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AccueilDroit européen62025CJ0069
Jurisprudence CJUE62025CJ0069

Arrêt de la Cour (huitième chambre) du 11 juin 2026.#Laurent Merlin contre Commission européenne.#Pourvoi – Recours en carence – Article 265 TFUE – Politique commune de la pêche – Financements en faveur des armateurs exerçant la pêche à l’aide de chaluts à perche associée à l’utilisation du courant électrique impulsionnel – Plainte – Notion de “prise de position” de la Commission européenne – Caractère clair et définitif de la prise de position.#Affaire C-69/25 P.

CELEX62025CJ0069
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 11 juin 2026

Résumé IA

La Cour de justice de l'Union européenne, dans son arrêt du 11 juin 2026 (affaire C-69/25 P), rejette le pourvoi de M. Laurent Merlin contre la Commission européenne. Elle précise que la réponse de la Commission à une plainte concernant le financement de la pêche électrique constitue une "prise de position" au sens de l'article 265 TFUE, dès lors qu'elle est claire et définitive sur le fond, ce qui exclut tout recours en carence. Cet arrêt rappelle ainsi les conditions strictes de recevabilité d'un recours en carence, en particulier la nécessité pour la Commission d'avoir adopté une position tranchant la question de manière non équivoque.

Texte intégral

ARRÊT DE LA COUR (huitième chambre)

11 juin 2026 (*)

« Pourvoi – Recours en carence – Article 265 TFUE – Politique commune de la pêche – Financements en faveur des armateurs exerçant la pêche à l’aide de chaluts à perche associée à l’utilisation du courant électrique impulsionnel – Plainte – Notion de “prise de position” de la Commission européenne – Caractère clair et définitif de la prise de position »

Dans l’affaire C‑69/25 P,

ayant pour objet un pourvoi au titre de l’article 56 du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, introduit le 31 janvier 2025,

Laurent Merlin, demeurant à Equihen-Plage (France),

Stéphane Pinto, demeurant à Ambleteuse (France),

Gaëtan Delsart, demeurant à Rinxent (France),

Gaëtan Baillet, demeurant à Ambleteuse,

Jean-Yves Noël, demeurant à Ambleteuse,

Christophe Lhomel, demeurant à Boulogne-sur-Mer (France),

Jérémy Lhomel, demeurant à Marquise (France),

Stéphane Fournier, demeurant à Étaples (France),

Alexandre Fournier, demeurant à Etaples-sur- Mer (France),

Christian Dubois, demeurant à Calais (France),

Franck Nowe, demeurant à Crochte (France),

Jean-Pierre Deparis, demeurant à Saint-Martin-Boulogne (France),

Frédéric Drogerys, demeurant à Ghyvelde (France),

Jean-Marie Baheu, demeurant à Audresselles (France),

Jonathan Delsart, demeurant à Le Portel (France),

José Pinto, demeurant à Hesdin-l’Abbé (France),

Mathieu Pinto, demeurant à Boulogne-sur-Mer,

Olivier Leprêtre, demeurant à Étaples,

Josse Martin, demeurant à Coquelles (France),

Lionel Descharles, demeurant à Saint-Josse (France),

Loïc Merlin, demeurant à Le Portel,

Philippe Calone, demeurant à Basly (France),

Sébastien Leprêtre, demeurant à Étaples,

Philippe Mahieu, demeurant à Fécamp (France),

Andries Visser, demeurant à Ijmuiden (Pays-Bas),

Charles Lines, demeurant à Great Yarmouth (Royaume-Uni),

Paul Lines, demeurant à Great Yarmouth,

Low Impact Fishers of Europe (LIFE), établie à Etterbeek (Belgique),

représentés par Mes F. de Bure, F.-C. Laprévote et T. Otmani, avocats,

parties requérantes,

l’autre partie à la procédure étant :

Commission européenne, représentée par M. M. Abenhaïm, Mme C. Perrin et M. B. Stromsky, en qualité d’agents,

partie défenderesse en première instance,

LA COUR (huitième chambre),

composée de Mme O. Spineanu‑Matei (rapporteure), présidente de chambre, MM. S. Rodin et N. Piçarra, juges,

avocat général : M. A. Biondi,

greffier : M. A. Calot Escobar,

vu la procédure écrite,

vu la décision prise, l’avocat général entendu, de juger l’affaire sans conclusions,

rend le présent

Arrêt

1 Par leur pourvoi, M. Laurent Merlin et les 27 autres parties requérantes demandent l’annulation du point 2 du dispositif de l’arrêt du Tribunal de l’Union européenne du 13 novembre 2024, Merlin e.a./Commission (T‑141/23, ci-après l’« arrêt attaqué », EU:T:2024:818), par lequel celui-ci a rejeté leur recours visant à faire constater une carence de la Commission européenne en ce qui concerne son abstention d’adopter une décision au titre du règlement (UE) 2015/1589 du Conseil, du 13 juillet 2015, portant modalités d’application de l’article 108 [TFUE] (JO 2015, L 248, p. 9), au sujet de financements dénoncés dans le cadre du Fonds européen pour la pêche (FEP) et du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP).

Le cadre juridique

Le règlement (CE) no 1198/2006

2 Le règlement (CE) no 1198/2006 du Conseil, du 27 juillet 2006, relatif au Fonds européen pour la pêche (JO 2006, L 223, p. 1, ci-après le « règlement FEP »), qui était applicable pour la période de programmation 2007 à 2013, a été abrogé par le règlement (UE) no 508/2014 du Parlement européen et du Conseil, du 15 mai 2014, relatif au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche et abrogeant les règlements du Conseil (CE) no 2328/2003, (CE) no 861/2006, (CE) no 1198/2006 et (CE) no 791/2007 et le règlement (UE) no 1255/2011 du Parlement européen et du Conseil (JO 2014, L 149, p. 1, ci-après le « règlement FEAMP »).

3 L’article 7 du règlement FEP disposait :

«1. Sans préjudice du paragraphe 2 du présent article, les articles 87, 88 et 89 [CE] [(devenus articles 107, 108 et 109 TFUE)] s’appliquent aux aides accordées par les États membres aux entreprises du secteur de la pêche.

2. Les articles 87, 88 et 89 [CE] ne s’appliquent pas aux contributions financières des États membres aux opérations cofinancées par le FEP et prévues dans le cadre d’un programme opérationnel.

3. Les dispositions nationales qui prévoient un financement public allant au-delà des dispositions du présent règlement concernant les contributions financières, prévues au paragraphe 2, sont traitées dans leur ensemble sur la base du paragraphe 1. »

Le règlement FEAMP

4 Le règlement FEAMP, applicable pour la période de programmation 2014 à 2020, prévoit, à son article 8 :

« 1. Sans préjudice du paragraphe 2 du présent article, les articles 107, 108 et 109 [TFUE] s’appliquent aux aides accordées par les États membres aux entreprises du secteur de la pêche et de l’aquaculture.

2. Toutefois, les articles 107, 108 et 109 [TFUE] ne s’appliquent pas aux paiements effectués par les États membres, en vertu du présent règlement relevant du champ d’application de l’article 42 [TFUE], et en conformité avec ledit règlement.

3. Les dispositions nationales qui mettent en place un financement public allant au-delà des dispositions du présent règlement relatives aux paiements visés au paragraphe 2, sont traitées dans leur ensemble sur la base du paragraphe 1.

[...] »

Le règlement 2015/1589

5 Le règlement 2015/1589 dispose, à son article 4 :

« 1. La Commission procède à l’examen de la notification dès sa réception. Sans préjudice de l’article 10, elle prend une décision en application du paragraphe 2, 3 ou 4 du présent article.

2. Si la Commission constate, après un examen préliminaire, que la mesure notifiée ne constitue pas une aide, elle le fait savoir par voie de décision.

3. Si la Commission constate, après un examen préliminaire, que la mesure notifiée, pour autant qu’elle entre dans le champ de l’article 107, paragraphe 1, [TFUE], ne suscite pas de doutes quant à sa compatibilité avec le marché intérieur, elle décide que cette mesure est compatible avec le marché intérieur [...] Cette décision précise quelle dérogation prévue par le [traité FUE] a été appliquée.

4. Si la Commission constate, après un examen préliminaire, que la mesure notifiée suscite des doutes quant à sa compatibilité avec le marché intérieur, elle décide d’ouvrir la procédure prévue à l’article 108, paragraphe 2, [TFUE] [...]

[...] »

Les antécédents du litige

6 Les antécédents du litige, tels qu’ils ont été exposés aux points 2 à 14 de l’arrêt attaqué, peuvent être résumés de la manière suivante.

7 Les requérants sont des pêcheurs français, néerlandais et du Royaume‑Uni ainsi que l’association des petits pêcheurs européens Low Impact Fishers of Europe (LIFE) qui exercent leurs activités de pêche dans les eaux de la Manche et de la mer du Nord.

8 Au cours du mois de mars 2021, les requérants, en utilisant le formulaire figurant à l’annexe IV du règlement (CE) no 794/2004 de la Commission, du 21 avril 2004, concernant la mise en œuvre du règlement (CE) no 659/1999 du Conseil portant modalités d’application de l’article 93 du traité CE (JO 2004, L 140, p. 1), ont déposé des plaintes auprès de la Commission (ci-après les « plaintes »).

9 Dans les plaintes, les requérants ont fait valoir, tout d’abord, que les autorités néerlandaises avaient accordé des autorisations de pêche en violation de la règle selon laquelle la pêche électrique n’était permise que dans la limite de 5 % au maximum de la flottille de chalutiers à perche de chaque État membre prévue par la réglementation de l’Union (ci-après la « règle des 5 % »).

10 Ensuite, dans une partie des plaintes, intitulée « Des subventions européennes illégales et incompatibles avec le marché intérieur », les requérants ont dénoncé l’octroi par le Royaume des Pays-Bas, depuis l’année 2007, de financements à des chalutiers à perche néerlandais pratiquant la pêche électrique en méconnaissance notamment de la règle des 5 % et des règles régissant le FEP et le FEAMP. Selon les requérants, ces chalutiers ne pouvaient dès lors pas bénéficier de ces financements au titre de ces deux fonds, de sorte que lesdits financements devaient être qualifiés d’aides d’État illégales et incompatibles avec le marché intérieur.

11 Enfin, dans une partie des plaintes, intitulée « Des aides d’État incompatibles avec le marché intérieur », les requérants ont dénoncé l’existence de diverses mesures d’aide octroyées par le Royaume des Pays-Bas à des chalutiers à perche néerlandais pratiquant la pêche électrique qui dépassaient largement les seuils de minimis applicables et qui devaient, dès lors, être qualifiées d’aides d’État incompatibles avec le marché intérieur.

12 Par lettre du 16 avril 2021, la direction générale (DG) « Concurrence » de la Commission a indiqué aux requérants qu’il ressortait des plaintes que les financements dénoncés entraient dans le cadre soit du FEP, soit du FEAMP et que, dans chacun de ces cas, les règles régissant l’un de ces deux fonds prévalaient sur les règles en matière d’aides d’État. Selon cette DG, dès lors que ces plaintes soulevaient des questions relatives aux règles régissant la politique commune de la pêche (PCP), leur examen devait se poursuivre selon les procédures spécifiques relevant de la PCP. À cette fin, ladite DG a suggéré aux requérants d’adresser lesdites plaintes à la DG « Affaires maritimes et pêche » de la Commission.

13 Par lettre du 4 août 2021, les requérants ont fait valoir, en substance, que les mécanismes spécifiques relatifs au FEP et au FEAMP n’excluaient ni l’applicabilité des règles en matière d’aides d’État ni la possibilité d’introduire une plainte au titre du règlement 2015/1589. À cet égard, ils ont fait référence à l’article 7, paragraphe 2, du règlement FEP et à l’article 8, paragraphe 2, du règlement FEAMP, au titre desquels, selon eux, les financements octroyés en violation de ces deux derniers règlements devaient être examinés au regard des règles en matière d’aides d’État. Partant, il appartenait, selon eux, à la Commission d’identifier les instruments par lesquels ces financements avaient été octroyés et de déterminer ceux desdits financements qui devaient être considérés comme étant des aides d’État, au motif qu’ils n’entraient pas dans le cadre du FEP ou du FEAMP.

14 Par lettre du 22 novembre 2021, la DG « Concurrence » a, tout en admettant que le Royaume des Pays-Bas avait autorisé l’exercice de la pêche électrique contrairement aux conditions prévues par le règlement (CE) no 850/98 du Conseil, du 30 mars 1998, visant à la conservation des ressources de pêche par le biais de mesures techniques de protection des juvéniles d’organismes marins (JO 1998, L 125, p. 1), indiqué qu’aucun lien ne pouvait être établi entre cet exercice et les financements effectués dans le cadre du FEP et du FEAMP. Elle a estimé ne pas voir d’élément d’aide d’État potentiellement illégale qui nécessiterait un examen plus approfondi.

15 Par lettre du 4 avril 2022, les requérants ont présenté des informations complémentaires contenant notamment des listes de chalutiers à perche néerlandais pratiquant la pêche électrique qui auraient bénéficié de financements au titre du FEP et du FEAMP (ci-après la « lettre du 4 avril 2022 »). Ils ont également dénoncé l’existence d’un programme d’aides à l’investissement entièrement financé par l’État néerlandais et visant à équiper cinq chalutiers à perche pratiquant cette pêche.

16 Par lettre du 9 septembre 2022, la DG « Concurrence » a indiqué qu’elle avait de nouveau examiné en détail les financements ayant bénéficié aux chalutiers à perche néerlandais pratiquant la pêche électrique sur la base de ces informations complémentaires, qu’il n’y avait aucune violation des règles relatives au FEP et au FEAMP et que, sur cette base, elle ne voyait aucun élément constitutif d’une aide d’État potentiellement illégale qui nécessiterait un examen plus approfondi.

17 Par lettre du 8 novembre 2022, les requérants ont invité la Commission, conformément à l’article 265, deuxième alinéa, TFUE ainsi qu’au règlement 2015/1589, et notamment à ses articles 4, 12 et 15, à adopter, en réponse aux plaintes, une décision au titre de l’article 4 de ce règlement (ci-après l’« invitation à agir »).

18 Par lettre du 14 février 2023, intitulée « Lettres de préclôture aux plaignants les informant que les services de la Commission ont l’intention de classer l’affaire », la Commission a informé les requérants qu’elle avait terminé l’examen des plaintes (ci-après la « lettre du 14 février 2023 »). À cet égard, elle a indiqué qu’elle n’envisageait pas de proposer l’ouverture d’une « procédure d’infraction pour non-respect du droit de l’Union par [le Royaume des Pays‑Bas] ». Elle a précisé avoir de nouveau examiné en détail les financements ayant bénéficié aux chalutiers à perche néerlandais pratiquant la pêche électrique au regard des informations complémentaires transmises par les requérants dans la lettre du 4 avril 2022 et avoir conclu à l’absence d’infraction aux règles applicables au FEP et au FEAMP. Sur cette base, elle a informé les requérants de son intention de classer le dossier, tout en les invitant, s’ils disposaient de nouvelles informations susceptibles d’être pertinentes pour le réexamen de celui-ci, à prendre contact avec elle dans un délai de quatre semaines, délai à l’issue duquel l’affaire pourrait être classée.

Le recours devant le Tribunal et l’arrêt attaqué

19 Par requête déposée au greffe du Tribunal le 14 mars 2023, les requérants ont introduit un recours tendant à faire constater que la Commission s’était illégalement abstenue d’adopter une décision au titre du règlement 2015/1589 et à faire ordonner à la Commission de prendre, dans un délai de deux mois, une décision sur le fondement de ce règlement.

20 À l’appui de ce recours, les requérants ont fait valoir que, conformément à l’article 12, paragraphe 1, second alinéa, et à l’article 15, paragraphe 1, du règlement 2015/1589, la Commission était tenue, d’une part, d’examiner, dans un délai raisonnable et de manière complète et diligente, les informations qu’ils lui avaient transmises dans les plaintes ainsi que dans leurs échanges subséquents, dans lesquels ils dénonçaient l’existence de diverses mesures d’aide, et, d’autre part, d’adopter une décision définitive sur le fondement de l’article 4, paragraphes 2, 3 ou 4, de ce règlement, exprimant clairement sa position à cet égard. En particulier, selon les requérants, la Commission a considéré à tort que les financements octroyés dans le cadre du FEP et du FEAMP aux chalutiers à perche néerlandais pratiquant la pêche électrique étaient exemptés, sur la base de l’article 7 du règlement FEP et de l’article 8 du règlement FEAMP, de l’application des règles en matière d’aides d’État.

21 Par l’arrêt attaqué, le Tribunal a, en substance, en premier lieu, examiné l’exception d’irrecevabilité du recours en carence, soulevée par la Commission, conformément à l’article 265, deuxième alinéa, TFUE. Il a relevé que les requérants avaient dénoncé, dans des parties distinctes des plaintes, l’existence, d’une part, de « subventions européennes illégales et incompatibles avec le marché intérieur », accordées aux chalutiers à perche néerlandais pratiquant la pêche électrique dans le cadre du FEP et du FEAMP, en méconnaissance notamment de la règle des 5 % (ci-après les « financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP »), et, d’autre part, de « subventions nationales » en faveur de ces chalutiers, octroyées par le Royaume des Pays‑Bas, qui devraient être qualifiées d’aides d’État (ci-après les « aides nationales dénoncées »).

22 À cet égard, il a estimé que ce recours devait être déclaré irrecevable pour autant qu’il visait à faire constater une carence de la Commission en ce qui concernait son abstention d’adopter une décision au titre du règlement 2015/1589 au sujet des financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP.

23 Il a considéré que, en revanche, ledit recours devait être déclaré recevable pour autant qu’il visait à faire constater une carence de la Commission relative à son abstention d’agir au titre du règlement 2015/1589 en ce qui concernait les aides nationales dénoncées, étant donné que cette institution n’avait pas pris de position claire et définitive, au sens de l’article 265 TFUE, sur l’invitation à agir.

24 En second lieu, s’agissant des aides nationales dénoncées, le Tribunal a estimé que, la Commission ayant été dûment saisie de plaintes l’informant de l’existence d’aides présumées illégales ou de l’application présumée abusive de telles aides, elle était tenue d’agir conformément à l’article 12, paragraphe 1, second alinéa, à l’article 15, paragraphe 1, et à l’article 24, paragraphe 2, du règlement 2015/1589. Le Tribunal a considéré que, la Commission n’ayant ni entrepris l’une des démarches prévues à ces dispositions ni adopté une décision au titre de celles-ci, cette institution s’était trouvée en situation de carence à l’expiration du délai de deux mois suivant l’invitation à agir.

25 Ainsi, au point 1 du dispositif de l’arrêt attaqué, le Tribunal a accueilli le recours en carence pour autant qu’il visait à faire constater une carence de la Commission en ce qui concernait les aides nationales dénoncées et, au point 2 du dispositif de cet arrêt, il a rejeté ce recours pour le surplus.

Les conclusions des parties au pourvoi

26 Par leur pourvoi, les requérants demandent à la Cour :

– d’annuler le point 2 du dispositif de l’arrêt attaqué ;

– de faire droit à leurs conclusions et de constater que la Commission s’est illégalement abstenue d’adopter, à l’issue de l’examen des plaintes, une décision au titre du règlement 2015/1589, et

– de condamner la Commission aux dépens afférents à la procédure de première instance et à la procédure de pourvoi.

27 La Commission demande à la Cour :

– de rejeter le pourvoi et

– de condamner les requérants aux dépens.

Sur le pourvoi

28 À l’appui de leur pourvoi, les requérants soulèvent trois moyens.

29 Le premier moyen est tiré d’une erreur de droit et d’une dénaturation des faits en ce que le Tribunal a estimé que la Commission avait pris une position claire et définitive sur l’invitation à agir sur la base d’un test erroné, consistant à apprécier l’existence d’une prise de position au regard des seuls échanges précédant la lettre d’invitation à agir.

30 Le deuxième moyen est pris d’une erreur de droit et d’une dénaturation des faits en ce que le Tribunal a estimé que la Commission avait fait référence à ses précédents échanges pour prendre position dans la lettre du 14 février 2023, en réponse à l’invitation à agir.

31 Le troisième moyen est tiré d’un défaut de motivation de l’arrêt attaqué et, en tout état de cause, d’une erreur de droit en ce que le Tribunal a omis de se prononcer sur le respect du règlement 2015/1589, entraînant une violation du droit fondamental à une protection juridictionnelle effective.

Sur le premier moyen

Argumentation des parties

32 Le premier moyen est composé de deux branches.

33 Par la première branche du premier moyen, les requérants soutiennent que le nouveau test introduit par le Tribunal afin d’apprécier l’existence d’une prise de position claire et définitive d’une institution de l’Union européenne dans le cadre d’un recours en carence n’est pas conforme aux principes gouvernant la qualification juridique d’une prise de position, au sens de l’article 265 TFUE. Ils font valoir que, selon ces principes, une telle prise de position doit être claire et définitive, ne laisser place à aucun doute quant au traitement que cette institution a réservé à la demande de la partie requérante et répondre à l’invitation à agir.

34 En premier lieu, la simple existence d’échanges intervenus avant l’invitation à agir entre une partie requérante et l’institution concernée ne saurait satisfaire à l’exigence de clarté et de fermeté consacrée par la jurisprudence de la Cour concernant l’issue que cette institution est tenue de donner à une telle invitation. De plus, la prise en compte d’échanges précédents serait d’autant moins pertinente lorsque, comme en l’espèce, l’institution concernée n’y fait même pas expressément référence pour illustrer, clarifier ou, à tout le moins, exprimer sa position dans une lettre de réponse à l’invitation à agir. Par ailleurs, la nécessité d’adopter une décision, au sens de l’article 4 du règlement 2015/1589, découlerait non seulement du droit des requérants à l’obtenir en vertu de ce règlement, mais aussi de l’exigence de bonne administration.

35 En second lieu, la prise de position devrait être postérieure à l’invitation à agir. En considérant qu’une institution peut avoir pris position avant une telle invitation et que la lecture d’échanges ayant précédé cette invitation suffit pour considérer que cette institution a pris position sur la demande formulée dans ladite invitation, quand bien même elle ne le ferait pas dans sa réponse à l’invitation à agir, le Tribunal aurait dénaturé l’essence même des dispositions de l’article 265 TFUE. Une telle approche viderait de sa substance la raison d’être de l’invitation à agir préalable à un possible recours en carence, à savoir cristalliser une demande à l’égard d’une institution et les éléments sur lesquels celle-ci est tenue de répondre.

36 À cet égard, le Tribunal aurait dénaturé les considérations de la Cour figurant dans l’ordonnance du 16 juin 2020, CJ/Cour de justice de l’Union européenne (C‑634/19 P, EU:C:2020:474), en jugeant qu’il ressortait de la jurisprudence de la Cour que, aux fins de la vérification de l’existence d’une prise de position claire et définitive à la suite d’une invitation à agir, il peut être tenu compte des échanges antérieurs à cette invitation.

37 Par la seconde branche du premier moyen, les requérants invoquent une violation des articles 41 et 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la « Charte ») du fait de l’application du nouveau test utilisé par le Tribunal dans l’arrêt attaqué.

38 En premier lieu, ce nouveau test constituerait une violation manifeste du droit à un recours effectif, en méconnaissance de l’article 47 de la Charte, et du principe de sécurité juridique. Selon une jurisprudence constante, l’effectivité du contrôle juridictionnel, en combinaison avec le principe de sécurité juridique, exigerait que l’intéressé puisse connaître, par la lecture de la décision elle-même, les raisons sur lesquelles repose une décision le concernant. Or, selon les requérants, la conclusion selon laquelle la Commission a pris une position claire et définitive sur la base d’une vague référence formelle à des correspondances antérieures, dont le fond n’est aucunement mentionné par cette institution, ne saurait satisfaire aux exigences de la Charte et à la jurisprudence de la Cour.

39 En second lieu, ledit nouveau test entraînerait, en méconnaissance de l’article 41 de la Charte, une violation de l’obligation de bonne administration incombant à la Commission et, en particulier, l’obligation de motivation. En effet, cette institution pourrait se contenter d’une vague référence formelle à des correspondances antérieures, sans considérer les observations additionnelles de la partie plaignante, postérieures à ces correspondances et antérieures à l’invitation à agir, ainsi que les demandes expressément formulées dans cette invitation. Une telle approche empêcherait cette partie plaignante, comme cela serait le cas en l’espèce, de comprendre précisément les motivations ayant conduit ladite institution au rejet de sa demande et de savoir si la même institution a adopté une position claire et définitive.

40 La Commission soutient que le premier moyen est manifestement non fondé.

Appréciation de la Cour

– Sur la première branche du premier moyen

41 Par la première branche du premier moyen, les requérants reprochent au Tribunal, en substance, d’avoir considéré que l’existence d’une prise de position claire et définitive de la Commission dans le cadre d’un recours en carence peut, d’une part, être appréciée en prenant en considération des échanges antérieurs à l’invitation à agir et, d’autre part, être appréciée au regard de ces seuls échanges, cette prise de position devant être postérieure à cette invitation.

42 À titre liminaire, il y a lieu de considérer que, s’agissant des arguments des requérants relatifs à la situation dans laquelle l’institution ne fait pas expressément référence aux échanges précédents pour illustrer, clarifier ou, à tout le moins, exprimer sa position dans une lettre de réponse à l’invitation à agir, comme tel serait le cas en l’espèce, ces arguments se recoupent avec ceux développés dans le cadre de la seconde branche du premier moyen et, comme les requérants l’indiquent au demeurant, dans le cadre du deuxième moyen et seront examinés avec ces arguments.

43 En outre, les arguments des requérants relatifs à la nécessité d’adopter une décision, au sens de l’article 4 du règlement 2015/1589, se recoupent avec ceux développés dans le cadre du troisième moyen et seront examinés dans ce cadre.

44 En premier lieu, la Cour a admis, comme le Tribunal l’a mentionné, en substance, au point 34 de l’arrêt attaqué, que, afin d’apprécier l’existence d’une prise de position d’une institution de l’Union, au sens de l’article 265, deuxième alinéa, TFUE, à la suite d’une invitation à agir qui lui a été adressée par une partie requérante, peuvent être pris en considération des échanges intervenus entre cette partie requérante et cette institution ayant précédé cette prise de position ainsi que ceux antérieurs à cette invitation (voir, en ce sens, ordonnances du 16 juin 2020, CJ/Cour de justice de l’Union européenne, C‑634/19 P, EU:C:2020:474, points 30 et 31, ainsi que du 5 octobre 2023, NO/Commission, C‑221/23 P, EU:C:2023:754, points 49 à 51).

45 À cet égard, dans la mesure où les requérants estiment que le Tribunal a dénaturé les considérations de la Cour figurant dans l’ordonnance du 16 juin 2020, CJ/Cour de justice de l’Union européenne (C‑634/19 P, EU:C:2020:474), en faisant valoir que, au point 33 de cette ordonnance, la Cour a analysé les termes de la réponse de l’institution concernée à l’invitation à agir qui lui avait été adressée, et non pas ceux des échanges l’ayant précédée, cet argument ne saurait prospérer. En effet, la Cour s’est, à ce point, contentée de répondre à un argument de la partie requérante concernant précisément le contenu de cette réponse.

46 En second lieu, dans la mesure où les requérants contestent la position du Tribunal qui permet de conclure à l’existence d’une prise de position de l’institution de l’Union concernée sur une invitation à agir à la lumière des seuls échanges ayant précédé cette invitation, il convient de constater que, contrairement à ce que la Commission soutient, les requérants ont invoqué ce grief non pas seulement au stade du mémoire en réplique, mais dans leur requête en pourvoi, même si cela ne ressort clairement que de l’énoncé sommaire des moyens. Ledit grief n’est, dès lors, pas nouveau et est recevable.

47 Le même grief doit cependant être écarté, car il repose sur une prémisse erronée. En effet, le Tribunal n’a pas considéré que la Commission avait pris position sur l’invitation à agir, s’agissant des financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP, à la lumière des seuls échanges ayant précédé cette invitation, puisqu’il s’est également appuyé sur le contenu de la lettre du 14 février 2023, ainsi que cela ressort du point 32 de l’arrêt attaqué, et qu’il a considéré, au point 48 de cet arrêt, que cette lettre constituait une prise de position de la Commission, au sens de l’article 265, deuxième alinéa, TFUE.

48 Il s’ensuit que la première branche du premier moyen doit être écartée.

– Sur la seconde branche du premier moyen

49 Par la seconde branche du premier moyen, les requérants reprochent au Tribunal, en substance, d’avoir considéré que la Commission avait pris une position claire et définitive, alors que cette institution n’aurait fait qu’une vague référence formelle à des correspondances antérieures, dont le fond ne serait pas mentionné, ce qui constituerait une méconnaissance des articles 41 et 47 de la Charte ainsi que du principe de sécurité juridique.

50 En premier lieu, il y a lieu de relever qu’il ne ressort pas de l’argumentation des requérants en quoi la référence à de précédentes correspondances, fût-elle formelle, empêcherait l’exercice effectif du recours en carence prévu à l’article 265 TFUE.

51 En second lieu, bien que les conditions de recevabilité d’un recours devant la Cour doivent être interprétées à la lumière du droit à un recours effectif, tel que garanti à l’article 47 de la Charte, cet article ne saurait toutefois aboutir à modifier les conditions de recevabilité du recours en carence telles qu’énoncées à l’article 265 TFUE (ordonnance du 8 février 2018, CBA Spielapparate- und Restaurantbetrieb/Commission, C‑508/17 P, EU:C:2018:72, point 20).

52 Or, dans la mesure où ils soutiennent, en substance, que l’approche du Tribunal empêcherait une partie plaignante de comprendre les raisons de l’institution concernée ayant conduit au rejet de sa demande et, le cas échéant, de contester utilement la position de cette institution, cette argumentation repose sur la prémisse que cette partie plaignante a compris que sa demande avait été rejetée par ladite institution, laquelle a pris position sur l’invitation à agir qui lui avait été adressée par ladite partie plaignante. Comme le soutient la Commission, ladite argumentation des requérants procède d’une confusion entre l’exigence de motivation d’un acte, visée à l’article 296, deuxième alinéa, TFUE, et l’identification d’une « prise de position », au sens de l’article 265, deuxième alinéa, TFUE.

53 En outre, il ne saurait être exigé, pour établir l’existence d’une prise de position claire et définitive de l’institution concernée, que celle-ci reprenne, systématiquement, dans sa réponse à la suite de l’invitation à agir qui lui a été adressée, le contenu de ses précédents échanges avec la partie requérante sur lesquels elle s’appuie dans cette réponse ni qu’elle renvoie explicitement dans celle-ci à ses précédentes conclusions figurant dans ces précédents échanges, en particulier lorsque cette partie requérante ne conteste pas, voire indique dans ses échanges avec cette institution antérieurs à ladite réponse, avoir compris le sens de ces conclusions.

54 En l’espèce, il importe de relever que, au point 29 de l’arrêt attaqué, qui n’est pas contesté par les requérants dans le cadre du pourvoi, le Tribunal a précisé que, dans l’invitation à agir, en faisant référence notamment aux plaintes et à la lettre du 4 avril 2022, les requérants avaient invité la Commission à adopter une décision au titre de l’article 4 du règlement 2015/1589.

55 Comme le Tribunal l’a mentionné, au point 14 de l’arrêt attaqué, qui n’est pas non plus contesté dans le cadre du pourvoi, la Commission a indiqué, dans la lettre du 14 février 2023, avoir de nouveau examiné en détail les financements ayant bénéficié aux navires néerlandais sur la base des informations complémentaires transmises dans la lettre du 4 avril 2022 par les requérants et a précisé qu’elle se prononçait au regard de ces informations.

56 À cet égard, aux points 30 à 32 de l’arrêt attaqué, qui ne sont également pas contestés dans le cadre du pourvoi, le Tribunal a, comme le soutient la Commission, relevé en quoi les correspondances antérieures entre la Commission et les requérants répondaient à l’invitation à agir et à leur raisonnement, en se fondant notamment sur l’identité de certains des motifs figurant dans la lettre du 14 février 2023 avec ceux développés dans l’une de ces correspondances, à savoir la lettre du 9 septembre 2022. Il a précisé, en substance, que la Commission avait indiqué au cours de ses échanges avec les requérants qu’elle considérait que les financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP ne méconnaissaient pas les règles relatives au FEP et au FEAMP, ainsi qu’il ressortait des lettres des 22 novembre 2021 et 9 septembre 2022, et qu’elle n’était pas compétente, au titre du règlement 2015/1589, pour adopter une décision relative à ces financements.

57 En outre, le Tribunal a relevé, aux points 33 à 35 de l’arrêt attaqué, que, si, dans la lettre du 14 février 2023, la Commission n’avait pas explicitement refusé d’adopter une décision au titre du règlement 2015/1589 et n’avait pas non plus indiqué qu’elle n’était pas compétente pour adopter une telle décision s’agissant des financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP, elle s’était, dans cette lettre, référée à ses lettres précédentes, des 22 novembre 2021 et 9 septembre 2022, et avait confirmé, en substance, sa position, exposée au point précédent du présent arrêt, exprimée de manière claire antérieurement.

58 De surcroît, les requérants ne remettent pas en cause les considérations figurant au point 41 de l’arrêt attaqué, selon lesquelles, d’une part, ils n’ont pas contesté avoir « bel et bien compris, ainsi qu’il ressort[ait] de leur lettre du 4 août 2021, que la Commission se considérait incompétente pour adopter » une décision au titre de l’article 4 du règlement 2015/1589 en ce qui concernait les financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP et, d’autre part, ils ont exposé, dans la même lettre, les motifs pour lesquels ils considéraient que la position ainsi exprimée par la Commission était erronée.

59 Il s’ensuit que la seconde branche du premier moyen doit être écartée.

60 Par conséquent, le premier moyen doit être écarté dans son ensemble.

Sur le deuxième moyen

Argumentation des parties

61 Les requérants font valoir que le Tribunal a dénaturé les faits en estimant que la référence à deux correspondances antérieures à la lettre du 14 février 2023 permettait d’éclairer une position que la Commission aurait prise dans cette lettre. En effet, ladite lettre ne comprendrait, à l’exception de la seule mention purement formelle de ces deux correspondances, aucune autre référence aux précédentes conclusions auxquelles serait parvenue la Commission. Une telle mention serait manifestement équivoque et accessoire et ne pourrait pas être assimilée, comme le Tribunal l’aurait estimé, à une confirmation « en substance » de la teneur desdites deux correspondances.

62 Dans leur mémoire en réplique, les requérants soulignent qu’ils reprochent au Tribunal d’avoir commis une erreur de qualification juridique des faits en qualifiant la lettre du 14 février 2023 de prise de position, au sens de l’article 265 TFUE. Cette erreur serait fondée sur une lecture inexacte des éléments pertinents du dossier. Le Tribunal aurait manifestement dénaturé les faits, au point 35 de l’arrêt attaqué, car la Commission n’aurait à aucun moment repris, dans cette lettre, la teneur des correspondances antérieures à celle-ci ni n’aurait laissé entendre qu’elle en confirmait le contenu.

63 La Commission soutient que le deuxième moyen est, en partie, irrecevable et, en partie, manifestement non fondé.

Appréciation de la Cour

64 Il convient de constater que les requérants ne remettent pas en cause le fait que, dans la lettre du 14 février 2023, la Commission a mentionné ses correspondances des 22 novembre 2021 et 9 septembre 2022, mais contestent le caractère suffisant de cette référence, faisant valoir que la Commission aurait dû reprendre les conclusions figurant dans ces correspondances.

65 Or, leur argumentation repose sur une prémisse erronée. En effet, ainsi qu’il ressort de l’analyse de la seconde branche du premier moyen, en particulier du point 53 du présent arrêt, une telle référence à de précédents échanges entre l’institution concernée et la partie requérante peut suffire, en fonction des circonstances de l’espèce, à définir une position claire et définitive de l’institution de l’Union concernée, au sens de l’article 265 TFUE, sans qu’il soit exigé que le contenu des précédentes analyses et des conclusions de cette institution soit systématiquement repris dans sa réponse à l’invitation à agir.

66 À cet égard, force est de constater que, d’une part, les requérants ne soutiennent pas que le Tribunal a, au point 35 de l’arrêt attaqué, résumé de manière erronée la position de la Commission exprimée dans les correspondances antérieures à la lettre du 14 février 2023 (voir points 56 et 57 du présent arrêt).

67 D’autre part, comme il est constaté au point 58 du présent arrêt, les requérants ne remettent pas en cause les considérations figurant au point 41 de l’arrêt attaqué, en particulier le fait qu’ils avaient compris que la Commission se considérait incompétente pour adopter une décision au titre de l’article 4 du règlement 2015/1589 s’agissant des financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP et qu’ils avaient remis en cause le bien-fondé de cette position de la Commission.

68 Il s’ensuit que le Tribunal n’a pas commis d’erreur de qualification juridique des faits en considérant, au point 48 de l’arrêt attaqué, en substance, que la lettre du 14 février 2023 constituait une prise de position de la Commission, au sens de l’article 265, deuxième alinéa, TFUE.

69 Par conséquent, le deuxième moyen doit être écarté, sans qu’il soit nécessaire de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par la Commission.

Sur le troisième moyen

Argumentation des parties

70 En introduction de leur troisième moyen, les requérants prétendent qu’ils avaient, en tant que parties intéressées, le droit de demander et de recevoir une décision de la Commission, au sens de l’article 4 du règlement 2015/1589. En l’absence d’une telle décision, ils indiquent avoir formellement demandé à cette institution, « conformément à l’article 265, deuxième alinéa, TFUE, ainsi que du règlement [2015/1589], dont notamment de ses articles 4, 12 et 15, d’adopter la décision prévue [à cet] article 4 », puisqu’il n’est pas nécessaire que l’existence d’une aide d’État, au sens de l’article 107 TFUE, soit démontrée pour que la Commission soit compétente en vertu de ce règlement.

71 Le troisième moyen est composé de deux branches.

72 Par la première branche du troisième moyen, les requérants prétendent que l’arrêt attaqué est entaché d’un défaut de motivation et, en tout état de cause, d’une erreur de droit dans l’appréciation de la recevabilité du recours en carence en ce que le Tribunal a omis de se prononcer sur le respect du règlement 2015/1589.

73 Par le premier grief, les requérants font valoir que la Commission était tenue d’adopter une décision au titre du règlement 2015/1589 et que l’approche du Tribunal a pour effet de priver les parties plaignantes des droits procéduraux prévus par ce règlement, et notamment du droit d’obtenir une telle décision. Ils soulignent que, si les paiements effectués par les États membres au titre du FEP et du FEAMP sont, en principe, exclus du champ d’application des articles 107 à 109 TFUE, cette exclusion ne vaut que pour autant que les aides concernées sont versées en conformité avec, respectivement, le règlement FEP ou le règlement FEAMP. À cet égard, ils renvoient à l’article 7, paragraphes 2 et 3, du règlement FEP ainsi qu’à l’article 8, paragraphes 2 et 3, du règlement FEAMP. Il en résulte, selon les requérants, que, dès qu’un doute existe, la Commission doit procéder à l’examen prévu par le règlement 2015/1589 et adopter une décision, au sens de l’article 4 de ce dernier règlement.

74 Par le deuxième grief, les requérants soutiennent que le Tribunal a commis une erreur de droit, car ni la lettre de préclôture ni aucune autre lettre de la Commission ne pourrait être assimilée à une décision formelle, au sens du règlement 2015/1589. Selon les requérants, le Tribunal a commis une erreur de droit en ne se prononçant pas sur l’applicabilité de ce règlement aux financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP, au motif qu’une telle question ne pouvait être examinée qu’après avoir établi la recevabilité du recours en carence, alors que la qualification de leur plainte au titre de l’article 24 dudit règlement constituait une question préalable essentielle pour apprécier cette recevabilité. Selon eux, un recours visant l’inaction de la Commission à l’égard d’une mesure d’aide est recevable dès lors que la partie requérante établit qu’elle est directement et individuellement concernée par la mesure que cette institution a omis d’adopter.

75 Par le troisième grief, les requérants reprochent au Tribunal une incohérence dans l’analyse de leur recours s’agissant, d’une part, des financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP et, d’autre part, des aides nationales dénoncées. En effet, le Tribunal aurait, à bon droit, considéré, au point 63 de l’arrêt attaqué, que, dans la lettre du 14 février 2023, la Commission ne s’était pas fondée sur l’article 24, paragraphe 2, deuxième alinéa, du règlement 2015/1589, ce qui a conduit le Tribunal à considérer que cette institution n’avait pas pris de position claire et définitive sur l’invitation à agir eu égard à ces aides. Selon les requérants, cette incohérence constituerait un défaut de motivation de l’arrêt attaqué et, en tout état de cause, une erreur de droit. En effet, cette erreur conduirait à une situation dans laquelle les requérants sont privés de leurs droits procéduraux et d’une décision formelle susceptible de recours, entraînant une violation du droit fondamental des parties à un contrôle juridictionnel effectif, garanti à l’article 47 de la Charte.

76 Par la seconde branche du troisième moyen, les requérants soulèvent une violation du principe de protection juridictionnelle effective, tel que garanti à l’article 47 de la Charte.

77 D’une part, ils font valoir que la Commission s’est abstenue de prendre une position claire et définitive. Or, le Tribunal s’étant abstenu, au point 35 de l’arrêt attaqué, de se prononcer sur l’applicabilité du règlement 2015/1589 aux financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP, les requérants seraient privés de leur droit à obtenir une décision formelle de la Commission au titre de ce règlement, en dépit de leur demande en ce sens.

78 Par ailleurs, les « lettres de 2021 », auxquelles fait référence la lettre du 14 février 2023, ne pourraient pas davantage être considérées comme satisfaisant aux exigences dudit règlement, en raison de leur caractère préparatoire et préliminaire par rapport à la décision que la Commission aurait dû adopter en vertu de l’article 4 du même règlement.

79 D’autre part, cette approche du Tribunal les priverait d’une voie de recours contre l’inaction de la Commission. En effet, la lettre du 14 février 2023 ne pourrait être considérée que comme étant un acte préparatoire et non définitif et, en tant que tel, ne serait pas un acte attaquable, au sens de l’article 263 TFUE. Une telle conclusion ne pourrait pas être remise en cause par la jurisprudence de la Cour, selon laquelle le rejet d’une plainte, au sens de l’article 24, paragraphe 2, du règlement 2015/1589, peut, dans certains cas de figure, constituer un acte attaquable, puisque cette jurisprudence s’appliquerait uniquement aux actes par lesquels la Commission adopte une position définitive sur la plainte déposée, ce qui ne serait pas le cas en l’espèce.

80 La Commission soutient que le troisième moyen est, en partie, inopérant et, en partie, non fondé.

Appréciation de la Cour

– Sur la première branche du troisième moyen

81 Par la première branche du troisième moyen, les requérants reprochent, en substance, au Tribunal un défaut de motivation de l’arrêt attaqué et, en tout état de cause, une erreur de droit dans son appréciation de la recevabilité du recours en carence, concernant les financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP, en ce qu’il a omis de se prononcer à cet égard sur le respect du règlement 2015/1589.

82 Par les premier et deuxième griefs, qu’il convient d’examiner ensemble, les requérants soutiennent, en substance, qu’il n’a pas été mis fin à la carence, car la Commission était tenue d’adopter une décision au titre de l’article 4 du règlement 2015/1589 et ils reprochent, en substance, au Tribunal d’avoir commis une erreur de droit en ne se prononçant pas sur l’applicabilité du règlement 2015/1589 aux financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP, au motif qu’une telle question ne pouvait être examinée qu’après avoir établi la recevabilité du recours en carence.

83 Il convient de relever que c’est à bon droit que le Tribunal a rappelé, au point 23 de l’arrêt attaqué, que les conditions de recevabilité d’un recours en carence, fixées à l’article 265 TFUE, ne sont pas remplies lorsque l’institution invitée à agir a pris position sur cette invitation avant l’introduction du recours et que l’adoption d’un acte différent de celui que les intéressés auraient souhaité ou estimé nécessaire, tel qu’un refus, dûment motivé, d’agir conformément à l’invitation à agir, constitue une prise de position mettant fin à la carence (voir, en ce sens, arrêt du 24 mars 2022, Wagenknecht/Commission, C‑130/21 P, EU:C:2022:226, point 31, et ordonnance du 11 octobre 2024, ST/Frontex, C‑62/24 P, EU:C:2024:882, point 20).

84 Ainsi qu’il est indiqué dans le cadre de l’analyse du deuxième moyen, le Tribunal a considéré, en substance, que, dans la lettre du 14 février 2023, lue à la lumière des échanges l’ayant précédée, la Commission avait confirmé, d’une part, que les financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP ne méconnaissaient pas les règles relatives au FEP et au FEAMP et, d’autre part, que, comme les requérants l’avaient compris, elle s’estimait être incompétente, au titre du règlement 2015/1589, pour adopter une décision relative à ces financements.

85 Ainsi qu’il ressort de l’analyse du deuxième moyen, et en particulier du point 68 du présent arrêt, le Tribunal n’a pas commis d’erreur de qualification juridique des faits en considérant que la lettre du 14 février 2023 constituait une prise de position de la Commission, au sens de l’article 265, deuxième alinéa, TFUE.

86 Il s’ensuit que le Tribunal n’a pas commis d’erreur de droit en tirant la conséquence de l’existence de cette prise de position que le recours en carence était irrecevable pour autant qu’il visait l’abstention d’agir à l’égard des financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP, puisque la circonstance que ladite prise de position n’ait pas donné satisfaction aux requérants, en ce que la Commission n’avait pas adopté une décision au titre de l’article 4 du règlement 2015/1589, est, s’agissant de vérifier si la Commission a pris position, au sens de l’article 265 TFUE, dépourvue de pertinence.

87 Est également dépourvue de pertinence dans ce contexte la question de savoir, ayant trait à la légalité de la prise de position de la Commission, si c’est à tort ou à raison que celle-ci s’est considérée comme étant incompétente, au titre du règlement 2015/1589, pour adopter une décision relative aux financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP. Partant, le Tribunal n’a pas commis d’erreur en ne se prononçant pas sur l’applicabilité du règlement 2015/1589 aux financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP.

88 Par ailleurs, dans la mesure où les requérants estiment qu’un recours visant l’inaction de la Commission à l’égard d’une mesure d’aide est recevable lorsque la partie requérante établit qu’elle est directement et individuellement concernée par la mesure que cette institution a omis d’adopter, il suffit de constater qu’une telle interprétation est contraire au libellé clair de l’article 265 TFUE dont il ne ressort aucunement que cette circonstance impliquerait la recevabilité du recours au carence.

89 Les premier et deuxième griefs doivent, dès lors, être écartés.

90 Par le troisième grief, les requérants reprochent au Tribunal, en renvoyant au point 63 de l’arrêt attaqué, une incohérence dans l’analyse de leur recours s’agissant, d’une part, des financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP et, d’autre part, des aides nationales dénoncées.

91 Ce grief doit être écarté, car il repose sur une lecture erronée de l’arrêt attaqué.

92 En effet, le Tribunal a considéré que la Commission n’avait pas pris position sur les aides nationales dénoncées, que ce soit dans la lettre du 14 février 2023 ou dans ses échanges antérieurs avec les requérants. La Commission ayant fait valoir que cette lettre devait être considérée comme étant une lettre adoptée sur le fondement de l’article 24, paragraphe 2, deuxième alinéa, du règlement 2015/1589, le Tribunal a répondu à cet argument, en soulignant qu’il estimait incohérente l’argumentation de la Commission sur cet aspect. Il a précisé à cet égard, au point 63 de l’arrêt attaqué, que la Commission ne s’était pas fondée sur cet article dans ladite lettre et, au point 64 de cet arrêt, que cette institution ne saurait arguer à la fois qu’elle n’était pas compétente pour adopter une décision au titre de ce règlement en réponse aux plaintes dont elle était saisie, mais que, à titre subsidiaire, la lettre du 14 février 2023 devait tout de même être considérée comme étant une lettre fondée sur ledit article 24, paragraphe 2, deuxième alinéa.

93 Ce n’est dès lors pas parce que la Commission ne s’était pas fondée sur le même article 24, paragraphe 2, deuxième alinéa, que le Tribunal a déclaré le recours en carence recevable pour autant qu’il visait l’abstention d’agir à l’égard des aides nationales dénoncées.

94 Partant, il ne saurait être reproché au Tribunal l’incohérence dans son analyse alléguée par les requérants.

95 Par ailleurs, dans la mesure où, par le troisième grief, les requérants invoquent également une violation du droit fondamental des parties à un contrôle juridictionnel effectif, garanti à l’article 47 de la Charte, cette argumentation se confond avec celle invoquée dans le cadre de la seconde branche et sera examinée dans ce cadre.

96 Il s’ensuit que la première branche du troisième moyen doit être écartée.

– Sur la seconde branche du troisième moyen

97 Par la seconde branche du troisième moyen, les requérants invoquent une violation du principe de protection juridictionnelle effective garanti à l’article 47 de la Charte, en substance, en raison de l’absence d’adoption par la Commission d’un acte susceptible de faire l’objet d’un recours en annulation au titre de l’article 263 TFUE et du fait que le Tribunal se serait abstenu de se prononcer sur l’applicabilité du règlement 2015/1589 aux financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP.

98 À cet égard, en premier lieu, il ressort du point 87 du présent arrêt que le grief des requérants tiré de ce que le Tribunal aurait commis une erreur en ne se prononçant pas sur l’applicabilité du règlement 2015/1589 aux financements dénoncés dans le cadre du FEP et du FEAMP doit être écarté.

99 En second lieu, il convient de relever que le Tribunal a rappelé, au point 23 de l’arrêt attaqué, que les conditions de recevabilité d’un recours en carence, fixées à l’article 265 TFUE, ne sont pas remplies lorsque l’institution invitée à agir a pris position sur cette invitation avant l’introduction du recours.

100 En l’espèce, comme il ressort du point 68 du présent arrêt, le Tribunal n’a pas commis d’erreur de qualification juridique des faits en considérant, en substance, que la lettre du 14 février 2023 constituait une prise de position de la Commission, au sens de l’article 265, deuxième alinéa, TFUE.

101 Il en découle que le Tribunal, en rejetant le recours en carence comme étant irrecevable, n’a fait qu’appliquer au cas d’espèce les conditions de recevabilité du recours en carence, telles qu’énoncées dans la jurisprudence rappelée par le Tribunal au point 23 de l’arrêt attaqué ainsi qu’au point 83 du présent arrêt.

102 Or, ainsi qu’il est indiqué au point 51 du présent arrêt, bien que les conditions de recevabilité d’un recours devant la Cour doivent être interprétées à la lumière du droit à un recours effectif, tel que garanti à l’article 47 de la Charte, cet article ne saurait toutefois aboutir à modifier les conditions de recevabilité du recours en carence telles qu’énoncées à l’article 265 TFUE.

103 Par ailleurs, la conclusion à laquelle est parvenu le Tribunal concernant les conditions de recevabilité du recours en carence est sans préjudice de la question différente de savoir si le refus de la Commission de donner suite aux plaintes aurait pu faire l’objet d’un recours en annulation. À cet égard, il y a lieu de rappeler que la question des conditions de recevabilité d’un recours en carence est distincte de celle de savoir si l’acte adopté par l’institution de l’Union sollicitée, mettant fin à son inaction, peut faire l’objet d’un recours en annulation (arrêt du 24 mars 2022, Wagenknecht/Commission, C‑130/21 P, EU:C:2022:226, point 37 et jurisprudence citée).

104 Partant, l’argument des requérants tiré de ce que l’introduction d’un recours au titre de l’article 263 TFUE contre la lettre du 14 février 2023 aurait été impossible est inopérant.

105 Il s’ensuit que la seconde branche du troisième moyen doit être écartée.

106 Par conséquent, le troisième moyen doit être écarté dans son ensemble.

107 Eu égard à l’ensemble des considérations qui précèdent, aucun des moyens du pourvoi n’ayant été accueilli, il y a lieu de rejeter celui-ci dans son intégralité.

Sur les dépens

108 En vertu de l’article 184, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour, lorsque le pourvoi n’est pas fondé, la Cour statue sur les dépens.

109 Conformément à l’article 138, paragraphe 1, de ce règlement de procédure, applicable à la procédure de pourvoi en vertu de l’article 184, paragraphe 1, de celui-ci, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

110 En l’espèce, les requérants ayant succombé en leurs moyens et la Commission ayant conclu à leur condamnation aux dépens, il y a lieu de les condamner à supporter, outre leurs propres dépens, ceux exposés par la Commission.

Par ces motifs, la Cour (huitième chambre) déclare et arrête :

1) Le pourvoi est rejeté.

2) MM. Laurent Merlin, Stéphane Pinto, Gaëtan Delsart, Gaëtan Baillet, Jean-Yves Noël, Christophe Lhomel, Jérémy Lhomel, Stéphane Fournier, Alexandre Fournier, Christian Dubois, Franck Nowe, Jean-Pierre Deparis, Frédéric Drogerys, Jean‑Marie Baheu, Jonathan Delsart, José Pinto, Mathieu Pinto, Olivier Leprêtre, Josse Martin, Lionel Descharles, Loïc Merlin, Philippe Calone, Sébastien Leprêtre, Philippe Mahieu, Andries Visser, Charles Lines, Paul Lines et Low Impact Fishers of Europe (LIFE) supportent, outre leurs propres dépens, ceux exposés par la Commission européenne.

Spineanu-Matei

Rodin

Piçarra

Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 11 juin 2026.

Le greffier

La présidente de chambre

A. Calot Escobar

O. Spineanu-Matei


* Langue de procédure : le français.

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11/06/2026

Jurisprudence CJUE62024CJ0386_RES

Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 11 juin 2026.#Centro Petroli Roma Srl contre Agenzia delle Dogane e dei Monopoli.#Renvoi préjudiciel – État de droit – Indépendance des juges – Article 267 TFUE – Obligation de renvoi préjudiciel des juridictions nationales statuant en dernier ressort – Responsabilité individuelle des juges – Fiscalité – Régime général d’accise – Directive 2008/118/CE – Article 16, paragraphe 1 – Entrepôt fiscal – Ouverture et exploitation – Autorisation – Conditions – Fixation par la réglementation nationale – Distinction selon la capacité de stockage des entrepôts – Critère tenant à l’existence de “réelles nécessités opérationnelles et [d’un] besoin effectif d’approvisionnement de l’installation” pour tous les entrepôts – Critère supplémentaire tenant à la livraison d’une quantité minimale de produits sur une période de référence ou à la dépendance à un autre entrepôt fiscal pour les entrepôts de petite capacité – Justification – Principe de proportionnalité.#Affaire C-386/24.

11/06/2026

Jurisprudence CJUE62024CJ0081_RES

Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 11 juin 2026.#LH contre OTP banka d.d., anciennement NOVA KREDITNA BANKA MARIBOR.#Renvoi préjudiciel – Rapprochement des législations – Services financiers – Accès à un compte de paiement assorti de prestations de base – Directive 2014/92/UE – Article 16, paragraphe 4 – Prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme – Directive (UE) 2015/849 – Consommateur figurant sur la liste de l’Office du contrôle des actifs étrangers du Trésor américain – Refus d’ouverture d’un tel compte de paiement.#Affaire C-81/24.

11/06/2026

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