Jurisprudence CJUE62023TN0535

Affaire T-535/23: Recours introduit le 23 août 2023 — CEE Bankwatch Network et Ökobüro/Conseil

CELEX62023TN0535
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 23 août 2023

Résumé IA

Ce recours conteste la décision du Conseil de refuser l'accès à des documents relatifs à la position de l'UE dans des négociations internationales sur les énergies fossiles. Les requérants invoquent une violation du droit d'accès du public aux documents de l'UE, prévu par l'article 15 TFUE et le règlement 1049/2001. L'affaire soulève des questions sur l'étendue des exceptions liées à la protection des intérêts publics et des relations internationales.

Texte intégral

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Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/221

23.10.2023

Recours introduit le 23 août 2023 — CEE Bankwatch Network et Ökobüro/Conseil

(Affaire T-535/23)

(C/2023/221)

Langue de procédure: l’anglais

Parties

Parties requérantes: CEE Bankwatch Network z.s. (Prague, République tchèque) et Ökobüro — Allianz der Umweltbewegung (Vienne, Autriche) (représentant: M. Metzler, avocat)

Partie défenderesse: Conseil de l’Union européenne

Conclusions

Les requérantes concluent à ce qu’il plaise au Tribunal:

annuler la décision SGS 23/00027 du Conseil, du 13 juin 2023, déclarant que la demande de réexamen interne introduite le 20 février 2023 par les requérantes au titre de l’article 10 du règlement (CE) no 1367/2006 du Parlement européen et du Conseil (1), portant sur le règlement (UE) 2022/2577 du Conseil (2), est irrecevable et, à titre subsidiaire, qu’il n’est pas nécessaire de procéder à un réexamen de ce dernier au vu du droit de l’environnement applicable (ci-après la «décision attaquée»); et

condamner le Conseil aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, les requérantes invoquent trois moyens.

1.

Premier moyen, tiré de ce que la décision attaquée est entachée d’une erreur de droit en ce qui concerne la recevabilité de la demande de réexamen interne, en ce que le Conseil a considéré que le règlement 2022/2577 n’est pas un acte administratif au sens de l’article 2, paragraphe 1, sous g), du règlement no 1367/2006 et que, partant, la demande introduite par les requérantes au titre de l’article 10 de ce dernier est irrecevable. Dans le cadre du premier moyen, les requérantes soutiennent que la décision attaquée est mal fondée et que le règlement 2022/2577 est un acte administratif régi par l’article 10 du règlement no 1367/2006.

2.

Deuxième moyen, tiré de ce que la décision attaquée est entachée d’erreurs de droit, en ce que le Conseil a considéré que l’article 122 TFUE constitue la base juridique appropriée pour le règlement 2022/2577. Dans leur demande de réexamen interne introduite au titre de l’article 10 du règlement no 1367/2006, les requérantes démontrent que l’article 122 TFUE ne constitue pas une base juridique suffisante pour le règlement 2022/2577, que le Conseil a par ailleurs adopté en violation de cette disposition (y compris au regard du principe de proportionnalité consacré à l’article 296 TFUE) ainsi que de l’article 8 de la convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement (convention d’Aarhus) (JO 2005, L 124, p. 4). Dans le cadre du deuxième moyen, les requérantes soutiennent que la décision attaquée est entachée d’illégalité, en ce qu’elle n’admet pas l’illégalité du règlement 2022/2577 au vu des éléments susvisés.

3.

Troisième moyen, tiré de ce que la décision attaquée est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation en ce qui concerne la violation du droit de l’environnement, à savoir:

une erreur manifeste d’appréciation en ce qui concerne la violation du droit primaire de l’Union. Dans leur demande de réexamen interne introduite au titre de l’article 10 du règlement no 1367/2006, les requérantes démontrent que les articles 3, 5 et 6 du règlement 2022/2577 violent les articles 191 et 194 TFUE. Dans le cadre du troisième moyen, les requérantes soutiennent que la décision attaquée est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation, en ce que le Conseil considère, de manière peu concluante, que les articles 3, 5 et 6 du règlement 2022/2577 ne violent pas les articles 191 et 194 TFUE et que, partant, il n’y a pas lieu de procéder à un réexamen de ce règlement;

une erreur manifeste d’appréciation en ce qui concerne la violation des obligations internationales de l’Union. Dans leur demande de réexamen interne introduite au titre de l’article 10 du règlement no 1367/2006, les requérantes démontrent que le règlement 2022/2577 (notamment les articles 3, 5 et 6 de ce dernier) violent l’article 6 de la convention d’Aarhus ainsi que les articles 2, 3, 6, 7, 10, 12 et, partant, 17 (Mise en œuvre) du protocole d’application de la convention alpine de 1991 (ci-après la «convention alpine») dans le domaine de l’énergie et les articles 3, 7 et 9 du protocole d’application de la convention alpine dans le domaine de la protection des sols. Dans le cadre du troisième moyen, les requérantes soutiennent que la décision attaquée est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation, en ce que le Conseil considère, de manière peu concluante, que le règlement 2022/2577 (notamment les articles 3, 5 et 6 de ce dernier) ne violent pas les dispositions susvisées issues d’accords internationaux et que, partant, il n’y a pas lieu de procéder à un réexamen de ce règlement;

une erreur manifeste d’appréciation en ce qui concerne la violation du droit dérivé de l’Union. Dans leur demande de réexamen interne introduite au titre de l’article 10 du règlement no 1367/2006, les requérantes démontrent que les articles 3, 5 et 6 du règlement 2022/2577 violent les articles 1, 2, 3, 4, 6, 8, 8 bis, 10 bis et 11 de la directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil (3), l’article 6, paragraphe 4, et l’article 16, paragraphe 1, sous c), de la directive 92/43/CEE du Conseil (4), l’article 4, paragraphe 7, de la directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil (5), ainsi que l’article 9, paragraphe 1, sous a), de la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil (6). Dans le cadre du troisième moyen, les requérantes soutiennent que la décision attaquée est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation, en ce que le Conseil considère, de manière peu concluante, que les articles 3, 5 et 6 du règlement 2022/2577 ne violent pas les dispositions susvisées du droit dérivé de l’Union et que, partant, il n’y a pas lieu de procéder à un réexamen de ce règlement;


(1) Règlement (CE) no 1367/2006 du Parlement européen et du Conseil, du 6 septembre 2006, concernant l’application aux institutions et organes de l’Union européenne des dispositions de la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement (JO 2006, L 264, p. 13).

(2) Règlement (UE) 2022/2577 du Conseil, du 22 décembre 2022, établissant un cadre en vue d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables (JO 2022, L 335, p. 36).

(3) Directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil, du 13 décembre 2011, concernant l’évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l’environnement (JO 2012, L 26, p. 1).

(4) Directive 92/43/CEE du Conseil, du 21 mai 1992, concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (JO 1992, L 206, p. 7).

(5) Directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil, du 23 octobre 2000, établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau (JO 2000, L 327, p. 1).

(6) Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil, du 30 novembre 2009, concernant la conservation des oiseaux sauvages (JO 2010, L 20, p. 7).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/221/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)