Jurisprudence CJUE62023TN0067

Affaire T-67/23: Recours introduit le 13 février 2023 — UH/BCE

CELEX62023TN0067
TypeJurisprudence CJUE
Datelundi 13 février 2023

Résumé IA

Ce recours concerne un litige relatif à la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Il porte sur l'interprétation et l'application des règles européennes en matière de mandat et d'actions de la BCE, avec des implications potentielles sur ses instruments de politique monétaire.

Texte intégral

8.5.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 164/43


Recours introduit le 13 février 2023 — UH/BCE

(Affaire T-67/23)

(2023/C 164/60)

Langue de procédure: l’allemand

Parties

Partie requérante: UH (représentants: M. Burianski, R. Janjuah et W. Häring, Rechtsanwälte)

Partie défenderesse: Banque centrale européenne

Conclusions

La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal:

annuler la décision de la défenderesse du 13 décembre 2022 retirant à la requérante son agrément en tant qu’établissement de crédit (ECB-SSM-2022-DE-22 WHD-2022 0001);

condamner la défenderesse aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, la partie requérante invoque cinq moyens.

1.

Premier moyen, tiré de l’illégalité formelle de la décision attaquée

La décision de la BCE invoque, dans son dispositif, d’autres fondements juridiques que ceux figurant dans la motivation. Il y a donc violation de l’obligation de motivation prévue à l’article 39 du Verwaltungsverfahrensgesetz (loi relative à la procédure administrative), à l’article 296, paragraphe 2, TFUE et à l’article 41, paragraphe 2, sous c), de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la «charte»).

2.

Deuxième moyen, tiré de la violation du droit d’être entendu

La BCE n’a pas tenu compte des observations présentées par la requérante dans le cadre de la procédure d’audition. Il s’agit d’une violation de l’article 41, paragraphe 2, sous a), de la charte.

3.

Troisième moyen, tiré de ce que les conditions d’application de l’article 35, paragraphe 2, point 4, sous a), du Kreditwesengesetz (loi relative au secteur du crédit, ci-après le «KWG») ne sont pas réunies

Les conditions d’application de l’article 35, paragraphe 2, point 4, sous a), du KWG, invoqué dans la décision de la BCE à titre de fondement juridique, ne sont pas réunies. La présomption prévue par ce fondement juridique n’existe pas ou, par ailleurs, a été renversée.

4.

Quatrième moyen, tiré de ce que les conditions d’application de l’article 35, paragraphe 2, point 6, du KWG ne sont pas réunies

Les conditions d’application de l’article 35, paragraphe 2, point 6, du KWG, invoqué dans la décision de la BCE à titre de fondement juridique, ne sont pas réunies. La BCE ne tient pas compte de la définition dynamique des fonds propres qu’implique ce fondement juridique. Par ailleurs, une référence à des exigences de fonds propres accrues par la Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht (Office fédéral de surveillance des services financiers, Allemagne, ci-après la «BaFin») constitue une violation de l’article 41, paragraphe 1, de la Charte.

5.

Cinquième moyen, tiré d’une erreur d’appréciation et d’un détournement pouvoir commis par la BCE

Le retrait de l’agrément bancaire est disproportionné. Il y a tout d’abord une erreur dans l’exercice du pouvoir d’appréciation, car la BCE motive le retrait de l’agrément bancaire également par le fait qu’il faut rendre publique l’existence de violations prétendument «graves» des exigences prudentielles. La BCE confère ainsi à sa décision un caractère de sanction non prévu par la loi, qui n’est pas présent à l’article 35 du KWG. Il s’agit d’une violation de l’article 40 de la loi relative à la procédure administrative, de l’article 5, paragraphe 1, deuxième phrase, TUE et de l’article 263, deuxième alinéa, TFUE.

Ensuite, la BCE a dépassé les limites qui s’imposent à son pouvoir d’appréciation. Tout d’abord, le retrait de l’agrément bancaire n’est pas apte à atteindre l’objectif qu’il poursuit. Ce retrait a, notamment pour les créanciers de la requérante et pour la garantie des dépôts, de graves inconvénients qui pourraient être évités dans le cadre d’une résolution propre envisagée par la requérante.

Le retrait de l’agrément bancaire n’est pas non plus nécessaire, car le projet de résolution propre de la requérante constitue un moyen tout aussi effectif, mais moins contraignant, pour atteindre l’objectif poursuivi par ce retrait. Ce projet de résolution propre a fait l’objet d’une décision de la Bafin.

Le retrait de l’agrément bancaire n’est pas non plus approprié. Il existe une atteinte non justifiée aux droits fondamentaux prévus à l’article 12, paragraphe 1, lu en combinaison avec l’article 19, paragraphe 3, du Grundgesetz (loi fondamentale). Les mesures consécutives prévues à l’article 38 du KWG qui risquent d’être adoptées en raison du retrait de l’agrément bancaire sont disproportionnées. De plus, il en résulterait, pour les créanciers et les actionnaires de la requérante, des inconvénients considérables qui pourraient être évités par une résolution propre maintenant l’agrément bancaire.

En outre, la défenderesse n’a pas fait usage de son pouvoir d’appréciation, car l’article 35, paragraphe 2, point 4, sous a), du KWG exige un double examen de la proportionnalité, auquel la défenderesse ne procède pas.