Affaire T-476/23: Recours introduit le 28 juillet 2023 — Norddeutsche Landesbank — Girozentrale/CRU
| CELEX | 62023TN0476 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | vendredi 28 juillet 2023 |
Résumé IA
Texte intégral
| 18.9.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 329/41 |
Recours introduit le 28 juillet 2023 — Norddeutsche Landesbank — Girozentrale/CRU
(Affaire T-476/23)
(2023/C 329/60)
Langue de procédure: l’allemand
Parties
Partie requérante: Norddeutsche Landesbank — Girozentrale (représentants: J. Seitz et C. Marx, avocats)
Partie défenderesse: Conseil de résolution unique (CRU)
Conclusions
La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal:
| — | annuler la décision de la partie défenderesse du 2 mai 2023 (SRB/ES/2023/23), y compris ses annexes, et en particulier son annexe I relative aux « résultats du calcul pour l’ensemble des établissements soumis au calcul des contributions ex ante pour 2023 fixées séparément (par établissement) dans les annexes harmonisées », dans la mesure où elles sont pertinentes pour la partie requérante; |
| — | condamner la partie défenderesse aux dépens. |
Moyens et principaux arguments
À l’appui de son recours, la partie requérante invoque les moyens suivants.
| 1. | Premier moyen, tiré d’une violation du droit d’être entendu La partie défenderesse a omis d’entendre la partie requérante avant d’adopter la décision attaquée et a ainsi violé l’article 41, paragraphe 1 et paragraphe 2, sous a), de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (1). |
| 2. | Deuxième moyen, tiré d’un défaut de motivation de la décision attaquée La décision attaquée ne contient pas de motivation suffisante, en violation de l’article 296 TFUE. Plus précisément, la motivation ne présente pas de lien avec le cas particulier ni n’expose les considérations essentielles dans le cadre de la proportionnalité et du pouvoir d’appréciation. En outre, le calcul de la contribution annuelle est incompréhensible, notamment en raison de l’utilisation de notions non uniformes et de l’absence de présentation d’étapes intermédiaires importantes. De surcroît, les données anonymisées d’autres établissements n’ont pas été communiquées, alors que leur communication n’aurait pas violé les secrets d’affaires de ces établissements. |
| 3. | Troisième moyen, tiré d’une violation du droit fondamental à une protection juridictionnelle effective, la décision attaquée ne pouvant pas être contrôlée Le défaut de motivation de la décision attaquée rend le contrôle juridictionnel significativement plus difficile pour la partie requérante. La partie défenderesse viole ainsi, en particulier, le principe du contradictoire, en vertu duquel les parties doivent pouvoir examiner de manière contradictoire les circonstances matérielles et juridiques décisives pour l’issue de la procédure. |
| 4. | Quatrième moyen, tiré de ce que l’application de l’indicateur SPI (système de protection institutionnel) viole le règlement délégué (UE) 2015/63 (2), qui doit être interprété à la lumière du droit de rang supérieur La partie défenderesse aurait dû, dans le cadre de l’article 7, paragraphe 4, second alinéa, du règlement délégué (UE) 2015/63, tenir compte du fait que la partie requérante détient des instruments dérivés avant tout à des fins de couverture et de gestion des risques. Lors de l’application de l’indicateur SPI, l’importance de l’appartenance de la partie requérante au système de protection institutionnel du groupe de caisses d’épargne a été méconnue. En vertu de l’article 6, paragraphe 5, second alinéa, du règlement délégué (UE) 2015/63, la partie défenderesse aurait dû tenir compte de la probabilité réduite d’une résolution de l’établissement en cause et donc du recours au Fonds de résolution unique ainsi que respecter le principe de proportionnalité. |
| 5. | Cinquième moyen, tiré de ce que la prise en compte de l’exposition totale aux instruments dérivés dans le cadre de l’indicateur de risque «activités de négociation, expositions hors bilan, instruments dérivés, complexité et résolvabilité» viole le droit de rang supérieur La partie défenderesse aurait en outre dû, conformément au principe de l’orientation au profil de risque, lors de la prise en compte de l’exposition totale aux instruments dérivés dans le cadre de l’article 6, paragraphe 5, première phrase, sous a), de l’article 6, paragraphe 6, et de l’article 7, paragraphe 4, première phrase, sous a), du règlement délégué (UE) 2015/63, tenir compte du fait que, dans le cas de la partie requérante, des instruments dérivés sont imputés avant tout aux actifs non destinés au négoce et sont conclus surtout à des fins de couverture. |
| 6. | Sixième moyen, tiré de ce que l’absence de prise en compte de l’indicateur EMEE («exigence minimale de fonds propres et d’engagements éligibles») dans le cadre du pilier «exposition au risque» viole le règlement délégué (UE) 2015/63 Au cours de la dernière année de la période initiale, la partie défenderesse n’a pas non plus pris en compte les ratios EMEE des établissements, alors que cela lui était possible. La partie défenderesse aurait dû, conformément à l’article 6, paragraphe 1, sous a), et paragraphe 2, sous a), du règlement délégué (UE) 2015/63, tenir compte du ratio EMEE élevé, et situé au-dessus de la moyenne, de la partie requérante de 51,54 %, qui dépasse de loin le taux minimum de 8 % fixé par le Conseil de résolution unique. |
| 7. | Septième moyen, tiré de ce que l’application du multiplicateur d’ajustement en fonction du profil de risque viole le règlement délégué (UE) 2015/63, qui doit être interprété à la lumière du droit de rang supérieur La partie défenderesse aurait dû, lors de la fixation du multiplicateur d’ajustement en fonction du profil de risque, tenir compte de la probabilité réduite que la partie requérante soit en défaut et du ratio EMEE situé au-dessus de la moyenne de celle-ci, conformément au principe de l’orientation au profil de risque et au droit fondamental à la liberté d’entreprise consacré à l’article 16 de la Charte. |
| 8. | Huitième moyen, tiré, à titre subsidiaire, de ce que l’article 7, paragraphe 4, second alinéa, du règlement délégué (UE) 2015/63 viole le droit de rang supérieur En prévoyant une pondération relative de l’indicateur SPI, l’article 7, paragraphe 4, second alinéa, du règlement délégué (UE) 2015/63 viole le principe général d’égalité consacré à l’article 20 de la Charte et le principe de proportionnalité, car les établissements qui sont soumis à la même garantie et ont donc la même probabilité de défaut peuvent être traités différemment. |
| 9. | Neuvième moyen, tiré de ce que le mécanisme d’assignation aux bins prévu par le règlement délégué (UE) 2015/63 viole le droit de rang supérieur L’assignation aux classes de risque au titre de l’annexe I, étape 2, du règlement délégué (UE) 2015/63 conduit à des résultats manifestement injustes et viole par conséquent le principe de l’orientation au profil de risque ainsi que le principe général d’égalité de traitement. En vue d’éviter une telle situation, la partie défenderesse aurait dû prévoir une vérification manuelle de la formule de calcul utilisée aux fins de l’assignation aux classes de risque. |
(2) Règlement délégué (UE) 2015/63 de la Commission, du 21 octobre 2014, complétant la directive 2014/59/UE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les contributions ex ante aux dispositifs de financement pour la résolution (JO 2015, L 11, p. 44).
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