Jurisprudence CJUE62023TN0409

Affaire T-409/23: Recours introduit le 17 juillet 2023 — Sulberg Services/Conseil

CELEX62023TN0409
TypeJurisprudence CJUE
Datelundi 17 juillet 2023

Résumé IA

Recours en annulation contre un acte du Conseil de l'UE relatif à des mesures restrictives (gel d'avoirs). Le Tribunal examine la légalité de l'inscription d'une personne physique ou morale sur une liste de sanctions de l'UE, en vérifiant notamment le respect des droits de la défense et du droit à un recours effectif.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/49

9.10.2023

Recours introduit le 17 juillet 2023 — Sulberg Services/Conseil

(Affaire T-409/23)

(C/2023/49)

Langue de procédure: l’espagnol

Parties

Partie requérante: Sulberg Services Ltd (Road Town, Tortola, Îles Vierges britanniques) (représentant: H. Sbert Pérez, avocat)

Partie défenderesse: Conseil de l’Union européenne

Conclusions

La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal:

déclarer, conformément à l’article 265 TFUE, que l’inaction du Conseil de l’Union européenne, lequel ne s’est pas prononcé sur la modification demandée sur le fondement des informations fournies par la requérante en vertu de l’article 14 du règlement (UE) no 269/2014 (1) du Conseil, du 17 mars 2014, concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine, laquelle modification porte sur la mention erronée du yacht «Valerie» dans l’exposé des motifs du point 923 de l’annexe I de la décision 2014/145/PESC (2) et du règlement (UE) no 269/2014, inséré par la décision (PESC) 2022/582 (3) du Conseil, du 8 avril 2022, modifiant la décision 2014/145/PESC du Conseil, du 17 mars 2014, concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine, constitue une carence;

enjoindre au Conseil de l’Union européenne d’adopter, sur le fondement du règlement (UE) no 269/2014 du Conseil, du 17 mars 2014, une décision urgente, dans un délai maximal d’un mois, supprimant la mention suivante figurant dans l’exposé des motifs du point 923 de l’annexe I et relative à la sanction infligée à Mme Anastasia Ignatova: «Anastasia Ignatova détient officiellement le yacht de 85 mètres “Valerie”, d’une valeur de 140 millions de dollars US (plus de 10 milliards de roubles), par l’intermédiaire d’une entreprise des Îles Vierges britanniques dénommée Delima Services Limited» ;

condamner le Conseil de l’Union européenne aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, la partie requérante invoque quatre moyens.

1.

Premier moyen, tiré de la violation de l’article 14 du règlement (UE) no 269/2014 et de l’article 6, troisième alinéa, de la décision 2014/145/PESC, relatifs aux sanctions imposées à la Russie eu égard à la situation en Ukraine, du principe de sécurité juridique, du principe de légalité et du principe d’une bonne administration exempte de détournement de pouvoir, dans la mesure où, en s’abstenant de définir sa position dans un délai raisonnable, le Conseil a manqué à l’obligation qui lui incombe de procéder à un réexamen lorsque des observations sont formulées ou lorsque de nouveaux éléments de preuve substantiels sont présentés, conformément à la réglementation de l’Union relative aux sanctions prises à l’encontre de la Russie, et a donc également méconnu le principe de sécurité juridique, le principe de l’État de droit et le principe d’une bonne administration exempte de détournement de pouvoir.

2.

Deuxième moyen, tiré de la violation du principe de légalité en matière de sanctions dans le domaine de la politique extérieure et de sécurité commune, dans la mesure où, le Conseil n’ayant pas défini sa position dans un délai raisonnable, la mesure restrictive adoptée en Espagne à l’égard du yacht «Valerie» s’applique sans que les conditions prévues à cet effet, énoncées dans les considérants du règlement (UE) no 269/2014 et de la décision 2014/145/PESC, telle que modifiée par la décision (PESC) 2022/582, du 8 avril 2022, soient réunies.

3.

Troisième moyen, tiré de la violation des droits fondamentaux et, en particulier, du droit à l’égalité devant la loi, dans la mesure où l’absence d’adoption d’une décision porte atteinte à la position relative de la requérante, laquelle n’a aucun rapport avec les mesures restrictives adoptées en vertu de la décision et du règlement du 17 mars 2014, ni avec la politique de la Russie en Ukraine.

4.

Quatrième moyen, tiré de la violation des droits fondamentaux et, en particulier, du droit de propriété à la lumière du principe de proportionnalité, dans la mesure où l’inaction du Conseil conduit à une prorogation abusive et injustifiée de l’ordre d’immobilisation du yacht «Valerie» par les autorités espagnoles, ce qui restreint indûment le droit de propriété sur celui-ci.


(1) JO 2014, L 78, p. 6.

(2) JO 2014, L 78, p. 16.

(3) Décision (PESC) 2022/582 du Conseil, du 8 avril 2022, modifiant la décision 2014/145/PESC concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine (JO 2022, L 110, p. 55).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/49/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)