Jurisprudence CJUE62023TN0410

Affaire T-410/23: Recours introduit le 18 juillet 2023 — BAWAG PSK/CRU

CELEX62023TN0410
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 18 juillet 2023

Résumé IA

Ce recours concerne un litige relatif à une décision de la Commission européenne dans le domaine des aides d'État. L'affaire porte sur l'appréciation de la compatibilité d'un régime d'aides autrichien avec le marché intérieur, ce qui intéresse directement les praticiens du droit de la concurrence et du contrôle des aides publiques.

Texte intégral

11.9.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 321/57


Recours introduit le 18 juillet 2023 — BAWAG PSK/CRU

(Affaire T-410/23)

(2023/C 321/63)

Langue de procédure: l’allemand

Parties

Partie requérante: BAWAG PSK Bank für Arbeit und Wirtschaft und Österreichische Postsparkasse AG (Vienne, Autriche) (représentants: F. Kruis et N. Bartmann, avocats)

Partie défenderesse: Conseil de résolution unique (CRU)

Conclusions

La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal:

annuler la décision du Conseil de résolution unique, du 2 mai 2023, relative au calcul des contributions ex ante au Fonds de résolution unique pour 2023 (SRB/ES/2023/23), y compris ses annexes, dans la mesure où elles concernent la partie requérante;

condamner le Conseil de résolution unique aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui de son recours, la partie requérante invoque huit moyens.

1.

Premier moyen, tiré de ce que la décision du 2 mai 2023 et ses annexes violent l’article 70, paragraphe 2, du règlement (UE) no 806/2014 (1), car la limite prévue par cette disposition, en vertu de laquelle les contributions dues par l’ensemble des établissements au cours d’une année ne doivent pas dépasser 12,5 % du niveau cible annuel, n’a pas été respectée.

2.

Deuxième moyen, tiré de ce que la décision du 2 mai 2023 et ses annexes sont illégales, car elles violent l’article 6, l’article 7 et l’article 20, paragraphe 1, du règlement délégué (UE) 2015/63 (2) dans la mesure où la partie défenderesse n’a tenu compte ni de l’indicateur de risque «exigences minimales de fonds propres et d’engagements éligibles» («MREL») ni des indicateurs de risque «complexité» («complexity») et «résolvabilité» («resolvability»).

3.

Troisième moyen, tiré de ce que la décision du 2 mai 2023 et ses annexes sont illégales si l’article 20 du règlement délégué (UE) 2015/63 doit être interprété en ce sens qu’il permet de ne pas prendre en compte les (sous-)indicateurs de risque «complexité» et «résolvabilité». Dans l’affirmative, cette disposition violerait l’article 103, paragraphe 7, de la directive 2014/59/UE (3) et l’article 70, paragraphe 2, deuxième alinéa, sous b), du règlement (UE) no 806/2014. La décision du 2 mai 2023 reposerait alors également sur cette violation.

4.

Quatrième moyen, tiré de ce que la décision du 2 mai 2023 et ses annexes violent l’article 6, paragraphe 4, ainsi que l’article 9, paragraphes 1 et 2, du règlement délégué (UE) 2015/63, lus en combinaison avec l’annexe I de ce règlement délégué, car, contrairement à ce que prévoit l’article 6, paragraphe 4, dudit règlement délégué, la partie défenderesse n’a pas tenu compte des prêts et dépôts interbancaires dans l’Union européenne, mais de ceux dans les États membres de l’Union bancaire.

5.

Cinquième moyen, tiré de ce que la décision du 2 mai 2023 et ses annexes sont illégales, car la partie défenderesse a commis une erreur matérielle dans le calcul de la contribution de la partie requérante.

6.

Sixième moyen, tiré de ce que la décision du 2 mai 2023 et ses annexes violent les formes substantielles visées à l’article 263, deuxième alinéa, TFUE et le droit à une bonne administration, car elles ne contiennent pas de motivation suffisante au sens de l’article 296, deuxième alinéa, TFUE.

7.

Septième moyen, tiré de ce que la décision du 2 mai 2023 et ses annexes violent le droit à un recours effectif au titre de l’article 47, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (4), car, en l’absence d’une motivation satisfaisant aux exigences énoncées à l’article 41, paragraphe 2, sous c), de la Charte, il est pratiquement impossible de soumettre à un contrôle juridictionnel effectif l’exactitude matérielle de la décision.

8.

Huitième moyen, tiré de ce que la décision du 2 mai 2023 et ses annexes sont illégales et portent atteinte aux droits de la partie requérante, car les dispositions sur lesquelles se fonde cette décision, à savoir l’article 70, paragraphe 2, deuxième alinéa, du règlement (UE) no 806/2014 et l’article 103, paragraphe 2, de la directive 2014/59/UE, sont en soi illégales, puisqu’elles prescrivent une évaluation comparative des établissements concernés, que cette évaluation repose sur des secrets d’affaires de ces établissements et que la protection juridictionnelle effective de ces derniers est ainsi d’emblée mise en échec.


(1) Règlement (UE) no 806/2014 du Parlement européen et du Conseil, du 15 juillet 2014, établissant des règles et une procédure uniformes pour la résolution des établissements de crédit et de certaines entreprises d’investissement dans le cadre d’un mécanisme de résolution unique et d’un Fonds de résolution bancaire unique, et modifiant le règlement (UE) no 1093/2010 (JO 2014, L 225, p. 1).

(2) Règlement délégué (UE) 2015/63 de la Commission, du 21 octobre 2014, complétant la directive 2014/59/UE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les contributions ex ante aux dispositifs de financement pour la résolution (JO 2015, L 11, p. 44).

(3) Directive 2014/59/UE du Parlement européen et du Conseil, du 15 mai 2014, établissant un cadre pour le redressement et la résolution des établissements de crédit et des entreprises d’investissement et modifiant la directive 82/891/CEE du Conseil ainsi que les directives du Parlement européen et du Conseil 2001/24/CE, 2002/47/CE, 2004/25/CE, 2005/56/CE, 2007/36/CE, 2011/35/UE, 2012/30/UE et 2013/36/UE et les règlements du Parlement européen et du Conseil (UE) no 1093/2010 et (UE) no 648/2012 (JO 2014, L 173, p. 190).

(4) JO 2012, C 326, p. 391.