Jurisprudence CJUE62023TN0167

Affaire T-167/23: Recours introduit le 24 mars 2023 — Borealis Agrolinz Melamine Deutschland et Cornerstone/ECHA

CELEX62023TN0167
TypeJurisprudence CJUE
Datevendredi 24 mars 2023

Résumé IA

Ce recours concerne un litige relatif à l'inscription d'une substance sur la liste des substances extrêmement préoccupantes (SVHC) du règlement REACH. Il porte sur l'évaluation des propriétés dangereuses de la mélamine et les obligations procédurales de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA). La décision du Tribunal clarifiera les critères d'inscription et les droits de défense des entreprises dans ce processus réglementaire.

Texte intégral

22.5.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 179/68


Recours introduit le 24 mars 2023 — Borealis Agrolinz Melamine Deutschland et Cornerstone/ECHA

(Affaire T-167/23)

(2023/C 179/94)

Langue de procédure: l’anglais

Parties

Parties requérantes: Borealis Agrolinz Melamine Deutschland GmbH (Lutherstadt Wittenberg, Allemagne), Cornerstone Chemical Co. (Metairie, Louisiane, États-Unis) (représentants: R. Cana, E Mullier et Z. Romata, avocates)

Partie défenderesse: Agence européenne des produits chimiques

Conclusions

Les parties requérantes concluent à ce qu’il plaise au Tribunal:

déclarer le recours recevable et fondé;

annuler la décision adoptée par la partie défenderesse le 16 décembre 2022 et publiée le 17 janvier 2023 en ce qu’elle inclut la mélamine (ci-après la «substance» ou la «mélamine») dans la liste des substances candidates à une autorisation en tant que substances extrêmement préoccupantes (SVHC) conformément à l’article 59 du règlement (CE) no 1907/2006 (ci-après le «règlement REACH») (ci-après la «décision attaquée»);

condamner la partie défenderesse aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, les parties requérantes invoquent sept moyens.

1.

Premier moyen tiré de ce que la partie défenderesse a violé l’article 57, sous f), du règlement REACH et a commis une erreur manifeste d’appréciation. La partie défenderesse n’a pas établi, conformément aux critères imposés à l’article 57, sous f), du règlement REACH, que la mélamine peut causer des effets graves sur la santé humaine et l’environnement qui suscitent un niveau de préoccupation équivalent à celui suscité par les effets identifiés à l’article 57, sous a) à e), du règlement REACH. Plus précisément, la partie défenderesse a commis des erreurs manifestes d’appréciation concernant le critère juridique établi par l’article 57, sous f), du règlement REACH, entachant d’irrégularité la conclusion générale.

2.

Deuxième moyen tiré de ce que la partie défenderesse n’a pas motivé sa prétention d’établir le niveau de préoccupation équivalent et les probables effets graves causés par la substance.

3.

Troisième moyen tiré du défaut de proportionnalité de la décision attaquée. Selon les parties requérantes, la décision attaquée n’est pas appropriée pour atteindre les objectifs poursuivis par le titre du règlement REACH intitulé «autorisation», étant donné que l’écrasante majorité des utilisations de la substance seront exonérées d’autorisation. Même si l’identification de la substance en tant que SVHC était poursuivie en tant qu’objectif en soi, il existe des mesures plus appropriées pour réaliser l’objectif d’imposer des exigences relatives aux informations concernant les propriétés alléguées de la substance.

4.

Quatrième moyen tiré d’une contestation de l’invocation par la partie défenderesse du principe de précaution à l’appui de la conclusion que la substance satisferait aux exigences de l’article 57, sous f), du règlement REACH. L’article 57, sous f) est déjà une expression du principe de précaution et ne saurait être utilisé pour justifier le fait de se fonder sur des données scientifiques faiblement fiables ou sur des hypothèses manifestement erronées.

5.

Cinquième moyen tiré d’une violation du droit des parties requérantes d’être entendues au cours du processus ayant abouti à l’adoption de la décision attaquée.

6.

Sixième moyen tiré de ce que la partie défenderesse a agi ultra vires et a violé l’article 59, paragraphe 8, du règlement REACH en adoptant la décision attaquée sans l’accord unanime du comité des États membres de l’ECHA, qui est une forme substantielle, dès lors que quatre États membres se sont abstenus.

7.

Septième moyen tiré de ce que la partie défenderesse a commis un abus de pouvoir en utilisant le processus d’identification en tant que SVHC comme un moyen de faire admettre des critères pour lesquels la substance constituerait un test plutôt que pour réaliser l’objectif prévu par le législateur.