Jurisprudence CJUE62023TN0571

Affaire T-571/23: Recours introduit le 15 septembre 2023 — Uss/Conseil

CELEX62023TN0571
TypeJurisprudence CJUE
Datevendredi 15 septembre 2023

Résumé IA

Ce recours introduit par Uss contre le Conseil de l'Union européenne concerne un litige relatif à des mesures restrictives (sanctions) adoptées dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). L'affaire porte sur l'inscription ou le maintien d'une personne physique ou morale sur une liste de sanctions de l'UE, examinant le respect des droits procéduraux et des conditions légales. Elle relève du contentieux du Tribunal de l'Union européenne en première instance.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/1167

4.12.2023

Recours introduit le 15 septembre 2023 — Uss/Conseil

(Affaire T-571/23)

(C/2023/1167)

Langue de procédure: néerlandais

Parties

Partie requérante: Artem Alexandrovitch Uss (Moscou, Russie) (représentant: R. Moeyersons, avocat)

Partie défenderesse: Conseil de l’Union européenne

Conclusions

La partie requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal:

annuler la décision (PESC) 2023/1218 (1) du Conseil, du 23 juin 2023, modifiant la décision 2014/145/PESC concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine ainsi que le règlement d’exécution (UE) 2023/1216 (2) du Conseil, du 23 juin 2023, mettant en œuvre le règlement (UE) no 269/2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine, en tant que ces actes visent le requérant;

condamner le Conseil aux dépens.

Moyens et principaux arguments

À l’appui du recours, la partie requérante invoque cinq moyens.

1.

Premier moyen tiré d’une violation de l’obligation de motivation. Les motifs de l’inscription du requérant sur la liste des sanctions sont factuellement erronés et/ou dénués de pertinence pour les raisons suivantes:

Le requérant n’est pas un homme d’affaires influent ayant une activité en Russie. Sa participation dans Sibougol LLC, dont la production s’élève seulement à 0,66 % de la production russe de charbon, n’est que de 38,8 % et le requérant ne détient pas de participation dans Krasnoyarsklesomaterialy.

Le Conseil ne prouve pas que le requérant est un homme d’affaires impliqué dans un secteur économique qui constitue une source substantielle de revenus pour le gouvernement de la Fédération de Russie. Il ne prouve pas non plus que l’industrie du charbon assure d’importants revenus.

Le requérant ne tire pas avantage du gouvernement de la Fédération de Russie. Le Conseil ne démontre pas que les entreprises de la requérante ont reçu des marchés publics grâce aux fonctions de son père. En outre, des mesures restrictives ne sauraient être imposées sur le fondement du comportement de membres de la famille.

Le requérant n’a pas fourni à la Russie des technologies militaires et à double usage par l’intermédiaire de Nord-Deutsche Industrieanlagenbau. Le Conseil n’en rapporte en tout cas pas la preuve et il est contredit par le juge italien.

2.

Deuxième moyen tiré d’une violation de l’article 18 de la CEDH.

L’adoption de mesures restrictives à l’encontre du requérant est une réaction au fait qu’il a pu, lors de son assignation à résidence en Italie, échapper à son extradition vers les États-Unis et constitue par conséquent une offrande propitiatoire destinée aux États-Unis et des représailles. Elle n’a pas de lien avec l’adoption de sanctions ou de mesures restrictives par l’Union européenne contre la Fédération de Russie. Le Conseil a donc détourné de son but la possibilité de restreindre les droits du requérant.

3.

Troisième moyen tiré d’une violation de l’article 17 de la CEDH et de l’article 54 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

L’adoption de mesures restrictives à l’encontre du requérant est une réaction au fait qu’il a pu, lors de son assignation à résidence en Italie, échapper à son extradition vers les États-Unis et constitue par conséquent une offrande propitiatoire destinée aux États-Unis et des représailles. Elle n’a pas de lien avec l’adoption de sanctions ou de mesures restrictives par l’Union européenne contre la Fédération de Russie. En restreignant les droits du requérant, le Conseil a donc commis un abus de pouvoir.

4.

Quatrième moyen tiré d’une violation du principe de proportionnalité consacré à l’article 5, paragraphe 4, TUE.

Le Conseil ne démontre en rien que l’adoption de sanctions contre le requérant est approprié et nécessaire pour atteindre l’objectif final et qu’elle ne lui cause pas de charges excessives par rapport à cet objectif.

5.

Cinquième moyen tiré de l’attitude du Conseil et du fondement du recours.

Compte tenu de son attitude, il convient de condamner le Conseil aux dépens conformément à l’article 135, paragraphe 2, du règlement de procédure du Tribunal.

Il convient par ailleurs de condamner le Conseil aux dépens parce que le recours est fondé.


(1) JO 2023, L 159 I, p. 526.

(2) JO 2023, L 159 I, p. 335.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/1167/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)