Jurisprudence CJUE62023TN0094

Affaire T-94/23: Recours introduit le 16 février 2023 — Pollinis France/Commission

CELEX62023TN0094
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 16 février 2023

Résumé IA

Recours en annulation contre la décision de la Commission européenne d'autoriser le renouvellement de l'utilisation du glyphosate. L'association conteste l'évaluation des risques et la procédure, invoquant le principe de précaution et des erreurs de droit dans l'appréciation des preuves scientifiques.

Texte intégral

22.5.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 179/55


Recours introduit le 16 février 2023 — Pollinis France/Commission

(Affaire T-94/23)

(2023/C 179/81)

Langue de procédure: l’anglais

Parties

Partie requérante: Pollinis France (Paris, France) (représentant: A. Bailleux, avocat)

Partie défenderesse: Commission européenne

Conclusions

La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal:

annuler la décision de la Commission, du 6 décembre 2022, rejetant la demande de réexamen interne de la partie requérante, concernant le règlement d’exécution (UE) 2022/708 (1) («la décision attaquée»), en ce qu’elle prolonge la période d’approbation de la substance active boscalid;

condamner la Commission aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, la partie requérante invoque quatre moyens.

1.

Premier moyen, tiré de la lecture erronée de l’article 17 du règlement (CE) no 1107/2009 du Parlement européen et du Conseil (2).

La décision attaquée repose sur une lecture erronée de l’article 17 qui n’est pas compatible avec les dispositions et les objectifs du règlement no 1107/2009, le principe de précaution et plusieurs dispositions du droit primaire [articles 168 et 191 TFUE ainsi que articles 35 et 37 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (la «Charte»)]

L’article 17 du règlement no 1107/2009 ne saurait être interprété comme obligeant la Commission à prolonger indéfiniment une approbation, indépendamment du nombre et de la durée des prolongations précédemment accordées ainsi que des risques qu’une telle prolongation peut entraîner pour la santé humaine ou pour l’environnement.

Dans le cas du boscalid en particulier, la Commission ne pouvait pas prolonger son approbation pour autant d’années compte tenu du fait que la demande de renouvellement a soulevé un grand nombre de questions de la part de l’EFSA et que de nombreuses études suscitent des doutes sérieux quant à la sécurité du boscalid pour la santé humaine ou pour l’environnement.

2.

Deuxième moyen, tiré, à titre subsidiaire, de l’illégalité de l’article 17 du règlement no 1107/2009.

Si le Tribunal devait considérer que la décision attaquée (et le règlement d’exécution 2022/708) repose sur une lecture correcte de l’article 17 du règlement no 1107/2009, la partie requérante estime que cette disposition législative devrait être déclarée inapplicable aux fins de la présente procédure, conformément à l’article 277 TFUE, car elle serait contraire au principe de précaution, aux articles 68 et 191 TFUE ainsi qu’aux articles 35 et 37 de la Charte. Par conséquent, l’article 17 ne devrait pas être appliqué et ne pourrait pas constituer une justification légale appropriée pour la décision attaquée, qui devrait donc être annulée.

3.

Troisième moyen, tiré de la violation des conditions énoncées à l’article 17 du règlement no 1107/2009.

La Commission a commis une erreur en considérant que les conditions de prolongation prévues à l’article 17 étaient remplies:

la Commission a commis une erreur en considérant que le retard dans le processus de renouvellement n’était pas imputable au demandeur du renouvellement, sans examiner le rôle joué par celui-ci à cet égard;

la Commission a commis une erreur en considérant que la prolongation de la période d’approbation du boscalid, pour la cinquième année consécutive, était nécessaire pour examiner la demande de renouvellement.

4.

Quatrième moyen, tiré d’un défaut de motivation.

La Commission a commis une erreur, d’une part, en considérant que le règlement d’exécution 2022/708 était suffisamment motivé et, d’autre part, en n’indiquant pas, dans la décision attaquée, les raisons du retard dans la procédure de réévaluation.


(1) Règlement d’exécution (UE) 2022/708 de la Commission, du 5 mai 2022, modifiant le règlement d’exécution (UE) no 540/2011 en ce qui concerne la prolongation de la période d’approbation des substances actives ester méthylique de l’acide 2,5-dichlorobenzoïque, acide acétique, aclonifène, sulfate d’ammonium et d’aluminium, phosphure d’aluminium, silicate d’aluminium, beflubutamid, benthiavalicarb, boscalid, carbure de calcium, captane, cymoxanil, diméthomorphe, dodémorphe, éthéphon, éthylène, extrait de l’arbre à thé, résidus de distillation de graisses, acides gras de C7 à C20, fluoxastrobine, flurochloridone, folpet, formétanate, acide gibbérellique, gibbérellines, protéines hydrolysées, sulfate de fer, phosphure de magnésium, métam, métamitrone, métazachlore, métribuzine, milbémectine, phenmedipham, pirimiphos-méthyl, huiles végétales/essence de girofle, huiles végétales/huile de colza, huiles végétales/huile de menthe verte, propamocarbe, proquinazid, prothioconazole, pyréthrines, sable quartzeux, huile de poisson, répulsifs olfactifs d’origine animale ou végétale/graisses de mouton, S-métolachlore, phéromones de lépidoptères à chaîne linéaire, sulcotrione, tébuconazole et urée (JO 2022, L 133, p. 1).

(2) Règlement (CE) no 1107/2009 du Parlement européen et du Conseil, du 21 octobre 2009, concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et abrogeant les directives 79/117/CEE et 91/414/CEE du Conseil (JO 2009, L 309, p. 1).