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AccueilDroit européen62024CJ0771
Jurisprudence CJUE62024CJ0771

Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 9 juillet 2026.#Fédération belge du stationnement ASBL et Interparking SA contre Région de Bruxelles-Capitale, représentée par son Gouvernement.#Renvoi préjudiciel – Environnement – Directive 2001/42/CE – Évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l’environnement – Article 2, sous a) – Notion de “plans et programmes” – Article 3, paragraphe 2, sous a) – Actes élaborés pour certains secteurs et définissant un cadre dans lequel la mise en œuvre des projets énumérés aux annexes I et II de la directive 2011/92/UE pourra être autorisée à l’avenir – Plan ou programme dans le secteur des transports, de l’aménagement du territoire urbain et rural ou de l’affectation des sols – Arrêté fixant des conditions d’exploitation des parkings – Maintien des effets d’un acte national en cas d’absence d’évaluation des incidences sur l’environnement – Conditions.#Affaire C-771/24.

CELEX62024CJ0771
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 9 juillet 2026

Texte intégral

ARRÊT DE LA COUR (deuxième chambre)

9 juillet 2026 (*)

« Renvoi préjudiciel – Environnement – Directive 2001/42/CE – Évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l’environnement – Article 2, sous a) – Notion de “plans et programmes” – Article 3, paragraphe 2, sous a) – Actes élaborés pour certains secteurs et définissant un cadre dans lequel la mise en œuvre des projets énumérés aux annexes I et II de la directive 2011/92/UE pourra être autorisée à l’avenir – Plan ou programme dans le secteur des transports, de l’aménagement du territoire urbain et rural ou de l’affectation des sols – Arrêté fixant des conditions d’exploitation des parkings – Maintien des effets d’un acte national en cas d’absence d’évaluation des incidences sur l’environnement – Conditions »

Dans l’affaire C‑771/24,

ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par le Conseil d’État (Belgique), par décision du 23 octobre 2024, parvenue à la Cour le 7 novembre 2024, dans la procédure

Fédération belge du stationnement ASBL,

Interparking SA

contre

Région de Bruxelles-Capitale,

LA COUR (deuxième chambre),

composée de Mme K. Jürimäe, présidente de chambre, M. K. Lenaerts, président de la Cour, faisant fonction de juge de la deuxième chambre, MM. F. Schalin, M. Gavalec et Z. Csehi (rapporteur), juges,

avocat général : Mme J. Kokott,

greffier : M. A. Calot Escobar,

vu la procédure écrite,

considérant les observations présentées :

– pour la Fédération belge du stationnement ASBL et Interparking SA, par Mes O. Di Giacomo, B. Lombaert et R. Smal, avocats,

– pour le gouvernement belge, par MM. S. Baeyens et P. Cottin ainsi que Mme C. Pochet, en qualité d’agents, assistés de Mes I.-S. Brouhns, G. Possoz et V. Thunis, avocats,

– pour le gouvernement letton, par Mmes J. Davidoviča et K. Pommere, en qualité d’agents,

– pour la Commission européenne, par Mme I. Melo Sampaio et M. G. Wils, en qualité d’agents,

ayant entendu l’avocate générale en ses conclusions à l’audience du 18 décembre 2025,

rend le présent

Arrêt

1 La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil, du 27 juin 2001, relative à l’évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l’environnement (JO 2001, L 197, p. 30).

2 Cette demande a été présentée dans le cadre d’un litige opposant la Fédération belge du stationnement ASBL (ci-après la « Fédération ») et Interparking SA à la Région de Bruxelles-Capitale (Belgique) au sujet de la légalité de l’arrêté du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale (Belgique), du 25 février 2021, fixant des conditions générales et spécifiques d’exploitation applicables aux parkings (Moniteur belge du 3 mars 2021, p. 18655, ci-après l’« arrêté du 25 février 2021 »).

Le cadre juridique

Le droit de l’Union

La directive 2001/42

3 L’article 1er de la directive 2001/42, intitulé « Objectifs », prévoit :

« La présente directive a pour objet d’assurer un niveau élevé de protection de l’environnement, et de contribuer à l’intégration de considérations environnementales dans l’élaboration et l’adoption de plans et de programmes en vue de promouvoir un développement durable en prévoyant que, conformément à la présente directive, certains plans et programmes susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement soient soumis à une évaluation environnementale. »

4 L’article 2 de cette directive, intitulé « Définitions », dispose, à son point a) :

« Aux fins de la présente directive, on entend par :

a) “plans et programmes” : les plans et programmes, y compris ceux qui sont cofinancés par la Communauté européenne, ainsi que leurs modifications :

– élaborés et/ou adoptés par une autorité au niveau national, régional ou local ou élaborés par une autorité en vue de leur adoption par le parlement ou par le gouvernement, par le biais d’une procédure législative, et

– exigés par des dispositions législatives, réglementaires ou administratives ».

5 L’article 3 de ladite directive, intitulé « Champ d’application », énonce, à ses paragraphes 1 et 2 :

« 1. Une évaluation environnementale est effectuée, conformément aux articles 4 à 9, pour les plans et programmes visés aux paragraphes 2, 3 et 4 susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement.

2. Sous réserve du paragraphe 3, une évaluation environnementale est effectuée pour tous les plans et programmes :

a) qui sont élaborés pour les secteurs de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche, de l’énergie, de l’industrie, des transports, de la gestion des déchets, de la gestion de l’eau, des télécommunications, du tourisme, de l’aménagement du territoire urbain et rural ou de l’affectation des sols et qui définissent le cadre dans lequel la mise en œuvre des projets énumérés aux annexes I et II de la directive [85/337/CEE du Conseil, du 27 juin 1985, concernant l’évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l’environnement (JO 1985, L 175, p. 40)] pourra être autorisée à l’avenir ; ou

[...] »

La directive 2011/92/UE

6 La directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil, du 13 décembre 2011, concernant l’évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l’environnement (JO 2012, L 26, p. 1), qui a abrogé la directive 85/337, prévoit, à son article 1er, paragraphe 2, sous a) :

« Aux fins de la présente directive, on entend par :

a) “projet” :

– la réalisation de travaux de construction ou d’autres installations ou ouvrages,

– d’autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage, y compris celles destinées à l’exploitation des ressources du sol ».

7 Le point 10, sous b), de l’annexe II de cette directive, intitulée « Projets visés à l’article 4, paragraphe 2 », mentionne, parmi les projets d’infrastructure, les « [t]ravaux d’aménagement urbain, y compris la construction de centres commerciaux et de parkings ».

Le droit belge

8 L’arrêté du 25 février 2021 prévoit, à son article 1er :

« Le présent arrêté transpose partiellement la directive (UE) 2018/844 du Parlement européen et du Conseil[, du 30 mai 2018, modifiant la directive 2010/31/UE sur la performance énergétique des bâtiments et la directive 2012/27/UE relative à l’efficacité énergétique (JO 2018, L 156, p. 75)].

Le présent arrêté s’applique aux parkings visés à la rubrique 68 de l’arrêté du [g]ouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 4 mars 1999 fixant la liste des installations de classe IB, IC, ID, II et III en exécution de l’article 4 de l’ordonnance du 5 juin 1997 relative au permis d’environnement, ainsi qu’à la rubrique 224 de l’ordonnance du 22 avril 1999 fixant la liste des installations de classe IA visée à l’article 4 de l’ordonnance du 5 juin 1997 relative aux permis d’environnement.

[...] »

9 L’arrêté du 25 février 2021 fixe notamment :

– au titre des « conditions générales d’exploitation des parkings couverts et non couverts », les conditions relatives à l’utilisation, à l’aménagement et à la signalisation, les conditions d’entretien et de contrôle, les conditions relatives aux zones de recharge pour les véhicules électriques et les conditions relatives aux parkings vélos ;

– au titre des « conditions d’exploitation spécifiques aux parkings non couverts », les conditions relatives à l’entretien de la végétation, à l’utilisation de sel de déneigement et à l’entretien des structures infiltrantes et à l’éclairage artificiel ;

– au titre des « conditions d’exploitation spécifiques aux parkings couverts », les conditions relatives à l’aménagement du parking, à la sécurité (notamment l’interdiction de stationnement des véhicules LPG, résistance au feu des parois du parking, présence de conduites de gaz, issues et voies d’évacuation, moyens de lutte contre l’incendie), à la gestion des équipements, aux normes de qualité de l’air et à la ventilation mécanique et naturelle.

Le litige au principal et les questions préjudicielles

10 Le 2 juillet 2020, le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a adopté, en première lecture, un projet d’arrêté fixant des conditions générales d’exploitation applicables aux parkings.

11 Le 6 juillet 2020, ce projet a été notifié à la Commission européenne, en application de l’article 5, paragraphe 1, de la directive (UE) 2015/1535 du Parlement européen et du Conseil, du 9 septembre 2015, prévoyant une procédure d’information dans le domaine des réglementations techniques et des règles relatives aux services de la société de l’information (JO 2015, L 241, p. 1).

12 Le 10 décembre 2020, le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a adopté, en deuxième lecture, ledit projet.

13 Le 12 janvier 2021, la section de législation du Conseil d’État (Belgique), dans le cadre de son avis sur ce même projet, a soulevé la question de savoir si celui-ci ne devrait pas faire l’objet d’une évaluation quant à ses incidences sur l’environnement, en application de l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42, lu en combinaison avec le point 10, sous b), de l’annexe II de la directive 2011/92. Cet avis invitait les auteurs du projet en cause à préciser de quelle manière les obligations en matière environnementale étaient respectées par ce projet ou, le cas échéant, les raisons pour lesquelles ils considéraient qu’elles ne lui étaient pas applicables.

14 Le 25 février 2021, le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a adopté l’arrêté en cause au principal, sans qu’une évaluation environnementale, au sens de l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42, ait été préalablement effectuée.

15 Le 30 avril 2021, la Fédération et Interparking ont introduit un recours devant le Conseil d’État (Belgique), qui est la juridiction de renvoi, tendant à l’annulation de cet arrêté.

16 Devant cette juridiction, la Fédération et Interparking soutiennent, notamment, que ledit arrêté constitue un plan ou un programme susceptible d’avoir des incidences notables sur l’environnement, au sens de la directive 2001/42, et qu’il aurait donc dû faire l’objet, avant son adoption, d’une évaluation environnementale, en application de l’article 3, paragraphe 2, sous a), de cette directive.

17 En revanche, selon le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, l’arrêté du 25 février 2021 ne constitue pas un plan ou un programme, au sens de ladite directive. Les dispositions réglementaires contraignantes, qui contiennent des règles qui sont applicables de manière répétée, telles que celles prévues par cet arrêté, ne pourraient être considérées comme relevant de la notion de « plan » ou de « programme » que si elles revêtent une dimension planificatrice ou programmatique, ce qui ne serait pas le cas en l’espèce. En effet, ledit arrêté ne planifierait ni ne programmerait les lieux où des parkings seraient susceptibles de s’implanter sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale, ni le nombre de parkings admissibles sur ce territoire. Par ailleurs, le même arrêté ne saurait être considéré comme un plan ou un programme, dans la mesure où ses dispositions ne feraient qu’énoncer les règles obligatoires auxquelles toute installation de parking doit se conformer après sa réalisation, lors de sa phase d’exploitation, et où elles ne contribuent pas à la réalisation ou à l’implantation d’un projet, au sens de la directive 2001/42.

18 Dans ces conditions, le Conseil d’État a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour les questions préjudicielles suivantes :

« 1) L’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42 doit-il être interprété en ce sens qu’un arrêté, tel que celui en cause, qui se limite à fixer des conditions d’exploitation des parkings sans prévoir de règles relatives à leur implantation ni à leur nombre maximal doit néanmoins être qualifié de plan ou de programme dans le secteur des transports, de l’aménagement du territoire urbain et rural ou de l’affectation des sols ?

2) En cas de réponse [affirmative] à la première question, une juridiction nationale peut-elle faire application d’une disposition de son droit national qui l’habilite à maintenir les effets d’un acte réglementaire annulé, fixant les conditions d’exploitation des parkings sur le territoire d’une région, pendant une durée limitée, afin de permettre à l’autorité régionale de procéder à une évaluation des incidences sur l’environnement de ces conditions d’exploitation avant de procéder à la [modification] éventuelle de cet acte ? »

Sur les questions préjudicielles

Sur la première question

19 Par sa première question, la juridiction de renvoi demande, en substance, si l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42 doit être interprété en ce sens qu’une réglementation nationale qui fixe les conditions d’exploitation des parkings sans toutefois prévoir de règles relatives à leur implantation ni à leur nombre maximal doit faire l’objet d’une évaluation environnementale.

20 À titre liminaire, il y a lieu de rappeler, d’une part, que, aux termes de son article 1er, la directive 2001/42 a pour objet d’assurer un niveau élevé de protection de l’environnement et de contribuer à l’intégration de considérations environnementales dans l’élaboration et l’adoption de plans et de programmes en vue de promouvoir un développement durable en prévoyant que, conformément à cette directive, certains plans et programmes susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement soient soumis à une évaluation environnementale.

21 D’autre part, compte tenu de la finalité de la directive 2001/42 consistant à garantir un tel niveau élevé de protection de l’environnement, les dispositions qui délimitent son champ d’application, et notamment celles énonçant les définitions des actes envisagés par celle-ci, doivent être interprétées d’une manière large (arrêts du 22 mars 2012, Inter-Environnement Bruxelles e.a., C‑567/10, EU:C:2012:159, point 37, ainsi que du 22 février 2022, Bund Naturschutz in Bayern, C‑300/20, EU:C:2022:102, point 44).

22 Aux termes de l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42, une évaluation environnementale est effectuée pour tous les plans et les programmes qui satisfont à deux conditions cumulatives, à savoir, d’une part, celle d’être élaborés pour un ou plusieurs secteurs énumérés à cette disposition et, d’autre part, celle de définir le cadre dans lequel la mise en œuvre des projets énumérés aux annexes I et II de la directive 2011/92 pourra être autorisée à l’avenir.

23 La notion de « plans et programmes », au sens de la directive 2001/42, est définie à l’article 2, sous a), de celle-ci, comme visant ceux qui satisfont à deux conditions cumulatives, à savoir, d’une part, avoir été élaborés et/ou adoptés par une autorité au niveau national, au niveau régional ou au niveau local ou avoir été élaborés par une autorité en vue de leur adoption par le parlement ou par le gouvernement, au moyen d’une procédure législative, et, d’autre part, être exigés par des dispositions législatives, réglementaires ou administratives [arrêts du 9 mars 2023, An Bord Pleanála e.a. (Site de St Teresa’s Gardens), C‑9/22, EU:C:2023:176, point 27 ainsi que jurisprudence citée, et du 4 octobre 2024, Friends of the Irish Environment (Project Ireland 2040), C‑727/22, EU:C:2024:825, point 24].

24 S’agissant de la première de ces conditions, celle-ci est remplie dès lors qu’il ressort des indications de la juridiction de renvoi que l’arrêté du 25 février 2021 a été adopté par une autorité régionale, en l’occurrence le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale.

25 Concernant la seconde desdites conditions, il ressort de la jurisprudence de la Cour que doivent être regardés comme étant « exigés », au sens et pour l’application de la directive 2001/42, les plans et les programmes dont l’adoption est encadrée par des dispositions législatives ou réglementaires nationales, lesquelles déterminent les autorités compétentes pour les adopter ainsi que leur procédure d’élaboration (arrêt du 22 mars 2012, Inter-Environnement Bruxelles e.a., C‑567/10, EU:C:2012:159, point 31). Ainsi, la Cour a jugé que, afin de préserver l’effet utile de l’article 2, sous a), de la directive 2001/42, eu égard à sa finalité, une mesure doit être considérée comme étant « exigée » dès lors que le pouvoir d’adopter la mesure trouve sa base juridique dans une disposition particulière, même s’il n’existe, à proprement parler, aucune obligation d’élaborer cette mesure [arrêt du 25 juin 2020, A e.a. (Éoliennes à Aalter et à Nevele), C‑24/19, EU:C:2020:503, point 35 ainsi que jurisprudence citée].

26 En l’occurrence, il ressort du dossier dont dispose la Cour que l’arrêté du 25 février 2021 a été adopté, ainsi qu’il ressort de son préambule, sur le fondement de l’article 6, paragraphe 1, premier alinéa, de l’article 10, paragraphe 2, et de l’article 63, paragraphe 3, deuxième alinéa, de l’ordonnance du 5 juin 1997 relative aux permis d’environnement. La seconde condition, figurant à l’article 2, sous a), second tiret, de la directive 2001/42, apparaît donc également remplie.

27 À cet égard, il importe d’ajouter, eu égard aux interrogations de la juridiction de renvoi et contrairement à la position défendue par le gouvernement belge dans ses observations écrites, que l’article 2, sous a), de la directive 2001/42 ne saurait être interprété en ce sens que, pour relever de la notion de « plans ou programmes », au sens de cette disposition, un acte doit, en outre, revêtir une dimension planificatrice ou programmatique.

28 Le gouvernement belge se fonde, dans ce contexte, sur une interprétation de la notion de « plans et programmes » selon laquelle, pour relever de celle-ci, un acte doit contenir des dispositions relatives à l’aménagement du territoire urbain et rural définissant les utilisations admissibles de l’infrastructure en cause sur un territoire.

29 À cet égard, il convient de constater, d’une part, que l’article 2, sous a), de la directive 2001/42 définit, eu égard à son libellé, la notion de « plans et programmes » uniquement par référence à deux éléments, à savoir l’autorité dont émane l’acte concerné et la base juridique en vertu de laquelle celui-ci a été adopté.

30 Au vu du libellé de cette disposition, ces deux éléments doivent être considérés comme étant exhaustifs.

31 Cette interprétation littérale de l’article 2, sous a), de la directive 2001/42 est corroborée par le contexte de cette disposition et par l’économie de cette directive. À ce titre, il convient de rappeler que l’article 3 de ladite directive énonce les conditions qu’un plan ou le programme concerné, au sens de l’article 2, sous a), de la même directive, doit remplir pour devoir faire l’objet d’une évaluation environnementale en vertu de la directive 2001/42.

32 S’agissant, à cet égard, du paragraphe 2, sous a), de cet article 3, il y a lieu de relever que cette disposition énumère les secteurs pour lesquels les plans et les programmes sont élaborés, parmi lesquels figure celui de l’aménagement du territoire urbain et rural ou de l’affectation des sols, et prévoit que les plans et les programmes doivent définir le cadre dans lequel la mise en œuvre des projets énumérés aux annexes I et II de la directive 2011/92 pourra être autorisée à l’avenir.

33 Ainsi, s’il apparaît que l’article 2 de la directive 2001/42 établit certaines conditions formelles pour qu’une mesure entre dans le champ d’application de cette directive, l’article 3 de celle-ci établit les conditions matérielles devant être réunies pour que cette mesure fasse l’objet d’une évaluation environnementale.

34 Or, cette disposition serait vidée de sa substance si la notion de « plans et programmes », au sens de l’article 2, sous a), de la directive 2001/42, devait être interprétée en ce sens que l’acte doit avoir un certain contenu matériel, notamment une dimension planificatrice ou programmatique en lien avec le secteur de l’aménagement du territoire, pour relever de cette notion.

35 Cette interprétation est encore confortée par la genèse de l’article 2, sous a), de la directive 2001/42, ainsi qu’il ressort des points 37 à 41 des conclusions de Mme l’avocate générale.

36 Ladite interprétation s’impose d’autant plus qu’une telle condition supplémentaire, en ayant pour effet de limiter le champ d’application de ladite directive, irait à l’encontre du principe selon lequel, conformément à la jurisprudence citée au point 21 du présent arrêt, les dispositions de la même directive qui délimitent son champ d’application, et notamment celles énonçant les définitions des actes visés par celle-ci, doivent être interprétées d’une manière large.

37 Par ailleurs, s’agissant du caractère général de l’acte en cause au principal, il convient de rappeler que le caractère général d’une mesure ne fait pas obstacle à ce que celle-ci soit qualifiée de plan ou de programme, au sens de l’article 2, sous a), de la directive 2001/42. En effet, s’il ressort du libellé de cette disposition que la notion de « plans et programmes » peut recouvrir des actes normatifs adoptés par voie législative, réglementaire ou administrative, cette directive ne contient précisément pas de dispositions spécifiques relatives à des politiques ou à des réglementations générales qui nécessiteraient une délimitation par rapport aux plans et aux programmes, au sens de ladite directive (voir, en ce sens, arrêts du 27 octobre 2016, D’Oultremont e.a., C‑290/15, EU:C:2016:816, points 52 et 53, ainsi que du 22 février 2022, Bund Naturschutz in Bayern, C‑300/20, EU:C:2022:102, point 41).

38 En ce qui concerne les deux conditions figurant à l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42, rappelées au point 22 du présent arrêt, il convient de relever que la première de ces conditions, selon laquelle les plans et les programmes doivent être « élaborés pour » les secteurs énumérés à cette disposition, est remplie lorsque le plan ou le programme en cause « concerne » ou « traite de » l’un de ces secteurs (voir, en ce sens, arrêts du 27 octobre 2016, D’Oultremont e.a., C‑290/15, EU:C:2016:816, point 44, ainsi que du 22 février 2022, Bund Naturschutz in Bayern, C‑300/20, EU:C:2022:102, point 49).

39 À cet égard, il importe de préciser d’emblée que, pour que cette condition soit remplie, il suffit que le plan ou le programme en cause relève d’un seul de ces secteurs. Parmi lesdits secteurs figurent, notamment, celui des transports et celui de l’aménagement du territoire urbain et rural ou de l’affectation des sols.

40 S’agissant de l’interprétation de ces notions, il convient de relever, d’une part, que, dans son arrêt du 22 février 2022, Bund Naturschutz in Bayern (C‑300/20, EU:C:2022:102), la Cour a retenu une conception large du secteur des transports en considérant que le règlement en cause dans l’affaire ayant donné lieu à cet arrêt, en ce qu’il exigeait une autorisation pour circuler en dehors des routes, des voies et des emplacements destinés à la circulation publique avec des véhicules de tous types et pour y stationner ces derniers, comportait des règles qui concernent des activités relevant du secteur des transports.

41 Or, le transport individuel de personnes n’est, en pratique, pas concevable sans parkings, de sorte que ceux-ci, en tant qu’éléments d’infrastructure nécessaires au transport, relèvent du secteur des transports. Dans ces conditions, il peut être considéré que la mesure en cause au principal, en ce qu’elle prévoit des règles d’exploitation spécifiques pour des parkings, comporte des règles qui concernent des activités relevant, notamment, du secteur des transports.

42 D’autre part, il y a lieu de considérer que la notion d’aménagement du territoire urbain et rural ou de l’affectation des sols présuppose, ainsi qu’il ressort des points 63 à 65 des conclusions de Mme l’avocate générale, l’existence d’une disposition ayant une incidence sur l’utilisation du territoire.

43 En l’occurrence, il apparaît que, sous réserve des appréciations incombant à la seule juridiction de renvoi, l’arrêté du 25 février 2021 comporte des règles qui concernent, à tout le moins, le secteur des transports, de telle sorte que la première condition posée à l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42 paraît remplie.

44 S’agissant de la seconde condition prévue à l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42, il découle de cette disposition que cette condition est remplie lorsque, d’une part, les plans ou les programmes en cause définissent le cadre dans lequel la mise en œuvre des projets pourra être autorisée à l’avenir et, d’autre part, ces projets sont au nombre de ceux énumérés aux annexes I et II de la directive 2011/92 (arrêt du 22 février 2022, Bund Naturschutz in Bayern, C‑300/20, EU:C:2022:102, point 55).

45 Premièrement, en ce qui concerne la question de savoir si un acte tel que l’arrêté du 25 février 2021 vise des projets énumérés aux annexes I et II de la directive 2011/92, il convient de relever que le point 10, sous b), de l’annexe II de cette directive vise les « [t]ravaux d’aménagement urbain, y compris la construction de centres commerciaux et de parkings ».

46 Deuxièmement, quant à la question de savoir si un tel arrêté définit le cadre dans lequel la mise en œuvre de projets pourra être autorisée à l’avenir, il y a lieu de rappeler que, selon la jurisprudence, une mesure revêt cette caractéristique lorsqu’elle établit, en définissant des règles et des procédures de contrôle applicables au secteur concerné, un ensemble significatif de critères et de modalités pour l’autorisation et la mise en œuvre d’un ou de plusieurs projets susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement (voir, en ce sens, arrêts du 27 octobre 2016, D’Oultremont e.a., C‑290/15, EU:C:2016:816, point 49, ainsi que du 22 février 2022, Bund Naturschutz in Bayern, C‑300/20, EU:C:2022:102, point 60 et jurisprudence citée).

47 Une telle interprétation vise à assurer que des prescriptions susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement fassent l’objet d’une évaluation environnementale [arrêts du 25 juin 2020, A e.a. (Éoliennes à Aalter et à Nevele), C‑24/19, EU:C:2020:503, point 68, ainsi que du 22 février 2022, Bund Naturschutz in Bayern, C‑300/20, EU:C:2022:102, point 61].

48 L’exigence posée à l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42, selon laquelle le plan ou le programme concerné doit définir le cadre dans lequel la mise en œuvre des projets énumérés aux annexes I et II de la directive 2011/92 pourra être autorisée à l’avenir, doit donc être considérée comme remplie lorsque le plan ou le programme établit un ensemble significatif de critères et de modalités pour l’autorisation et la mise en œuvre d’un ou de plusieurs de ces projets, notamment en ce qui concerne la localisation, la nature, la taille et les conditions de fonctionnement de tels projets, ou l’allocation de ressources liée à ces projets (arrêt du 22 février 2022, Bund Naturschutz in Bayern, C‑300/20, EU:C:2022:102, point 62).

49 En l’occurrence, il ressort de la décision de renvoi que l’arrêté du 25 février 2021 porte exclusivement sur l’exploitation de parkings, sans fixer aucune règle concernant leur implantation et leur nombre maximal.

50 À cet égard, il y a lieu de relever que la dimension planificatrice ou programmatique d’une mesure ne constitue pas un critère décisif aux fins de l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42. En effet, l’obligation de procéder à une évaluation environnementale découle non pas de l’existence d’une telle dimension, mais des incidences de la mesure sur l’environnement en ce que la mesure définit le cadre dans lequel la mise en œuvre de certains projets pourra être autorisée à l’avenir.

51 Or, s’agissant de l’arrêté du 25 février 2021, il ressort des éléments du dossier dont dispose la Cour que, parmi les règles fixées en vue de l’exploitation des parkings, les règles relatives à l’éclairage artificiel et aux structures infiltrantes des parkings non couverts ainsi que les exigences en matière de zones de recharge et de parkings vélos sont susceptibles d’avoir des incidences sur l’environnement. Il appartiendra à la juridiction de renvoi de déterminer si, du fait de ces règles, de ces exigences ou d’autres dispositions de cet arrêté, la seconde condition prévue à l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42 est remplie. En particulier, celle-ci devra examiner si, au regard du territoire de Bruxelles, ces règles et exigences sont susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement.

52 Eu égard aux considérations qui précèdent, il convient de répondre à la première question que l’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42 doit être interprété en ce sens qu’une réglementation nationale qui fixe les conditions d’exploitation des parkings sans toutefois prévoir de règles relatives à leur implantation ni à leur nombre maximal doit faire l’objet d’une évaluation environnementale si, d’une part, elle est élaborée pour le secteur des transports ou celui de l’aménagement du territoire urbain et rural ou de l’affectation des sols, et si, d’autre part, elle établit, en définissant des règles et des procédures de contrôle applicables au secteur concerné, un ensemble significatif de critères et de modalités pour l’autorisation et la mise en œuvre d’un ou de plusieurs projets susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement.

Sur la seconde question

53 Par sa seconde question, la juridiction de renvoi demande, en substance, si le droit de l’Union doit être interprété en ce sens que, lorsqu’il apparaît qu’une évaluation environnementale, au sens de la directive 2001/42, aurait dû être effectuée avant l’adoption d’un acte réglementaire dont la légalité est contestée devant elle, de sorte que cet acte doit être considéré comme étant non conforme au droit de l’Union, cette juridiction peut, et selon quelles conditions, maintenir les effets dudit acte afin de permettre à l’autorité compétente de procéder à cette évaluation environnementale et, le cas échéant, de modifier ce même acte.

54 Ainsi qu’il a été relevé au point 20 du présent arrêt, la directive 2001/42 a pour objet d’assurer un niveau élevé de protection de l’environnement et de contribuer à l’intégration de considérations environnementales dans l’élaboration et l’adoption de plans et de programmes en vue de promouvoir un développement durable en prévoyant que, conformément à cette directive, certains plans et programmes susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement soient soumis à une évaluation environnementale.

55 En l’absence, dans cette directive, de dispositions relatives aux conséquences à tirer d’une violation des dispositions procédurales qu’elle édicte, il appartient aux États membres de prendre, dans le cadre de leurs compétences, toutes les mesures nécessaires, générales ou particulières, pour que tous les « plans » ou « programmes » susceptibles d’avoir des « incidences notables sur l’environnement », au sens de ladite directive, fassent l’objet d’une évaluation environnementale, conformément aux modalités procédurales et aux critères prévus par cette directive [arrêt du 25 juin 2020, A e.a. (Éoliennes à Aalter et à Nevele), C‑24/19, EU:C:2020:503, point 82 ainsi que jurisprudence citée].

56 En vertu du principe de coopération loyale, prévu à l’article 4, paragraphe 3, TUE, les États membres sont tenus d’effacer les conséquences illicites d’une telle violation du droit de l’Union. Il en résulte que les autorités nationales compétentes, y compris les juridictions nationales saisies d’un recours contre un acte de droit interne adopté en violation du droit de l’Union, sont dans l’obligation de prendre, dans le cadre de leurs compétences, toutes les mesures nécessaires afin de remédier à l’omission d’une évaluation environnementale. Cela peut, par exemple, consister, pour un « plan » ou un « programme » adopté en méconnaissance de l’obligation de procéder à une évaluation environnementale, à adopter des mesures tendant à la suspension ou à l’annulation de ce plan ou de ce programme, ainsi qu’à retirer ou à suspendre un permis déjà accordé, afin d’effectuer une telle évaluation [arrêt du 25 juin 2020, A e.a. (Éoliennes à Aalter et à Nevele), C‑24/19, EU:C:2020:503, point 83 ainsi que jurisprudence citée].

57 Cela étant, la Cour a déjà jugé que, tout en tenant compte de l’existence d’une considération impérieuse liée à la protection de l’environnement, une juridiction nationale peut exceptionnellement être autorisée à faire usage d’une réglementation nationale l’habilitant à maintenir certains effets d’un acte national dont la procédure d’adoption n’a pas été conforme à la directive 2001/42, lorsqu’il existe un risque que l’annulation de cet acte crée un vide juridique incompatible avec l’obligation pour l’État membre concerné d’adopter les mesures de transposition d’un autre acte du droit de l’Union visant à la protection de l’environnement [voir, en ce sens, arrêt du 25 juin 2020, A e.a. (Éoliennes à Aalter et à Nevele), C‑24/19, EU:C:2020:503, point 90 ainsi que jurisprudence citée].

58 En outre, un éventuel maintien dans le temps des effets desdites mesures ne saurait couvrir que le laps de temps strictement nécessaire pour remédier à l’illégalité constatée [arrêt du 25 juin 2020, A e.a. (Éoliennes à Aalter et à Nevele), C‑24/19, EU:C:2020:503, point 94 ainsi que jurisprudence citée].

59 Il ressort ainsi de la jurisprudence mentionnée aux points 57 et 58 du présent arrêt que, lorsqu’il apparaît qu’une évaluation environnementale, au sens de la directive 2001/42, aurait dû être réalisée avant l’adoption d’un acte national dont la légalité est contestée devant une juridiction nationale, de sorte que cet acte doit être considéré comme étant non conforme au droit de l’Union, cette juridiction ne peut maintenir les effets dudit acte afin de permettre à l’autorité compétente de procéder à cette évaluation environnementale et, le cas échéant, de modifier ce même acte que si le droit interne le lui permet dans le litige dont elle est saisie et pour autant que cela est nécessaire pour garantir la transposition d’un autre acte de l’Union visant à la protection de l’environnement, tel que la directive 2018/844, et uniquement pour couvrir le laps de temps strictement nécessaire pour remédier à cette illégalité.

60 En l’occurrence, la juridiction de renvoi indique que l’arrêté du 25 février 2021 transpose partiellement la directive 2018/844, de sorte que son annulation ou sa suspension serait susceptible de créer un vide juridique. Or, s’il ressort de la jurisprudence rappelée au point 57 du présent arrêt qu’un tel vide juridique, qui est incompatible avec l’obligation pour l’État membre concerné d’adopter les mesures de transposition d’une directive, peut, en principe, justifier le maintien temporaire d’un acte non conforme au droit de l’Union, cela suppose que l’acte dont la juridiction de renvoi entend maintenir les effets transpose effectivement cette directive.

61 Par ailleurs, comme l’a souligné Mme l’avocate générale au point 93 de ses conclusions, il apparaît contestable que l’annulation ou la suspension des conditions d’exploitation applicables aux parkings figurant dans l’arrêté du 25 février 2021 crée un vide juridique. Le cas échéant, il appartiendra donc à la juridiction de renvoi d’examiner si, aux fins de la délivrance des autorisations pour des projets énumérés aux annexes I ou II de la directive 2011/92, il est en effet possible de revenir, même provisoirement, à une pratique qui, ainsi que l’a indiqué le gouvernement belge dans ses observations écrites, existait avant l’adoption de ces conditions d’exploitation, conformément à laquelle les autorités compétentes imposaient les conditions d’exploitation désormais regroupées dans un acte réglementaire de portée générale à l’occasion de chaque autorisation à portée individuelle.

62 Compte tenu de ce qui précède, il convient de répondre à la seconde question que le droit de l’Union doit être interprété en ce sens que, lorsqu’il apparaît qu’une évaluation environnementale, au sens de la directive 2001/42, aurait dû être effectuée avant l’adoption d’un acte réglementaire dont la légalité est contestée devant une juridiction nationale, de sorte que cet acte doit être considéré comme étant non conforme au droit de l’Union, cette juridiction ne peut maintenir les effets dudit acte afin de permettre à l’autorité compétente de procéder à cette évaluation environnementale et, le cas échéant, de modifier ce même acte que si le droit interne le lui permet dans le litige dont elle est saisie et pour autant que cela est nécessaire pour garantir la transposition d’un autre acte de l’Union visant à la protection de l’environnement, tel que la directive 2018/844, et uniquement pour couvrir le laps de temps strictement nécessaire pour remédier à cette illégalité.

Sur les dépens

63 La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi, il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations à la Cour, autres que ceux desdites parties, ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.

Par ces motifs, la Cour (deuxième chambre) dit pour droit :

1) L’article 3, paragraphe 2, sous a), de la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil, du 27 juin 2001, relative à l’évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l’environnement,

doit être interprété en ce sens que :

une réglementation nationale qui fixe les conditions d’exploitation des parkings sans toutefois prévoir de règles relatives à leur implantation ni à leur nombre maximal doit faire l’objet d’une évaluation environnementale si, d’une part, elle est élaborée pour le secteur des transports ou celui de l’aménagement du territoire urbain et rural ou de l’affectation des sols, et si, d’autre part, elle établit, en définissant des règles et des procédures de contrôle applicables au secteur concerné, un ensemble significatif de critères et de modalités pour l’autorisation et la mise en œuvre d’un ou de plusieurs projets susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement.

2) Le droit de l’Union doit être interprété en ce sens que, lorsqu’il apparaît qu’une évaluation environnementale, au sens de la directive 2001/42, aurait dû être effectuée avant l’adoption d’un acte réglementaire dont la légalité est contestée devant une juridiction nationale, de sorte que cet acte doit être considéré comme étant non conforme au droit de l’Union, cette juridiction ne peut maintenir les effets dudit acte afin de permettre à l’autorité compétente de procéder à cette évaluation environnementale et, le cas échéant, de modifier ce même acte que si le droit interne le lui permet dans le litige dont elle est saisie et pour autant que cela est nécessaire pour garantir la transposition d’un autre acte de l’Union visant à la protection de l’environnement, tel que la directive (UE) 2018/844 du Parlement européen et du Conseil, du 30 mai 2018, modifiant la directive 2010/31/UE sur la performance énergétique des bâtiments et la directive 2012/27/UE relative à l’efficacité énergétique, et uniquement pour couvrir le laps de temps strictement nécessaire pour remédier à cette illégalité.

Jürimäe

Lenaerts

Schalin

Gavalec

Csehi

Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 9 juillet 2026.

Le greffier

La présidente de chambre

A. Calot Escobar

K. Jürimäe


* Langue de procédure : le français.

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