Jurisprudence CJUE62023TN0350

Affaire T-350/23: Recours introduit le 26 juin 2023 — Kargins/Commission

CELEX62023TN0350
TypeJurisprudence CJUE
Datelundi 26 juin 2023

Résumé IA

Ce recours concerne un litige relatif à la politique agricole commune, plus précisément un refus de la Commission européenne d'accorder des aides financières. L'affaire examine les conditions d'octroi des fonds européens et les obligations procédurales de la Commission en matière de motivation de ses décisions.

Texte intégral

25.9.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 338/30


Recours introduit le 26 juin 2023 — Kargins/Commission

(Affaire T-350/23)

(2023/C 338/40)

Langue de procédure: l’anglais

Parties

Partie requérante: Rems Kargins (Riga, Lettonie) (représentant: Me O. Behrends, avocat)

Partie défenderesse: Commission européenne

Conclusions

La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal:

déclarer la partie défenderesse responsable du préjudice subi par la partie requérante en conséquence de l’intervention de la partie défenderesse à une procédure juridictionnelle nationale;

condamner la partie défenderesse à indemniser la partie requérante de ce préjudice;

constater que le préjudice matériel s’élève, au moins, au montant de 15 028 841,93 euros, majoré des intérêts au taux annuel de 12 % à compter du 23 juin 2016, jusqu’au paiement intégral; et

condamner la partie défenderesse aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, la partie requérante invoque trois moyens, dont une exception d’illégalité.

1.

Premier moyen, faisant grief à la Commission d’avoir commis une violation suffisamment caractérisée d’une règle de droit ayant pour objet de conférer des droits aux particuliers

La partie requérante allègue que la Commission est intervenue à une procédure se déroulant au niveau national sans agir conformément à l’article 29, paragraphe 2, du règlement (UE) 2015/1589 du Conseil (1). L’article 29, paragraphe 2, du règlement 2015/1589 a été violé pour les raisons suivantes: la Commission n’a pas agi de sa propre initiative. Elle a, au contraire, agi à la suite de discussions avec une partie à la procédure ainsi qu’avec l’État membre concerné et à la demande de ces derniers. La Commission n’est pas restée impartiale et n’a pas conservé une position objective et neutre. La Commission n’a pas agi en vue de garantir l’application cohérente de l’article 107, paragraphe 1, ou de l’article 108 TFUE. La Commission s’est bornée à expliquer aux juridictions nationales en quoi cela aurait des conséquences négatives pour la Lettonie et déclencherait probablement des mesures négatives de la part de la Commission si l’issue de la procédure restait inchangée.

La partie requérante fait valoir que l’action de la Commission est dépourvue de base légale, en conséquence de l’illégalité de l’article 29, paragraphe 2, du règlement 2015/1589. Cette disposition est illégale du fait qu’elle ne repose pas sur une base légale suffisante, dès lors qu’elle est n’est pas conforme à l’article 267 TFUE, qu’elle n’est pas conforme à l’article 108, paragraphe 2, deuxième alinéa, TFUE et qu’elle ne comporte pas des garanties de fond et de procédure suffisantes. Elle est en tout état de cause illégale si elle est interprétée en ce sens qu’elle autorise une intervention telle que celle qui a eu lieu dans la présente affaire.

La partie requérante soutient par ailleurs que la Commission a violé le droit conféré à la partie requérante par l’article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

2.

Deuxième moyen, alléguant que la partie requérante a subi un préjudice d’un montant de 15 028 841,93 euros, majoré des intérêts au taux annuel de 12 % à compter du 23 juin 2016, montant que la partie requérante aurait reçu en vertu des décisions des juridictions nationales si la Commission n’était pas intervenue

3.

Troisième moyen, tiré de l’existence d’un lien de causalité entre l’intervention indue de la Commission et le fait que les juridictions nationales ont modifié leur approche de façon fondamentale à la suite de l’intervention de la Commission, après que deux instances avaient statué en faveur de la partie requérante.


(1) Règlement (UE) 2015/1589 du Conseil, du 13 juillet 2015, portant modalités d’application de l’article 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (texte codifié) (JO 2015, L 248, p. 9).