Jurisprudence CJUE62023TN0419

Affaire T-419/23: Recours introduit le 19 juillet 2023 — Kiene e.a./Parlement et Conseil

CELEX62023TN0419
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 19 juillet 2023

Résumé IA

Ce recours demande l'annulation de certaines dispositions du règlement sur la déforestation, contestant notamment les obligations de diligence raisonnée pour les opérateurs et la définition des produits de base couverts. L'affaire soulève des questions importantes sur l'équilibre entre les objectifs environnementaux de l'UE et les principes de proportionnalité et de sécurité juridique pour les opérateurs économiques.

Texte intégral

11.9.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 321/60


Recours introduit le 19 juillet 2023 — Kiene e.a./Parlement et Conseil

(Affaire T-419/23)

(2023/C 321/67)

Langue de procédure: l’allemand

Parties

Parties requérantes: Lorenz Kiene (Hoya, Allemagne), Classic Tankstellen GmbH & Co. KG (Hoya), eFuel GmbH (Hoya), eFuel Projektentwicklung GmbH (Hoya) (représentants: A. Dlouhy, E. Macher et M. Soppe, Rechtsanwälte)

Parties défenderesses: Parlement et Conseil

Conclusions

Les requérantes concluent à ce qu’il plaise au Tribunal:

annuler l’article 1er, paragraphe 1, sous a) à d), du règlement (UE) no 2023/851;

condamner les parties défenderesses aux dépens.

Moyens et principaux arguments

En ce qui concerne le contexte de leur recours, les requérantes, qui exercent une activité entrepreneuriale dans le domaine du développement, de la production et de la distribution de carburants synthétiques neutres en CO2 pour le transport routier, font valoir que les dispositions attaquées, qui renforcent les valeurs d’émission de CO2 pour les flottes de véhicules neufs des constructeurs de voitures particulières et pour les véhicules utilitaires légers dans l’Union pour les années allant jusqu’à 2035, ont été basées sur une mesure des émissions de CO2 faite uniquement au niveau du tuyau d’échappement du véhicule en fonctionnement. Toutes les émissions produites lors de la fabrication, de la distribution, de l’utilisation et de l’élimination d’un produit en dehors du fonctionnement du véhicule n’ont donc pas été prises en compte, et ce sans justification. D’une part, cela ne tient pas compte des niveaux d’émission parfois élevés, notamment lors de la fabrication de véhicules électriques à batterie, et d’autre part, cela méconnait le fait que, lors de la production de carburants synthétiques neutres en CO2, on utilise du CO2 provenant de l’atmosphère ou de gaz résiduaires inévitables qui sinon seraient parvenus dans l’atmosphère, et que la combustion ne fait que libérer à nouveau ce CO2 fixé lors de la production.

À l’appui du recours, les requérantes invoquent sept moyens.

1.

Premier moyen: violation de leur droit fondamental à la liberté d’entreprise [article 16 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (1) (ci-après la «Charte»)].

2.

Deuxième moyen: violation de leur droit fondamental à la propriété (article 17 de la Charte) en raison de la dévalorisation de fait de leurs investissements antérieurs.

3.

Troisième moyen: violation de leur droit fondamental à l’égalité devant la loi (article 20 de la Charte), en ce que les carburants neutres en CO2 seraient, sans raison objective, (i) traités de manière inégale par rapport à l’énergie électrique de recharge pour les véhicules électriques à batterie et (ii) traités de manière égale par rapport aux carburants fossiles.

4.

Quatrième moyen: violation de la protection de l’environnement au sens de l’article 37 de la Charte, en ce que les atteintes à l’environnement ne sont pas prises en compte au cours du cycle de vie des véhicules et que l’absence d’ouverture technologique conduira à des atteintes à l’environnement accrues.

5.

Cinquième moyen: violation du principe de proportionnalité visé à l’article 5, paragraphe 4, TUE, en ce que les dispositions attaquées ne sont pas appropriées, nécessaires et proportionnées pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de CO2 poursuivi par l’Union.

6.

Sixième moyen: violation des exigences relatives à la politique de l’Union en matière d’environnement prévues à l’article 191 TFUE, en ce que les atteintes à l’environnement ne sont pas prises en compte au cours du cycle de vie des véhicules, sans justification, en ce qu’elles ne sont pas combattues à leur origine et selon le principe du «pollueur-payeur», mais en ce qu’elles sont en fin de compte transférées vers l’extérieur de l’Union.

7.

Septième moyen: violation de l’obligation de motivation prévue à l’article 296, paragraphe 2, TFUE, car l’approche réglementaire des dispositions attaquées, qui s’écarte des autres réglementations de l’Union, n’est pas motivée par le législateur.


(1) JO 2012, C 326, p. 391.