deuxième moyen en partie comme non fondé et en partie comme inopérant.

iv) Sur le troisième grief, tiré de ce que le requérant n’a pu être assisté d’un avocat lors de l’entretien du 14 décembre 2022

105 Par son troisième grief, le requérant fait valoir qu’il n’a pas été autorisé par le Parlement à être assisté d’un avocat lors de l’entretien du 14 décembre 2022 ayant précédé l’adoption de la décision attaquée.

106 À cet égard, si le courrier du 13 décembre 2022 de l’AHCC, adressé au requérant en vue de l’entretien du 14 décembre 2022, soulignait la possibilité de participer à cet entretien avec un représentant du comité des APA ou un membre du personnel du Parlement, la présence d’un avocat n’y était pas prohibée.

107 Toutefois, le requérant n’a pas entrepris de démarches ou sollicité le Parlement afin d’être accompagné d’un avocat lors de l’entretien du 14 décembre 2022, mais a indiqué, par un courriel du 13 décembre 2022, qu’il serait uniquement accompagné d’un membre du comité des APA.

108 Par conséquent, il ne saurait être conclu que le requérant n’a pas été autorisé par le Parlement à être assisté d’un avocat lors de l’entretien du 14 décembre 2022.

109 Partant, il y a lieu de rejeter le troisième grief de la première branche du deuxième moyen comme non fondé.

v) Sur le quatrième grief, tiré, en substance, de l’absence de rédaction et de transmission du compte rendu relatif à l’entretien du 14 décembre 2022

110 Par son quatrième grief, le requérant soutient, sans pour autant formellement invoquer une violation des droits de la défense et du droit d’être entendu, d’une part, qu’il n’a pas été en mesure de prendre connaissance du compte rendu rédigé à la suite de l’entretien du 14 décembre 2022 et, d’autre part, qu’il ignore si ce compte rendu a effectivement été rédigé alors même que sa rédaction est obligatoire en vertu de l’article 20, paragraphe 4, troisième alinéa, des mesures d’application du titre VII du RAA.

111 Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 13 décembre 2022, l’AHCC a informé le requérant qu’elle avait reçu une demande de résiliation de son contrat d’APA et l’a invité à se présenter à un entretien le 14 décembre 2022, conformément à l’article 20, paragraphe 4, premier alinéa, des mesures d’application du titre VII du RAA. Par ailleurs, un compte rendu de cet entretien a été rédigé en date du 14 décembre 2022, conformément à l’article 20, paragraphe 4, troisième alinéa, de ces mesures, et transmis par le Parlement au Tribunal le 9 janvier 2025, en réponse à la demande de production de documents formulée au titre des mesures d’organisation de la procédure.

112 À cet égard, l’article 20, paragraphe 4, troisième alinéa, des mesures d’application du titre VII du RAA ne prévoit pas que le compte rendu de l’entretien doive être produit devant l’APA, mais précise seulement que ses commentaires éventuels doivent être consignés dans un compte rendu, ce qui a été fait en l’espèce.

113 Dans ce contexte, d’une part, il ressort du compte rendu rédigé à la suite de l’entretien du 14 décembre 2022 que le requérant a été en mesure de prendre connaissance des éléments invoqués par la députée à l’appui de sa demande de résiliation pour rupture du lien de confiance et, d’autre part, qu’il a pu prendre position sur ces éléments et expliquer les raisons de son opposition à cette demande dans les observations du 3 janvier 2023, avant l’élaboration de la décision attaquée.

114 Dans ces conditions, nonobstant l’absence de transmission du compte rendu relatif à l’entretien du 14 décembre 2022, le requérant a eu la possibilité, à plusieurs reprises, de soumettre ses observations et de faire connaître à l’AHCC sa version des faits, y compris postérieurement à cet entretien. Or, en dépit desdites observations, l’AHCC a, par la décision attaquée, décidé de résilier le contrat d’APA du requérant. Par ailleurs, lesdites observations ont été, en substance, réitérées par le requérant dans sa réclamation, laquelle n’a toutefois pas conduit l’AHCC à modifier sa décision initiale.

115 Partant, le requérant ne démontre pas que, s’il avait eu connaissance du contenu du compte rendu relatif à l’entretien du 14 décembre 2022, il aurait pu apporter des éléments autres que ceux déjà portés à la connaissance du Parlement et qui auraient pu être susceptibles de conduire l’AHCC à une appréciation différente des circonstances de l’espèce au point de justifier de renoncer à résilier le contrat de l’intéressé.

116 Au regard de ce qui précède, il convient de rejeter le quatrième grief de la première branche du deuxième moyen comme non fondé ainsi que cette branche dans son ensemble.

c) Sur la seconde branche, tirée d’une violation des principes d’impartialité objective, d’égalité ainsi que de présomption d’innocence

117 Au soutien de la seconde branche du deuxième moyen, le requérant fait valoir que l’AHCC a accordé à la députée une position avantageuse en lui permettant de s’exprimer lors de l’entretien du 12 décembre 2022 en l’absence de dispositions prévues à cet effet par les mesures d’application du titre VII du RAA. Une telle circonstance serait constitutive, en substance, d’une violation des principes d’impartialité objective et d’égalité. En outre, le requérant soutient que le rejet du présent recours constituerait une violation du principe de présomption d’innocence garanti par l’article 48 de la Charte, dans la mesure où les [confidentiel] se substitueraient à celles qui, dans un ordre juridique démocratique, devraient relever exclusivement du pouvoir judiciaire.

118 En premier lieu, il convient de rappeler que l’article 41, paragraphe 1, de la Charte énonce notamment que toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement par les institutions, les organes et les organismes de l’Union. Il s’agit d’une composante du principe de bonne administration.

119 Ainsi, le droit de l’Union exige que les procédures administratives se déroulent dans le respect des garanties conférées par le principe de bonne administration, consacré par l’article 41 de la Charte, notamment l’obligation pour l’institution compétente d’examiner avec soin et impartialité tous les éléments pertinents du cas d’espèce (voir arrêt du 20 septembre 2019, UZ/Parlement, T‑47/18, EU:T:2019:650, point 38 et jurisprudence citée).

120 À cet égard, il convient de relever que l’exigence d’impartialité, qui s’impose aux institutions dans l’accomplissement de leurs missions, vise à garantir l’égalité de traitement qui est à la base de l’Union. Cette exigence vise, notamment, à éviter des situations de conflits d’intérêts éventuels en ce qui concerne les fonctionnaires ou les agents. Compte tenu de l’importance fondamentale de la garantie d’indépendance et d’intégrité en ce qui concerne tant le fonctionnement interne que l’image extérieure des institutions, l’exigence d’impartialité couvre toutes circonstances que le fonctionnaire ou l’agent amené à se prononcer sur une affaire doit raisonnablement comprendre comme étant de nature à apparaître, aux yeux des tiers, comme susceptibles d’affecter son indépendance en la matière (voir, en ce sens, arrêt du 25 octobre 2007, Komninou e.a./Commission, C‑167/06 P, non publié, EU:C:2007:633, point 57).

121 Aussi, il incombe à ces institutions de se conformer à l’exigence d’impartialité, dans ses deux composantes que sont, d’une part, l’impartialité subjective, en vertu de laquelle aucun membre de l’institution concernée ne doit manifester de parti pris ou de préjugé personnel, et, d’autre part, l’impartialité objective, conformément à laquelle cette institution doit offrir des garanties suffisantes pour exclure tout doute légitime quant à un éventuel préjugé (voir, en ce sens, arrêt du 3 décembre 2019, Pethke/EUIPO, T‑808/17, EU:T:2019:832, point 46 et jurisprudence citée).

122 Selon la jurisprudence, afin de démontrer que l’organisation de la procédure administrative ou disciplinaire n’offre pas de garanties suffisantes pour exclure tout doute légitime quant à un éventuel préjugé, il n’est pas requis d’établir l’existence d’un manque d’impartialité, mais uniquement d’établir qu’un doute légitime à cet égard existe et ne peut pas être dissipé (voir, en ce sens, arrêt du 27 mars 2019, August Wolff et Remedia/Commission, C‑680/16 P, EU:C:2019:257, point 37).

123 En l’espèce, il ressort des points 93 et 94 ci-dessus que l’organisation de l’entretien du 12 décembre 2022 était justifiée en raison de la nature de la procédure applicable à la résiliation d’un contrat d’APA. Les contacts entre le membre du Parlement concerné et l’AHCC sont par ailleurs justifiés, dans la mesure où seule l’AHCC est compétente pour prononcer la résiliation du contrat d’un APA et déterminer les motifs de cette décision, conformément à la jurisprudence citée au point 87 ci-dessus.

124 Or, s’il n’est pas contesté que l’organisation de l’entretien du 12 décembre 2022 n’était pas prévue par les mesures d’application du titre VII du RAA, il y a lieu de relever que le Parlement a informé le requérant de la tenue dudit entretien ainsi que des raisons invoquées par la députée au soutien de sa demande de résiliation lors de l’entretien du 14 décembre 2022, sur lesquelles il a été entendu et a pu présenter ses observations le 3 janvier 2023 (voir points 9 et 37 ci-dessus).

125 Au regard du contexte entourant le processus de résiliation d’un contrat d’APA, décrit aux points 93 et 94 ci-dessus, et du fait que le requérant a été informé de l’organisation de l’entretien du 12 décembre 2022 tout en ayant l’opportunité de faire valoir ses observations sur son contenu, il ne saurait être considéré que le Parlement n’a pas offert de garanties suffisantes pour exclure tout doute légitime quant à un éventuel préjugé, au sens de la jurisprudence citée aux points 121 et 122 ci-dessus, à l’occasion de l’organisation dudit entretien.

126 Dans ces conditions, il convient de rejeter la seconde branche du deuxième moyen, en ce qu’elle est tirée d’une violation du principe d’impartialité objective, comme non fondée.

127 En deuxième lieu, le requérant invoque une violation du « principe d’égalité des parties » dans la réplique. Dans les observations du 5 février 2025, il soutient qu’une atteinte a été portée au principe d’égalité des parties à la procédure, tel qu’il est consacré à l’article 6, paragraphe 1, de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950 (ci-après la « CEDH »), ainsi qu’au principe d’égalité des armes.

128 À cet égard, selon l’article 6, paragraphe 1, de la CEDH, toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

129 II convient également de rappeler que le principe d’égalité des armes découle, dans le droit de l’Union, de l’article 47 de la Charte et assure la protection conférée par l’article 6, paragraphe 1, de la CEDH.

130 Selon une jurisprudence constante, le principe d’égalité des armes, qui est un corollaire de la notion même de procès équitable et a pour but d’assurer l’équilibre entre les parties à la procédure, implique l’obligation d’offrir à chaque partie une possibilité raisonnable de présenter sa cause, y compris ses preuves, dans des conditions qui ne la placent pas dans une situation de net désavantage par rapport à son adversaire. Ce principe a pour but d’assurer l’équilibre procédural entre les parties à une procédure judiciaire, en garantissant l’égalité des droits et des obligations de ces parties en ce qui concerne, notamment, les règles régissant l’administration des preuves et le débat contradictoire devant le juge (voir arrêt du 28 juillet 2016, Ordre des barreaux francophones et germanophone e.a., C‑543/14, EU:C:2016:605, points 40 et 41 et jurisprudence citée).

131 Toutefois, il y a lieu de relever que, selon une jurisprudence tout aussi constante, la procédure de résiliation d’un contrat d’APA devant le Parlement n’étant pas judiciaire, mais administrative, cette institution ne saurait être qualifiée de « tribunal » au sens de l’article 6 de la CEDH. Dès lors, le respect des caractéristiques que cet article impose à un « tribunal » ne saurait être exigé du Parlement dans le cadre d’une telle procédure. Partant, le droit à un procès équitable, tel que celui visé par cette disposition, ne saurait être invoqué dans le cadre d’une telle procédure (voir, par analogie, arrêt du 5 juin 2019, Bernaldo de Quirós/Commission, T‑273/18, non publié, EU:T:2019:371, point 103 et jurisprudence citée).

132 Conformément à l’article 52, paragraphe 3, de la Charte, le même constat s’impose concernant l’invocabilité de l’article 47 de la Charte à l’égard de l’AHCC dans le cadre d’une procédure de résiliation du contrat d’un APA, puisque cet article ne fait que transposer l’article 6 de la CEDH dans le droit de l’Union. Une telle procédure ne s’apparente pas à une procédure judiciaire qui opposerait le député et l’APA dans le cadre de laquelle le principe d’égalité des armes pourrait être invoqué (voir, par analogie, arrêt du 5 juin 2019, Bernaldo de Quirós/Commission, T‑273/18, non publié, EU:T:2019:371, point 103).

133 Dans ces conditions, la seconde branche du deuxième moyen, en ce qu’elle est tirée d’une violation des principes d’égalité des parties à la procédure et des armes, ainsi que cela résulte des dispositions de l’article 6, paragraphe 1, de la CEDH et de l’article 47 de la Charte, doit être considérée comme étant inopérante, l’AHCC ne constituant pas un « tribunal » au sens de ces dispositions.

134 En troisième lieu, il convient d’observer que, si le requérant fait valoir que l’approche du Parlement a vocation à constituer une violation de sa présomption d’innocence garantie par l’article 48 de la Charte, aucune argumentation quant à la pertinence de cette disposition n’est présentée dans le cadre des écritures, de sorte qu’elle ne respecte pas les exigences de clarté et de précision prévues par l’article 76, sous d), du règlement de procédure.

135 En tout état de cause, il y a lieu de rappeler qu’une atteinte à la présomption d’innocence peut résulter de déclarations ou de décisions des autorités publiques qui reflètent le sentiment que la personne est coupable, qui incitent le public à croire en sa culpabilité ou qui préjugent de l’appréciation des faits au niveau pénal (voir, en ce sens, arrêt du 9 juin 2021, DI/BCE, T‑514/19, EU:T:2021:332, point 117 et jurisprudence citée).

136 Il importe, à ce propos, de tenir compte du sens réel des déclarations en question, et non de leur forme littérale, ainsi que des circonstances particulières dans lesquelles celles‑ci ont été formulées (voir arrêt du 30 novembre 2022, KN/Parlement, T‑401/21, EU:T:2022:736, point 73 et jurisprudence citée).

137 En l’espèce, la résiliation du contrat du requérant découle de faits non contestés qui ont été portés à la connaissance de l’AHCC. En outre, la décision attaquée se limite à constater que le lien de confiance indispensable à la poursuite de la relation de travail a disparu. Partant, cette décision ne préjuge pas de l’issue d’une éventuelle procédure judiciaire et ne méconnaît pas, en soi, son droit au respect de la présomption d’innocence.

138 Il importe encore de vérifier que les termes employés par l’AHCC pour justifier la résiliation du contrat du requérant ne reflètent pas le sentiment qu’il est coupable, n’incitent pas le public à croire en sa culpabilité et ne préjugent pas de l’appréciation des faits au niveau pénal.

139 À cet égard, l’AHCC se borne, dans la décision attaquée, à relever que la rupture du lien de confiance entre le requérant et la députée était motivée, [confidentiel], ainsi qu’il ressort des points 3 et 11 ci-dessus.

140 Ce passage de la décision attaquée ne révèle donc aucune violation de la présomption d’innocence du requérant.

141 Dans ces conditions, il convient de rejeter la seconde branche du deuxième moyen comme étant en partie irrecevable, en partie non fondée et en partie inopérante ainsi que, partant, le deuxième moyen dans son ensemble.

3. Sur le troisième moyen, tiré d’erreurs manifestes d’appréciation

142 Le troisième moyen est divisé, en substance, en quatre branches, tirées, la première, de ce que le motif à l’origine de la rupture du lien de confiance ainsi que les éléments avancés par l’AHCC dans la décision attaquée ne révèleraient pas l’existence d’un comportement imputable à ce dernier, la deuxième, d’une absence de preuve quant à l’existence d’une atteinte à l’image de la députée, la troisième, d’une violation de l’article 47 de la Charte ainsi que, en substance, de l’article 263, deuxième alinéa, TFUE et, la quatrième, de ce que l’AHCC se serait fondée, à tort, [confidentiel] après la demande de résiliation dans la décision attaquée.

143 Le Parlement conteste les allégations du requérant.

a) Considérations liminaires

144 À titre liminaire, il convient de rappeler qu’il est de jurisprudence constante que l’existence d’un rapport de confiance ne se fonde pas sur des éléments objectifs et échappe par nature au contrôle juridictionnel, le Tribunal ne pouvant substituer son appréciation à celle de l’AHCC (arrêt du 27 octobre 2022, CE/Comité des régions, C‑539/21 P, non publié, EU:C:2022:840, point 110 ; voir, également, arrêt du 11 septembre 2013, L/Parlement, T‑317/10 P, EU:T:2013:413, point 68 et jurisprudence citée).

145 Par ailleurs, s’il n’incombe pas à l’AHCC de substituer son appréciation à celle du membre du Parlement concerné quant à la réalité de la rupture du lien de confiance, celle-ci doit néanmoins, d’abord, vérifier si l’absence ou la perte d’un lien de confiance est effectivement invoquée, ensuite, s’assurer de l’exactitude matérielle des faits et, enfin, s’assurer que le motif avancé repose sur des faits de nature à le justifier de façon plausible (voir arrêt du 14 juillet 2021, BG/Parlement, T‑253/19, non publié, EU:T:2021:459, point 147 et jurisprudence citée).

146 En outre, si le Parlement, lorsqu’il décide la résiliation d’un contrat d’APA, se réfère, en particulier, à des faits matériels précis à l’origine de la décision de licenciement pour perte de confiance, le juge doit contrôler que ce motif repose sur des faits matériellement exacts. Le juge est également tenu de vérifier si ce motif est plausible. Ce faisant, le juge ne substitue pas son appréciation à celle de l’autorité compétente, selon laquelle la perte de confiance est avérée, mais se limite à contrôler si le motif à l’origine de la décision explicité par l’institution n’est pas entaché d’erreur manifeste d’appréciation (voir arrêt du 14 juillet 2021, BG/Parlement, T‑253/19, non publié, EU:T:2021:459, point 148 et jurisprudence citée).

147 À cet égard, une erreur peut seulement être qualifiée de manifeste lorsqu’elle peut être détectée de façon évidente, à l’aune des critères auxquels le législateur a entendu subordonner l’exercice par l’administration de son pouvoir d’appréciation. Établir que l’administration a commis une erreur manifeste dans l’appréciation des faits de nature à justifier l’annulation de la décision prise en conséquence suppose donc que les éléments de preuve, qu’il incombe à la partie requérante d’apporter, soient suffisants pour priver de plausibilité les appréciations retenues par l’administration. En d’autres termes, le moyen tiré de l’erreur manifeste doit être rejeté si, en dépit des éléments avancés par la partie requérante, l’appréciation mise en cause peut toujours être admise comme étant justifiée et cohérente (voir arrêt du 14 juillet 2021, BG/Parlement, T‑253/19, non publié, EU:T:2021:459, point 149 et jurisprudence citée).

148 C’est à la lumière des considérations qui précèdent qu’il convient d’examiner le bien-fondé de la première branche du troisième moyen invoqué par le requérant à l’appui de ses conclusions en annulation.

149 Plus précisément, s’agissant du motif tiré de la rupture du lien de confiance qui est à l’origine de la décision attaquée, il convient de vérifier, conformément à la jurisprudence (voir points 144 à 147 ci-dessus), si le Parlement a commis une erreur manifeste d’appréciation en considérant que les faits retenus étaient susceptibles de causer la perte de confiance invoquée par la députée et retenue par l’AHCC dans la décision attaquée.

b) Sur la première branche, tirée de l’absence de comportement imputable au requérant

150 Par la première branche du troisième moyen, le requérant soutient, en substance, que la décision attaquée est erronée en droit et en fait, dès lors que le motif à l’origine de la rupture du lien de confiance ainsi que les éléments avancés par l’AHCC dans la décision attaquée ne révèlent pas l’existence d’un comportement imputable à ce dernier. Dans ce contexte, le requérant fait valoir que l’AHCC aurait pu s’écarter de la proposition de la députée visant à résilier son contrat d’APA sur le fondement de l’erreur manifeste d’appréciation, sans empiéter sur son pouvoir discrétionnaire.

151 Il convient de noter que le motif tiré d’une rupture du lien de confiance, à l’origine de la décision attaquée, repose sur des faits matériellement exacts et non contestés par le requérant, à savoir [confidentiel]. Ces faits pris individuellement ou dans leur ensemble sont de nature à justifier le motif tiré d’une rupture du lien de confiance de façon plausible au regard du rôle politique des membres du Parlement et du caractère public de leurs activités ainsi que dans la mesure où le nom des APA est publiquement associé à ces derniers.

152 Une telle conclusion ne saurait être remise en cause par l’absence de comportement directement imputable au requérant, dans la mesure où d’une part, il ne ressort d’aucun texte applicable que la décision de résiliation anticipée du contrat d’un APA, prise sur le fondement de l’article 139, paragraphe 1, sous d), du RAA, doit être fondée sur un tel comportement imputable à ce dernier et où, d’autre part, conformément à la jurisprudence citée au point 147 ci-dessus, l’appréciation de l’AHCC apparaît, en tout état de cause, justifiée et cohérente au regard de la nature de la relation liant la députée au requérant.

153 À cet égard, il y a lieu de constater que la perception du rapport de confiance varie d’un membre du Parlement à l’autre, dans la mesure où, ainsi qu’il ressort du point 144 ci-dessus, l’existence d’un tel rapport ne se fonde pas sur des éléments objectifs. Dans ces conditions, sont sans pertinence le fait, [confidentiel].

154 Dans ces conditions, l’argumentation du requérant ne permet pas de considérer que la décision attaquée est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

155 Dès lors, il convient de rejeter la première branche du troisième moyen comme non fondée.

c) Sur la deuxième branche, tirée d’une absence de preuve quant à l’existence d’une atteinte à l’image de la députée

156 Par la deuxième branche du troisième moyen, le requérant fait valoir, sur le fondement d’un arrêt de la Corte suprema di cassazione (Cour de cassation, Italie), que le préjudice porté à l’image de la députée aurait dû être prouvé « dans tous ses éléments essentiels ». Toutefois, le requérant considère qu’aucune preuve n’a été apportée afin de démontrer que la députée avait subi une atteinte à son image [confidentiel].

157 À cet égard, le Tribunal doit se limiter à vérifier, notamment, si le motif à l’origine de la rupture du lien de confiance repose sur des faits matériellement exacts de nature à le justifier de façon plausible, conformément à la jurisprudence citée aux points 145 et 146 ci-dessus. Or, tel est le cas en l’espèce, ainsi qu’il ressort de l’analyse effectuée au stade de la première branche du troisième moyen et, notamment, du point 151 ci-dessus.

158 Pour les raisons qui précèdent, il y a lieu d’écarter la deuxième branche du troisième moyen comme étant inopérante.

d) Sur la troisième branche, tirée de la violation de l’article 47 de la Charte et, en substance, de l’article 263, deuxième alinéa, TFUE

159 Par la troisième branche du troisième moyen, le requérant fait valoir, en substance, qu’affirmer, comme le soutient le Parlement, que le juge doit se borner à vérifier la matérialité des faits à l’origine de la décision attaquée sans examiner leur plausibilité conduit à introduire une nouvelle catégorie d’illégalités qui ne correspondent pas à celles énoncées à l’article 263, deuxième alinéa, TFUE et revient à admettre que des actes dépourvus de motivation puissent constituer des décisions administratives. Le requérant estime également qu’une telle interprétation contrevient à l’article 47 de la Charte.

160 À cet égard, le requérant fait valoir que le législateur de l’Union, à l’article 139, paragraphe 1, sous d), du RAA, lu à la lumière de l’article 263 TFUE et de l’article 47 de la Charte, n’a pas entendu retirer tout pouvoir de contrôle au juge de l’Union, mais seulement limiter ce contrôle à l’erreur manifeste d’appréciation et au détournement de pouvoir.

161 À cet égard, en premier lieu, il convient d’observer que, si le requérant fait valoir que l’approche du Parlement a vocation à « compromettre sérieusement le respect de l’article 47 de la Charte », aucune argumentation quant à la pertinence de cette disposition, relative au droit à un recours effectif et à accéder à un tribunal impartial, n’est présentée dans le cadre des écritures, de sorte qu’elle ne respecte pas les exigences de clarté et de précision prévues par l’article 76, sous d), du règlement de procédure.

162 En tout état de cause, ainsi qu’il ressort du point 131 ci-dessus, l’argument tiré d’une violation de l’article 47 de la Charte doit être considéré comme étant inopérant, l’AHCC ne constituant pas un « tribunal » au sens de cette disposition.

163 En second lieu, s’agissant de l’argument selon lequel la seule vérification de la matérialité des faits à l’origine de la décision attaquée reviendrait à créer une nouvelle catégorie d’illégalités qui ne correspondent pas à celles énoncées à l’article 263, deuxième alinéa, TFUE et selon lequel une telle interprétation reviendrait à admettre que des actes dépourvus de motivation puissent constituer des décisions administratives, il y a lieu de constater, d’une part, que la décision attaquée n’est pas entachée d’une violation de l’obligation de motivation, ainsi qu’il ressort des points 33 à 39 ci-dessus, et, d’autre part, que le Tribunal a été en mesure de réaliser son contrôle, limité à l’erreur manifeste d’appréciation, en s’assurant que le motif tiré de la rupture du lien de confiance, à l’origine de la décision attaquée, reposait sur des faits matériellement exacts de nature à le justifier de façon plausible, ainsi qu’il ressort des points 151 à 154 ci-dessus.

164 Dès lors, il y a lieu de rejeter l’argument du requérant tiré, en substance, d’une violation de l’article 263, deuxième alinéa, TFUE.

165 Au regard de ce qui précède, la troisième branche du troisième moyen doit être rejetée en partie comme irrecevable et en partie comme non fondée.

e) Sur la quatrième branche, [confidentiel]

166 Le requérant soutient que l’AHCC s’est fondée, dans la décision attaquée, [confidentiel]. Toutefois, le requérant considère, en substance, que l’AHCC ne pouvait fonder cette décision sur des évènements postérieurs à la date de la demande de résiliation.

167 Ainsi qu’il ressort du point 87 ci-dessus, s’il appartient au membre du Parlement concerné d’introduire une demande de résiliation du contrat d’un APA pour rupture du lien de confiance, seule l’AHCC est compétente, conformément à l’article 20, paragraphe 5, des mesures d’application du titre VII du RAA, pour prononcer ladite résiliation et déterminer les motifs de cette décision.

168 Par ailleurs, la légalité d’un acte doit être appréciée en fonction des éléments de fait et de droit existant à la date à laquelle cet acte a été adopté (voir arrêt du 14 juillet 2021, BG/Parlement, T‑253/19, non publié, EU:T:2021:459, point 178 et jurisprudence citée).

169 En l’espèce, il ressort des éléments figurant dans le dossier, et notamment de la décision attaquée, que la députée a, le 10 décembre 2022, introduit la demande de résiliation, reçue par l’AHCC le 11 décembre 2022, au moyen d’un formulaire dans lequel était précisé le motif associé à cette demande, à savoir une atteinte liée à son image. Ladite demande a été complétée lors de l’entretien du 12 décembre 2022, [confidentiel] ainsi qu’il ressort des points 5 et 11 ci-dessus.

170 À ce titre, il y a lieu de relever que, conformément à la jurisprudence citée au point 168 ci-dessus, la légalité de la décision attaquée doit être appréciée en fonction des éléments de fait et de droit existant à la date à laquelle cet acte a été adopté. Or, il est constant que cette décision a été adoptée le 30 janvier 2023 et [confidentiel] par l’AHCC dans ladite décision ont été publiés antérieurement à son adoption.

171 Il s’ensuit que l’AHCC n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en tenant compte, dans la décision attaquée, [confidentiel].

172 En tout état de cause, ainsi qu’il ressort du point 151 ci-dessus, la décision attaquée se fonde sur des éléments factuels distincts susceptibles de justifier la rupture du lien de confiance en raison d’une atteinte à l’image de la députée, liés, [confidentiel]. Or, même à supposer que l’AHCC se soit fondée à tort sur ce second élément factuel, une telle circonstance est sans incidence sur la persistance du premier de ces éléments. En effet, ces éléments, pris individuellement ou dans leur ensemble, ont été considérés comme susceptibles de porter atteinte à l’image de la députée au regard, notamment, de la nature de la relation professionnelle fondée sur la confiance mutuelle et indépendamment de tout comportement imputable au requérant. À cet égard, il y a lieu de considérer que l’AHCC pouvait, sur le fondement du premier élément seulement et dans l’exercice du large pouvoir d’appréciation dont elle dispose dans ce cadre, conclure à la perte de confiance de la députée à l’égard du requérant (voir, en ce sens, arrêt du 11 septembre 2013, L/Parlement, T‑317/10 P, EU:T:2013:413, point 121).

173 Dans ces circonstances, il convient de rejeter la quatrième branche du troisième moyen comme non fondée.

174 Partant, le troisième moyen doit être rejeté dans son ensemble.

4. Sur le quatrième moyen, tiré, en substance, d’erreurs de droit au regard de la violation des normes relatives à la protection des travailleurs contre les licenciements injustifiés

175 Au soutien de son quatrième moyen, le requérant soulève, en substance, deux branches. À cet égard, il fait valoir que l’AHCC s’est fondée sur l’article 139, paragraphe 1, sous d), du RAA dans la décision attaquée, mais que, en l’absence de comportement qui lui serait imputable, une telle décision méconnaît, premièrement, l’article 30 de la Charte et, deuxièmement, l’article 4 de la convention de l’OIT ainsi que l’article 24, sous a), de la charte sociale européenne.

176 Le Parlement conteste les allégations du requérant.

a) Sur la première branche, tirée de la violation de l’article 30 de la Charte

177 Le requérant fait valoir, en substance, par la première branche du quatrième moyen, que la décision attaquée contrevient à l’article 30 de la Charte, qui dispose que tout travailleur a droit à une protection contre tout licenciement injustifié, conformément au droit de l’Union et aux législations et pratiques nationales.

178 À cet égard, sans qu’il y ait lieu de se prononcer sur l’invocabilité de l’article 30 de la Charte en l’espèce, il résulte de cet article, aux termes duquel tout travailleur a droit à une protection contre tout licenciement injustifié, conformément au droit de l’Union et aux législations et pratiques nationales, que son libellé ne définit pas d’obligations précises (arrêt du 4 décembre 2013, ETF/Schuerings, T‑107/11 P, EU:T:2013:624, point 100). Par ailleurs, cette disposition n’implique pas que, compte tenu des circonstances factuelles de l’espèce et, en particulier, de la relation de confiance liant le membre de Parlement de référence et son APA, la décision de résiliation ne puisse pas être considérée comme étant justifiée.

179 Ainsi, d’une part, l’article 30 de la Charte n’énonce aucune règle de nature à remettre en cause le contrôle restreint à l’erreur manifeste d’appréciation auquel procède le Tribunal lorsqu’il est saisi de la légalité d’une décision de résiliation d’un contrat d’APA pour rupture du lien de confiance (voir, en ce sens, arrêt du 21 juin 2023, UG/Commission, T‑571/17 RENV, EU:T:2023:351, point 193). D’autre part, cette disposition ne prévoit pas que cette décision doive nécessairement être motivée par l’existence, au préalable, d’un acte directement imputable à l’APA faisant l’objet de ladite décision.

180 En outre, les explications en ce qui concerne l’article 30 de la Charte mentionnent spécifiquement les directives 2001/23/CE du Conseil, du 12 mars 2001, concernant le rapprochement des législations des États membres relatives au maintien des droits des travailleurs en cas de transfert d’entreprises, d’établissements ou de parties d’entreprises ou d’établissements (JO 2001, L 82, p. 16), ainsi que 80/987/CEE du Conseil, du 20 octobre 1980, concernant le rapprochement des législations des États membres relatives à la protection des travailleurs salariés en cas d’insolvabilité de l’employeur (JO 1980, L 283, p. 23). Toutefois, à supposer même que l’article 30 de la Charte puisse être interprété comme conférant une protection particulière aux travailleurs licenciés en application de ces dispositions spécifiques du droit dérivé de l’Union, il convient de constater que la situation du requérant ne relève pas desdites dispositions (voir, en ce sens, arrêt du 21 juin 2023, UG/Commission , T‑571/17 RENV, EU:T:2023:351, point 195).

181 Par conséquent, il ne saurait être déduit de l’article 30 de la Charte une obligation pour le Tribunal, lorsqu’il doit apprécier la légalité d’une décision de résiliation d’un APA pour rupture du lien de confiance, d’exercer un contrôle plus précis que celui de l’erreur manifeste d’appréciation, ni une obligation, pour l’institution concernée, de devoir fonder une telle décision sur l’existence d’un acte directement imputable à l’APA concerné (arrêt du 21 juin 2023, UG/Commission , T‑571/17 RENV, EU:T:2023:351, point 196).

182 Dans ces circonstances, la première branche du quatrième moyen doit être rejetée comme non fondée.

b) Sur la seconde branche, tirée de la violation de l’article 4 de la convention de l’OIT et de l’article 24 de la charte sociale européenne

183 Par la seconde branche du quatrième moyen, le requérant estime que la décision attaquée contrevient à l’article 4 de la convention de l’OIT ainsi qu’à l’article 24 de la charte sociale européenne, dans la mesure où elle produit des effets analogues à un licenciement. Dans ce contexte, selon lui, la relation de confiance qui lie un député à son APA ne saurait justifier une dérogation à ces instruments juridiques.

184 À cet égard, il convient de relever que l’article 4 de la convention de l’OIT indique qu’« [u]n travailleur ne devra pas être licencié sans qu’il existe un motif valable de licenciement lié à l’aptitude ou à la conduite du travailleur ou fondé sur les nécessités du fonctionnement de l’entreprise, de l’établissement ou du service » et que l’article 24, sous a), de la charte sociale européenne garantit « le droit des travailleurs à ne pas être licenciés sans motif valable lié à leur aptitude ou conduite, ou fondé sur les nécessités de fonctionnement de l’entreprise, de l’établissement ou du service ».

185 Sans qu’il y ait lieu de trancher la question de savoir si ces instruments juridiques s’appliquent à la relation de travail, régie par le RAA, entre un APA et un membre du Parlement, il convient de considérer que l’existence d’une obligation, telle que celle décrite au point 184 ci-dessus, applicable dans un contexte analogue à celui de la présente affaire, ne saurait être déduite du libellé des textes précités (voir, en ce sens, arrêts du 4 décembre 2013, ETF/Schuerings, T‑107/11 P, EU:T:2013:624, point 101, et du 4 décembre 2013, ETF/Michel, T‑108/11 P, EU:T:2013:625, point 102).

186 Dans ce contexte, la seconde branche du quatrième moyen doit être rejetée comme non fondée.

187 Partant, il convient de rejeter le quatrième moyen dans son ensemble.

5. Sur le cinquième moyen, tiré d’un détournement de pouvoir

188 Par son cinquième moyen, le requérant soutient que la décision attaquée est constitutive d’un détournement de pouvoir, dès lors que cette décision, conséquence de la demande de résiliation de son contrat d’APA, ne reposait pas sur une rupture du lien de confiance, mais poursuivait une finalité autre, à savoir celle d’assurer la défense de la députée au regard [confidentiel].

189 À cet égard, le requérant se fonde sur la déclaration de C afin de démontrer que la résiliation de son contrat serait justifiée par « une évaluation strictement personnelle » de la députée. À cet égard, C aurait été témoin d’une conversation téléphonique au cours de laquelle la députée aurait demandé au requérant de démissionner afin de préserver son image.

190 Le Parlement conteste les allégations du requérant.

191 À titre liminaire, il convient de rappeler que, selon une jurisprudence constante, la notion de détournement de pouvoir a une portée bien précise qui se réfère à l’usage par une autorité administrative de ses pouvoirs dans un but autre que celui dans lequel ils lui ont été conférés. Une décision n’est entachée de détournement de pouvoir que si elle apparaît, sur la base d’indices objectifs, pertinents et concordants, avoir été prise pour atteindre des fins autres que celles excipées (voir ordonnance du 19 décembre 2013, da Silva Tenreiro/Commission, T‑32/13 P, EU:T:2013:721, point 31 et jurisprudence citée).

192 À cet égard, il ne suffit pas d’invoquer certains faits à l’appui de ses prétentions, il faut encore fournir des indices suffisamment précis, objectifs et concordants de nature à soutenir leur véracité ou, à tout le moins, leur vraisemblance, à défaut de quoi l’exactitude matérielle des affirmations de l’institution en cause ne saurait être remise en cause (voir ordonnance du 19 décembre 2013, da Silva Tenreiro/Commission, T‑32/13 P, EU:T:2013:721, point 32 et jurisprudence citée).

193 Ainsi, l’appréciation globale des indices de détournement de pouvoir ne saurait reposer sur de simples allégations, des indices insuffisamment précis ou qui ne sont ni objectifs ni pertinents (ordonnance du 19 décembre 2013, da Silva Tenreiro/Commission, T‑32/13 P, EU:T:2013:721, point 33).

194 En l’espèce, en premier lieu, il convient de relever que les éléments avancés par le requérant, appuyés, notamment, par la déclaration de C, ne constituent pas des indices objectifs, pertinents et concordants suffisants pour constater que l’AHCC aurait adopté la décision attaquée pour atteindre d’autres fins que celles assignées, notamment, en vertu de l’article 139, paragraphe 1, sous d), du RAA.

195 À ce titre, ainsi qu’il ressort des points 3 et 11 ci-dessus, il a été fait référence dans la décision attaquée, [confidentiel]. Dans ce contexte, le motif tiré de la rupture du lien de confiance, à l’origine de la décision attaquée, reposait sur des faits matériellement exacts de nature à le justifier de façon plausible, ainsi qu’il ressort des points 151 à 154 ci-dessus.

196 En outre, il y a lieu de constater, à la lecture de la déclaration de C, que cette dernière se trouvait dans la même voiture que le requérant le 9 décembre 2022, au moment où, prétendument, ce dernier aurait reçu un appel téléphonique de la députée qui lui aurait demandé de démissionner. Il ressort de cette déclaration ainsi que, en substance, du point 62 de la réplique que la demande formulée par la députée « était motivée par la nécessité de protéger son image [confidentiel] ».

197 Or, sans qu’il y ait lieu de se prononcer sur la valeur probante de la déclaration de C, il convient de constater que cette déclaration n’a pas d’incidence sur les éléments, non contestés par le requérant et retenus dans la décision attaquée, considérés par l’AHCC comme étant susceptibles de porter atteinte à l’image de la députée en sa qualité de supérieure hiérarchique ainsi qu’au regard de la relation professionnelle fondée sur la confiance mutuelle entre un membre du Parlement et son APA.

198 En second lieu, s’agissant des allégations du requérant selon lesquelles la députée [confidentiel], il y a lieu de rappeler que l’éventuel manquement d’un supérieur hiérarchique aux règles en vigueur, y compris une éventuelle atteinte à la dignité des fonctions de député, est une question indépendante de celle visant à constater l’absence ou la perte de confiance à l’égard d’un APA, avec laquelle elle ne saurait être confondue (voir, en ce sens, arrêt du 14 juillet 2021, BG/Parlement, T‑253/19, non publié, EU:T:2021:459, point 176 et jurisprudence citée).

199 En l’espèce, les allégations du requérant, à les supposer établies, ne sauraient avoir d’incidence sur la question de savoir si le motif avancé par la députée afin de justifier la perte du lien de confiance à l’égard de ce dernier reposait sur des faits matériellement exacts de nature à le justifier de façon plausible, conformément à la jurisprudence citée aux points 145 et 146 ci-dessus.

200 Partant, il y a lieu de constater que les indices invoqués par le requérant, pris isolément ou dans leur ensemble, ne permettent pas à celui-ci de démontrer que la décision attaquée est entachée d’un détournement de pouvoir.

201 Au regard de ce qui précède, il convient ainsi de rejeter le cinquième moyen comme non fondé et, partant, les conclusions en annulation dans leur ensemble.

C. Sur les conclusions indemnitaires

202 Le requérant fait valoir qu’il a subi des préjudices matériels et moraux.

203 À cet égard, concernant son préjudice matériel, le requérant estime que l’annulation de la décision attaquée ne saurait lui procurer de bénéfice, dès lors qu’il ne pourrait plus être engagé par le Parlement en raison de son âge. Dans ce contexte, le requérant estime son préjudice matériel à un montant de 42 760,94 euros, auquel il conviendrait d’ajouter un montant de 28 976,94 euros, lié à la diminution de ses droits à pension.

204 Concernant son préjudice moral, le requérant estime avoir été humilié à la suite de la résiliation anticipée de son contrat et évalue ce préjudice ex æquo et bono à un montant de 10 000 euros.

205 Dans ces circonstances, le préjudice matériel et moral du requérant s’élève à un montant de 81 737,54 euros.

206 Le Parlement conteste les allégations du requérant.

207 Il convient de rappeler que, dans le domaine de la fonction publique, l’engagement de la responsabilité d’une institution, d’un organe ou d’un organisme de l’Union est subordonné à la réunion d’un ensemble de conditions, à savoir l’illégalité du comportement qui lui est reproché, la réalité du préjudice allégué et l’existence d’un lien de causalité entre le comportement reproché et le préjudice allégué, ces trois conditions étant cumulatives (voir arrêt du 8 novembre 2018, QB/BCE, T‑827/16, EU:T:2018:756, point 117 et jurisprudence citée).

208 Néanmoins, selon une jurisprudence constante, les conclusions tendant à la réparation d’un préjudice matériel ou moral doivent être rejetées lorsqu’elles présentent un lien étroit avec les conclusions en annulation qui ont, elles-mêmes, été rejetées comme étant irrecevables ou non fondées (voir, en ce sens, arrêt du 9 décembre 2020, GV/Commission, T‑705/19, non publié, EU:T:2020:590, point 148 et jurisprudence citée).

209 En l’espèce, il y a lieu de constater que les conclusions indemnitaires présentent un lien étroit avec les conclusions en annulation. En effet, d’une part, le requérant demande la réparation d’un préjudice matériel et d’un préjudice moral qu’il prétend avoir subis en raison de l’illégalité de la décision attaquée. D’autre part, il explicite le contenu desdits préjudices, mais ne se prévaut pas, au soutien de ses conclusions indemnitaires, de chefs d’illégalité qui différeraient de ceux qu’il a exposés au soutien de ses conclusions à fin d’annulation.

210 En conséquence, les conclusions en annulation ayant été rejetées, les conclusions indemnitaires doivent l’être également.

211 Compte tenu de l’ensemble de ce qui précède, il y a lieu de rejeter les conclusions indemnitaires et, par conséquent, le recours dans son intégralité.

Sur les dépens

212 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

213 En l’espèce, le requérant ayant succombé, il y a lieu de le condamner aux dépens, conformément aux conclusions du Parlement.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (neuvième chambre)

déclare et arrête :

1) Le recours est rejeté.

2) UF est condamné aux dépens.

Truchot

Sampol Pucurull

Perišin

Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 3 juin 2026

Signatures


* Langue de procédure : l’italien.


1 Données confidentielles occultées.

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