Jurisprudence CJUE62023TN0039

Affaire T-39/23: Recours introduit le 2 février 2023 — Acqua & Sole/Commission

CELEX62023TN0039
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 2 février 2023

Résumé IA

Recours en annulation contre une décision de la Commission européenne refusant l’accès à des documents dans le cadre du règlement sur la transparence. L’affaire porte sur l’interprétation des exceptions à la divulgation, notamment la protection des intérêts commerciaux et l’intégrité des procédures d’enquête.

Texte intégral

11.4.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 127/43


Recours introduit le 2 février 2023 — Acqua & Sole/Commission

(Affaire T-39/23)

(2023/C 127/55)

Langue de procédure: l’italien

Parties

Partie requérante: Acqua & Sole Srl (Milan, Italie) (représentants: P. Ferraris, E. Robaldo et F. Trolli, avocats)

Partie défenderesse: Commission européenne

Conclusions

La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal:

annuler la décision d’exécution de la Commission européenne du 2 décembre 2022 C(2022) 8645 final portant approbation du plan stratégique relevant de la PAC 2023-2027 de l’Italie dans la mesure où, lorsqu’elle indique les interventions portant sur des objectifs spécifiques en matière d’environnement et de climat, cette décision prescrit, en tant qu’engagement auquel est subordonné l’octroi des aides, l’interdiction d’utiliser en agronomie des boues biologiques et tout autre déchet récupéré dans des opérations R10 visées dans la partie IV du décret législatif no 152/2006 et impose l’usage exclusif des fertilisants reconnus en vertu du règlement (UE) no 2019 et/ou d’engrais organiques dont les matrices constituantes y sont comprises.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, la partie requérante invoque sept moyens.

1.

Premier moyen tiré de violation du règlement (UE) no 2021/2115 (1) et de la violation de la communication de la Commission européenne «Ensuring availability and affordability of fertilizers — COM (2022) 590 final» du 9 novembre 2022

Le règlement (UE) no 2021/2115, dans sa réglementation de l’octroi des aides à l’agriculture, ne contient aucune disposition excluant l’utilisation des boues biologiques et des produits qui en dérivent; leur utilisation est au contraire encouragée, dans le cadre de la PAC, précisément par la Commission européenne qui s’est exprimée clairement en faveur de l’utilisation des boues dans l’agriculture dans la communication «Ensuring availability and affordability of fertilizers — COM (2022) 590 final» du 9 novembre 2022.

2.

Deuxième moyen tiré de la violation de la directive 2008/98/CE (2) et de la directive UE 2018/851 (3), des principes de l’économie circulaire et de la directive 86/278/CEE (4).

L’interdiction généralisée d’utiliser des boues biologiques grâce à leur récupération en agriculture, énoncée par le Plan Stratégique National de la PAC 2023-2027 (PSP) approuvé par la Commission, et donc le traitement défavorable réservé à l’activité correspondante par rapport aux fertilisants du règlement (UE) no 2019/1009 (5), va clairement à l’encontre du modèle actuel de développement choisi au niveau communautaire, qui se fonde sur ce que l’on appelle l’«économie circulaire» et la valorisation des déchets à des fins de production d’énergie, y compris dans le but de préserver les ressources naturelles.

3.

Troisième moyen tiré de la violation de la directive 86/278/CEE et de la distorsion du marché et de la concurrence au préjudice des opérateurs du secteur de la récupération des boues biologiques

L’interdiction généralisée d’utiliser des boues biologiques grâce à leur récupération en agriculture entraîne des effets inadmissibles et injustifiés de distorsion de la concurrence, qui non seulement sont contraires à la directive 86/278/CEE, mais portent atteinte à la position sur le marché des autres opérateurs actifs dans le secteur de la récupération des boues biologiques, en les pénalisant par rapport aux producteurs d’autres fertilisants organiques et chimiques.

4.

Quatrième moyen tiré de la violation de l’article 296, deuxième alinéa, TFUE, du règlement (UE) no 2021/2115 et de la directive 86/278/CEE: défaut d’enquête, dénaturation des faits, conditions non remplies, contrariété aux principes, absence manifeste de logique, disparité de traitement et grave défaut de motivation.

Le PSP approuvé par la Commission, en ce qu’il interdit l’utilisation de boues biologiques et des autres déchets récupérés en R10 ainsi que des fertilisants non compris dans le champ du règlement (UE) no 2019/1009, est totalement dépourvu de motivation, circonstance qui rend évidente l’absence de réunion des conditions requises pour parvenir à une telle décision, ainsi que sa contrariété aux principes de la législation relative à la valorisation des boues biologiques en agriculture, ce qui donne lieu à une disparité de traitement inacceptable par rapport aux autres fertilisants.

5.

Cinquième moyen tiré de la violation du règlement (UE) no 2021/2115 et de la violation du principe de proportionnalité

La réalisation des objectifs que poursuivent les mesures ici contestées n’est en aucun cas affectée ou compromise par l’utilisation des boues biologiques au profit de l’agriculture, leur utilisation est en effet totalement dépourvue d’incidence pour les objectifs de protection de l’environnement et d’amélioration des pratiques agricoles à atteindre, de telle sorte que le sacrifice imposé à la requérante est non seulement injustifié mais excessif et trop sévère par rapport aux intérêts publics qu’il s’agit de protéger.

6.

Sixième moyen tiré de l’excès de pouvoir pour détournement de l’objet essentiel. Conditions non remplies pour édicter des interdictions d’utiliser les boues et leurs dérivés.

Le choix d’interdire, en relation avec les mesures contestées, l’utilisation des boues ne s’appuyant pas sur une justification propre d’ordre technique et scientifique et étant, du point de vue technique, dépourvu de motivation au fond trahit et détourne la finalité effective poursuivie, avec l’empêchement de la réutilisation agricole des boues biologiques en agriculture, en pénalisant, du point de vue des aides, l’exploitation agricole qui entend faire un tel choix pour fertiliser ses terres.

7.

Septième moyen tiré de la violation de l’article 70 du règlement (UE) no 2021/2115 du 2 décembre 2021 et du principe de proportionnalité

Le PSP approuvé par la Commission a imposé, par les mesures contestées, une période d’engagement d’une durée de 5 ans, là où l’article 70, paragraphe 3, du règlement (UE) no 2021/2115 prévoit une durée maximale de 24 mois.


(1) Règlement (UE) 2021/2115 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 établissant des règles régissant l’aide aux plans stratégiques devant être établis par les États membres dans le cadre de la politique agricole commune (plans stratégiques relevant de la PAC) et financés par le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et par le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), et abrogeant les règlements (UE) no 1305/2013 et (UE) no 1307/2013 (JO 2021, L 435, p. 1).

(2) Directive 2008/98/CE du Parlement européen et du Conseil du 19 novembre 2008 relative aux déchets et abrogeant certaines directives (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE) (JO 2008, L 312, p. 3 ).

(3) Directive (UE) 2018/851 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2018 modifiant la directive 2008/98/CE relative aux déchets (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE) (JO 2018, L 150, p. 109 ).

(4) Directive 86/278/CEE du Conseil du 12 juin 1986 relative à la protection de l’environnement et notamment des sols, lors de l’utilisation des boues d’épuration en agriculture (JO 1986, L 181, p. 6 ).

(5) Règlement (UE) 2019/1009 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 établissant les règles relatives à la mise à disposition sur le marché des fertilisants UE, modifiant les règlements (CE) no 1069/2009 et (CE) no 1107/2009 et abrogeant le règlement (CE) no 2003/2003 (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE) (JO 2019, L 170, p. 1 ).