Jurisprudence CJUE62023TN0519

Affaire T-519/23, Keserű Művek: Recours introduit le 22 août 2023 — Keserű Művek/Commission

CELEX62023TN0519
TypeJurisprudence CJUE
Datemardi 22 août 2023

Résumé IA

Ce recours concerne un litige relatif aux aides d'État dans le secteur agricole. L'entreprise Keserű Művek conteste une décision de la Commission européenne qui a jugé certaines aides publiques hongroises incompatibles avec le marché intérieur. L'affaire porte sur l'interprétation des règles européennes en matière de concurrence et de soutien public aux entreprises.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/68

9.10.2023

Recours introduit le 22 août 2023 — Keserű Művek/Commission

(Affaire T-519/23, Keserű Művek)

(C/2023/68)

Langue de procédure: le hongrois

Parties

Partie requérante: Keserű Művek Fegyvergyár Kft. (Budapest, Hongrie) (représentant: A. Grád, avocat)

Partie défenderesse: Commission européenne

Conclusions

À titre principal, la requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal:

constater, en application de l’article 340 TFUE, que l’Union européenne a causé à la requérante un dommage résultant de ce que la Commission européenne, en adoptant la directive d’exécution (UE) 2019/69 du 16 janvier 2019 établissant des spécifications techniques relatives au marquage des armes d’alarme et de signalisation au titre de la directive 91/477/CEE du Conseil relative au contrôle de l’acquisition et de la détention d’armes (1) a violé, du fait d’un acte normatif illégal, l’interdiction de discrimination prévue à l’article 10 TFUE et à l’article 21 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la «Charte»), et condamner la défenderesse à verser à la requérante, dans un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle l’arrêt est devenu définitif, la somme de 1 590 088 euros à titre de dommages et intérêts;

condamner la défenderesse aux dépens.

À titre subsidiaire, la requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal, dans l’hypothèse où il jugerait non fondée la demande à titre principal,

constater, en application de l’article 340 TFUE, que l’Union européenne, en conséquence de l’adoption de la directive d’exécution (UE) 2019/69, a causé à la requérante un dommage du fait d’un acte normatif légal, et condamner la défenderesse à verser à la requérante, dans un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle l’arrêt est devenu définitif, la somme de 1 590 088 euros à titre d’indemnisation (compensation);

condamner la défenderesse aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, la partie requérante invoque deux moyens.

1.

Premier moyen tiré de la violation des articles 340 et 10 TFUE, ainsi que de l’article 21 de la Charte

L’arme d’alarme à gaz conçue afin de tirer des balles en caoutchouc, qui est fabriquée et commercialisée d’après un modèle de la requérante, est placée, dans la directive d’exécution (UE) 2019/69, dans la même catégorie que toutes les armes d’alarme et de signalisation conçues afin de tirer des cartouches chargées de plombs, alors qu’il ressort du modèle qu’elle a justement pour caractéristique de ne pas propulser de charges réelles, et qu’elle ne peut pas, en raison de la forme de son moulage, être transformée en arme à feu au moyen d’un outillage courant (ni d’ailleurs d’un autre outillage) au sens de la directive d’exécution 2019/69. La requérante forme donc un groupe à part, étant donné qu’elle dispose d’un modèle exclusif.

La directive d’exécution (UE) 2019/69 ne s’étend pas à l’arme d’alarme fabriquée à partir de ce modèle unique en son genre, et ne prévoit pas de règles particulières alors que la spécificité de ce modèle l’exigerait en vertu de l’article 10 TFUE et de l’article 21 de la Charte, et elle viole, ce faisant, l’interdiction de discrimination. Les recettes de la requérante provenant de la fabrication et la commercialisation de cette arme d’alarme à gaz conçue, conformément au modèle, afin de tirer des balles en caoutchouc, ont considérablement baissé, et ont même pratiquement disparu à partir du 1er janvier 2023, en conséquence de la restriction économique découlant de la directive d’exécution (UE) 2019/69.

En vertu de l’article 340 TFUE, en matière de responsabilité non contractuelle, l’Union doit réparer, conformément aux principes généraux communs aux droits des États membres, les dommages causés par ses institutions ou par ses agents dans l’exercice de leurs fonctions. L’Union a pris une mesure illégale en conséquence de laquelle la requérante a subi un dommage.

2.

Deuxième moyen tiré de la violation de l’article 340 TFUE

L’obligation de réparation visée à l’article 340 TFUE ne se limite pas à la réparation des dommages causés par un acte illégal. En vertu de l’article 340 TFUE, l’Union est également tenue, au titre de la responsabilité sans faute, de réparer à la personne lésée les dommages causés par un acte normatif légal. Toutes les conditions de l’engagement de la responsabilité sans faute en raison d’un acte normatif légal qu’il convient d’examiner en vertu de la jurisprudence (2) sont réunies en ce qui concerne le préjudice invoqué par la requérante dans le présent recours.


(1) JO 2019, L 15, p. 22.

(2) Arrêt du 6 décembre 1984, Biovilac/CEE (59/83, EU:C:1984:380).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/68/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)