Jurisprudence CJUE62023TN0423

Affaire T-423/23: Recours introduit le 22 juillet 2023 — Acampora e.a./Commission

CELEX62023TN0423
TypeJurisprudence CJUE
Datesamedi 22 juillet 2023

Résumé IA

Ce recours concerne un litige relatif à la politique agricole commune (PAC) et aux aides directes. Il porte sur la légalité d'actes de la Commission européenne en matière de conditionnalité des paiements agricoles. La décision du Tribunal clarifiera les obligations des États membres et les droits des agriculteurs dans l'application des règles de la PAC.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/217

23.10.2023

Recours introduit le 22 juillet 2023 — Acampora e.a./Commission

(Affaire T-423/23)

(C/2023/217)

Langue de procédure: l’italien

Parties

Parties requérantes: Roberto Acampora (Naples, Italie) et 172 autres requérants (représentant: E. Iorio, avocate)

Partie défenderesse: Commission européenne

Conclusions

Les requérants concluent à ce qu’il plaise au Tribunal:

Annuler la décision confirmative explicite, adoptée le 21 mai 2023 par le Secrétariat général de la Commission en matière d’accès aux documents au sens du règlement (CE) 1049/2001, concernant la demande d’accès GESTDEM no 2023/0263, notifiée par l’intermédiaire du portail de la plateforme EASE le 22 mai 2023, ayant confirmé la lettre recommandée avec avis de réception envoyée par l’intermédiaire du portail EASE, référence EMPL.C.1/BPM/kt(2003)774321 et rejetant la demande d’accès des requérants au sens du règlement (CE) 1049/2001;

condamner la Commission, en cas d’opposition, aux dépens de l’instance.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, les requérants invoquent trois moyens.

1.

Premier moyen concernant la recevabilité du recours.

Les requérants agissent dans l’exercice du droit général des citoyens de l’Union à la transparence de l’action des institutions afin d’obtenir les informations nécessaires, conformément au droit conféré à tous les citoyens de l’Union par le règlement (CE) no 1049/2001.

En outre, avoir connaissance de la lettre de mise en demeure complémentaire et de la réponse de l’Italie permettrait aux requérants d’exercer concrètement leur droit à l’information en apprenant, après près de sept années, les raisons pour lesquelles la Commission n’a encore émis aucun avis motivé.

La Commission a d’abord adopté une décision explicite de refus d’accès le 27 janvier 2023 puis une décision confirmative explicite de refus le 21 mai 2023, dans laquelle elle a réaffirmé que les documents des procédures d’infraction ne sont pas couverts par le droit d’accès et qu’aucune raison d’intérêt public ne justifiait d’octroyer un accès, même partiel, aux documents demandés.

Les décisions explicites au sens de l’article 8 du règlement (CE) 1049/2001 sont susceptibles de recours devant le Tribunal.

2.

Deuxième moyen, tiré de la violation des principes en matière d’accès aux documents des institutions de l’Union européenne prévus à l’article 1er, deuxième alinéa, TUE, à l’article 42 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ainsi qu’à l’article 1er et à l’article 4, paragraphe 2, troisième tiret, du règlement (CE) no 1049/2001 — existence d’un intérêt général à l’accès à la lettre de mise en demeure complémentaire du 15 juillet 2022.

Il existe un intérêt général et supérieur du droit à l’information à connaître l’action de la Commission et de la République italienne en matière d’indépendance de la magistrature, condition essentielle de l’État de droit, de sorte que les règles d’exclusion du droit d’accès doivent être interprétées restrictivement.

Dans les arrêts du 16 juillet 2020, Governo della Repubblica italiana (Statut des juges de paix italiens) (C-658/18, EU:C:2020:572) et du 7 avril 2022, Ministero della Giustizia e.a. (Statut des juges de paix italiens) (C-236/20, EU:C:2022:263), la Cour de justice de l’Union européenne a déjà relevé le caractère absolument inapproprié de l’ensemble des règles qui régissent en Italie la magistrature honoraire et notamment les juges de paix honoraires et les procureurs adjoints honoraires, et la violation du principe de conditionnalité.

Il est contraire aux règles en matière de transparence et de diffusion des documents des institutions de l’Union de nier l’existence d’un intérêt général supérieur à connaître non pas les documents confidentiels et les discussions entre la République italienne et la Commission, mais les griefs formulés dans la lettre de mise en demeure du 15 juillet 2022, qui a été mise en évidence dans la presse nationale et a fait l’objet d’une communication résumée diffusée par la Commission elle-même, ainsi qu’à la réponse de l’Italie, suivie d’un avis motivé dans la même procédure d’infraction, prouvant la défaillance complète de l’Italie et la persistance de l’intérêt des requérants à l’accès aux documents demandés.

3.

Troisième moyen, tiré de la violation de l’obligation de motivation des actes des institutions de l’Union européenne.

L’examen de la motivation des actes permet à tous les intéressés d’être en mesure de connaître et de comprendre les modalités selon lesquelles les institutions mettent en œuvre le traité, puisque l’obligation de motivation a à la fois une fonction de contrôle et une fonction participative, dès lors que, en permettant de comprendre clairement les appréciations sur la base desquelles les institutions adoptent leurs actes, elle contribue à réduire le déficit démocratique souvent reproché à l’Union.

La Commission a enfreint les principes en matière de motivation puisqu’elle s’est bornée à formuler des indications tout-à-fait générales et stéréotypées quant aux raisons pour lesquelles la divulgation de la lettre de mise en demeure complémentaire du 15 juillet 2022 et de la réponse de l’Italie porterait atteinte au «climat de confiance», en apportant une réponse ne contenant que très peu d’indications qui permettraient aux requérants et au Tribunal d’exercer un contrôle réel sur la légalité des motifs du refus, lequel est insuffisamment motivé, surtout pour ce qui concerne les raisons qui auraient fait obstacle à une divulgation au moins partielle des documents, la lettre complémentaire ayant déjà été partiellement diffusée dans le paquet d’infractions du 15 juillet 2022, même si c’est d’une manière qui ne permet pas de comprendre le contenu ni les raisons des griefs complémentaires formulés à l’égard de l’Italie.

La décision explicite du 21 mai 2023, qui confirme le refus d’accès, n’indique pas clairement et spécifiquement les motifs sur lesquels elle se fonde, leur base juridique, les éléments factuels ni la manière dont les différents intérêts pertinents ont été pris en considération, parce que ce refus porte atteinte à l’exercice des droits consacrés aux articles 17 et 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, de sorte que, puisque cet acte impose une limitation d’un droit conféré aux requérants par le traité, en restreignant de tels droits, la motivation doit être plus rigoureuse, précise et détaillée afin de rendre clairement compréhensibles les choix qui ont été effectués.

Le refus d’accès aux documents indiqués est encore plus injustifié si l’on considère que la lettre de mise en demeure complémentaire du 15 juillet 2022 a été publiée de manière informelle sur une page Facebook à laquelle sont abonnés des milliers de magistrats honoraires.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/217/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)