Jurisprudence CJUE62023TN0465

Affaire T-465/23: Recours introduit le 7 août 2023 — Rivellini/Parlement

CELEX62023TN0465
TypeJurisprudence CJUE
Datelundi 7 août 2023

Résumé IA

Recours en annulation contre une décision du Parlement européen refusant l'accès à des documents relatifs à une procédure de passation de marchés publics. L'affaire porte sur l'interprétation du règlement 1049/2001 concernant l'accès du public aux documents et met en jeu les exceptions liées à la protection des intérêts commerciaux et au bon déroulement des procédures.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/343

30.10.2023

Recours introduit le 7 août 2023 — Rivellini/Parlement

(Affaire T-465/23)

(C/2023/343)

Langue de procédure: l’italien

Parties

Partie requérante: Crescenzio Rivellini (Naples, Italie) (représentant: G. Oliviero, avocat)

Partie défenderesse: Parlement européen

Conclusions

La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal:

annuler intégralement la décision du bureau du Parlement européen communiquée le 26 mai 2023, en tant que non fondée quant aux accusations portées contre le requérant;

par conséquent, annuler tout acte préalable à la décision attaquée ici et produisant des effets juridiques à l’égard du requérant;

à titre subsidiaire, déclarer prescrit tout grief soulevé contre le requérant, concernant tous les remboursements antérieurs au 19 décembre 2012, étant donné que le premier acte devant être considéré comme ayant éventuellement interrompu la prescription est simplement la note reçue par le requérant le 19 décembre 2017, par laquelle l’OLAF a communiqué à M. Rivellini l’ouverture de l’enquête administrative le visant, Affaire No OC/2017/0506/A1;

également à titre subsidiaire, déclarer non fondé tout grief relatif aux remboursements relatifs à MP Congressi e Comunicazione Srl, pour tous les services fournis au requérant entre le 16 juin 2010 jusqu’à la fin du mandat parlementaire, étant donné que, durant toute ladite période, l’assistante parlementaire accréditée (ci-après l’«APA») [confidentiel] (1) n’a pas été administratrice de la société précitée et que, par conséquent, il n’y avait aucune situation de conflit d’intérêts;

à titre encore plus subsidiaire — et en cas de rejet de toutes les demandes ci-dessus — déclarer illicite la retenue opérée par la Direction générale des finances dans la mesure de toute la partie économique au-delà de 1 000 EUR de la pension attribuée à M. Rivellini (1 615,22 EUR), étant donné que — comme le prévoit l’article 545 du Code de procédure civile italien (maintes fois cité dans la correspondance de la Direction générale des finances) — l’actuelle pension d’ancienneté (comme nous le disions, 1 615,22 EUR) ne peut faire l’objet d’une retenue qu’à hauteur de 123,04 EUR (soit 1/5, ou 20 % de 625,22 EUR), tandis que le montant restant de 1 492,18 EUR doit être intégralement versé au requérant;

condamner la partie défenderesse aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, la partie requérante invoque cinq moyens.

1.

Premier moyen tiré du caractère illogique et non fondé de la motivation, quant aux remboursements pour l’APA [confidentiel] (2); absence de preuve des griefs formulés contre le requérant et omission d’évaluer les indices fournis par ce dernier; rejet implicite illicite de demandes légitimes d’accès aux documents, formulées par le requérant; prescription de tout grief soulevé concernant l’APA [confidentiel] (3),

Dans ce moyen, le requérant examine et conteste les griefs qui lui sont adressés par l’OLAF, le Secrétaire général et le Bureau quant au recouvrement des remboursements relatifs à l’APA [confidentiel] (4), à son activité et à sa résidence.

Il conteste tout d’abord la notion de résidence de l’APA dans le lieu où est situé le Parlement, celle-ci ne pouvant certainement pas être assimilée à celle des fonctionnaires établis de ladite Institution de l’Union européenne.

Il fait valoir, ensuite, qu’aucun des griefs visant le requérant concernant l’APA n’est prouvé, et que, en tout état de cause, le requérant s’est vu refuser la délivrance des relèvements du badge d’accès de l’APA au Parlement; il fait valoir également l’impossibilité de fournir les preuves indiquées par le Bureau (point 109) après de nombreuses années.

Le requérant invoque, enfin, la prescription de la demande concernant l’APA, puisqu’elle serait parvenue hors délai, s’agissant d’une activité exercée jusqu’au 31 décembre 2009.

2.

Deuxième moyen tiré de l’absence de logique et de l’erreur de droit de la motivation en ce qui concerne les remboursements relatifs aux contrats de services avec MP Congressi e Comunicazione Srl; licéité, régularité et conformité du comportement tenu vis-à-vis des dispositions du droit de l’Union; prescription totale ou partielle des griefs formulés

Le requérant fait valoir et prouve, tout d’abord, l’absence de conflit d’intérêts, puisque [confidentiel] (5) a cessé d’exercer les fonctions d’administrateur de MP Congressi e Comunicazione Srl du 16 juin 2010 au 16 décembre 2015.

Il conteste l’autre point de conflit d’intérêts tiré de la qualité du requérant en tant que «partenaire stable» de [confidentiel]: le requérant nie cette relation et renvoie au règles qui définissent ce potentiel conflit d’intérêts.

Le requérant réaffirme que la société a opéré légalement, conformément à l’article 41 des mesures d’application du statut des députés au Parlement européen (ci-après les «MASD»), car elle a toujours reçu l’aval annuel; il renvoie à l’article 132, paragraphe 1, du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 (6) du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, intitulé «Conservation des dossiers», et fait valoir, enfin, la prescription quinquennale de tout grief antérieur au 19 décembre 2012.

3.

Troisième moyen tiré du caractère illogique de la motivation et de la violation du principe de sécurité dans les relations juridiques et de la confiance légitime vis-à-vis des contrats entre le requérant et MP Srl — Prescription des comportements attribués au requérant.

Le requérant invoque la date de la communication de l’OLAF (19 décembre 2017) et renvoie à l’article 73 bis du règlement (CE, Euratom) no 1605/2002, à l’article 85 ter du règlement (CE, Euratom) no 2342/2002 (7) de la Commission du 23 décembre 2002 établissant les modalités d’exécution du règlement (CE, Euratom) no 1605/2002 (8) du Conseil portant règlement financier applicable au budget général des Communautés européennes, à l’article 41 des MASD et à l’arrêt du 12 mars 2014, CR/Parlement (F-128/12, EU:F:2014:38), pour démontrer que le délai de prescription quinquennale commence à courir à compter de la date de versement des montants contestés par la suite.

Il est fait valoir l’illicéité de l’article 85 ter du règlement (CE, Euratom) no 2342/2002

4.

Quatrième moyen tiré de la violation du principe général en matière de répartition de la charge de la preuve — inversion illicite de cette charge

Il est fait valoir la tentative d’inverser la charge de la preuve, puisque l’institution accuse M. Rivellini sans fonder son accusation sur la moindre preuve et prétend que ce soit le requérant qui fournisse les preuves, violant ainsi également le principe dit de proximité de la preuve.

5.

Cinquième moyen, invoqué à titre subsidiaire par rapport aux autres qui précèdent, tiré de la retenue illicite de la pension du requérant — violation manifeste de l’article 545 du code de procédure civile italien, paragraphe 7, nonobstant le fait que cette disposition ait été expressément invoquée par la Direction générale des finances.

Le requérant fait valoir la retenue illicite opérée par la Direction générale des finances sur la pension du requérant, par rapport à ce qui est prévu par l’article 545, paragraphe 7, du code de procédure civile italien, disposition invoquée à plusieurs reprises par la Direction susmentionnée, mais mal appliquée, avec des préjudices économiques pour le requérant.


(1) Données confidentielles occultées.

(2) Données confidentielles occultées.

(3) Données confidentielles occultées.

(4) Données confidentielles occultées.

(5) Données confidentielles occultées.

(6) JO 2018, L 193, p. 1.

(7) JO 2002, L 357, p. 1.

(8) JO 2022, L 248, p. 1.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/343/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)